Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

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samedi 13 janvier 2024

Le Puits d'Argent (2)

 

Le Puits d’Argent conclut la saga des Cités des Anciens. Les dragons sont enfin redevenus des dragons : ils chassent, ils commencent à retrouver leurs souvenirs et, surtout, ils ne tolèrent pas le mal qu’on leur fait. C’est l’intrigue de ce tome où Glasfeu vient trouver les dragons de Kelsingra pour leur demander de déchaîner leur courroux sur Chalcède. Cet acte de vengeance arrangerait bien Selden et Chassim qui sont prisonniers du duc de Chalcède sans espoir de survie ou même sans espoir de s’évader. Les deux jeunes gens ont déjà subi les pires des avanies, des affronts, notamment le viol. Mais, là, ils doivent faire face à un nouveau défi : voir la personne aimée souffrir.


Chalcède est dirigée par la main de fer de son Duc. C’est un homme impitoyable et violent. C’est en tout cas l’image qu’il tente de donner et ce que propage la rumeur publique. Car, la réalité est toute autre : le Duc est en train de mourir. Il a perdu de sa superbe. Comme le vieux Subtil dans l’assassin royal, il est en train de pourrir de l’intérieur. Sa vaillance s’est envolée. Selden s’en rend compte lorsqu’on le fait se présenter au dirigeant : « il pénétra dans la luxueuse chambre à coucher du duc. Une salle mortuaire, se dit-il, car l’odeur de la mort y était omniprésente ». Celui qui fut un brillant guerrier n’est plus qu’un vieillard sans forces, à bout de souffle presque. Si Selden le voit, ceux qui le côtoient tous les jours le savent aussi. Ellik, le bras droit du Duc, est consterné par ce qu’il voit. Ses pensées montrent bien qu’il respecte bien peu ce qu’est devenu cet homme (« Lâche ! Ce que la guerre n’a pu faire, la maladie l’ai fait : elle a fait de lui un couard prêt à toutes les bassesses pour tenir la mort à distance »).

La fin de la remarque est éclairante. Ellik veut vivre : il n’a pu avoir du sang de dragon ou autres parties de leur corps, il se rabat sur le sang d’un Ancien. Il est convaincu que le sang d’un homme marqué par un dragon a des propriétés magiques, notamment curatives et lui permettra de guérir. Autrement dit, Ellik est prêt à boire du sang humain pour rester en vie.


Le procédé est assez dégoûtant. Dans une saga qui compte un bon nombre de passages marquants (la mort de la petite fille dans les mains de Fitz dans l’Assassin du roi, le viol d’Althéa par Kennit, le viol de Kennit par Igrot raconté par Parangon, etc.), le concept de vampirisme est inédit. Certains avaient ingurgité des drogues comme Fitz et la graine de caris, ou Althéa et la cidine. La chose aurait pu être moins repoussante si le Duc était parvenu à ingurgiter du sang de dragon (plus tard, le Fou en ingurgitera pour tenter de retrouver la vue). 

Malgré cette aversion, personne ne résister aux désirs du Duc, surtout pas ses gardes. Ils disent à Chassim que « vous savez bien que nous sommes morts si nous revenons sans lui. Si nous désobéissons, le seul résultat est que nous serons torturés et nos proches aussi ». Le Duc inspire donc toujours une forme de peur qui dépasse le dégoût de sa pratique.


Le sang de dragon a des propriétés magiques. Est-ce la même chose du sang des Anciens ? Cela semble être le cas, car on peut lire que « le duc but un peu de sang puis, reprenant des forces, redressa seul la tête et ingurgita le reste ». Selden n’est pas seulement affaibli par cette pratique. Il est dégouté. Il le vit comme un nouveau viol. C’est trop pour lui : quand il en parle à Chassim, on comprend qu’il est à bout (« si je dois me suicider, je préfère le faire avant qu’on m’ouvre la gorge et qu’il me suce le sang à nouveau »).


Heureusement pour Selden, le Duc a vu trop gros en s’en prenant aux dragons. En attaquant les maîtres du ciel, de la terre et de la mer, il s’est fait un ennemi mortel qui ne pardonne aucun affront. 

Les dragons, menés par Tintaglia et Glasfeu, ont décidé de se venger. Il a fallu motiver les nouveaux dragons, leur rappeler qu’un tort causé à un dragon ne peut pas rester impuni. Le vieux Glasfeu et Tintaglia ont réussi à faire entendre à Gringalette et aux autres que les dragons ne sont pas des proies. C’est en tout cas ce que rapporte Kanaï : « ils ont décidé de se rallier à l’opinion de Tintaglia, de frapper la capitale, là où règne le duc, pour leur rappeler que les dragons ne sont pas des cochons de rivière ».

L’apparition des dragons suscite la peur pour les chalcèdiens. Très vite, les dragons sèment la mort. Les gens crient, tentent de s’enfuir. Chassim, elle, voit cela comme une libération. Elle est prête à mourir dans sa cellule de prison ; la mort signifie la fin de son calvaire et la fin de son père qui prenait plaisir à la torturer. Sa pensée est claire : « c’est pour le tuer qu’ils sont là, n’est-ce-pas ? (…) j’ai de la peine pour mon peuple, et je m’attriste de voir tous ces gens terrifiés, mais je n’ai aucune compassion pour mon père et je ne m’offusque pas d’une mort dont il est responsable ». 

Bien entendu, le résultat ne fait aucun doute : « le palais du duc était tombé sous les assauts orchestrés par Glasfeu, implacable et sans pitié ».

