Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

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dimanche 12 mai 2024

Les dragons ne sont pas là pour rigoler

Les différents livres de la saga du Royaume des Anciens sont remplis de sang, de morts et de violence. Fitz est un assassin, Kennit un pirate, il est normal qu’il y ait des victimes. Des esclaves meurent dans des cales de bateaux, des soldats sont tués à la guerre. Les pays se disputent : Chalcède attaque tout ce qui est à sa portée, les Pirates Rouges menacent les côtes des Six-Duchés. 

Et puis tout change dans le tome la Reine Solitaire. Vérité construit son dragon d’Art et de pierre, et même si ce n’est pas un véritable dragon, on a un aperçu de ce qu’ils peuvent faire. Le dragon de Vérité est particulier, il est rempli des souvenirs de Vérité, il a ses motivations. Contrairement aux réels dragons, Vérité a conscience des frontières humaines. Il ne considère pas toutes les terres et toutes les mers comme son territoire légitime. C’est pour ça qu’il ne sème pas la désolation dans les Six-Duchés. Il se réserve pour l’île d’où viennent les Pirates Rouges : « il devait s’agir des îles d’outre-Mer. Vérité avait toujours rêvé de porter la guerre là-bas, et il s’y employa furieusement ». Des années plus tard, la narcheska Elliania sera courtisée par Devoir ; nul doute que son ressentiment vient en partie des dégâts commis par Vérité et ses dragons. Lors de leur quête de Glasfeu, Fitz et son groupe doivent se rendre à Aslevjal : ils font escale à Zylig et trouvent une ville encore marquée (« je me rappelai avoir entendu raconter que les dragons des Six-Duchés avaient poussé jusqu’à cette grosse bourgade pour apporter la mort et la destruction »). Une de ces armes de ces dragons est leur capacité à troubler les esprits. On peut ainsi lire que « les dragons les ont survolés et ont jeté les hommes dans une hébétude complète avant de détruire le vaisseau à l’aide de bourrasques et de vagues violentes que leurs ailes pouvaient susciter ». Les dragons ont donc semé la désolation et la mort, ils ont permis aux gens des Duchés d’envoyer un signal fort aux outriliens. Ces derniers ont vu leurs terres et leurs maisons déjà horriblement éprouvées par le temps être ravagées. Il y a un autre aspect important à prendre en compte : leur société valorise les femmes fortes. Les outriliens manifestent un grand respect pour Kettricken, cette femme qui est parvenue à envoyer des dragons pour sauver son peuple (« elle leur inspire une révérence sans bornes d’avoir su non seulement préserver un royaume mais encore porter le fer chez eux sous la forme de dragons »).

Pendant un moment, la seule véritable dragonne fut Tintaglia. Libérée grâce aux efforts de Malta, Selden et Reyn, elle découvre un monde qui a changé. Il n’y a plus de dragons et les humains n’obéissent plus à ses désirs. Voulant faire revenir les dragons, et cela nécessite la protection des serpents, elle décide de négocier un accord avec les gens de Terrilville. Pour cela, elle doit nettoyer le port de la ville des navires de Chalcède. Elle s’y emploie vaillamment : « à son second passage, elle choisit comme proie un deux-mâts. Les hommes à bord, en la voyant fondre sur eux, remplirent l’air de leurs flèches qui rebondirent sur elle pour retomber sur le navire ». Tintaglia est impitoyable. Elle parle aux gens d’un ton hautain, elle méprise leurs intentions, elle les considère à son service. Ce n’est pas tout. Elle est une créature puissante, certaine de sa force. Quand elle combat, elle ne se retient pas. Ceux qui sont témoins sont choqués par ce qu’ils voient. Reyn nous fournit un bon aperçu. La guerre est quelque chose de sale, la mort n’a rien de noble et elle l’est encore moins quand il existe un fort écart entre les belligérants. Il est donc écrit que « Reyn se sentit pris de nausée. Les Chalcédiens étaient des ennemis, plus vils que des chiens et ils ne méritaient aucune pitié. Mais le spectacle de cette mort soulevait le cœur. Les corps continuaient à se désagréger, perdant toute forme humaine. Une tête roulait détachée du tronc, et s’immobilisa sur le côté tandis que la chair liquéfiée coulait du crâne ».

