Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

Article épinglé

Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

Affichage des articles dont le libellé est chevalerie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chevalerie. Afficher tous les articles

mardi 20 mai 2025

Burrich admire Chevalerie

Dans la saga de l’assassin royal, une bonne place est faite aux liens forts, aux relations marquantes : Fitz et le Fou, Fitz et Oeil-de-Nuit, Hiémain et Etta, Kanaï et Gringalette par exemple.  Celle entre Chevalerie et Burrich peut aussi s’ajouter à cette liste. Maître des écuries de Castelcerf, Burrich a connu Chevalerie des années avant d’occuper ce poste. Mais, c’est le prince Loinvoyant qui lui offrira cette opportunité et qui lui a permis de trouver son chemin. On comprend que, sans l’aide Chevalerie, Burrich aurait été un vaurien, qu’il aurait succombé à l’affliction du Vif. Ayant une bien piètre opinion de cette magie, Burrich se convainc qu’elle aurait fait de lui un moins-que-rien, un individu ne pensant qu’à se battre et courir les femmes, vivant au jour le jour, sans aucun objectif dans la vie. Il dit clairement à Fitz que sa rencontre avec Chevalerie a tout changé. Chevalerie a fait de lui un autre homme puisque « il ne m’a pas seulement appris à travailler : il m’a donné des habitudes de propreté et d’honneur (…) il m’a montré que c’étaient des valeurs d’homme et pas seulement des manière de bonne femme ; il m’a appris à être un homme et non une bête déguisée en homme ».

Burrich a alors fidèlement servi Chevalerie. Il n’était pas son frère et il n’avait donc pas ce lien que Vérité pouvait avoir avec Chevalerie, mais il était sans conteste une des personnes les plus proches de lui. En le côtoyant au jour le jour, Burrich a pu se forger une opinion sur Chevalerie, une opinion presque idéalisée. On saisit vite que Chevalerie est un modèle pour Burrich, une référence (« c’est ainsi que Chevalerie gouvernait : par l’exemple et la grâce de ses paroles. Et c’est ainsi que doit faire un vrai prince »). Dès lors, il est possible de comprendre pourquoi Burrich respectait Vérité et dédaignait Royal.


D’ailleurs, même après la mort de Chevalerie, il reste une référence pour Burrich. C’est presque comme si il comparait toutes les personnes à son ancien prince. Il le fait même avec Fitz qui est à deux doigts de baisser les bras quand Galen le martyrise. Burrich est déçu de voir Fitz se comporter ainsi. Ce n’est pas digne du fils de Chevalerie, ce n’est pas digne d’un individu qui veut gérer sa propre vie. Il emploie alors des mots durs : « Chevalerie n’était pas un homme à se laisser prendre à ce genre de magicaillerie. Et son fils n’est pas un imbécile pleurnichard ».

S’il admire Chevalerie, Burrich n’est pas non plus naïf. Il n’est ni stupide ni aveugle. Il sait que comme toute personne Chevalerie a ses travers (« on peut aimer un homme tout en gardant les yeux ouverts »). A ce sujet, il semble avoir gardé une légère rancoeur envers Chevalerie après la naissance de Fitz. Il n’en veut pas au bâtard d’être né, il en veut plus à Chevalerie de l’avoir abandonné.

Plus globalement, il en veut à Chevalerie de ne pas avoir réussi à dépasser son statut de Loinvoyant. Cette idée murira longuement et lentement en Burrich et il l’exprimera des décennies plus tard. En effet, Devoir est au pied du mur et doit décider de libérer (ou non) Glasfeu. Cette situation de prise de décision a été vécue à de nombreuses reprises par Burrich. Il a vu plus d’une fois les princes Loinvoyant et le roi Subtil nouer des accords, jouer avec des choses qui les dépassent. Il ne comprend pas ce qui les attire dans ça surtout que ça les met toujours en difficulté : « cette soif irrésistible des Loinvoyant de mettre des forces en mouvement puis de se laisser emporter sans savoir où, tous ces secrets, voilà ce qui a tué ton père, le meilleur homme que j’aie jamais connu ».

Cette dernière affirmation montre bien tout l’amour que portait Burrich pour son prince. Cela lui a même permis de supporter une immense déception amoureuse. En effet, Chevalerie a fini par épouser un des premiers amours de Burrich : Patience (« je savais qu’elle avait cessé de m’aimer il y a des années, quand elle a donné son coeur à Chevalerie. Ça, je pouvais l’accepter : c’était un homme digne d’elle »). Il ne faut pas seulement une sacrée force de caractère pour supporter ça, il faut aussi une énorme confiance. D’ailleurs, on peut faire un parallèle avec des propos tenus par Ambre dans les Aventuriers de la Mer : « pour aimer ainsi, il faut admettre que l’autre a des besoins que ne peux pas satisfaire (…) Le prix, c’est la solitude, et la nostalgie, et le doute ».


Chevalerie a donc quitté Castelcerf en laissant Burrich derrière lui. Il a laissé à son vieil ami l’éducation de son fils. C’est bien la preuve de l’énorme confiance et du respect qu’il a pour Burrich. Ce dernier prend la mission à coeur. Il y met toute son ardeur, toute son énergie (« tu es peut-être un bâtard, mais tu es celui de Chevalerie, et je compte bien faire de toi un homme dont il sera fier »). Concrètement, il tente de reproduire avec Fitz ce que Chevalerie a fait avec lui : « Chevalerie ne veut pas de moi près de lui, c’est bien le moins que je puisse faire pour lui ! Je veillerai à ce que son fils devienne un homme et pas un loup ! ».


Durant de longues années, Burrich croit Fitz mort. Pour Burrich, c’est de sa faute, c’est sa responsabilité, c’est son erreur. Il n’a pas réussi à éliminer la mauvaise magie (le Vif) que Fitz avait en lui et ça l’a mené à sa perte. En effet, Burrich a vu la façon dont Royal s’est servi de ça pour accuser Fitz. Puis, après le retour à la vie de Fitz, il a vu la façon dont il avait été transformé quelques temps en un être sauvage, incapable de vivre en société. Enfin, quand Burrich a quitté Fitz et est revenu pour voir ce qu’il devenait, il n’a vu qu’un cadavre incapable de se débrouiller seul (tous ces événements se déroulent dans les premiers chapitres du tome quatre, le Poison de la vengeance).

Burrich se sait coupable, il ne peut pas en être autrement. A une Kettricken et un Umbre qui tentent de lui faire comprendre que tout n’est pas si noir, il affirme que « chaque jour de ma vie, je me reproche mon échec. Mon prince, le seigneur Chevalerie, m’avait confié son seul et unique enfant, avec pour toute instruction, celle de bien l’élever. J’ai manqué à mon engagement envers mon prince ». Or, pour Burrich, ne pas tenir sa parole est un affront personnel insupportable. Il n’a pas seulement échoué à faire de Fitz un homme, il a trahi Chevalerie. Un immense camouflet.

jeudi 14 novembre 2024

Un artefact : la boucle d'oreille de Burrich

Les objets importants n’ont pas forcément un impact important sur l’histoire ou une origine magique ou légendaire. Ils peuvent l’être simplement par leur histoire, leur symbolique. Ils ont pu traverser des époques, lier des gens sans qu’ils en aient conscience. La boucle d’oreille de Burrich en est un bel exemple car elle a été portée par le maître des écuries de Castelcerf, par le prince Chevalerie, par le bâtard FitzChevalerie ou par le Fou. Il est assez rare de voir un objet être détenu par tant de personnages de premier plan.