Enfin, le sort de Selden est incertain. Il est libéré mais nul ne sait les conséquences qu’auront sa captivité. Alise informe qu’ « il a des séquelles, et pas seulement physiques. Le duc le dévorait littéralement, il lui suçait le sang des veines ».

lundi 20 juin 2022

Chassim, une femme à Chalcède

Être une femme à Chalcède n’est pas une chose aisée, c’est encore plus compliqué lorsqu’elle est la fille du duc de Chalcède. Votre corps, votre volonté, vos envies, tout cela ne vous appartient pas. Chassim est un objet de troc, un levier de pouvoir. Elle ne sert qu’à avoir des héritiers, par tous les moyens, même le viol dans le cadre légitime d’un mariage arrangé. Car on apprend que Chassim a été mariée trois fois malgré son jeune âge : « son premier mari l’avait laissée veuve à quatorze ans », « son second époux (…) avait tenu six mois avant de succomber à une maladie de l’estomac », « son dernier mari était mort trois ans plus tôt ». Avoir survécu à trois mariage montre la force de Chassim. Dans ce pays où la femme n’a quasiment aucun droit, elle parvient à rester en vie. Surtout qu’elle doit également faire avec les machinations politiques liées au pouvoir, du duc et de son chancelier Ellik. Chassim est une femme bonne à épouser : celui qui la mariera régnera (le duc fait remarquer que « s’il mourait sans hériter mâle, sa fille aînée et son mari pourraient gouverner jusqu’à la majorité de leur premier fils »).

Cela soulève des appétits, notamment celui d’Ellik. Il ne suffit pas à ce dernier de murmurer aux oreilles du duc, il veut le pouvoir, il veut être le leader. Ellik a beau être marié, il anticipe déjà la future mort de sa femme : il en parle franchement au duc (« je serai bientôt veuf et libre de me remarier. Pour mes nombreuses années de loyaux service, vous me donnerez votre fille en récompense »). On sent bien qu’Ellik est ambitieux, prêt à tout. Il est d’ailleurs celui qui informe le duc que sa fille a des propos séditieux : «  sa poésie s’apparente plutôt à un appel aux armes, à un appel au rassemblement et au soulèvement des femmes en Chalcède afin de l’aider à hériter de votre trône ». Cet exemple illustre bien également la force de caractère de Chassim ; elle est loin d’être une enfant soumise qui obéit aux désirs de son père et aux traditions ; elle veut bousculer les choses. Ellik veut la mettre au pas : il va la domestiquer, l’apaiser, la remettre à sa place. Il lui fera un enfant et elle se comportera en bonne mère (« elle continuera d’écrire ses poèmes (…) il parlerait du bonheur d’être marié, d’avoir un amant expérimenté, et de bientôt tenir un bébé dans ses bras. Ses crocs seront arrachés, son venin dilué en tisane »).

Entendre cela crée un réel contentement de la part du duc. Bien entendu, il regrette que ce ne soit pas un garçon mais il éprouve quand même du respect pour Chassim (« Chassim était bien sa fille ; une épineuse fierté naquit en lui. Si seulement ç’avait été un garçon, il lui aurait trouvé une grande utilité »). Il réitérera plus tard cet avis : « elle me ressemble plus qu’à sa mère (…) j’aurais dû m’en rendre compte il y a des années. Elle tient plus de moi qu’aucun de ces fils qui m’ont tous déçu ». Car, il y a de fortes rumeurs qui disent que c’est Chassim qui aurait tué ses différents maris.

La rencontre avec Selden va changer les choses. Elle va tomber sur un jeune homme en besoin d’affection, en besoin d’aide. Selden et elle vivent la même chose en devant prisonniers du duc de Chalcède. Ils sont retenus, battus, humiliés. Les deux servent à assurer l’autorité et la mainmise du duc : Chassim doit trouver un bon mari et le duc est convaincu que le sang d’un Ancien peut l’aider à vivre plus longtemps. Chassim résume efficacement la situation en disant que « c’est pourquoi je dois te débarrasser de ton infection, te laver et te donner à manger et à bore comme une vache engraissée pour l’abattoir. Toi et moi, nous sommes son bétail dont il peut faire ce qu’il veut ». La nécessité rapproche donc les deux jeunes gens : Chassim doit faire le sale travail dans un premier temps puis elle développe de l’attachement pour Selden.

Confiante, Chassim s’ouvre à Selden. Elle lui dit que son avenir est bien sombre. Elle sait qu’elle va mourir (à propos de son futur mari : « il ne lui faut qu’un seul fils de moi pour établir une régence que les autres nobles ne contesteront pas ») et elle affronte dignement la situation. Toutefois, les deux jeunes gens vivent des moments bien pénibles : Selden est battu au point d’être évanoui et Chassim est violée, les deux par Ellik. Elle confesse, de façon détachée, à Selden ce qui s’est passé : « il m’a seulement violée et même pas de façon très imaginative : strangulation, gifles et viol. Le grand classique (…) Tu croyais que c’était la première fois ? Non. Ou bien veux-tu feindre la surprise et prétendre que les hommes ne font pas ça ? » Ce bien malheureux et dur instant renforcera le lien entre les deux : Selden avouera lui aussi avoir été violé et Chassim lui offrira son écoute. Ce n’est pas parce que Chassim en parle froidement qu’elle ne ressent rien, qu’elle n’est pas marquée par ce qu’elle a subi. Elle offre sa compassion à Selden, elle lui affirme qu’il y a une vague de colère en elle (« j’ai entendu des gens, d’autres femmes, s’en moquer, en parler comme d’un acte que certaines femmes méritent ou d’une façon de pimenter la chose (…) j’ai envie de les gifler et des les étrangler jusqu’à ce qu’elles comprennent »).