Les prouesses de Tintaglia entrent dans la légende et deviennent presque un mythe. Ceux qui ont vécu la bataille en parlent encore des années après. Ils s’attendent à ce que tout le monde soit au courant de ce qui s’est passé, comme le souligne le Marchand Jorban à Castelcerf (« N’avez-vous pas eu vent de la bataille de la baie des Marchands, où un dragon de Terrilville, bleu et argent, à chassé les Chalcédiens de notre côte ? ») 

Les Marchands parlent de Tintaglia avec fierté, elle a détruit la flotte qui menaçait leur ville et leurs possessions. Ils se l’approprient et ils sont presque enclins à faire circuler la rumeur que la dragonne est à eux. Est-ce en réponse aux dragons des Six-Duchés ? Est-ce pour impressionner leurs ennemis ? Difficile de savoir. En tout cas, un rapport de Vinfodra contribue au mythe : « Cette créature, baptisée Tinnitgliat par ses auteurs, s’éleva des ruines fumantes auxquelles les Chalcédiens avaient réduit le quartier des entrepôts et chassa les navires ennemis des eaux de Terrilville ».

Dans les Cités des Anciens, les dragons sont présents en masse. On les suit jusqu’à Kelsingra, on les voit grandir et s’affirmer, devenir indépendants et capables de se débrouiller seuls. C’est aussi dans ces romans que les nouveaux dragons font la connaissance de Glasfeu, un mythe parmi ces créatures exceptionnelles. Glasfeu est en colère, il cherche la vengeance depuis que des gens de Chalcède ont voulu l’empoisonner. Il propose donc aux dragons de détruire la capitale et le château du duc de Chalcède.

Selden est captif du duc. L’homme suce le sang de l’Ancien, il veut prolonger sa vie. Il fait ça en attendant de capturer un dragon, leur sang aurait des propriétés magiques. De sa tour il a une bonne vue sur ce qui se passe : « un sillage de destruction était à présent visible tout autour de la forteresse du duc, il s’élargissait vers le centre, les bâtiments effondrés et les corps, rongés par l’acide se rapprochaient de la tour où logeaient les deux prisonniers. Le plan des dragons était évident : tout ce qui se situait dans le cercle serait noyé dans le venin ». Les dragons ne crachent pas de feu, ils produisent du venin, une substance mortelle.  La ville est ravagée, le duc meurt. Un compte-rendu succinct fait à Umbre résume bien ce qui s’est déroulé (« le duc de Chalcède n’est plus ; une horde de dragons montés par des hommes en armure a surgi des étendues sauvages et attaqué la cité de Chalcède »).

Les dragons ne pardonnent pas, n’oublient pas et se vengent. Clerres l’apprend à ses dépends. La cité avait presque réussi à détruire les dragons des décennies auparavant. Les Quatre ont tout fait pour que les dragons ne réapparaissent pas. Malheureusement pour eux, Tintaglia, Glasfeu, Gringalette et les autres sont de retour. Et quand Fitz vient demander de l’aide, ils se rappellent qu’ils doivent réparer des méfaits du passé. L’heure est à la vengeance, elle est impitoyable et touche tout le monde. Le fou le dit à sa façon, il n’y a pas d’innocents. Et même si il y en avait, que pourraient-ils faire ? Même les alliés des dragons risquent leurs vies, certains meurent d’ailleurs comme Parangon Akennit. A la part de destruction apportée par Fitz et Abeille, les dragons en font de même. Le malheureux Prilkop voudrait une trêve, une port de sortie pour quelques uns. Il se rend compte que les dragons « détruisent tout (…) ce qu’Abeille a commencé avec l’incendie, ils l’achèvent avec de l’acide et à grands coups d’ailes et de queue ».

Les dragons vont et viennent, ne prêtent pas attention aux frontières. Quand ils ont faim, ils chassent et se moquent de savoir si le bétail appartient à quelqu’un. Tintaglia, la dragonne la plus connue, montre son entêtement et son indépendance, elle n’obéit à personne et se moque des querelles des humains. Elle intervient seulement quand cela sert son intérêt. Ou quand il s’agit de vengeance. Réparer une offense semble être une des activités préférées des dragons et ils ne font pas les choses à moitié. Quand ils l’exercent, c’est totalement et de façon radicale. Et le monde s’en trouve changé. 

dimanche 5 décembre 2021

La guerre (partie 1)

Les récits de Bourberobin étaient parmi ceux qu’on rencontrait le plus souvent : celui de cette mère qui avait essayé de mordre un nourrisson qu’on lui avait donné à allaiter, déclarant qu’elle n’avait rien à faire de cette créature geignante et bavarde.