Originaire de Chalcède, Burrich a obtenu cette boucle par sa grand-mère. Elle est la preuve qu’ils n’étaient plus des esclaves, qu’ils avaient pu acheter leur liberté. C’est donc quelque chose qui est remarquable et mémorable. Bien peu de choses auraient pu pousser Burrich à s’en débarrasser. Pourtant, il l’a donnée à Chevalerie (« je croyais qu’on l’avait enterrée avec lui (…) C’était à ton père. Je lui en avais fait cadeau »), ce qui montre bien la force de l’amitié qui unit ces deux hommes. Burrich n’aurait pas été contre que Chevalerie soit inhumé avec. D’une certaine façon, il aurait ainsi accompagné son prince. 

Mais, Patience en a décidé autrement et a changé le cours des choses. Elle a récupéré l’objet l’a conservé pendant des années. Quand elle a décidé de revenir à Castelcerf après son exil à Flétribois, elle l’a offert à Fitz : « elle en prit une à motif de minuscule résille d’argent dans laquelle une pierre bleue était emprisonnée ». Fitz n’a aucune idée de ce que c’est, de l’histoire de l’objet.


Dès lors, Fitz la porte. Quand il revient de la mort après avoir été torturé par Royal, c’est un des rares objets qu’il a conservé. Mais, Fitz devient une cible, sa tête est mise à prix et il doit se cacher comme il peut. Il change de nom et cache la boucle. Malheureusement, il est capturé par des soldats de Royal. Sa boucle lui est prise (« je remarquai que ma bourse avait disparu. Pêne avait dû s’en emparer pendant que j’étais inconscient ; mon coeur se serra à la pensée que je ne reverrai plus la boucle d’oreille de Burrich »). La tristesse de Fitz peut s’expliquer par le fait que c’est l’un des derniers objets qui le rattache à son ancienne vie. C’est aussi le témoignage qu’il tenait à Burrich, cet homme qui l’a éduqué et a sacrifié sa vie pour prendre soin de lui. Lorsque Fitz parvient à s’échapper et tuer Pêne et ses hommes, le bijou devient la première chose qu’il recherche (« je fouillai soigneusement le cadavre et mis la main sur la boucle d’oreille de Burrich »).


Après avoir permis à Vérité de chasser les Pirates Rouges, Fitz fait un choix douloureux. Il abandonne son passé derrière lui. Il fait une croix sur Molly et Ortie. Pourtant, il y a un homme à qui il veut faire savoir qu’il est encore en vie : Burrich. Il veut montrer à son ami qu’il n’est pas devenu une bête dominée par le Vif, mais qu’il a agi en tant que soldat, en tant qu’homme de Vérité. D’une certaine façon, l’objet doit montrer la dévotion de Fitz, son sens du devoir. C’est ce qu’il dit au Fou : « j’aimerais que tu le lui apportes, et aussi que tu lui dises, que je ne suis pas mort devant la chaumière d’un berger, mais en restant fidèle au serment que j’ai prêté à mon roi ».

Les choses ne se passeront pas comme prévu. Le Fou se trouve pris dans d’autres aventures à Terrilville et conserve le bijou avec lui. Il ne le remet pas à Burrich.


A Terrilville, le Fou est devenu une femme, Ambre, et elle détonne. Son apparence intrigue, ses paroles intriguent. Des questions sont soulevées sur son identité, d’autant plus qu’Ambre donne bien peu d’informations sur elle. On tente de la cerner comme on peut et on repère la moindre chose qui donne des indications. La boucle en fournit certaines. Rache remarque qu’ « elle porte un anneau de liberté à l’oreille, vous savez, l’anneau que les esclaves affranchis de Chalcède doivent acheter et arborer pour prouver qu’on leur a accordé la liberté ». L’hypothèse est donc qu’Ambre serait une esclave ou une ancienne esclave. Ambre donne une réponse différence : elle dit même la vérité bien qu’aucun de ses interlocuteurs ne soit capable de la comprendre.  Ambre confesse « que c’était un cadeau de son unique amour ». La boucle symbolise donc l’amour, l’attachement. C’est un objet qu’Ambre porte fièrement, à la vue de tous, pour montrer son lien avec Fitz, même si personne ne le sait. Pour Ambre, dans le contexte de Terrilville, la boucle devient un objet important. La chose est manifeste quand elle remodèle le visage de la folle et dévastée Parangon ; elle lui donne le visage de Fitz et n’omet aucun détail. Elle lui fait le nez cassé et « déposa la grande boucle d’oreille dans la paume de Parangon ». Ambre a donc reproduit en plus grand la boucle d’oreille. 


La boucle suit donc le Fou. Ce dernier décide de revenir dans les Six-Duchés et de retrouver son meilleur ami, Fitz. Fitz n’est pas déçu de voir que le Fou a conservé la boucle. Il ne le voit pas comme une trahison de sa volonté. Mieux, quand les deux se saluent, la boucle sert presque de connecteur émotionnel entre les deux : « il passa les autour de moi et m’étreignit brutalement ; je sentis le clou d’oreiller de Burrich presser sur ma gorge ».

Toutefois, le Fou reste le Fou. S’il est devenu Sire Doré, il reste influencé par les prophéties. L’une d’elles dit qu’il doit mourir pour atteindre son but. Il envisage alors de se débarrasser de ses possessions, de ses richesses. Il envisage même de rendre à Fitz la boucle alors que ce dernier l’avait fortement enjoint à la garder, même après leurs retrouvailles (« il leva la main pour ôter la boucle d’oreille en bois que Sire Doré portait toujours »). Fitz refuse, il ne peut tolérer comportement mortifère. Il aurait l’impression de perdre son ami si il le laissait faire. Fitz trahit alors le Fou en l’empêchant de partir avec lui à la recherche de Glasfeu. Il sait pourtant que c’est important pour le Fou.

Le Fou, laissé à Castelcerf, solde sa vie. Il rencontre même Burrich, venu demander des comptes (Ortie a transmis un message de Fitz laissant croire qu’il était encore en vie). C’est Ortie, la fille adoptée par Burrich, qui remarque le changement de Burrich : « lui-même porte maintenant une boucle d’oreille, une sphère sculptée dans le bois. Jamais, je l’avais vu porter ce genre d’ornement ». La boucle est donc revenue à son propriétaire. Le fait que Burrich la porte n’est pas anodin : cela montre qu’il sait que Fitz est vivant, qu’il accepte cette vérité. On peut même penser que c’est une façon de témoigner sa fidélité et son amitié à Fitz.

Plus tard, c’est un Burrich à la porte de la morte qui donnera le bijou à Leste, son fils ayant le Vif (« l’enfant dormait à côté de son père dont une main pendait hors de ses couvertures ; en la replaçant au chaud, je m’aperçusse qu’elle était serrée sur une boucle d’oreille en bois »). Il faut aussi noter que c’est un geste de réconciliation de Burrich qui a tout fait pour éradiquer le Vif en Leste ; il lui montre ainsi qu’il l’accepte comme il l’est ; Burrich n’est plus hanté par son histoire personnelle.


mardi 30 juillet 2024

Fitz aurait-il dû mourir jeune ?

