Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

Article épinglé

Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

Affichage des articles dont le libellé est bethod. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bethod. Afficher tous les articles

samedi 8 octobre 2022

[Joe Abercrombie] Bethod, un homme du Nord ?

Le recueil de nouvelles Double tranchant nous apprend un certain nombre de choses sur Bethod : ses motivations, ses relations, ses rêves, sa façon de faire.

Bethod cherche à arrêter la spirale dans laquelle est enfermé le Nord. C'est une succession de batailles, de guerres et de morts. Et Bethod sait qu'il n'est pas apte à rivaliser avec ses propres poings. Il s'entoure donc de forts guerriers, dont le Neuf-Sanglant, et déploie sa stratégie. Il va voir les chefs des clans, Orteils-Noirs et Rattleneck par exemple, et leur propose la paix : « si on fait la paix maintenant, nous pourrons construire. J'en ai assez de ce gâchis, pas vous ? » Il tente d'expliquer à ses fils qu'il ne rentrera pas dans la légende comme ces guerriers d'antan, il veut marquer son époque d'une autre façon. Il a une envie de développer le Nord, de faire en sorte que les clans se rencontrent, non pas sur le champ de bataille, mais pour commercer. Il précise que « j'ai peut-être gagné des batailles, mais c'est par cette route qu'on se se souviendra de moi. C'est cette route qui changera le monde ». En réalité, Bethod se révèle : il est un homme politique avant tout. Il n'a pas la force physique des autres leaders. Il est là pour offrir autre chose aux gens du Nord (« la paix n'est pas l'affaire d'un seul homme. Elle te dépasse, elle me dépasse, elle dépasse ton fils et elle dépasse le Neuf-Sanglant. Nous la devons à notre peuple »).

Bethod jette un regard vif et neuf sur le Nord. Il est le premier, pas à vouloir l'unifier, mais à vouloir le faire progresser de cette sorte. Si c'est le cas, c'est parce que les leaders du passé ou actuel ne réfléchissent qu'avec leurs muscles et pas avec leur tête. On sent un certain mépris dans ses propos quand il dit à Ursi (sa femme) que « les grands guerres font rarement des grands chefs. Les hommes sans peur sont souvent dénués d'imagination. Ils utilisent leur tête comme bélier plutôt que pour réfléchir. Ils (…) choisissent le plus enfantin de la masse pour les mener ». Le parfait exemple est celui du Neuf-Sanglant, aussi connu sous le nom de Logen ou Neuf-Doigts. Même sa femme, Ursi, sent qu'il est incontrôlable, qu'il peut être un obstacle à la réalisation de ses plans. Elle le met en garde : « Neuf-Doigts est ivre de sang. Fier de ses meurtres. Chaque jour, il est moins ton ami, moins fiable, moins humain et plus animal. Chaque jour, on perd un peu de Logen en faveur du Neuf-Sanglant ». Il faut dire que la réputation du Neuf-Sanglant le précède et le place en bonne position dans le panthéon des figures historiques du Nord. Même Bethod avec toutes ses réalisations, son union des clans a du mal à rivaliser (« Bethod était peut-être chef de Carleon et d'Uffrith (…) reconnu par tous les grands chefs de guerre depuis Skarling Hoodless mais Logen Neuf-Doigts avait installé une véritable aura de peur autour de lui »). On cerne là également une faiblesse potentielle de Bethod : il a beau bien manier les mots ou avoir de belles idées, il n'aura pas la reconnaissance acquise au combat par un homme comme Logen.