Les Pirates Rouges ont déclaré la guerre aux Sic-Duchés. Ils attaquent les villes et villages côtiers, ils tuent et violent. Ils ont un outil redoutable qui crée bien plus de dégâts que n’importe quelle arme : la forgisation. Cette dernière retire aux gens toutes émotions, toutes sensations d’altruisme, de générosité. Ils deviennent des poids pour leurs proches et leurs familles. Ils prennent ce qu’ils veulent quand ils veulent, ils se moquent des conséquences de leurs actes. Cet extrait sous-entend également que chaque ville est laissé à son propre sort. Il n’y a pas de réponse commune impulsée par la royauté. Les gens font comme ils peuvent. Cette déshumanisation des victimes choque au départ Fitz, mais il passera vite outre, comprenant la nécessité de s’en débarrasser de les tuer donc.

Royal / Être impitoyable exige de créer ses propres règles ; c’est ma mère qui me l’a enseigné. Les gens craignent celui qui agit apparemment sans considération des conséquences ; comporte-toi comme si on n’avait pas le droit de te toucher et personne n’osera te toucher.

La guerre contre les Pirates Rouges n’est pas la seule qui perturbe les Six-Duchés : il y a un conflit de pouvoir, une lutte d’influence entre Royal et Vérité. Ce qui est d’intéressant avec cette déclaration de Royal est ce qu’elle implique et ce qu’elle nous dira de son futur règne. Royal n’a que faire du sort des autres gens, il ne s’intéresse qu’à lui. Il n’a donc aucune appréhension à sacrifier des gens. Il se moque du sort du peuple, de ses souffrances face aux Pirates Rouges ou qu’ils souffrent de ses choix. Dès lors, ce n’est pas étonnant de voir les Six-Duchés perdre la guerre quand leur dirigeant se moque de tout, sauf de sa propre personne.

Le Fou / Quand on la chante dans une taverne, avec les chopes de bière qui battent la mesure du refrain sur les tables, l’histoire ne paraît pas si terrible (…) Naturellement, lorsqu’on boit et qu’on chante, on ne voit pas le sang, on ne sent pas l’odeur de la chair brûlée, on n’entend pas les cris.

Vasebaie est un des moments marquants de la guerre. Le massacre de la ville ouvre le tome L’assassin du roi et crée de l’inquiétude puisque Molly est présente et subit les attaques des pirates. C’est aussi une description assez détaillée de ce qui se passe entre les bâtiments brûlés, les parents qui empoisonnent leurs enfants, les viols et autres. On n’est que spectateur de ce qui se passe. On voit ce qui se passe à travers l’Art, via un Subtil fatigué et un Fou qui ne pense qu’à protéger son Roi, et qui voudrait donc qu’il détourne son regard. Cela illustre aussi bien l’impuissance qui existe bataille après bataille : les habitants s’enorgueillissent de leur capacité de réaction, de leur force à vivre avec la peine sans se rendre compte qu’ils n’ont aucun réel moyen de riposte. Ils subissent les événements.

Kettricken / L’humeur joyeuse et faraude s’était évaporée. La reine avait anéanti cette protection, forcé chacun à voir en face l’acte qu’il allait perpétrer, et nul ne s’en réjouissait.

Les choses vont tellement mal que la Reine Kettricken est attaquée par des forgisés pas bien loin de Castelcerf. Au lieu de se terrer dans sa chambre, Kettricken décide de prendre les choses en main. Elle ne va pas pleurer dans les bras de son époux Vérité, elle décide de traquer les forgisés, pas parce qu’ils sont des ennemis, mais parce qu’il faut les délivrer de leur malédiction. Toutefois, pour les gens du château, on a attaqué leur Reine et il faut laver cet affront. Kettricken prend alors la parole pour leur rappeler que ceux qu’ils vont attaquer sont des gens qu’ils ont peut-être connus, dans tous les cas ce sont des habitant du Royaume. C’est un des aspects les plus terribles de cette guerre, la lutte est souvent fraternelle. C’est un père, une mère, un ami qu’il faut tuer. Ce passage met également Kettricken au centre des événements, il fait de la Montagnarde une actrice majeure dans le jeu politique des Six-Duchés.