Fitz est un bâtard ; il n’est pas le fils légitime du couple Patience/Chevalerie mais le résultat d’une nuit de passion de Chevalerie. Les choses auraient pu être bien différentes si son grand-père maternel ne l’avait pas donné aux Loinvoyant. D’autres pensent même que Fitz aurait dû être tué…


Un partisan d’une mort rapide de Fitz est bien entendu Royal. Le jeune prince voit en Fitz une humiliation publique pour les Loinvoyant et la possibilité de dangers futurs pour son propre statut. Autrement dit, Royal est jaloux d’un enfant ; selon lui, il serait avisé de simplifier les choses en le tuant : « Mère et moi étions d’avis de mettre l’enfant… à l’écart. Ce n’est que simple bon sens. Il ne nous parait pas utile de compliquer davantage la ligne de succession ».

Des années plus tard, dans un contexte bien différent, un autre personnage viendra appuyer le point de vue de Royal : la Femme Pâle. Cette dernière se prend pour le Prophète Blanc de son époque et, comme le Fou, elle a un certain talent pour utiliser les mots et déployer ses arguments. Quand on écoute la Femme Pâle, une mort de Fitz dans sa jeunesse est presque quelque chose de nécessaire, à la limite d’une prophétie qui se réaliserait. Ainsi, elle dit que « vous n’aimiez pas Royal, je le sais, et il vous le rendait bien ; il sentait au fond de lui l’improbabilité de votre existence, la rareté d’une naissance comme la vôtre dans l’entrelacs des fils du temps, et, instinctivement, il voulait vous éliminer pour permettre au monde de suivre la voie prévue ». Ce n’est pas la première fois ou la dernière fois qu’il est fait cette allusion : la naissance de Fitz a perturbé l’ordre des choses et le tuer aurait pu tout remettre en place. On pourrait parler de Catalyseur, de Fils inattendu. La Femme Pâle a son idée : « si vous étiez mort au bon moment, le trône serait revenu sans heurt à Royal, le temps aidant, il aurait bénéficié de la faveur et des lumières de son père et il aurait fait un grand monarque ». Pour la Femme Pâle, les choses sont claires : tuer Fitz aurait été une nécessité pour le bien du royaume des Six-Duchés. Bien des malheurs auraient pu être évitées, et Royal n’aurait sans doute pas fait souffrir autant les gens du Château et les proches de Fitz dans sa petite vendetta.


D’ailleurs, on retrouve un peu cette idée de mort nécessaire dans la bouche de Virilia. L’élégante et charismatique jeune femme amorce un mouvement séparatiste au sein des Six-Duchés, une envie bien vite étouffée par le pouvoir royal. Avant de perdre tout crédit, Virilia rencontre Fitz et « dit d’une voix claire à sa voisine de table qu’autrefois on noyait les bâtards à la naissance. Les anciennes coutumes d’El l’exigeaient ». Par respect des traditions donc, Fitz aurait dû être tué. Sa mort aurait contenté le dieu El et sa survie illustre bien la décadence morale des Loinvoyant.


D’autres lient la présence de Fitz à la disparition et l’exil de Chevalerie. L’interrogation est inévitable puis que c’est à cause de l’arrivée de Fitz que l’ancien prince a pris la fuite.

Burrich aurait toutes les raisons du monde de s’en prendre gratuitement à Fitz. A cause de son arrivée, il a perdu le meilleur homme (Chevalerie) et la femme qu’il a aimée (Patience) ; il n’a même pas pu les suivre. Pourtant, le maître des écuries a un avis bien plus mesuré (« ce n’est sans doute la faute de personne s’il est né. En tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’un enfant n’est pas coupable d’être bâtard. Non. Chevalerie s’est attiré tout seul sa disgrâce »). L’abdication de Chevalerie est sur toutes les lèvres : il faut dire que l’homme est particulièrement apprécié. D’une certaine façon, certaines personnes accusent Fitz (« les propos des tisseuses résonnèrent dans ma tête. Sans le petit, il serait sur les rangs pour être roi »). La non-présence de Fitz aurait pu donc empêcher la fin de Chevalerie.


Umbre met en garde Fitz. Même si il n’est qu’un enfant et même si il est reconnu par le Roi qui lui offre une éducation et une place au Château, sa vie est en danger, rien ne lui garantit de rester en vie. Il le lui répète souvent. Par exemple, il affirme que « tu es un bâtard, mon garçon. Nous sommes toujours en danger et vulnérables ; nous sommes toujours bons à sacrifier, sauf quand nous représentons une nécessité absolue pour la sécurité des autres ». Umbre tente de faire comprendre à Fitz que, tant qu’il sera utile à Subtil, ce dernier ne tolèrera pas qu’on le tue.

Subtil le lui a dit de façon très claire : rien ne le forçait à recueillir Fitz, à lui offrir une place. Il lui aurait suffi de détourner les yeux. Il aurait même pu changer d’avis et le tuer sans que cela ne soulève la moindre réaction. Le vieux roi fatigué retrouve une forme d’énergie en développant son point de vue : « je ne te donne pas congé. Si j’avais dû le faire, ç’aurait été il y a bien longtemps. Je t’aurais abandonné dans quelque village perdu ; ou j’aurais fait en sorte que tu n’atteignes jamais l’âge d’homme ». Bien entendu, entendre ça de la bouche de son roi n’est pas plaisant mais c’est un rappel à l’ordre utile qui appelle Fitz à une certaine forme de prudence… Le sera-t-il ?

La mort de Chevalerie est aussi une bonne opportunité pour en finir  pour de bon avec cette sous-branche de la famille royale. Umbre en fait la remarque à Fitz (« parce que certains voudront mettre un point final définitif à l’histoire de Chevalerie ; et le meilleur moyen d’y parvenir serait de t’éliminer »).


Prévenu, Fitz se jette dans la gueule du loup. Il fonce tête baissée suivre les cours d’Art de Galen, un homme qui le déteste, un homme qui a osé tenir tête à Subtil quelques instants. Galen déteste Fitz pour ce qu’il est : un bâtard. Il souhaite sa mort presque autant qu’il a aimé Chevalerie. Galen est un fanatique incapable de faire la part des choses. Pire, son influence représente une énorme menace pour Fitz car en tant que maître d’Art, bien peu sont ceux qui peuvent le remettre en cause. Umbre et Burrich disent même qu’ils sont quasiment impuissants tant que les cours ont lieu. Galen ne désire pas seulement la mort de Fitz, il en est même à rêver qu’il ne soit jamais né. Il n’a jamais digéré sa présence qui est pour lui une insulte à Chevalerie. Il éructe : « ton existence seule jette l’opprobre sur le nom de ton père. Par Eda, j’en suis encore à demander comment tu as pu voir le jour ! Qu’un homme comme ton père ait pu déchoir au point de coucher avec une créature et te donner naissance dépasse mon imagination ! ». Par la suite, Galen mettra ses idées en pratique et tentera de faire Fitz se suicider…

jeudi 16 mars 2023

Patience, une mère sans enfant ?

