- (Le père de Tenar) : L’homme resta dehors, pieds nus sur la terre froide, tandis que le ciel du printemps s’assombrissait au-dessus de lui. Dans le crépuscule, son visage était un masque de douleur, une douleur confuse et lourde, une douleur qu’il ne pourrait jamais exprimer par des mots. Finalement, il haussa les épaules et suivit sa femme dans la pièce éclairée par le feu où résonnaient des voix d’enfants.
- Tout ce qui se passe partout ailleurs commence ici, dit Arha.
- (Penthe) : J’aimerais mieux épouser un porcher et vivre dans une fosse. Je préfèrerais n’importe quoi plutôt que d’être enterrée ici pour le restant de mes jours avec un tas de bonnes femmes, dans ce fichu désert où il ne vient jamais personne ! Mais les regrets ne servent à rien, car maintenant j’ai été consacrée et je suis coincée.
- (Penthe, à propos du Dieu-Roi) : Après tout, ce n’est qu’un homme, même s’il vit à Awabath dans un immense palais de trois milles de long avec des toits en or (…) Et je te parie qu’il est obligé de se couper les ongles de pieds comme tout le monde. Je sais parfaitement que c’est aussi un dieu. Mais mon avis personnel, c’est qu’il sera beaucoup plus divin une fois qu’iil sera mort.
- (Arha, après avoir vu un homme sous terre) : Cependant, tout en priant, elle revoyait en pense la splendeur palpitante de la caverne éclairée, où la vie avait remplacé la mort ; et au lieu d’être terrifiée devant ce sacrilège et saisie de rage à l’égard du voleur, elle pensait seulement que c’était étrange, ô combien étrange…
- (Arha à l’Epervier) : Je suis la Première Prêtresse, la Réincarnée. J’ai servi mes maîtres pendant mille ans, et mille ans encore avant cela. Je suis leur servante, je suis leur voix et je suis leurs mains. Et je suis leur vengeance contre ceux qui profanent les Tombeaux et contemplent ce qui ne doit pas être vu ! Cesse de mentir et de te vanter ; ne vois-tu pas qu’il me suffit d’un mot pour que mon garde vienne te trancher la tête ?
- (L’Epervier, sur ce qu’est un Seigneur des Dragons) : Il ne s’agit pas de dompter les dragons comme le croient la plupart des gens. En réalité, les dragons n’ont pas de maîtres. La question est toujours la même avec un dragon : va-t-il vous parler, ou vous manger ? Si vous pouvez espérer qu’il fera la première chose et non la seconde, alors vous êtes un Seigneur des Dragons.
- (L’Epervier) : Elle avait peur de moi, mais elle m’a nourri. Comme je ne faisais rien pour l’effrayer, elle en est venue à me faire confiance et m’a montré son trésor. Elle aussi possédait un trésor… Une petite robe. Toute de soie perlée. Une petite robe d’enfant, une robe de princesse. Elle-même était vêtue de peaux de phoque.
- (L’Epervier) : Le plus fantastique cadeau de notre ère… et il a été offert par une pauvre vieille femme idiote vêtue de peaux de phoque à un rustre qui l’a fourré dans sa poche en disant merci, et qui a repris la mer…
- (l’Epervier) : Faire se matérialiser un souper. Oh, je le pourrais. Dans de la vaisselle d’or, même si tu veux. Mais c’est de l’illusion, et quand on mange des illusions, on a encore plus faim après. C’est à peu près aussi nourrissant que de manger des mots.
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