Fitz / La fureur m’avait fui aussi soudainement que les effets de la graine de caris chez celui qui s’y adonne. Je me sentais épuisé, désorienté, comme si je m’étais éveillé d’un rêve que pour sombrer dans un autres (…) J’ai déjà tué, fis-je, effondré. Pourquoi est-ce si différent ? Pourquoi est ce que me rend si malade, après ?

Fitz n’est qu’un jeune homme quand il est formé au métier d’assassin. Il a tué des gens, il a vu des hommes et des femmes mourir. Il est donc habitué à la mort. Pourtant, quand il est plongé dans le cœur de la bataille, Fitz perd tout contrôle. Il est happé par la volonté de vengeance de ses compatriotes, il manie la hache et l’épée de façon presque mécanique. Il tue donc ses ennemis et ça le marque fortement. Il est touché physiquement, il se met à boire, sans doute une volonté de se nettoyer, de se perdre, de tenter d’oublier. Il va tellement loin que même Oeil-de-Nuit a peur, est dégoûté. Il ne reconnaît pas là Fitz, son compagnon de Vif. La guerre change un homme. Fitz ne tire aucune fierté de ce qu’il a fait.

Elle était morte, à l’évidence, mais Brondy ne voulait pas la quitter ; des larmes mêlées de sang ruisselaient sur ses joues.

La famille du duc de Brondy est une des famille de nobles la plus développée. Célérité a été promise à Fitz, Félicité et Célérité passent du temps avec le bâtard, Brondy défend Fitz face à Royal... Cela crée donc une certaine empathie pour cette famille. Voir leur situation désespérée au détour d’un rêve d’Art de Fitz pousse donc à l’inquiétude. On comprend aussi que personne n’est à l’abri : les vieux doivent se battre, les femmes en apparence fragile doivent se battre. La guerre n’est pas qu’une affaire de soldats, tout le monde se bat pour sa vie. C’est d’ailleurs le cas depuis le début tant l’armée des Six-Duchés semble dépassée et inexistante. Les rares bateaux utilisés des mois auparavant n’ont rien changé.

Astérie / Alors que les Pirates me violaient, ils ne paraissaient en tirer aucun plaisir – du moins pas le genre de plaisir que… Ils se moquaient de ma souffrance et mes efforts pour leur échapper ; ceux qui regardaient riaient en attendant leur tour.

Astérie raconte donc à Fitz la façon dont elle a été violée. Les Pirates ont abusé d’un bon nombre de femmes. Avec Astérie, on voit que le viol a des conséquences à long terme et marque durablement un individu. On voit surtout que les Pirates Rouges sont impitoyables, ils prennent et disposent froidement. Le viol est une crainte partagée par beaucoup de femmes durant cette guerre, il y a la peur d’être souillée par des forgisés ou des Pirates.


dimanche 28 novembre 2021

Le viol dans le Royaume des Anciens

Le viol d'Althéa Vestrit : https://duchessix.blogspot.com/2020/06/le-viol-dalthea-vestrit.html

Société dirigée par un Roi et des nobles, les Six-Duchés sont un pays relativement sûr. Les criminels peuvent être envoyés en prison, subir la justice du Roi ou dans les cas nécessitant la discrétion être punis par l’assassin du Roi (Umbre au début, Fitz ensuite). Mais, tout change dans le Royaume quand les Pirates rouges font irruption : c’est la guerre. La guerre avec son lot de crimes impunis. Des gens sont tués, blessés, violés, des maisons sont détruites ou incendiées, des villages rasés.