La saga de l'assassin royal s'ouvre sur l'abandon de Fitz. Son père, le prince Chevalerie, le rejette alors que son grand-père maternel décide de priver Fitz de sa mère, sans doute une femme des Montagnes. Fitz est donc un bâtard, un enfant de sang royal. Chevalerie est l'épouse de Patience ; Fitz a été conçu avant le mariage des deux. Mais, très vite, on comprend que l'arrivée de Fitz va bousculer les choses, notamment l'équilibre au sein du couple. Car, Patience ne parvient pas à mener ses grossesses à terme et cela la ronge de ne pas pouvoir donner un héritier à son époux. La rumeur publique laisse entendre que cela la travaille énormément, que cela a un impact sur sa santé mentale. Un soldat affirme même que « il porte si clairement sur son visage l'empreinte de Chevalerie que son orgueil ne s'en serait jamais relevé ». Il apparaît donc clair, à ce moment du récit, qu'il faut que Fitz et Patience ne se voient pas. Patience et Chevalerie se retirent. Les motifs de l'abdication de Chevalerie peuvent paraître flous : est-ce si grave d'avoir eu un enfant hors mariage ? On peut penser qu'il a fait ça pour protéger sa femme qu'il aime tant. Chevalerie sait très bien que Patience se sent coupable de ne pas pouvoir enfanter et que ce serait une preuve de plus de son incapacité (« Patience prit mon apparition comme le reproche suprême et sa santé, déjà vacillante à force de fausses couches, s'effondra en même temps que son âme »).

Des années plus tard, après la mort de Chevalerie, Patience affronte ses démons et ose revenir à Castelcerf. La rencontre avec son fils (car elle prétend que Fitz est son fils) est inévitable. Elle se passe bon gré mal gré, les deux tentant de trouver leurs marques. Ils sont mal à l'aise à cause de tous les non-dits qui les séparent, toutes les ombres qui pèsent sur leurs relations. Patience fait ce qu'elle peut pour apprivoiser Fitz, et ce n'est pas facile tant le jeune homme est déjà marqué par une forte propension à la solitude et à la méfiance. Parfois, Patience ne peut se contenir et explose : « Tu aurais dû être de moi ! Ce n'est pas juste ! Tu aurais dû être de moi ! »

Patience souffre donc. La question est alors de savoir pourquoi elle est revenue dans ce château royal qui ne lui apporte que souffrances et où elle n'a jamais été véritablement à sa place. La réponse est simple, elle l'a fait pour Fitz : « je m'étais toujours demandé ce qui avait poussé Patience à revenir à Castelcerf (…) Je le savais à présent. Elle était venue à cause de moi, pour moi. Pour veiller sur moi ». Cette intention touche Fitz et modifie son comportement vis-à-vis d'elle. Les deux trouvent un équilibre, certes fragile. Fitz finit par comprendre qu'il y a autre chose derrière la femme délurée, à l'apparence fragile. Il se rend compte que Patience est une femme capable et passionnée, qui sait prendre les choses en main.

Fitz se fait torturer à mort par Royal. Il est politiquement mal vu de soutenir Fitz, de parler en bien du bâtard au Vif. Pourtant, deux femmes issues de la haute société tiennent tête à Royal : Dame Grâce et Patience. Sans leur intervention, Fitz n'aurait pas pu revenir à la vie, la magie n'aurait été d'aucune utilité. On lit que « Patience avait supplié qu'on ne brûlât pas mon corps et qu'on l'enterrât intact ». Ce geste touchera Fitz lorsqu'il l'apprendra (« en compagnie de Brodette, sa chambrière, elle me pleura quand tous les autres, par peur ou par dégoût de mon crime m'avaient abandonné »).

Durant de longues années, Fitz et Patience ne se verront plus. Les deux joueront un rôle décisif dans la guerre contre les Pirates Rouges : Patience permettra à Castelcerf de résister alors que Fitz aidera Vérité à réveiller les dragons d'Art et de pierre.

Quand le Fou et Fitz se retrouveront, les deux amis analyseront le passé de Fitz, ce qu'il a fait et ce qu'il n'a pas fait depuis la fin de la guerre. Le cas de Patience est abordé et Fitz se rend compte à quel point il aime cette femme. Son ton et ses propos trahissent son état : « rien que l'avouer me nouait la gorge. Ce n'était pas seulement qu'elle me manquait : j'avais l'impression de l'avoir abandonnée. Ce soir, c'était une femme déclinante que j'avais vue, sans plus personne au monde hormis ses domestiques, fiables mais vieillissants ». Patience a tout quitté, a presque tout sacrifié pour venir aider Fitz ; Fitz, lui, n'en est pas capable. Il ne peut pas rendre à Patience tout ce qu'elle lui a apporté. Il est prisonnier de ses secrets, de ses serments et du rôle à jouer.

Devoir ajoutera au sentiment de culpabilité de Fitz. Le jeune homme a un regard neuf sur les Loinvoyant (il critiquera même la culture du secret et de la dissimulation d'Umbre). Il questionne Fitz assez durement malgré l'état pathétique de l'assassin royal qui vient de frôler la mort après une terrible bagarre à Castelcerf. Devoir est plus que perplexe (« elle vous croit mort et il ne se passe pas un jour sans qu'elle pleure votre disparition. Comment pouvez-vous la laisser dans cet état ? Votre propre mère »). Les choses sont claires : Patience a toujours considéré Fitz comme son fils, Patience vit dans le deuil de sa mort des décennies avant, elle n'a jamais réussi à passer cette phase.

D'ailleurs, quand elle finit par revoir Fitz, sa réaction est équivoque : « mon Chevalerie n'a jamais eu un nez pareil : en revanche, ses yeux, en effet.... ils me rappellent... Oh ! Oh, mon fils, mon fils ! Non, ça ne se peut pas. Ça ne se peut pas ! » Patience ne croit donc pas que c'est réellement Fitz qui est devant elle. Pour elle, c'est impossible. Il n'est pas étonnant de la voir bafouiller et ensuite devoir s'allonger tant la découverte la secoue.

Dans le roman le Fou et l'assassin, un témoignage de Molly nous montre à quel point Patience tenait à tomber enceinte et avoir un bébé. On comprend aussi mieux pourquoi elle s'est tant attachée à Fitz, un fils d'une autre mère. Molly affirme que « quand Patience était encore vivant, elle m'avait montré ce berceau dans le grenier ; elle l'avait fait faire à l'époque où elle vivait ici avec Chevalerie et où elle rêvait encore de parvenir à concevoir ». Encore une fois, le fait de ne pas pouvoir donner de fils ou de fils à son époux a rongé Patience.