Quand on rencontre Logen, il offre à chaque fois une vue hors du commun. Il ne fait même pas un effort quand il est avec son chef puisque soit il est en train de faire l'amour soit il est lancé dans un sanglant moment (« il tenait une tête par une oreille, le sang perlant toujours du cou tranché et éclaboussait le sol. La tête du fils de Rattleneck »). En tuant gratuitement le fils d'un chef de clan, Logen ne peut que compliquer la volonté de rassemblement de Bethod. Il lui met des bâtons dans les roues ; Bethod n'ose rien dire, il a peur : « rien qu'à devoir parler à Neuf-Doigts, Bethod avait les intestins en compote ». Bethod n'est pas stupide, il sait qu'il ne fera pas le poids face à cet homme, il faut le neutraliser, le tenir en laisse. Cela occupe une bonne part de ses interrogations : « Bethod s'était demandé comment tuer cet imbécile assoiffé de sang. Qui pourrait-il envoyer le faire et quand ? Des couteaux dans la nuit, et le tour serait joué ? Abattre le chien fou qu'il morde la main de son maître ».

Enfin, on a les premiers signe de l'arrangement entre Bethod et Bayaz. L'homme du Nord rencontre en effet Sulfur qui vient le voir afin de lui faire une proposition : « mon maître est un homme sage et puissant. Le plus sage et le plus puissant qui soit encore en vie, peut-être. Je suis certain qu'il pourrait vous aider avec vos difficultés ».

[Joe Abercrombie] Bethod, un homme du Nord ?

Le recueil de nouvelles Double tranchant nous apprend un certain nombre de choses sur Bethod : ses motivations, ses relations, ses rêves, sa façon de faire.

Bethod cherche à arrêter la spirale dans laquelle est enfermé le Nord. C'est une succession de batailles, de guerres et de morts. Et Bethod sait qu'il n'est pas apte à rivaliser avec ses propres poings. Il s'entoure donc de forts guerriers, dont le Neuf-Sanglant, et déploie sa stratégie. Il va voir les chefs des clans, Orteils-Noirs et Rattleneck par exemple, et leur propose la paix : « si on fait la paix maintenant, nous pourrons construire. J'en ai assez de ce gâchis, pas vous ? » Il tente d'expliquer à ses fils qu'il ne rentrera pas dans la légende comme ces guerriers d'antan, il veut marquer son époque d'une autre façon. Il a une envie de développer le Nord, de faire en sorte que les clans se rencontrent, non pas sur le champ de bataille, mais pour commercer. Il précise que « j'ai peut-être gagné des batailles, mais c'est par cette route qu'on se se souviendra de moi. C'est cette route qui changera le monde ». En réalité, Bethod se révèle : il est un homme politique avant tout. Il n'a pas la force physique des autres leaders. Il est là pour offrir autre chose aux gens du Nord (« la paix n'est pas l'affaire d'un seul homme. Elle te dépasse, elle me dépasse, elle dépasse ton fils et elle dépasse le Neuf-Sanglant. Nous la devons à notre peuple »).

Bethod jette un regard vif et neuf sur le Nord. Il est le premier, pas à vouloir l'unifier, mais à vouloir le faire progresser de cette sorte. Si c'est le cas, c'est parce que les leaders du passé ou actuel ne réfléchissent qu'avec leurs muscles et pas avec leur tête. On sent un certain mépris dans ses propos quand il dit à Ursi (sa femme) que « les grands guerres font rarement des grands chefs. Les hommes sans peur sont souvent dénués d'imagination. Ils utilisent leur tête comme bélier plutôt que pour réfléchir. Ils (…) choisissent le plus enfantin de la masse pour les mener ». Le parfait exemple est celui du Neuf-Sanglant, aussi connu sous le nom de Logen ou Neuf-Doigts. Même sa femme, Ursi, sent qu'il est incontrôlable, qu'il peut être un obstacle à la réalisation de ses plans. Elle le met en garde : « Neuf-Doigts est ivre de sang. Fier de ses meurtres. Chaque jour, il est moins ton ami, moins fiable, moins humain et plus animal. Chaque jour, on perd un peu de Logen en faveur du Neuf-Sanglant ». Il faut dire que la réputation du Neuf-Sanglant le précède et le place en bonne position dans le panthéon des figures historiques du Nord. Même Bethod avec toutes ses réalisations, son union des clans a du mal à rivaliser (« Bethod était peut-être chef de Carleon et d'Uffrith (…) reconnu par tous les grands chefs de guerre depuis Skarling Hoodless mais Logen Neuf-Doigts avait installé une véritable aura de peur autour de lui »). On cerne là également une faiblesse potentielle de Bethod : il a beau bien manier les mots ou avoir de belles idées, il n'aura pas la reconnaissance acquise au combat par un homme comme Logen.