Opposés aux Pirates Rouges, les habitants des Six-Duchés subissent leurs attaques. Les Pirates sont insaisissables : ils attaquent dans des endroits non protégés et à des moments non attendus et ils ne semblent pas vouloir annexer le pays. Dans un premier temps, ils tuent et violent : « Les Pirates ne pillaient presque pas ; certes ils pouvaient s’emparer d’une poignée de pièces d’argent si elles leur tombaient sous la main ou d’un collier pris sur une femme qu’ils venaient de violer puis de tuer ». Composés essentiellement d’hommes, les équipages des Pirates Rouges font la détresse des femmes qu’ils abusent. Astérie nous offre un témoignage poignant, elle nous montre aussi à quel point ça l’a changée. Après son viol, elle a voulu mourir et quand elle a compris qu’elle allait survivre, elle a compris qu’elle avait perdu un morceau d’elle-même, se demandant même si il n’aurait pas fallu être forgisée. Ce qui marque réellement Astérie est l’attitude des Pirates qui ne semblent pas plus que ça prendre de satisfaction à la violer : ils l’ont violée car ils en ont eu l’opportunité. Ainsi, elle dit qu’« alors que les Pirates me violaient, ils ne paraissent en tirer aucun plaisir – du moins pas le genre de plaisir que… Ils se moquaient de ma souffrance et de mes efforts pour leur échapper : ceux qui regardaient riaient en attendant leur tour ». On comprend aussi qu’Astérie a été violée par plusieurs Pirates, que son corps a été exposé à la vue de tous. Elle s’est donc sentie salie et humiliée, réduite à pas grand-chose. Ayant des relations sexuelles contre leur volonté, les femmes des Six-Duchés craignent une sorte de double peine : tomber enceinte. Dans un pays en guerre, où on lutte chaque jour pour sa survie, très peu ont eu le temps de prendre des potions leur évitant la grossesse. Et, malheureusement, ça reste une question assez taboue : « on évoquait rarement les viols commis lors des attaques des Pirates Rouges, les grossesses qui s’ensuivaient parfois, enfin les bâtards que des femmes des Six-Duchés mettaient au monde ». Quand on en parle, c’est sous le coup de l’insulte, pour rabaisser la personne. Par exemple, dans le Prophète Blanc, Heur veut apprendre à Fitz ce qu’il a appris sur Astérie, la ménestrelle ne mâche pas ses mots : « quand je lui ai dit que je devais tout te révéler sur elle, Astérie a répondu que j’avais un cœur de forgisé comme mon violeur de père ».

Il n’y a pas que les Pirates Rouges qui violent. C’est aussi le cas des forgisés, ces victimes de la guerre privés de leurs émotions et renvoyés dans leurs foyers. Ils se comportent comme des poids morts, semant la terreur et la peur auprès de leurs proches (« qu’est ce qui était le plus affreux : recueillir son propre frère en sachant désormais que le vol, le meurtre et le viol étaient parfaitement acceptables pour lui du moment qu’il obtenait ce qu’il voulait »). Les forgisés propagent la peur, ils errent sur les routes et attaquent les voyageurs. Fitz l’a vu de ses propres lorsqu’il a accompagné Miel, Josh et Fifre (Le Poison de la vengeance) ; le groupe a été attaqué et les femmes ont craint pour leurs vies : « vous avez fui, vous les avez laissés casser le bras de Fifre, assommer mon père et essayer de me violer ! »

La guerre change le comportement des gens, elle permet à des gens d’assouvir des désirs néfastes et destructeurs, elle leur permet de faire du mal. Les soldats ne deviennent pas seulement des mercenaires en défendant ceux qui paient, ils deviennent des violeurs. A Oeil-de-Lune (La voie magique), on apprend que des « soldats des Six-Duchés avaient violé leurs captives, se comportant comme des brigands sans foi ni loi et non comme des gardes royaux ». Sans doute ne font ils qu’imiter que le comportement du Roi Royal qui estime qu’il peut prendre ce qu’il veut quand il veut.