mercredi 20 avril 2022

Un autre point de vue sur Royal

Dans la série des livres de l’assassin royal, il y a bon nombre d’antagonistes : La Femme Pâle, Dwalia, les Dragons et Royal. Ce dernier est un Loinvoyant, il est l’oncle de Fitz. Lorsqu’on le rencontre pour la première fois, il fait preuve de rejet envers Fitz, ce déclenche de l’antipathie de la part du lecteur. Très vite, on découvre qu’il est ambitieux. Plus l’aventure progresse et plus Royal montre qu’il est prêt à tout pour conquérir le pouvoir. Il intrigue, il trahit, il tente de tuer. Et il réussit puisque Royal est couronné Roi des Six-Duchés. Si Royal est convaincu que la couronne est sienne, c’est parce que sa mère, la Reine Désir, a depuis son enfance poussé pour qu’il en soit convaincu. Elle ne fait que lui répéter qu’il est de meilleur sang que ses frères (Vérité et Chevalerie), que Subtil fait tout pour lui mettre des bâtons dans les roues. La Reine Désir, elle-même influencée par les drogues, persuade Royal que la royauté ne fait que des mauvaises décisions : les duchés côtiers engloutissent tous les fonds du royaume, admettre Fitz à la cour a été une erreur (« ma mère, la reine, ne vous approuvera sûrement pas. En choyant le gamin, vous allez donner l’impression que vous le reconnaissez, ça va lui donner des idées, ainsi qu’à d’autres »). Désir instille à Royal la crainte de ses frères, elle ne cesse de lui rappeler que c’est un endroit hostile. Et c’est également ça qui poussera Royal à être aussi intransigeant avec ses frères. La trilogie du Fou et de l’Assassin s’ouvre avec une lettre que Désir écrit à une amie, on y apprend que « si ce n’était que moi, je quitterai la cour, mais alors Royal se retrouverait sans personne pour le défendre ». Le message est clair : l’environnement est hostile.

Certaines personnes tentent de convaincre que Royal n’est pas si méchant que ça. Ils relativisent ce qu’il a fait, ils jettent un nouveau voile sur ses actions. De façon assez surprenant, c’est le cas d’Umbre. Le maître espion semble être plongé dans une forme de déni, il refuse de croire qu’un Loinvoyant puisse s’en prendre à un autre Loinvoyant. Umbre montre une naïveté assez consternante lorsqu’il dit à Fitz que « nous avons juré de soutenir le roi légitime de la lignée des Loinvoyant – même s’il s’agit de Royal (…) J’ai vu des princes plus stupides que lui acquérir de la sagesse avec l’âge ». A ce moment du récit, Umbre est donc prêt à soutenir Royal : est-ce un réel soutien ? Sans doute a-t-il peur que le royaume ne puisse gérer en même temps une attaque des Pirates Rouges et une guerre civile.

Lorsque Fitz rencontre la Femme Pâle, elle revient sur la période Royal. Elle présente à Fitz sa vision du règne de Subtil, de la guerre des Pirates Rouges. Elle lui expose ce qu’auraient pu être les choses sous un angle différent. Ses paroles ne sont pas désintéressées, elle fait ça pour attirer Fitz dans son camp. Elle arrive malgré tout à justifier les actes et les décisions de Royal. Comme souvent avec les Prophètes blancs, on sent que les motivations des gens sont poussées par des forces qui les dépassent, qu’ils sont condamnés à agir : « il sentait au fond de lui l’improbabilité de votre existence, la rareté d’une naissance comme la vôtre dans l’entrelacs des fils du temps, et, instinctivement il voulait vous éliminer pour permettre au monde de suivre la voie prévue ».

D’autres choses ont motivé Royal : la jalousie, l’envie, la conviction que tout devait lui revenir. Fitz se rend compte que Royal est jaloux de Vérité et Chevalerie. Il finit par comprendre que ce qui a motivé Royal est de ne pas avoir été traité comme ses frères. Eux avaient tout et lui rien : « Chevalerie et Vérité toujours ensemble, toujours plus âgés que lui, toujours plus grands que lui, toujours à se croire supérieurs à lui alors qu’il était de plus haute lignée qu’eux et qu’il aurait dû hériter du trône en tout légitimité. » Tout cela aurait-il pu être évité si les frères s’étaient mieux entendu ? Est-ce que cela suffit à justifier le meurtre de Chevalerie et les tentatives d’assassinat envers Vérité ? La réponse ne peut être que négative pour le lecteur. Pour Royal, les choses sont différentes : il sent spolié, il se sent rejeté, il est convaincu qu’on intrigue contre lui, qu’il y a un complot contre lui. La quête des Anciens de Vérité en est un bon exemple : il appuie la recherche dans un premier temps car cela éloigne son frère du trône. Puis, ne voyant pas Vérité revenir, il se persuade que son frère a organisé un coup monté pour s’emparer d’une ressource précieuse (Le Fou : « Dans son esprit, dominer les Anciens lui revient de droit et tu tentes de l’en priver. Il est persuadé d’être du côté du bon droit et de la justice en essayant de te tuer »).

Le peuple, lui, ne rejette pas Royal dans un premier temps. Ce que les gens voient est que les Six-Duchés sont attaqués, que Subtil n’est plus bon à rien, que Vérité est partie pour une vaine quête, que Kettricken est une étrangère. Il ne reste que Royal pour défendre le royaume. C’est le dernier Loinvoyant qui reste et tous les succès, même ceux des autres, lui sont attribués. Lorsque Kettricken se rue avec des soldats pour sauver la ville de Finebaie, c’est Royal qui est remercié. Mijote, la cuisinière de Castelcerf, ose dire à Fitz que «  Royal, lui est resté. Il est resté pour s’occuper du roi et protéger les cotes du mieux qu’il peut. Vérité n’est plus là, mais Royal est encore avec nous – et Finebaie n’est pas tombée aux mains des pirates ». Malheureusement, la suite de la guerre lui donnera tort. Mais au-delà des témoignages, ce qui reste dans la mémoire collective, ce sont les chants des ménestrels. Celsu Mains-Agiles vante le règne de Royal, son courage, sa résilience, sa détermination : « le prince, désormais roi, ne recula point devant sa tâche / ses frères morts ou en fuite, il dut coiffer / la lourde couronne. A lui incombèrent le deuil et la protection. Le dernier fils / le fils loyal, le brave prince devint le souverain du royaume ébranlé et troublé ». Bien entendu, d’autres chants contestent sa vision des faits, beaucoup qualifient Royal d’Usurpateur. Il est décrit comme un traître qui a voulu tuer Kettricken, d’autres mettent en avant le retour de Vérité et des Anciens. Mais dans ce chant, on sent bien la compassion pour Royal : il a dû porter un lourd fardeau sur ses épaules, il a dû le faire seul et sans le soutien de sa famille.

dimanche 9 août 2020

L'histoire de Chevalerie

Chevalerie est le grand absent de la première série de livres de l’Assassin Royal. Le prince joue un rôle important dans les événements : car sans lui et sans sa compagne (une Montagnarde), Fitz n’aurait jamais vu le jour. Bien avant d’épouser Patience, Chevalerie a donc eu un fils qui deviendra un bâtard quand il sera reconnu par le pouvoir royal. Fils de Constance et de Désir, Chevalerie restera connu pour être l’Abdicateur.

Sa non-présence aura grandement influencé les choix de Fitz qui recherchera tout le long des romans une présence paternelle (Umbre, Burrich, Vérité) ; il apparaît également que sa renonciation affaiblit le trône qui vit une époque trouble (les Pirates Rouges).