Quand on rencontre Logen, il offre à chaque fois une vue hors du commun. Il ne fait même pas un effort quand il est avec son chef puisque soit il est en train de faire l'amour soit il est lancé dans un sanglant moment (« il tenait une tête par une oreille, le sang perlant toujours du cou tranché et éclaboussait le sol. La tête du fils de Rattleneck »). En tuant gratuitement le fils d'un chef de clan, Logen ne peut que compliquer la volonté de rassemblement de Bethod. Il lui met des bâtons dans les roues ; Bethod n'ose rien dire, il a peur : « rien qu'à devoir parler à Neuf-Doigts, Bethod avait les intestins en compote ». Bethod n'est pas stupide, il sait qu'il ne fera pas le poids face à cet homme, il faut le neutraliser, le tenir en laisse. Cela occupe une bonne part de ses interrogations : « Bethod s'était demandé comment tuer cet imbécile assoiffé de sang. Qui pourrait-il envoyer le faire et quand ? Des couteaux dans la nuit, et le tour serait joué ? Abattre le chien fou qu'il morde la main de son maître ».

Enfin, on a les premiers signe de l'arrangement entre Bethod et Bayaz. L'homme du Nord rencontre en effet Sulfur qui vient le voir afin de lui faire une proposition : « mon maître est un homme sage et puissant. Le plus sage et le plus puissant qui soit encore en vie, peut-être. Je suis certain qu'il pourrait vous aider avec vos difficultés ».

lundi 25 juillet 2022

[Joe Abercrombie] Bethod : un bon souvenir ?

Logen ou Dow le Sombre ont été Rois du Nord et on ne peut pas dire qu'ils aient laissé un bon souvenir après leurs disparitions. C'est exactement la même chose en ce qui concerne Bethod. Et même si Bethod semblait être le seul avec un réel projet politique, il est clair que bon nombre de combattants du Nord ont eu beaucoup de rancune et de rancœur.

Quand Bethod est évoqué, c'est souvent pour le comparer ou le lier avec d'autres figures historiques du Nord. Il faut dire que l'homme a marqué son époque par son domination, et les nombreux massacres qui ont eu lieu sous son règne. Quatre-Feuilles, ce guerrier qui a rejoint le camp de Stour Ténèbres, le petit-fils de Bethod, résume parfaitement la situation : « Les autres – Bethod, le Neuf-Sanglant, Dow le Sombre, Scale et Calder... (…) Entre toi et moi, ils ont tous participé et gagné au concours du pire trou du cul du monde. » Cette comparaison n'est pas très flatteuse. Certes, Logen et Dow ont été de redoutables combattants, mais de piètres leaders, et surtout on a souvent vu à quel point ils pouvaient être gratuitement monstrueux et cruels. Quand il était lancé, rien ne pouvait stopper Bethod. C'est ce qu'explique Dow le Sombre à son fils Calder dans le roman Les héros : « il savait pas arrêter de se battre, une fois qu'il avait commencé. » On peut se demander si Dow n'éprouve pas une forte aigreur envers Bethod. Lorsqu'il tente de tuer Logen à la fin du troisième tome de l'Âge de la folie, il tente de lui expliquer son geste et d'expliquer ses motivations. Il leur reproche (à Bethod et à Logen) une certaine forme d’extrémisme : « le bon vieux temps, c'est terminé. Tu l'as tué. Bethod et toi, vous vous en êtes chargés tous les deux. »