La pauvre Astérie a également été à nouveau violée à Oeil-de-Lune. Sa réaction, lorsqu’elle parle à Fitz, montre bien que les femmes doivent vivre avec un poids, un sentiment de culpabilité. Elles sont des victimes certes, mais personne ne leur offre de la compassion en ces temps de guerre. Astérie a même de la crainte à se confier à Fitz, un homme qu’elle connaît pourtant bien et avec qui elle a traversé un bon nombre d’épreuves. Elle lui souffle que « j’ai cru que vous n’y attachiez pas d’importance. J’ai entendu des gens en Bauge affirmer que le viol ne gêne que les vierges et les femmes mariées ; je pensais que, de votre point de vue, une traînée comme moi n’avait eu que ce qu’elle méritait ». Heureusement, tous ne semblent pas avoir cette passivité face au viol. Fitz offre son amitié, son écoute et son réconfort à Astérie. Mijote, la cuisinière du château de Castelcerf, montre que parfois seule la vengeance offre une forme de réponse : « quand la fille de Sal Limande s’est fait violer, elle a découpé cette charogne avec son couteau à poisson, tchac, tchac, tchac, en plein milieu du marché ».

Enfin, Dame Brésinga nous montre à quel point l’abus sexuel et le viol peuvent détruire une femme. A force de subir les assauts d’hommes mal intentionnés, la femme a décidé de se suicider (« les Pie sont vite devenus gourmands : ils se sont d’abord approprié sa demeure, puis sa cave à vin, puis sa fortune (…) pour finir, certains ont profité de la maîtresse des lieux elle-même, et elle ne l’a pas supporté »). La peine, la douleur et la honte étaient devenues trop fortes pour cette femme. C’est sans doute ce qui aurait pu arriver à Althéa si Parangon n’avait pas pris toutes ces émotions après son viol par Kennit : « elle n’était pas obligée de s’accrocher à sa souffrance. Elle pouvait la lâcher. Le souvenir était toujours là. Il n’avait pas disparu mais il avait changé. C’était un souvenir, une chose du passé. Cette plaie se refermerait et cicatriserait ». Kennit violeur, Kennit violé par Igrot : il est la preuve que la victime peut se transformer en bourreau et que le viol peut aussi toucher les hommes. De nombreux témoignages montrent ce qu’il a vécu du temps d’Igrot. Grâce (ou à cause) de Parangon, Fitz aura un aperçu de l'effroi du viol (« j’entendis un autre homme s’esclaffer pendant que mon agresseur se pressait contre mon dos. Son avant-bras en travers de ma trachée me privait d’air et des étincelles s’agitaient devant mon regard qui s’éteignait ; c’est alors que je sentis avec horreur ce qu’il me réservait » et « je haletai, encore habité par la peur et l’indignation qu’un garçon avait ressenties. Je me redressai en titubant, furieux, choqué et plein d’une peur noire que je ne pouvais pas vaincre. Plus jamais ça ! »)


lundi 7 juin 2021

Personnages préférés dans les différents livres

L’assassin royal

    • Oeil-de-Nuit
    • Astérie (apparue sur le tard certes mais j’aime beaucoup son personnage, son rapport avec Fitz, ses questions incessantes sur le Fou et son courage)
    • Célérité (la jeune femme méritait mieux que d’être un simple pion dans les mains de la royauté, elle a fait preuve de beaucoup de force morale et physique contre les Pirates Rouges)
    • Molly (dès son plus jeune âge, elle a grandi dans un milieu hostile ; rien ne s’est arrangé quand elle est allée à Castelcerf, sa conversation avec Fitz avant leur rupture offre un des moments les plus poignants des livres)
    • Fitz
    • Kettricken (son discours lors de la chasse aux forgisés !)
    • Patience (pour tout ce qu’elle apporte à Fitz, son lien fort avec Brodette, toute sa peine et tout son courage, et le fait qu’elle ait pris soin du corps de Fitz après les tortures de Royal)
    • Le Fou
    • Fouinot (son sacrifice dans les Montagnes)
    • Kerry (son amitié avec Fitz, les seuls rares moments où Fitz a réellement pu être un enfant)
    • Rurisk
    • Brodette
    • Martel (Burrich devrait lui dire merci)
    • Umbre (surtout le personnage de Dame Thym)
    • le duc Brondy de Béarns (pour le dialogue où il propose à Fitz les commandes du Royaume)
    • Caudron (j’apprécie son côté sec, la façon dont elle regarde Fitz et le Fou)
    • Royal (le roi des insultes blessantes, Un traître mais avec classe, il est passé tout près de réussir)
    • Galen (il a bien torturé psychologiquement Fitz)
    • Jofron
    • Burrich (il ne fallait pas courtiser Molly, il en avait le droit mais quand même ; sa haine du Vif qu’il tente de communiquer à Fitz le rend peu appréciable)
    • Tassin 
    • Subtil (le vieux roi fatigué n’est qu’une marionnette)
    • Murfès
    • Auguste
    • Guillot