Au début de l’aventure, Chevalerie est donc le Roi-servant, c’est-à-dire qu’il est celui qui héritera du trône de Subtil. Il est marié à Patience et comme bien souvent avec les lignées monarchiques, il faut un descendant à la Couronne. Subtil a eu trois enfants (en plus de sa fille mort-née), Chevalerie et Patience tentent également de faire des bébés. Mais sans succès. Et en plus d’être une grande peine pour Patience, c’est un sujet récurrent dans le Royaume, des couches les plus basses aux plus élevées. Même le grand-père maternel de Fitz, qui selon toutes les évidences vient des Montages, a son avis sur la question. Quand il remet Fitz aux soldats de Vérité, il balance hargneusement que “Le Prince Chevalerie (...) il n’a qu’à s’occuper de lui, bien content d’avoir réussi à faire un même quelque part”. Comme d’autres, Jason, un soldat fait porter la faute sur Patience et l’apparition de Fitz semble lui donner raison. Cela montre que Chevalerie n’est pas stérile (“c’est pas la faute du prince de la Couronne si sa dame Patience porte pas sa semence à terme”).

Chevalerie abdique et se rend à Flétribois vivre ses derniers jours. C’est là qu’il meurt, officiellement dans un accident de cheval. De son côté, Fitz suspecte la main de la Reine Désir. Avec sa mort, les derniers espoirs de Fitz de voir son père s’en vont. Ils étaient déjà très faibles comme le lui avait dit Umbre. On ne peut pas abdiquer et ensuite revenir à Castelcerf, même pour une visite familiale, cela créerait trop de remous. Umbre est clair : “même si le peuple tout entier le voulait, je doute qu’il aille à l’encontre du destin qu’il s’est forgé ou des désirs du roi”.
Son décès rappelle à tous l’existence de Chevalerie et de son bâtard, elle jette sur eux une lumière dont Fitz se serait bien passé, tout comme ceux qui sont réellement attristés par son décès. Burrich, son plus fidèle ami, parvient à passer au-delà des critiques même si “ceux qui pleuraient sincèrement Chevalerie étaient regardés comme faisant preuve de mauvais goût.”
Plus tard, on apprendra que Chevalerie continuait d’échanger via l’Art avec son père et son frère, avec Subtil et Vérité. Subtil a donc pu être témoin de sa fin. Elle est brutale, elle le marque profondément et il n’a même pas le temps de lui faire des adieux : “Chevalerie a disparu comme ça, comme un murmure qui s’éteint. Père a-t-il dit, il me semble. Père”.

Subtil tenait énormément à son fils aîné. C’est peut-être pour ça qu’il n’a pas fait mettre Fitz à mort quand le gamin a été ramené à Vérité. La chose aurait pu se régler discrètement comme le voulait Royal (“C’est toujours Chevalerie qu’il préfère malgré tout. Malgré son mariage ridicule et son excentrique de femme, malgré ce gâchis avec ce gosse”). On notera d’ailleurs que Royal n’aime pas beaucoup son demi-frère, ce mépris est la conséquence de l’éducation de sa mère, elle n’a fait que lui répéter qu’il avait un meilleur sang que les deux autres,  que le trône lui revenait. Ce n’est pas donc étonnant d’entendre des mots piquants et blessants sortir de sa bouche quand il parle de Chevalerie. A ce moment-là du récit, Fitz est le seul Loinvoyant de naissance encore présent au Château et en bonne santé (Subtil est malade, Vérité est lancé dans sa quête des Anciens, Umbre est invisible). Quand Fitz ose se mêler des affaires, la répartie de Royal est cinglante, il lui rappelle qu’il est “le misérable bâtard d’un petit prince qui n’a même pas eu le courage de devenir roi-servant”.
C’est aussi cette jalousie envers Chevalerie et Vérité qui pousse Royal  à comploter et à vouloir tuer tous ceux qui se dressent sur sa route. On en a la confirmation lors de son délire final causé par la fumée dans la Reine Solitaire : “toujours à se croire supérieurs à lui alors qu’il était de plus haute lignée qu’eux et qu’il aurait dû hériter du trône en toute légitimité”.

Chevalerie a beau être absent, la personne qu’il était est bien restée dans les mémoires. Certes, pour certains, il a fauté. Mais, un trait de caractère revient dans toutes les bouches, parfois en bien. Mais aussi de façon négative. C’est par exemple la tisseuse royale qui nous dit que Chevalerie “était si rigoureusement aristocratique qu’en sa présence chacun se sentait mesquin et débraillé”. C’est ce soldat à Oeil-de-Lune qui se rappelle avoir connu le prince et en garde visiblement un mauvais souvenir et beaucoup de rancunes (“connaître le prince, ça ne voulait pas dire l’aimer (...) les règles et les cadres, c’était bon pour nous, pendant qu’il allait faire des bâtards à droite et à gauche”).

On ne peut pas parler de Chevalerie sans évoquer Burrich et Patience. Patience est devenue sa femme. Or il ne sait pas que Patience a aimé Burrich avant. Burrich a pris sur lui et est devenu ami et maître des chevaux et des animaux. Voilà un triangle amoureux presque aussi dérangeant que celui entre Fitz, Molly et Burrich (encore lui…).

Burrich : Je savais qu’elle avait cessé de m’aimer il y a des années, quand elle a donné son coeur à Chevalerie. Ça, je pouvais l’accepter : c’était un homme digne d’elle.

En ce qui concerne le mariage entre Chevalerie et Patience, c’est Umbre qui en parle le mieux. 
Ce qu’on comprend est que Chevalerie a tenu bon face à Subtil et qu’il a insisté pour épouser Patience. Les propos d’Umbre confirment cette hypothèse : “quand il l’a prise pour épouse, il a fermé la porte sur une bonne dizaine d’alliances qu’une autre femme aurait pu lui valoir. Il n’avait pas la moindre raison valable de se marier à ce moment-là.”
Il est suggéré à plusieurs reprises que l’union n’a pas du tout arrangé le trône et qu’elle a longtemps été combattue. Les Loinvoyant sont toujours dans le calcul (en tout cas Subtil et Umbre), ils voient avant tout les choses en fonction de l’influence politique et des intérêts de la Couronne, pas en fonction de vagues concepts comme l’attirance et l’amour. Subtil fera un parallèle intéressant en refusant à Fitz de courtiser Molly. Même drogué et affaibli, il a la force de lui rappeler que “tu parles comme Vérité. Ou comme ton père. Je crois qu’ils ont tété leur obstination avec le lait de leur mère”. 

Patience n’a pas eu une vie d’épouse simple. Rejetée dans le Château, elle a vu son mari aller et revenir de missions. Et il ne pouvait ou il ne voulait pas lui dire ce qu’il faisait, sans doute pour ne pas l’inquiéter et également à cause du secret royal. Elle a été humiliée en voyant le bâtard apparaître et a dû se réfugier à l’intérieur des terres. Une de ses remarques nous la montre pleine de regrets et vivant avec une culpabilité énorme sur les épaules. Au détour d’une confidence, elle dit à Fitz que “je n’aurais jamais dû le laisser abdiquer. Il serait sûrement encore en vie à l’heure qu’il est.”

Burrich a énormément d’admiration pour Chevalerie, il faut préciser qu’il lui a permis d’échapper d’une vie qui semblait misérable et vouée à se terminer rapidement. Quand d’autres pointent du doigt son attitude rigide, lui préfère se dire que c’est ça qui le différenciait des autres et faisait de lui le meilleur homme qu’il ait connu. On peut aussi penser que c’est pour ça qu’il a été enclin à sacrifier des années de sa vie pour élever un fils qui n’était pas le sien. Il en parle donc en terme élogieux : “tu as entendu dire que Chevalerie était froid, guindé et poli à l’excès ; et bien c’est faux. Il se comportait comme il pensait que devait se comporter un homme ; mieux : comme il pensait qu’un homme devait avoir envie de se comporter.” Pour autant, Burrich est capable de reconnaître les erreurs de Chevalerie. Il ne rejette pas la faute de l’abdication de son maître sur Fitz, non il est clair (“Chevalerie s’est attiré tout seul sa disgrâce, même si ça m’arrache le coeur de le reconnaître”).