Elle avoue à Selden avoir eu des ambitions politiques. Elle a dû renoncer, elle a baissé les bras. Ses efforts ont été contrés par son père et Ellik. Elle explique à Selden que « les nobles que j’ai tentés de rallier à ma cause se sont révélés aussi dépourvus de pouvoir que moi ; j’avais concocté une utopie pour donner du sens et de l’espoir à ma vie, et elle n’existe plus désormais ». Humiliée, privée de tout espoir, violée, Chassim est à deux doigts d’abandonner. Les événements à suivre vont lui donner raison sur l’inéluctabilité de sa mort : les dragons arrivent et vont ravager la ville de Chalcède. Ce sera un réel carnage causant de nombreuses morts et destructions. Elle demande alors à Selden un dernier moment de bonheur, un petit moment de plaisir. Il lui offre, ils s’embrassent : « être touchée par un homme avec délicatesse… dit-elle, comme si elle découvrait une merveille qui faisait oublier les dragons dans le ciel ».

L’arrivée des dragons change tout. Le duc est mort, Ellik chassé. La situation à Chalcède est inédite. Un compte-rendu à Umbre montre que Chassim a réussi à conquérir le pouvoir, même si le poids de la tradition va bien compliquer les choses (« la fille du duc de Chalcède s’est présentée comme alliée des dragons et de leurs gardiens, et elle affirme à présent être en toute légitimité la duchesse de Chalcède (…) Les Chalcédiens n’accepteront sans doute pas d’être gouvernés par une femme, même soutenue par les dragons »).

vendredi 25 mars 2022

Des hommes violés

Dans la saga du Royaume des Anciens, le viol est un événement présent et répété. Althéa, Sérille, Astérie et d’autres sont abusées, violées. Les actes sont crûment rapportés, ils marquent et changent les femmes qui subissent ça. Si parfois le viol est utilisé un peu trop facilement pour épaissir l’intrigue et pousser à la compassion (Astérie violée par les soldats des Six-Duchés alors qu’elle a déjà été violée par les pirates Rouges), l’auteure décide également de montrer quelque chose de peu commun : le viol sur les hommes. Kennit et Selden seront deux hommes violés qui réagiront différemment. Un ne parviendra pas à se libérer de ce qu’il a vécu alors que l’autre tentera de l’enfouir, de le cacher à tous.

Lorsqu’on retrouve Selden dans les Cités des Anciens, on ne l’a plus revu depuis sa visite à Castelcerf alors qu’il recherchait des informations sur les dragons. C’est justement cette mission qui causera sa perte : ses compagnons le vendront comme une vulgaire curiosité (Selden est changé physiquement en raison de sa proximité avec Tintaglia). Il est mis en cage et violé. Il n’en parlera qu’à une personne, Chassim, la fille du duc de Chalcède, une femme qui a elle aussi connu le viol. Selden et elle viennent d’être passés à tabac par Ellik (le conseiller du duc de Chalcède). Le jeune homme s’ouvre, il raconte ce qu’il a vécu (« il y avait un homme qui avait envie de moi, pour la nouveauté, je pense (…) J’ai résisté, je me suis battu, et pour finir j’ai supplié quand j’ai compris qu’il était beaucoup plus vigoureux que moi »). Selden est dominé physiquement, une autre personne assoit sa domination sur corps et il ne peut rien y faire. Il prend non seulement conscience de sa faiblesse physique mais aussi qu’il est incapable de riposter. Ce fardeau, il le porte en lui depuis des années sans même en avoir conscience. Chassim a connu le viol, il a sans doute moins honte de lui en parler, il sent qu’il peut s’ouvrir à elle. Il ne le fait pas que par des mots mais aussi physiquement (il pleure) : « c’était une avalanche de paroles, et il porta sa main à la bouche pour l’arrêter. Des larmes qu’il n’avait pas versées alors ni depuis lui piquaient les yeux, larmes d’un enfant abîmé, meurtri, impuissant contre la violence subie ». On comprend alors que, lors de son viol, Selden a tout tenté pour ne rien montrer : ni douleur, ni pleurs, ni bruits. Mais, son corps a été marqué et il lui a fallu des années pour commencer à digérer ça.

De son côté, Kennit a été des deux côtés : il a été violé par Igrot et il a violé Althéa Vestrit. Et c’est d’autant plus troublant qu’il a violé Althéa car elle lui faisait penser à Hiémain. Althéa est une victime bien malheureuse d’une longue histoire. Kennit n’a jamais digéré ce que lui a fait Igrot, ni les coups et ni les viols. Il en a bien conscience d’ailleurs. Il s’en ouvre à son bracelet magique. Il tente de lui justifier ce qu’il fait, il cherche des excuses pour minimiser ce qu’il a fait (« peut-être pour arriver enfin à comprendre pourquoi il m’avait fait ça. Comment il a pu me faire ça, comment il pouvait passer de la gentillesse à la cruauté, des leçons de maintient aux accès de rage »). Kennit cherche à se placer en victime (qu’il a d’ailleurs été au moment des viols par Igrot). Mais, cela ne peut excuser ou expliquer ce qu’il a gratuitement infligé à Althéa. Son bracelet ne montre aucune compassion, ne cherche pas à lui trouver des excuses et lui balance que Kennit est devenu un monstre.

