Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

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lundi 18 mai 2026

[Ursula K. Le Guin] L'ultime rivage / Quelques extraits que j'apprécie

  • L’Epervier : La bonne aventure et les philtres d’amour n’ont guère d’importance, mais les vieilles femmes méritent d’être écoutées.
  • L’Epervier : Essaie de choisir avec soin, Arren, lorsqu’il faudra faire de grands choix. Quand j’étais jeune, j’ai eu à choisir entre être et agir. Et j’ai sauté sur la seconde solution comme une truite sur une mouche. Mais chacun de tes gestes, chacun de tes actes, te lie à lui et à ses conséquences, et te force à agir encore et toujours. Il est donc très rare de rencontrer un espace, un moment comme celui-ci, entre deux actions, où il soit possible de s’arrêter et de se contenter d’être, tout simplement. Ou de se demander qui on est, en fait.
  • L’Epervier : Je n’inflige pas de punition, dit la voix dure et claire, glacée comme la froide lumière de mage dans le brouillard. Mais au nom de la justice, Egre, je prends ceci sur moi : j’ordonne à ta voix de se taire jusqu’au jour où tu trouveras un mot qui vaille la peine d’être dit.
  • (À Lorbanerie) : Au crépuscule, l’air y est empli de petites chauves-souris grises qui se nourrissent des vers. Elles en mangent beaucoup, mais on le tolère et elles ne sont pas exterminées par les tisserands, qui considèrent en vérité que tuer ces animaux est un acte de très mauvaise augure. Car, disent-ils, si les êtres humains vivent des vers, les petites chauves-souris ont le bien le droit d’en faire autant.
  • C’était là, pensa Arren le fondement même de la sorcellerie : faire allusion à des choses formidables tout en ne disant rien, et ne rien faire du tout en faisant croire que c’est le sommet de la sagesse.
  • (La voix du dragon) : La voix était douce et sifflante, presque semblable à celle d’un chat en colère, mais gigantesque, et il y avait en elle une terrible musique. Quiconque entendait cette voix ne pouvait que se figer et écouter.
  • Arren : Quel mal les arbres ont-ils fait ? dit-il. Faut-il qu’ils punissent l’herbe pour leurs propres fautes ? Ces hommes sont des sauvages, qui incendient une terre parce qu’ils sont en querelle avec d’autres hommes.
  • L’Epervier : Qu’est-ce qu’un homme bon, Arren ? Un homme bon est-il celui qui ne ferait pas le mal, qui n’ouvrirait pas une porte donnant sur les ténèbres, qui n’a pas de ténèbres en lui ? Regarde mieux, mon garçon. Regarde un peu plus loin.
  • L’Epervier : As-tu cru que je devenais sénile, et que j’allais clamer mon nom partout, comme ces vieillards larmoyants qui ont perdu la raison et toute dignité ? Pas encore, mon garçon !
  • L’Epervier à Arren : Tu entres dans l’âge d’homme aux portes de la mort. 

vendredi 27 mars 2026

[Ursula K. Le Guin] Les Tombeaux d'Atuan / Quelques extraits que j'apprécie

  • (Le père de Tenar) : L’homme resta dehors, pieds nus sur la terre froide, tandis que le ciel du printemps s’assombrissait au-dessus de lui. Dans le crépuscule, son visage était un masque de douleur, une douleur confuse et lourde, une douleur qu’il ne pourrait jamais exprimer par des mots. Finalement, il haussa les épaules et suivit sa femme dans la pièce éclairée par le feu où résonnaient des voix d’enfants.
  • Tout ce qui se passe partout ailleurs commence ici, dit Arha.
  • (Penthe) : J’aimerais mieux épouser un porcher et vivre dans une fosse. Je préfèrerais n’importe quoi plutôt que d’être enterrée ici pour le restant de mes jours avec un tas de bonnes femmes, dans ce fichu désert où il ne vient jamais personne ! Mais les regrets ne servent à rien, car maintenant j’ai été consacrée et je suis coincée.
  • (Penthe, à propos du Dieu-Roi) : Après tout, ce n’est qu’un homme, même s’il vit à Awabath dans un immense palais de trois milles de long avec des toits en or (…) Et je te parie qu’il est obligé de se couper les ongles de pieds comme tout le monde. Je sais parfaitement que c’est aussi un dieu. Mais mon avis personnel, c’est qu’il sera beaucoup plus divin une fois qu’iil sera mort.
  • (Arha, après avoir vu un homme sous terre) : Cependant, tout en priant, elle revoyait en pense la splendeur palpitante de la caverne éclairée, où la vie avait remplacé la mort ; et au lieu d’être terrifiée devant ce sacrilège et saisie de rage à l’égard du voleur, elle pensait seulement que c’était étrange, ô combien étrange…
  • (Arha à l’Epervier) : Je suis la Première Prêtresse, la Réincarnée. J’ai servi mes maîtres pendant mille ans, et mille ans encore avant cela. Je suis leur servante, je suis leur voix et je suis leurs mains. Et je suis leur vengeance contre ceux qui profanent les Tombeaux et contemplent ce qui ne doit pas être vu ! Cesse de mentir et de te vanter ; ne vois-tu pas qu’il me suffit d’un mot pour que mon garde vienne te trancher la tête ?
  • (L’Epervier, sur ce qu’est un Seigneur des Dragons) : Il ne s’agit pas de dompter les dragons comme le croient la plupart des gens. En réalité, les dragons n’ont pas de maîtres. La question est toujours la même avec un dragon : va-t-il vous parler, ou vous manger ? Si vous pouvez espérer qu’il fera la première chose et non la seconde, alors vous êtes un Seigneur des Dragons.
  • (L’Epervier) : Elle avait peur de moi, mais elle m’a nourri. Comme je ne faisais rien pour l’effrayer, elle en est venue à me faire confiance et m’a montré son trésor. Elle aussi possédait un trésor… Une petite robe. Toute de soie perlée. Une petite robe d’enfant, une robe de princesse. Elle-même était vêtue de peaux de phoque.
  • (L’Epervier) : Le plus fantastique cadeau de notre ère… et il a été offert par une pauvre vieille femme idiote vêtue de peaux de phoque à un rustre qui l’a fourré dans sa poche en disant merci, et qui a repris la mer…
  • (l’Epervier) : Faire se matérialiser un souper. Oh, je le pourrais. Dans de la vaisselle d’or, même si tu veux. Mais c’est de l’illusion, et quand on mange des illusions, on a encore plus faim après. C’est à peu près aussi nourrissant que de manger des mots.

