Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

Article épinglé

Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

Affichage des articles dont le libellé est orandula. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est orandula. Afficher tous les articles

samedi 1 août 2026

[Le Soldat Chamane] Qui est Orandula ?

Si la religion du dieu de la bonté est la principale en Gernie, le culte d’Orandula, lui, est très marginal. Orandula est un des anciens dieux. Sa foi n’est plus très répandue. On apprend que les gerniens l’ « ont mis au rebut » et que « rares sont ses fidèles aujourd’hui ». Jamère est exaspéré par son comportement (« il se croit drôle à jouer avec les mots »).


Jamère est harcelé par ce dieu (Orandula), un dieu qui lui reproche un geste de miséricorde. Croyant bien faire lors du mariage de son frère, Jamère avait libéré un oiseau que la famille de la mariée voulait sacrifier à ce dieu. L’oiseau empalé, Jamère le croit mort ; en réalité, ce n’est pas encore le cas (« l’oiseau ouvrit les yeux, je faillis le lâcher de saisissement. Il secoua la tête puis déploya ses ailes »). Jamère a donc permis à un oiseau de vivre alors qu’il était condamné à une mort certaine sans intervention. Pour Orandula, c’est une insulte, un geste de défiance. Il dit clairement à Jamère que « tu as pris ce qui me revenait, et ta vie est engagée ; tu me dois une mort en remboursement ». Dès lors, Orandula ne cesse de suivre Jamère, d’apparaître dans sa vie en lui réclamant une vie…


La mère de Jamère nous en apprend plus. Elle tente de rassurer Jamère qui a été horrifié par ce qu’il a vu lors du mariage. Pour elle, ce n’est pas une religion, mais « une tradition, ‘une convenance familiale à respecter ». Cécile (la mariée) a fait ça pour avoir de la chance en mariage. Si elle a tué un oiseau, c’est avec un but clair (« celle qui accomplit le sacrifice espère ne perdre aucun enfant ni à la naissance  ni au berceau »). En retirant l’oiseau empalé sur son bout de bois, Jamère a perturbé la cérémonie (« on tue ses créatures et on les lui offre pour nourrir ses semblables ; là réside l’équilibre »). En libérant l’oiseau, Jamère n’a pas seulement perturbé le cycle, il a commis une offense.


Orandula, dans la croyance populaire, est perçu comme le dieu de la mort. Il ne dément pas : « j’aime tout laisser en ordre derrière moi, d’où mon affinité avec les charognards ». Orandula va même plus loin en s’adressant à Jamère (« comment peut-on être le dieu de la mort sans être aussi celui da la vie ? Il ne s’agit pas de deux choses différentes : l’une est la continuation de l’autre »). Orandula n’a rien à voir avec le dieu unique de la bonté. Tout dans son attitude montre qu’il n’est pas là pour être aimé. D’ailleurs, il dit clairement qu’il n’est « pas le dieu de la compassion ». Il est un dieu, il est au-dessus des hommes et de leurs petites manigances et justifications. Orandula se moque de savoir si Jamère croit en lui ou non (« crois-tu que servir un dieu te dégage des exigences d’un autre ? Crois-tu vraiment que nous tirons notre puissance de votre croyance en nous ? »). Simplement, il est un dieu, il existe. Sa présence s’impose aux humains. On peut également dire qu’Orandula ne cherche pas l’amour des humains ou des croyants, il veut simplement son dû, à savoir une mort dans ce cas. Il rappelle sans cesse à Jamère qu’il n’y a pas d’importance s’il croit en lui ou non. Peu importe la façon, il aura ce qu’il veut. Orandula n’est pas là pour rigoler ou être gentil, il sait même être menaçant (« il me semble qu’une créature saine d’esprit préfèrerait ne pas quitter du regard un être aussi dangereux que moi »).