Parangon a endossé une bonne part des viols subis par Kennit. Lorsque Fitz et les autres voyageront à bord du navire pour se rendre à Clerres, on saisit à quel point le viol est traumatisant, à quel point la victime ne peut y échapper et à quel point il marque. C’est Fitz qui revit ce que Kennit a vécu. Fort physiquement et dans l’Art, Fitz ne parvient malgré tout pas à échapper à l’emprise du tourmenteur et à la force de l’expérience, il est totalement à sa merci (« je tentai de me redresser, mais l’homme était plus grand et plus lourd que moi »). Fitz, dans la peau de Kennit, vit l’horreur : la sensation ne se fait pas que physiquement, elle passe aussi par des mots qui ne laissent aucune échappatoire. Il peut se plaindre mais alors ça participera à l’excitation du violeur (« oh, mais que voilà un beau petit morceau de chair bien fraîche, bien tendre ! Tu peux te débattre autant que tu veux, je finirai par te mater. J’aime ça, les chevauchées animées »). Il n’y a aucune porte de sortie pour Fitz (et donc Kennit) : le viol est inéluctable. Fitz sait que ce qu’il vit n’est pas réel, qu’il ne fait que revivre ce que Kennit a eu. Mais, ça le marque. Il a la réelle impression d’être violé, et même quand Parangon détache son emprise sur lui, il ne peut se défaire de cette étouffante sensation : « c'est alors que je sentis avec horreur ce qu’il me réservait (…) je haletai, encore habité par la peur et ‘l’indignation qu’un garçon avait ressenties. Je me redressai en titubant, furieux, choqué et plein d’une fureur noire que je ne pouvais pas vaincre ».

Cela interroge Fitz (« s’il a subi ça, comment a-t-il pu le faire à son tour ? Comment a-t-il pu supporter de devenir aussi monstrueux »). On voit bien là une différence avec Selden : cela ne veut pas dire que Selden est meilleure que Kennit dans la façon dont il a géré les conséquences du viol, mais simplement que les deux ont une façon différente de traiter la douleur. Parangon émet une hypothèse à ce sujet, il pense que « c’était peut-être la seule façon pour lui de s’en décharger, de ne plus être la victime en devenant le bourreau ». Selden a pu en parler avec une femme, Kennit ne peut pas. Il est le capitaine d’un navire pirate et son autorité serait sans doute amoindrie si on apprenait qu’il avait été violé.

dimanche 6 février 2022

Umbre et les dragons

Umbre n’était pas présent quand Vérité s’est transformé en dragon de pierre et d’Art. Occupé à empêcher les Six-duchés à ne pas sombrer, il n’a pas vu la conclusion d’une mission à laquelle il a pourtant donné l’autorisation. Bien entendu, personne ne pouvait s’attendre à voir un Dragon. Ils espéraient, au mieux, le retour des Anciens, une aide d’une forme quelconque. Vérité et les autres dragons de pierre ont libéré les Six-Duchés de la menace des Pirates Rouges. Kettricken est devenue Reine, a éduqué Devoir. Umbre, lui, est devenu conseiller de la Reine et a continué ses explorations, ses recherches. Il a continué à œuvrer pour la stabilité du Royaume. Mais les temps sont instables et les menaces présentes : Devoir est enlevé, au Sud la guerre fait rage entre Terrilville et Chalcède. C’est ce conflit qui va amener une délégation de Marchands à Castelcerf : ils viennent demander un soutien militaire, l’ouverture d’un nouveau front contre Chalcède. Ils connaissent l’histoire ds duchés frontaliers de Chalcède. Mais, en la personne de Selden Vestrit, la délégation fait preuve d’arrogance et froisse les sentiments de la cour et de la Reine Kettricken. Devant l’assemblée réunie, ils osent dire que leur dragon est le seul véritable dragon. Cela déclenche un véritable tollé et soulève des questions ; Umbre s’interroge : « si cette créature existe, pourquoi ne vous-a-telle pas accompagné pour se montrer à nous et peser sur notre décision de nous allier à vous ? » Umbre fait preuve de scepticisme , mais son expérience lui a appris à ne pas négliger d’information. Il se met alors à la recherche de renseignements. Le Fou lui en fournit, ce qui éclaire d’une nouvelle lumière des choses qu’il savait déjà (« l’an passé je suis entré en possession de certains documents qui décrivaient un dragon défendant Terrilville contre la flotte chalcédienne ; je n’y ai vu alors que fariboles, comme on en invente souvent pour excuser une défaite »).

Ce besoin d’informations va vite devenir vital lorsque la narcheska Elliania défie Devoir de lui ramener la tête du dragon Glasfeu. Il est hors de question d’envoyer l’héritier du trône sans le préparer. Umbre glane alors ce qu’il peut. Il est, comme d’autres, impressionné par la force de ces créatures. Quand le Fou le confronte, lui dit qu’il ne faut pas tuer Glasfeu, qu’il faut que les dragons reviennent, Umbre est outré par ce qu’il entend : « vos propos me confortent seulement dans l’idée que ressusciter ce dragon n’apportera aucun bien à personne ». Pour Umbre, les dragons sont une menace, un pouvoir bien trop incontrôlable. Dès lors, son comportement va susciter la méfiance du Fou, et une fois arrivé à Aslevjal, celle de Fitz (après sa rencontre avec la Femme Pâle). Le bâtard de Chevalerie a peur que Umbre use de tous les moyens pour tuer Glasfeu, notamment des explosifs (sa nouvelle passion). Tout va changer quand Tintaglia va effleurer (ou matraquer) les esprits d’une bonne partie des membres du groupe. Elle leur hurle qu’elle arrive, qu’ils feraient bien de ne pas faire de mal à Glasfeu. Pragmatique et sans aucun doute influencé par la volonté du dragon, Umbre change de camp. A un Fitz surpris, il lance que « oublierais-tu qu’un dragon femelle, de fort méchante humeur et mise au courant de notre présence sur l’île par tes bons soins, est en route pour nous rejoindre ? Quel choix nous reste-t-il ? »