Mais, certains ont un avis plus nuancé. Si ils ne remettent pas en cause son côté bestial, sa méchanceté, sa cruauté, ils lui trouvent malgré tout de bons aspects, de bonnes réalisations. Curnden Craw est un vétéran du Nord, il a connu beaucoup de choses, vu beaucoup de batailles et croisé beaucoup d'hommes. Dans ce pays sanglant, il sort du lot en essayant de faire les choses correctement et de ne pas sacrifier ses hommes pour pas grand-chose. Pour lui, Bethod n'est pas seulement un guerrier ; il est un bâtisseur : « ses ennemis ne l'aimaient pas trop, et les morts savent qu'il en avait beaucoup. Mais regarde tout ce qu'il a accompli. Bien plus que Skarling Hoodless. Il a uni le Nord, construit les routes et la moitié des villes. Il a mis fin à la guerre des clans. » Même Dow le Sombre parvient à lui manifester un peu de respect. Il faut dire que Dow est une légende du Nord, un des derniers grands d'une époque dépassée : de nouveaux leaders, de nouveaux ambitieux émergent. Dow crie que « Rudd Sequoia était sacrément têtu, Bethod sacrément rusé et le Neuf-Sanglant sacrément méchant, mais parfois ils me manquent. C'étaient des hommes, eux. Quand ils disaient quelque chose, ils tenaient leur putain de parole. » Une nouvelle fois, Bethod est ramenée à de grands noms du Nord.

Bayaz a fréquenté Bethod. On comprend que le Mage a grandement œuvré pour que Bethod soit sur le trône du Nord. Il espérait un peu de stabilité, ce qui permettrait moins de guerre au Nord et donc le développement du commerce, et au final plus de profits pour lui. Il a donc favorisé Bethod jusqu'à ce que ce dernier se montre trop ambitieux, trop personnel. Lorsqu'il rencontre Calder, Bayaz parle froidement et presque avec moquerie de Bethod : « Bethod a tourné le dos à notre amitié, ses alliés ont disparu, ses grandes réussites se sont fanées, il est mort en sang et a été enterré dans une tombe sans inscription (…) Si votre père avait payé ses dettes, il serait peut-être toujours roi des Nordiques. » Selon Bayaz, Bethod a clairement commis une erreur stratégie en voulant aller trop loin. On peut trouver là un parallèle avec ce que disait Dow : Bethod en voulait trop. Bayaz a donc favorisé un autre homme : Logen. Il décrit Bethod comme un homme narcissique, qui ne pense qu'à lui et qu'à sa gloire (« j'ai toujours trouvé sa conversation assez terne. Il ne parlait que de lui, de ses projets, de ses succès. C'est si ennuyeux de se retrouver devant quelqu'un qui ne pense jamais aux autres »).

vendredi 1 avril 2022

[Joe Abercrombie] L'histoire de Forley le Gringalet

L’univers de la Première loi regorge de personnages courageux, impressionnants au combat, prêt à faire face à bon nombre d’adversité. D’autres le sont moins, sont même lâches et sont malgré tout récompensés par le destin (Jezal). Forley le Gringalet est un homme banal quand on le compare à ceux de sa bande. Il faisait partie d’un groupe légendaire avec Logen, Dow le Sombre, Renifleur, Rudd Sequoia… Tous des hommes ayant marqué l’histoire du Nord, des noms dont on chante la gloire bien après leur disparition.

Forley, lui, n’est pas choisi par un Mage pour avoir un beau destin. Il évolue dans une société impitoyable où il faut être fort pour gagner le respect. Lui ne l’est pas. Son prénom devient même un synonyme de faiblesse, d’allégeance. Ainsi, Logen finit par se retrouver en Union : il observe des soldats à l’entraînement et remarque à quel point ils ont l’air ridicules. Cela le fait réfléchir, il affirme à Bayaz que « jadis, un clan a envoyé son guerrier le plus pauvre, un dénommé Forley le Gringalet pour m’affronter en duel. Par ce geste, ses membres indiquaient qu’ils se soumettaient ». Pour autant, Logen ne méprise pas Forley, sinon il ne l’aurait pas accepté dans sa bande. Seulement Forley semble avoir conscience de ses limites, de ses capacités, de ce qu’il peut faire ou non.