A l’admiration de Burrich peut être comparée la fidélité de Galen. Il est le Maître d’Art de la Couronne, le demi-frère caché de Royal. Il vénère Chevalerie mais ce n’est pas un respect gagné par le temps ou par des actions. Non. C’est un sentiment artificiel imposé par un jeune Chevalerie et il sera incapable d’effacer ça. Cela aura des conséquences bien plus tard quand Galen formera le fils de Chevalerie et le détestera de toutes ses forces. Il le poussera même à tenter de se suicider. Galen parle crument à Fitz. On sent dans ses propos du dépit, il ne comprend pas “qu’un homme comme ton père ait pu déchoir au point de coucher avec une créature et te donner naissance”.
Ces propos trouveront leur écho avec ceux de Virilia quelques années plus tard. Cette dernière est une jeune femme ambitieuse qui tient des propos séditieux en Béarns. Subtil envoie donc Fitz pour qu’il s’occupe d’elle. Virilia est plus réputée pour ses talents de combattante que verbaux, elle arrive quand même à employer des mots qui trahissent l’étendue de son dédain (“certains verraient un signe de la dégénérescence de la lignée des Loinvoyant  dans le fait que votre père s’est glissé impur dans le lit nuptial”).

Chevalerie a des qualités. Dans les livres, elles  sont surtout exploitées pour aborder les failles de Vérité. 
Subtil dit par exemple à Vérité qu’il n’a pas “le charme de Royal ni la prestance qui permettait à Chevalerie de convaincre tout le monde qu’il était capable”. 
Umbre en est presque à regretter que ce ne soit pas Chevalerie qui ait épousé Kettricken (“ah, si ton père était toujours en vie, mon garçon, et s’ils étaient mariés, nous aurions des souverains capables de tenir le monde dans le creux de leurs mains”). En effet, Chevalerie a prouvé à maintes reprises ses talents de diplomates (il a notamment oeuvré au rapprochement avec les Montagnes) tandis que Kettricken se révèle une reine de grande qualité.
Même Ronce, un simple artiseur, se permet d’avoir un avis. Peut-être ne répète-t-il que des mots entendus dans la bouche de Royal… Toujours est-il qu’il ose dire à Fitz que “tu as le même point faible que ton père et le Prétendant ; tu es persuadé que l’existence d’un seul de ces paysans vaut la tienne”.
Tout cela ne semble pas déranger Vérité plus que ça. Il faut dire que les deux ont un lien très fort, une relation développée lors de leurs jeunes années à parcourir les terres des Six-Duchés (“les deux princes oeuvraient main dans la main à fixer les frontières, les traités et les accords commerciaux”). Vérité aurait rêvé être le second de Chevalerie, il était destiné à ça, il l’aurait appuyé dans son règne. Il avait foi en son frère : “ sais -tu comme il est facile de suivre les ordres d’un homme en qui on a confiance, Fitz ?” 
Chevalerie apparaît alors comme un homme fiable, qui tenait fortement à ses gens. D’ailleurs, Vérité aurait bien aimé qu’il soit encore vivant lors de la quête des Anciens. Le Loinvoyant s’est lancé dans une quête chimérique qui le pousse à la limite de ses forces, il est proche d’abandonner plusieurs fois. Fitz l’aidera. Et il aurait aimé plus, il aurait aimé Chevalerie (“j’ai cru que Chevalerie était revenu pour me débarrasser de ce fardeau”).

Enfin, il faut évoquer Fitz. Il n’a pas connu son père, il ne l’a jamais vu. Quand Caudron, après un échange d’Art, lui parle de sa mère, elle ne lui parle pas de son père. Fitz dit même à Burrich qu’il est son père.
Dans la Reine Solitaire, Fitz, le Fou et les autres participants de la quête de Vérité tombent sur des dragons de pierre. L’un d’entre est la Fille-au-Dragon, une sculpture magique inachevée. Fitz voit en elle un bon réceptacle de ses peines, il s’y vide donc : “prends ma douleur de n’avoir jamais connu mon père, prends les heures écoulées à regarder son portrait quand la grand-salle était vide.” Que de la déception.


lundi 29 juin 2020

L'assassin du Roi, chapitre 8, La Reine s'éveille


  • Le chapitre s’ouvre sur un chant qui rend hommage à Kettricken. C’est la Reine Renarde, elle est désintéressée, elle ne pense qu’au bien-être de ses gens.
  • Jusque là, Kettricken a été une personne discrète, ce qui est compréhensible. Elle arrive dans un château inconnu, dans un pays différent du sien. Elle subit les événements, on la donne à Vérité (un homme bien plus vieux qu’elle). A la fin du chapitre précédent, elle a été attaquée par des forgisés et elle a dû se défendre seule avant l’arrivée de Fitz.
  • Tout le château est prêt à la venger, c’est un beau moment de communion. En s’en prenant à Kettricken, ils s’en sont pris à tout le monde.
  • Vérité, dans un premier temps, ne saisit pas le moment, il est spectateur. Il ne voit aucune bonne solution, aucune bonne chose à tirer de ça donc il ne fait rien. Cela joue sur ses nerfs, il est piquant, il a malgré tout conscience que c’est une épreuve pour le trône.
  • Sa réaction quand Kettricken est venue le voir la nuit précédente montre bien qu’il ne comprend pas encore sa femme. Il pensait qu’elle était là pour du réconfort, pour sécher des larmes. Or, le lecteur sait depuis la fin de l’apprenti assassin que Kettricken est une femme d’action. 
  • On a un nouvel aperçu de l’homme qu’était Chevalerie. Vérité se rabaisse en se comparant à lui, c’est quelque chose d’assez marquant dans cette trilogie : Vérité se voyait en second.
  • Royal comme Vérité ne comprend pas ce qui se passe. Pour le moment, deux des trois Loinvoyant que nous avons vus sont dépassés. Et il n’y a pas grand chose à attendre du vieux Subtil.
  • Kettricken prononce un discours court mais fort. Elle place les gens des Six-Duchés devant leurs responsabilités et tente de leur faire comprendre que ce qu’ils vont faire n’a rien de glorieux. Ils vont tuer leur compatriotes. C’est courageux de sa part de souligner ça. Kettricken a pris les choses en main, c’est elle le pouvoir.
  • Elle a dit “mon peuple”. Les Six-Duchés sont sa maison !!
  • L’altercation entre Vérité et Royal est pathétique étant donné le contexte, elle souligne juste que les deux sont pris dans leur lutte. Malgré tout, Vérité commence à être à la hauteur de ce qui est attendu de lui. Il protège sa femme. Royal, lui, ne voit que la perte d’influence. Ils en viennent à des insultes et un coup. Royal se cache derrière Subtil, lui disant qu’il va lui rapporter ce qui se passe, cela fait très enfant gâté.
  • Tout le monde est agité (ceux qui ne vont pas traquer les forgisés préparent la suite au château) sauf les Loinvoyant (Royal, Vérité, Subtil). Le peuple a pris les choses en main, le trône n’est pas à la hauteur.
  • Kettricken fait preuve de simplicité. Son éducation dans les Montagnes joue sans doute. Elle sait que les morts méritent du respect et ne doivent pas être exploités pour une cause politique. On pourrait presque penser qu’elle est naïve. Cependant, sa droiture ajoute sans doute à son charme.
  • Kerry est mort. Cela nous replonge dans l’enfance de Fitz, ses très et trop rares moments où il a pu être un petit garçon heureux.
  • Vérité finit par être à la hauteur quand il liste les forgisés délivrés (tués donc). Mais c’est Kettricken qui a le dernier mot, c’est son moment, rien ne l’éclipse
  • Subtil est là sans être là
  • Umbre est enthousiaste. Cela contraste grandement avec ce qui se passe. Lui est clairement dans une logique politique et de guerre. Il évoque Chevalerie. A nouveau, on se demande comment aurait tourné les choses si il avait décidé de rester au château : quelle éducation aurait-eu Fitz ?
  • Umbre aime clairement son pays, il le connaît de long en large. Il y a peut-être un espoir de sauver les Six-Duchés. Ses propos (Chevalerie et Kettricken ensemble) sont un peu choquants, ils diminuent Vérité
  • Rôdeur, sa belette, est empoisonnée. C’est une piqûre de rappel. Le danger ne vient pas que des Pirates Rouges, il est aussi interne. Royal est toujours là, à vouloir le pouvoir, et quoiqu’en dise Umbre. Le vieil assassin refuse d’accuser le prince, il fait preuve d’aveuglement (ce n’est pas la première ou la dernière fois).
  • Enfin !!! Même si Fitz n’est pas doué pour exprimer ses sentiments, il se lance. Il dit maladroitement à Molly ce qu’il ressent. Il l’aime. Et Loupiot fait écho à ses sentiments.