Voir Glasfeu et Tintaglia a donc montré à Umbre la réalité des dragons. Ce ne sont pas des créatures mythiques, ils existent bel et bien et ils se moquent des frontières, des gouvernements. Ils ne sont pas comme les dragons de Vérité qui avaient une mission bien précise, des créatures qu’on pourrait activer si besoin (« il avait manifesté un enthousiasme et une ardeur inattendus devant le prodige des dragons de pierre éveillés à la vie à l’aide du sang, de l’Art et du Vif »). Umbre oscille entre admiration et crainte : « de loin, les dragons, font de merveilleuses et nobles créatures de légende ; de près mon expérience personnelle m’incite à penser qu’ils laisseraient échapper un merveilleux et noble rond rot après m’avoir avalé tout rond ». Umbre étudie avec attention les acteurs qui comptent, il en a donc fait de même avec les dragons. Il a récolté à leur propos un bon nombre de parchemins dont un qui dit que « on connaît soixante-dix-sept usages médicinaux aux organes de dragon, et cinquante-deux non confirmés (…) Avec la réapparition des dragons dans notre partie du monde, ces remèdes deviendront peut-être disponibles, mais je pense qu’ils resteront extrêmement rares et onéreux ». Cette obsession a déjà été développé (le duc de Chalcède) ; il espérait que le sang de dragon le guérirait et rallongerait sa vie (faute d’en avoir, il a sucé le sang de l’ancien Selden Vestrit).

Dans la saga du Fou et de l’Assassin, Cendre se sert du sang de dragon pour commencer à guérir un Fou très mal en point (poignardé par Fitz, affamé, torturé, aveugle). On a une description de la substance : c’est un « liquide rouge sombre » et « strié de fils argenté ». Fitz est mal à l’aise, il ressent une sensation de mal-être à voir une créature intelligente être utilisée comme remède. Il expose ses doutes à Umbre qui fait preuve de pragmatisme, de cynisme. Il rappelle d’ailleurs à Fitz sa propre histoire (« je trouve curieux que tu fixes ta limite là, Fitz. En tant que Vifier, tu as vécu avec un loup : n’as-tu pas tué des daims et des lièvres pour les manger ») et dénonce son hypocrisie (« sans le sang de dragon, ton Fou serait mort »). Bien souvent, pour Umbre, la fin justifie les moyens.

Enfin, Umbre se rend compte que les dragons ont un réel impact sur la géographie, la stabilité politique. Ce qu’il ne perçoit pas, qu’il ne peut percevoir est que les dragons ne prêtent pas allégeance à un pays, à un souverain. Chaque dragon est indépendant, décide pour lui-même (et pour les dragons) de ce qui est bon. On peut donc douter de son projet de s’en prendre aux Anciens pour calmer les dragons (« nous discutions de la situation à Kelsingra. S’ils refusent de maîtriser leurs dragons, nous devrons peut-être former une alliance pour nous occuper de ces créatures »). On ne peut que lui souhaiter bon courage pour s’en prendre aux dragons quand on apprend l’enchaînement d’événements qui ont conduit à leur quasi disparition. Des tremblements de terre, des raz-de-marée et « la pluie qui s’abattit sur la ville ville était un mélange d’eau et de sable noir ; Elle recouvrit les rues de poussière » amenèrent leur fin.

vendredi 23 avril 2021

Quelques rencontres entre Fitz et les personnages des Aventuriers de la Mer et des Cités des Anciens


Jek : Alors c’est un fichu crétin. Fichu mais beau, il faut le reconnaître, malgré son nez cassé. Je parie qu’il était encore plus séduisant avant.
 
Jek est un personnage secondaire dans le cycle des Aventuriers de la Mer. Elle navigue à bord du Parangon quand Brashen, Althéa et Ambre décident de partir à la recherche de la Vivacia. Originaire des Six-Duchés, Jek détonne sur le bateau. Elle assume ses envies, sa sexualité et sa féminité. Althéa se comparera souvent à elle et on a un certain nombre de situations où on la voit évoluer physiquement des hommes (matelots, capitaines et autres). Ambre (le Fou) et elle noueront des liens d’amitié et elle sera la représentante du Fou après que ce dernier retourne aux Six-Duchés. Jek sait que Ambre aime un homme, elle sait à quoi il ressemble puisqu’il a donné à la figure de proue du Parangon son visage. Mais, Jek est victime comme tant d’autres de la manie des secrets du Fou. Quand elle vient à Castelcerf lui rendre visite (dans le tome Serments et deuils), elle tombe nez à nez avec Fitz (qui vit sous l’identité de Tom Blaireau). Comme Fitz et le Fou partagent un logement, elle en conclut qu’ils vivent ensemble. C’est bien entendu faux. Mais c’est trop tard car elle a abordé Fitz sous cette optique. Fitz, paniqué, confronte le Fou et les choses dégénèrent. Ambre partage le point de vue du Fou sur la beauté de Fitz ; Dans le roman La voie magique, on peut lire ceci : «  Hésitants, ses doigts frais caressèrent mon visage, suivirent la balafre et l’arête brisée du nez. Il posa soudain son front contre le mien. « Quand je pense combien tu étais beau ! »


Selden : Aidez-nous à mettre un terme à la menace des chalcédiens.