Dans le premier tome de la Première Loi, le Nord est en plein changement. Logen a disparu, et Bethod se proclame Roi. Tous ne ploient pas le genou devant lui, mais tous aiment le Nord. C’est pour cela que la bande de Sequoia se sent obligé d’avertir Bethod qu’une nouvelle menace arrive (les Shankas). Forley se propose d’y aller alors que c’est dangereux et périlleux, qu’il pourrait ne pas revenir. S’il se propose, au-delà d’avertir du danger, c’est aussi qu’il sait que personne ne le craint réellement, que tout le monde sait qu’il n’est pas un combattant de qualité (« Je suis pas fort ! cria Forley. J’suis le Gringalet, tout l’monde le sait. Bethod n’a aucune raison de m’craindre, ni de me haïr. J’irai »). Forley fait la preuve d’un remarquable courage qui marque les gens du groupe. Ils savent, ils se doutent que l’issue sera fatale. Et elle l’est lorsque un homme de Bethod (le Hargneux) leur apporte le résultat de la venue de Forley : « un sac en toile de jute (…) atterrit juste aux pieds de Sequoia ; son contenu s’échappa en roulant sur le sol. Devant l’expression affichée par son vieux compagnon, Renifleur comprit qu’il avait deviné juste. Il s’agissait bien de la tête de Forley ». Forley est donc mort. Son décès aura de lourdes conséquences à long terme mais aussi à très court terme. Elle émeut les membres de sa bande. Lors de son enterrement, ils lui rendent hommage, on sent clairement leur émotion et leur respect pour Forley (« Renifleur crut voir une larme couler sur sur son nez… non, ce n’était que de la pluie. Dow le Sombre n’était pas du genre à pleurer »).

Dans le troisième tome, Dow retrouve Logen et lui explique ce qui est arrivé à Forley. Il lui dit qu’ « il est parti pour Carleon pour prévenir Bethod que les Shankas arrivaient par les montagnes. Ce salaud de Calder l’a fait tuer juste pour le plaisir ». Calder est le fils de Bethod ; ce qu’il a fait à Forley hantera longtemps Dow le Sombre et Renifleur, et sera une des raisons qui motiveront la haine envers lui. Logen, lui, est plus fataliste ; il se rend compte que ses proches disparaissent petit à petit : « Forley, Sequoia et Tul. Tous de bons camarades et tous morts ».

Dans le roman les Héros, Calder et Dow se font face. Calder cherche la paix, il veut sauver sa vie, ainsi que celle de sa femme enceinte. Il en a assez de se battre. Dow, lui, est le Roi du Nord et mène ses troupes face à l’Union. Lors d’un combat dans le Cercle, Calder défait Dow et devient le Roi du Nord. Calder cherche alors l’allégeance de Renifleur. Ce dernier refuse, il lui explique qu’il ne pourra jamais lui pardonner ce qu’il a fait à Forley (« tu as tué Forley le Gringalet. Il n’avait jamais fait de mal à personne, ce gamin. Il était venu pour te prévenir, et tu l’as tué »). Le lecteur saisit que Calder se sent toujours coupable de ce geste (c’est ce qu’il d’ailleurs à Renifleur). Pire, le souvenir de Forley le poursuit et l’empêche d’avoir des nuits paisibles (« tout en sachant pertinemment qu’il s’agissait d’un rêve, Calder ressentait chaque fois le même effroi glacé. Il voulait crier, mais sa bouche était figée. Il voulait bouger, mais il était aussi ligoté que Forley. Ligoté par ses remords comme par ses regrets »). C’est un fardeau dont il ne pourra jamais être débarrassé. La mort de Forley a donc eu un grand impact sur les hommes et également influencé indirectement le sort du Nord.