lundi 24 novembre 2025

[Ursula K. Le Guin] Le Sorcier de Terremer / Quelques extraits que j'apprécie

  • À propos de la sorcière de Dix-Aulnes : mais comme c’était une ignorante au milieu d’ignorants, elle utilisait souvent ses talents à des fins stupides et douteuses. Elle ne savait rien de l’Équilibre et du Modèle que connait et respecte le véritable magicien, et qui l’empêchent d’avoir recours à ses sortilèges du moins que la nécessité ne s’en fasse absolument sentir.
  • Ged : il avait lu sans la moindre lumière, dans l’obscurité. Il lui était maintenant impossible de distinguer les runes quand il regardait la page; Et pourtant, l’horreur ne faisait que grandir en lui, et semblait le tenir ligoté à sa chaise. Il avait froid. Jetant un regard par-dessus son épaule, il vit que quelque chose était tapi près de la porte fermée, une tache d’ombre informe, plus sombre encore que l’obscurité.
  • Ged quand il est au Tertre de Roke : il savait qu’en cette nuit, en ce lieu obscur et enchanté, son pouvoir était plus grand que jamais, si grand qu’il en tremblait et parvenait à peine à contenir le sentiment de force qui l’envahissait (…) sous ses pieds, il sentait les racines s’enfoncer toujours plus profondément dans les ténèbres, et au-dessus de sa tête il voyait briller les feux stériles et lointains des étoiles. Entre les deux, toute chose était à ses ordres, prête à obéir. Il se tenait au centre du monde.
  • Le Maître Appeleur à Ged : La vérité, c’est qu’à mesure que le véritable pouvoir d’un homme grandit et que ses connaissances s’étendent, le chemin qu’il peut suivre se fait toujours plus étroit, jusqu’à ce qu’il n’ait finalement plus d’autre choix que de faire ce qu’il doit faire, et le faire pleinement…
  • Yevaud à Ged : Qu’est devenue la cupidité des hommes ? Au temps jadis, dans le Nord, les hommes adoraient les pierres brillantes… 
  • Ged : chaque fois qu’il prononçait le nom du dragon, c’est comme s’il avait tenu l’immense créature au bout d’une laisse longue et fine qui se resserrait autour de son cou. Dans le regard du dragon rivé sur lui, il devinait une infinie malice et une expérience séculaire des hommes.
  • Lorsque Ged s’éveilla, il resta longtemps allongé, uniquement conscient du plaisir qu’il éprouvait d’avoir pu se réveiller alors qu’il ne s’y attendait pas.
  • Quand les noires créatures ailées de la Cour de Terrenon fondirent sur lui et qu’il frappa leurs grandes ailes, son bâton ne fut entouré d’aucune flamme rouge maléfique ; il se mit simplement à resplendir d’un feu de mage blanc, celui qui ne brûle pas mais qui repousse les ténèbres.
  • Ged à Ogion : Je suis revenu auprès de vous tel que j’étais lorsque je vous ai quitté : un pauvre imbécile.
  • Vesce à des villageois : Je suis votre mage. Mais il est temps que vous vous rappeliez une chose : bien qu’étant serviteur, je ne suis pas votre serviteur. Je reviendrai lorsque je serai libre de revenir ; en attendant, adieu !