Selden Vestrit rencontre Fitz dans le second cycle de l’assassin royal, c’est-à-dire juste avant les aventures des Cités des Anciens. Il vient chercher de l’aide contre Chalcède. Chalcède menace à la fois, les Six-Duchés et Tintaglia. Ce ne sont pas juste des querelles frontalières, c’est aussi la volonté du duc de Chalcède d’acquérir du sang de dragon pour prolonger sa vie. C’est l’intrigue qui plongera Selden dans un véritable enfer dans les Cités des Anciens : il sera capturé et son sang (celui d’un Ancien) sera bu par le duc de Chalcède. Pour le moment, il sent quelque chose de particulier en Fitz/Tom Blaireau. Il sent que cet homme n’est pas un simple serviteur, qu’il est bien plus influent que ça. Mais, Fitz reste dans son personnage et joue la carte de l’incompréhension. C’est intéressant de noter que Chalcède et les chalcédiens sont des ennemis de valeur, et pourtant de second plan. Dans le premier cycle de l’assassin royal, ils menacent les frontières. Dans le cycle des Aventuriers de la Mer, ils menacent Terrilville, le Gouverneur et les héros. Dans les Cités des Anciens, ils se lancent dans une chasse aux dragons. Et pourtant, ils sont souvent éclipsés (par les manigances de Royal, la cruauté de Kyle ou Kennit, la manipulation de Hest).


Fitz : J’avais l’impression de n’être qu’un rustaud d’étranger, et c’est ainsi sans doute que les habitants me voyaient, avec mes habits grossiers et un loup à mes côtés.

Le prophète blanc s’ouvre sur des retrouvailles. Fitz revoit Astérie, Umbre et le Fou. Ils lui demandent ce qu’il est devenu depuis que Vérité-le-Dragon a émergé de la pierre. Fitz a voyagé, il raconte au Fou qu’il a été à Terrilville et que la ville ne lui a pas tant plu que ça. Il y a vu de la laideur, des choses qui le mettaient mal à l’aise. Et il avait conscience de ne pas être à sa place. A la lecture des Aventuriers de la Mer, on se rend compte que les gens de Terrilville ont une bien piètre opinion des gens du Nord même si ils commercent avec : ce sont des barbares, des sauvages. Terrilville est une ville riche où l’apparence compte beaucoup, il n’est donc pas étonnant de les voir mépriser ce Fitz-là.


Tatou : Je m’appelle Tatou, Thymara et moi vous remercions de ce que vous avez fait pour notre fille.

Tatou et Thymara sont deux personnages principaux des Cités des Anciens. Ils sont des Gardiens, des gens chargés de s’occuper des dragons. De Cassaric à Kelsingra, la douzaine d’adolescents ont pris soin d’eux. Ils étaient des esclaves, des gens sans avenir et les voilà devenus des Anciens.
Kelsingra est une ville des Rivages Maudits et les gens qui y vivent se trouvent transformés physiquement. Tatou et Thymara ont eu un enfant et comme tant d’autres, elle a une malformation qui la dérange énormément et la fait souffrir.
C’est dans cette cité des Anciens que Fitz et son groupe (Le fou, Cendre, Persévérance, Vigilant) font étape. Après quelques péripéties, ils sont présentés aux Anciens présents. Mais, l’Art déborde et recouvre Fitz, il ne peut contrôler son pouvoir et se met bien involontairement à guérir les malades. Les gens de Kelsingra restent sans voix, ils étaient persuadés que leurs enfants allaient vivre pour toujours avec ces terribles désagréments. Ils sont encore plus admiratifs quand Fitz leur propose un arrangement, à savoir faire venir des artiseurs confirmés pour les aider. On retrouve avec plaisir Tatou et Thymara dans ces quelques chapitres de Sur les rives de l’Art.
Enfin, précisons aussi, que la question parent/enfant est au centre des deux derniers tomes de la saga : c’est donc Fitz qui guérit des enfants malade, c’est Fitz qui se lance à la recherche d’Abeille, c’est Althéa, Brashen et Etta qui voient leurs enfants embarquer vers l’inconnu.


Gringalette (via Kanaï) : elle souhaite que je vous aide par tous les moyens à ma disposition à détruire les Serviteurs et leur cité.

Gringalette est une dragonne et Kanaï son gardien. Gringalette ne parle pas, elle est assez timide. Kanaï est son opposé, il est arrogant et sûr de lui, il se considère comme le protecteur de la cité et fait tout pour que le savoir des Anciens reste aux Anciens. Dans les premiers temps, il apparaît hautain et menaçant pour Fitz. Il gardera d’ailleurs un côté insensible tout le long du récit. Mais, quand Fitz fait référence à Clerres, tout change. Cela réveille en la dragonne de vieux souvenirs et une envie de vengeance ; elle partage la cause du bâtard Loinvoyant.
Au fur et à mesure des pages, on comprend que tout cela dépasse la simple quête d’un père. Il s’agit d’une vieille lutte entre les Serviteurs et les Dragons.


La Vivenef Mataf : tu portes l’odeur d’un dragon que je connais pas.

On apprend dans les Aventuriers de la Mer que les vivenefs sont des navires qui aurait pu être des dragons. Le Mataf doit transporter Fitz et son groupe à sa prochaine étape, jusqu’au navire Parangon et ensuite jusqu’à Clerres. Quand Fitz pose un pied sur le navire, celui-ci perçoit tout de suite son côté inhabituel. Fitz n’est pas un homme comme un autre, son esprit a partagé celui de deux Dragons : Tintaglia et Glasfeu. Mais, ce n’est pas cette présence que Mataf sent, c’est celle de Vérité-le-Dragon. Ce dernier n’a beau être que pierre, il a quand même marqué Fitz. On ressent un certain plaisir à lire ça, cela montre que les liens d’amitié de Vérité et de Fitz étaient sincères, que le Roi des Six-Duchés aimait véritablement son neveu.