samedi 2 septembre 2017

Burrich, le mentor


Dans le premier cycle des aventures de Fitz, il existe un homme qui brille par ses valeurs et son comportement. Droit, dur comme un roc, inflexible, courageux, il s'appelle Burrich.
Burrich est un personnage important dans cette saga, ne serait-ce que par la place qu'il occupe auprès des princes et des rois. En charge des écuries du Roi Subtil, il fut l'homme de main du Prince Chevalerie et devient celui qui doit élever le Fitz.

Nous apprendrons plus tard dans le récit que Burrich a eu une aventure avec Patience (la femme de Chevalerie). S'il a sacrifié son amour, il n' a pas pour autant abandonné de trouver une femme. Quand Fitz commence à faire ses bêtises (et il en fera beaucoup), il lui fait cette mise en garde : « si jamais je tombe sur la femme qu'il me faut, je tiendrai à ce qu'elle sache que je n'en regarderai jamais une autre. Et je voudrai avoir l'assurance que tous mes enfants sont de moi ». Bien entendu, la suite nous montrera qu'il a trouvé la femme (Molly) et qu'il considérera Ortie comme sa propre enfant.

L'éducation du bâtard royal n'aura pas été un long fleuve tranquille. Loin de là. Car Fitz n'en fait qu'à sa tête, n'écoute pas les conseils de ses différents mentors et se retrouve , parfois contre son gré, dans des situations invraisemblables.
Un jour, Patience décide de revenir au château royal pour prendre soin du fils de Chevalerie (Fitz donc). Naïf, l'apprenti assassin la rencontre plusieurs fois sans savoir qui elle est et quand vient le moment de rendre compte à Burrich, il se trouve ridicule et Burrich avec son franc-parler légendaire lui fait remarquer que « quand tu retranches des bouts à la vérité pour éviter d'avoir l'air ridicule, tu finis par passer pour un crétin. »
Pour autant, le maître des écuries veut faire de Fitz un homme, digne et fier, qui assume ses actes et décisions. Il est exigent, même dur avec lui et n'hésite pas à le malmener et à le secouer, même verbalement (« et son fils n'est pas un imbécile pleurnichard qui se traîne par terre en gémissant qu'il mérite de se faire rouer de coups »).
En ce qui concerne le Vif, bien que doué, il voit cela comme une tare sans nom et cela est dû à son histoire personnelle. Il est clair avec Fitz : il lui retire son amitié après l'échec de Fitz à l'épreuve de Galen, tolère à peine la présence d'Oeil-de-Nuit. Il affirme même qu'il serait prêt à tolérer tout sauf le Vif (« j'aimerais mieux te voir les mains tout le temps dans la culotte que t'entendre constamment faire ça en ma présence »).

Il a des idées et des valeurs très nettes, des conseils que Fitz aurait sans doute dû suivre. Il aura aussi été question de supporter les plaintes de Fitz, comme lors de ce passage où ce dernier est empoisonné et roué de coups par Royal et décide de se retirer du jeu politique. Il ne cesse de pleurer sur son infirmité, sur son inutilité quand Burrich lui rappelle qu'il est vivant et encore capable de certaines choses : « cesse de te définir par ce que tu ne peux pas faire. Vois plutôt ce que tu n'as pas perdu. »
Burrich est là, avec son épaule sure et forte ; c'est lui qui ramasse Fitz dans un fossé quand le bâtard s'enivre pour chasser le goût de la guerre de sa bouche (la bataille de l'île de l'Andouiller). Il lui dit que « ce n'est pas le travail qui fait qu'on est fier ou pas, c'est la façon de le faire ».

Burrich est un homme de sacrifices. Il a sacrifié son amour pour suivre Chevalerie, ses belles années pour élever Fitz, sa jambe pour sauver un prince. Et il continue comme lorsque Kettricken tombe enceinte et que le futur bébé se trouve déjà menacé par les manigances de Royal. Qui vient les protéger ? Burrich ! Il en profite d'ailleurs pour faire la leçon au Fitz (« un jour, je t'ai dit que le combat n'était fini que quand on l'avait gagné. Je ne baisserai pas les bras à cause de ça (…) j'ai déjà bien assez honte que mon prince ait continué son chemin sans moi »).

Fitz et Burrich ont une passion commune : l'alcool. Même si Fitz semble boire tout et n'importe quoi. Brodette, la servante de Patience, fait les gros yeux au Fou, au Fitz et à Burrich quand elle les trouve en train de boire alors qu'ils viennent de jouer un vilain tour au prince Royal. Et elle adresse des reproches au plus expérimenté des trois, à savoir le maître d'écuries. Et il lui répond tranquillement qu' « il y a des choses qui ne se résolvent pas. L'alcool les rend beaucoup plus supportables. »

Et puis vient la grande et grosse colère de Fitz. Burrich le ramène à la vie grâce à la magie du Vif, mais il faut du temps pour que le bâtard redevienne un homme. Il le lui apprend et quand les souvenirs reviennent, Fitz se demande quoi faire dorénavant. Burrich lui rappelle qu'il a des devoirs ; cependant Fitz en a assez. Il veut partir loin, à l'étranger en mettant à profit ses quelques talents de scribe et de garçon d'écurie. Amicalement, Burrich lui signale que cela risque de ne pas être suffisant (« mais gagner sa vie, ce n'est pas vivre »). Et Fitz s'énerve.