Althéa : J’ai hâte de faire la connaissance de l’homme qui partage les traits de mon navire

Althéa Vestrit a épousé Brashen Trell et les deux naviguent sur le Parangon, l’ancienne vivenef folle. Parangon a subi son lot d’épreuves : il a navigué dans des tempêtes, connu le feu, vu tant de gens mourir sur son pont et être torturé. La vivenef est aveugle, sa figure de proue abîmée. C’est Ambre qui lui en sculpte une neuve. Parangon lui demande un visage qu’elle pourrait aimer et bien entendu c’est celui de Fitz qu’elle choisit. Est-ce que Ambre a envisagé qu’un jour Fitz pourrait voir le Parangon ? Sans doute pas. Car quand Fitz voit le navire, c’est un véritable choc pour lui. Tous sont choqués : ses compagnons (Persévérance par exemple), les Vestrit. Seul Parangon ressent autre chose : il est jaloux.


Etta : Prince FitzChevalerie Loinvoyant, grâce à vous, Partage connaît une effervescence, des destructions et des interrogations qu’elle n’a pas connues depuis bien des années. 

Quand Fitz part à la recherche d’Abeille, il endosse le costume de prince des Loinvoyant. Ceux qu’ils croisent réagissent différemment : Alise est dans tous ses états de recevoir un membre d’une famille royale, le matelot Clef voit en lui une paire de mains solides, les dragons se moquent de son rang. Quant à Etta, elle réagit à la fois comme Reine et comme mère, car son fils veut se lancer dans cette périlleuse aventure. Mais là, c’est la Reine qui s’exprime car elle vient de se rendre compte qu’elle va perdre le contrôle de la vivenef Vivacia. Et, la dragonne Tintaglia vient d’arriver à Partage : elle discute, ou plutôt, impose ses plans : elle va détruire Clerres après un passage sur l’île des Autres (ou des Abominations). Ce n’est donc pas étonnant de voir Etta évoquer des choses rarement vues : quelle grande ville peut se targuer d’avoir eu la visite en même temps de vivenefs, de dragons, d’Anciens, d’un Prophète Blanc et d’un catalyseur ? 

jeudi 30 avril 2020

Les secrets de Castelcerf, chapitre 12, Jek

  • Rien que le titre du chapitre suffit à attirer l'attention. Jek ! Jek ! Jek est une personnage secondaire dans les Aventuriers de la Mer. Elle a navigué avec Brashen, Althéa, Ambre, a rencontré Kennit, le Gouverneur ; elle est originaire des Six-Duchés puis s'est trouvée loin dans le Sud à participer à la réalisation d'événements historiques. Elle est décrite comme une femme forte et courageuse, sure de ses envies, capable.
  • Umbre aime toujours autant protéger ses petits secrets. Devoir est Prince, futur Roi et il lui fait encore des cachotteries.
  • C'est vrai qu'Umbre n'était pas là quand les dragons de pierre ont été éveillés. Il n'est pas si étonnant que Fitz ne lui ait jamais fait de rapport suite à son exil volontaire. Mais Kettricken ? Astérie ? Alors peut-être que la montagnarde était en deuil mais Astérie lui a quand même servi souvent d'espionne et de messagère...
  • Heureusement que Kettricken ne quitte pas trop les Six-Duchés et les Montagnes (il y a d'ailleurs très peu de longs voyages diplomatiques jusqu'à présent) car elle verrait que plein de gens doutent de la réalité des dragons des Six-Duchés.
  • Des légendes, des histoire du passé sont évoquées et lèvent un peu le voile sur ce qui a pu arriver aux Anciens et les condamner à disparaître.
  • Fitz et Jek se rencontrent. Les deux se détaillent : Jek remarque forcément que Fitz ressemble à Parangon ou inversement. Comment le Fou/Ambre va-t-il se sortir de tout ça ?
  • Jek lâche le prénom Ambre devant Fitz, ce dernier ne sait pas qui c'est. Elle évoque également Parangon et bien entendu Fitz ne comprend pas. On en apprend également sur les origines de la richesse du Fou.
  • Fitz, Ambre/Le Fou et Jek sont dans la même pièce ! Et Jek ne fait preuve d'aucune finesse. Elle parle d'eux comme si ils étaient en couple, comme si le Fou avait osé avouer son amour à Fitz et que celui-ci avait répondu favorablement. Pauvre Jek, les choses sont bien compliquées entre les deux.
  • Fitz se met à espionner Jek et Ambre. Et il cherche des raisons pour justifier sa conduite. Sacré Fitz. Et on retrouve encore sa phénoménale capacité à légitimer ses mauvais choix.
  • On a des informations sur ce qui passe dans le Sud. Cela va encore et toujours mal avec Chalcède.
  • Jek subit aussi les manigances du Fou. Décidément il a du mal à dévoiler réellement qui il est aux gens, à ses amis proches. Lui qui a voulu compartimenter sa vie se trouve maintenant à en payer les erreurs.
  • Jek, comme d'autres femmes, trouve Fitz beau. Comme le lecteur, elle se rend compte que Fitz peut être aveugle devant certaines évidences.
  • Althéa est enceinte !! C'est sympa d'avoir des nouvelles des personnages des Aventuriers de la Mer. La situation semble complexe entre les envies de la future mère, de Brashen, de la mère d'Althéa (Ronica) et de la vivenef de la famille (Vivacia).
  • Fitz se plonge dans une longue réflexion et comme attendu il remet en question toute sa relation avec le Fou. Il se demande si les rumeurs disant que le Fou aime les hommes sont vraies. Il croit que quelques minutes d'espionnage suffisent à effacer tout ce qu'il sait du Fou, alors qu'ils ont partagé tant de choses. Il est bien obtus et étroit d'esprit pour quelqu'un qui s'est lié (via le Vif) et a donc été intime avec deux chiens et un loup...
  • La petite référence à Oeil-de-Nuit fait toujours aussi mal, le loup manque terriblement à Fitz et au lecteur.
  • Fitz voit les tatouages d'Elliania, des serpents qui la font terriblement souffrir. Il y a vraisemblablement de la magie derrière ça. On comprend qu'elle est prise en otage, qu'on la force à agir et que ce qu'elle fait ne sont pas ses choix. On se sert d'elle pour atteindre les Loinvoyant.
  • Après Jek, Fitz rencontre Selden Vestrit (celui qui chante si bien la beauté et la gloire de Tintaglia). C'est le premier Vestrit que Fitz rencontre. Ils parlent des Dragons et Fitz décide encore de dissimuler qui il est. Comme les choses auraient pu être simples si il n'avait pas été dans cette culture du secret poussée à l'extrême.
  • Selden révèle ses intentions, il veut aider les Dragons, implore Fitz de comprendre. On sait que la survie du dernier Dragon et des serpents ne tient qu'à un fil. Fitz fait celui qui ne comprend pas, se retranche derrière son rôle de domestique ; Selden sait qu'il a en plus en lui que ce qu'il montre.
  • Et maintenant c'est Astérie ! Fitz a une journée bien chargée. D'autant plus que la ménestrelle ne mâche pas ses mots. Elle en veut toujours à Fitz qui l'a rayée de sa vie, qui se contente d'une toute petite vie alors qu'il pourrait avoir beaucoup plus. Les deux s'insultent.
  • Fitz boit. Un peu trop.
  • Fitz est chez Jinna (la sorcière des Haies). Leur discussion montre que Heur est en train de mal tourner malgré leurs efforts.
  • Jinna, elle aussi, est franche avec Fitz et lui reproche sa tendance, son inclination à se morfondre, à vouloir porter la douleur de tous. Pauvre Fitz, lui qui cherchait sans doute un peu plus que ça, un peu plus que du réconfort.

vendredi 24 janvier 2020

Le Puits d'Argent, chapitre 9, Chalcède

  • Une alternance entre les points de vue de Reyn et des différents Anciens, et de Selden Vestrit
  • Reyn vole donc avec le groupe des Anciens et des Dragons qui vont détruire Chalcède, la conséquence de ce qu’ils ont osé faire à Tintaglia
  • Kanaï est toujours aussi agaçant
  • C’est un plaisir de s’imaginer la géographie de ces régions, des terres de Chalcède et des Déserts des Pluies. C’est une vue agréable qui change de celle qu’on voit au sol d’habitude, surtout que dans les premiers tomes on a le côté oppressant de la nature qui ressort
  • Toujours le même égoïsme des Dragons envers leurs gardiens
  • Reyn observe et étudie le groupe avec un regard extérieur, il n’est pas membre de leur aventure depuis le début, il a un regard extérieur sur les différentes rivalités et amitiés, le leadership de Kanaï
  • Encore une fois des événements extérieurs à leurs pays leur semblent étrangers, et toujours la même incrédulité : déjà le cas avec ce qui se passait dans les Six-Duchés dans les Aventuriers de la Mer et au début de la Cité des Anciens
  • des petits aperçus des guerres anciennes qui ont mêlé dragons, hommes et anciens, choses qui seront développées dans la trilogie suivante (cf Clerres)
  • Reyn vit une nouvelle expérience forte et inédite de chasse à dos de Dragon, lui qui par le passé a été balancé dans l’océan par Tintaglia
  • Un rappel sur l’histoire et la ville de Chalcède, cela nous rappelle qu’on entend parler de cette ville dans toutes les trilogies, c’est un ennemi de valeur, des gens contre qui beaucoup aiment se battre, des rivalités historiques. Après tout, un jour ou l’autre, la guerre a lieu contre Chalcède
  • Les Dragons ont plein de techniques de combat, la projection de poison semble bien vicieuse
  • Kanaï a voyagé dans la Pierre, on sait qu’elles contiennent des souvenirs, cela fait penser à Umbre et à la Femme Pâle
  • Selden et Chassim sont prisonniers, Selden est torturé
  • Le Duc de Chalcède suce le sang de Selden. Le Duc de Chalcède suce le sang de Selden !! Il pense que le sang de Dragon peut rallonger sa vie. Or il n’en a pas et se contente de celui d’un Ancien
  • La vie de Chassim, la fille du Duc, est tragique. Elle est juste bonne à essayer de faire des enfants, passant d’homme en homme. Ce n’est qu’un objet politique, elle-même en tant que personne ne compte pas
  • Glasfeu a une expérience des hommes, ce qui le différencie des nouveaux Dragons (hormis Tintaglia). Il tente d’imposer sa stratégie.
  • Les Dragons veulent avant tout chasser, manger, dormir.
  • Quand les Dragons volent, il y a des luttes de pouvoir entre eux, avoir la meilleure place, mener la bande ou même être le plus proche de Tintaglia
  • Les Dragons n’attaquent pas que physiquement, ils charment également, manipulent les esprits
  • Selden et Chassim entendent du bruit, ils ne savent pas encore que ce sont les Dragons
  • Selden retrouve des élans lyriques quand Chassim lui dit que des Dragons sont là
  • Selden est désespéré, attend sa mort car il sait ce que peuvent faire les Dragons en terme de destruction
  • Chassim est digne, elle veut la mort de son père mais est quand même préoccupé pour son peuple. On a en mémoire des propos de Fitz lors de l’Assassin Royal.
  • Il y a le premier réel baiser de Selden et Chassim. Selden n’a jamais embrassé une femme, Chassim n’a connu que des étreintes forcées
  • Oui ! Tintaglia a entendu les cris de Selden
  • Selden parle de Tintaglia en termes très élogieux
  • Reyn et Selden se retrouvent, sans effusion de joie particulière
  • Les actes des Dragons annoncent des grands changements : leur retour, la mise à sac de Chalcède, une nouvelle Duchesse.