Les aventuriers de la mer

    • Althéa (privée de son légitime héritage, elle entame un passionnant périple pour récupérer sa place. Elle va à l’encontre de son éducation, des coutumes et des traditions)
    • Tintaglia (la dragonne méprise les petites tragédies humaines, son côté hautain et arrogant est appréciable)
    • Sérille (la Compagne de Coeur tente de se faire une place dans ce vaste monde. Sa scène de viol est dure)
    • Malta (quel plaisir de la détester dans les premiers tomes)
    • Parangon (quelle tragique histoire !)
    • le Gouverneur Cosgo
    • Sorcor (son plaidoyer contre l’esclavage est vraiment bon)
    • Vivacia
    • Ophélie (et son amour pour se mêler des passions humaines mais aussi le fait qu’elle défende sa famille)
    • Selden
    • Brashen
    • Keffria (elle est mal partie en étant totalement soumise à Kyle, puis elle s’affirme petit à petit)
    • Reyn
    • Rache 
    • Etta (de putain à Reine des Pirates, quel parcours)
    • Hiémain (il subit les événements tout le long)
    • Ephron
    • Davad Resart
    • Jek (je l’appréciais jusqu’à ce qu’elle minimise ou mette en doute le récit d’althéa quant à son viol ; son côté ouvert sur les mœurs détonne avec les autres personnages féminins)
    • Ronica
    • Kyle
    • Kennit

L’assassin royal 2 (l’homme doré)

    • Le Fou / Sire Doré (le Fou est bien, Sire Doré est génial, et sa quête pour faire revenir les dragons)
    • Ortie (elle ne mâche pas ses mots avec Devoir ou Fitz)
    • Devoir
    • Oeil-de-Nuit (au revoir vieux loup)
    • Elliania (la pauvre est sous la contrainte de la Femme Pâle mais on sent un caractère fort)
    • Fitz
    • Tintaglia 
    • Trame (il nous en apprend beaucoup sur le Vif, son côté calme et posé)
    • la Femme Pâle (sa tentative de séduction sur Fitz est prenante, sa mort aussi)
    • Kettricken (même si elle disparaît très vite de l’intrigue)
    • Astérie (toutes ses piques et insultes envers Fitz sont délectables)
    • Laudevin (pour sa haine des Loinvoyant et de ce qu’a fait Royal)
    • Garetha (ça fait plaisir de voir quelqu’un aimer sincèrement le Fou et voir outre ses costumes)
    • Lestra (son combat avec Elliania)
    • Henja 
    • Prilkop (il nous en apprend beaucoup sur les prophètes)
    • Arkon
    • Peottre
    • La Grande mère du Clan du Narval
    • Lest (il est parvenu à fuir les griffes anti-Vif de Burrich)
    • Molly
    • Heur (sale gosse une bonne part des romans, il a causé du souci à Fitz ; le côté affaires quotidiennes ramène le récit à une hauteur plus « humaine »)
    • Lourd
    • Jinna (s’est servi de Fitz pour son plaisir)
    • Burrich (son sacrifice final et son discours sur les Loinvoyant lui donnent du crédit)
    • Civil (un homme capricieux qui a vécu des moments très difficiles)

Les cités des Anciens

    • Kanaï (oui, il est agaçant mais la question des Anciens lui tient à coeur)
    • Glasfeu (blessé par les hommes, il se venge magnifiquement)
    • Thymara (on la voit partir de rien du tout à Ancienne respectable et respectée)
    • Alise (elle a quitté tout son confort pour vivre son rêve)
    • Leftrin
    • Hest (un personnage manipulateur, on suit ses machinations et son emprise avec grand intérêt)
    • Tatou
    • Mataf
    • Mercor
    • Sintara
    • Selden (de retour après sa participation aux Aventuriers de la Mer, passe une grand epartie de l’aventure emprisonné)
    • Chassim (la fille du duc de Chalcède, prisonnière avec Selden, nous montre que les enfants peuvent être différents des parents, elle a également une histoire compliquée car elle est une femme à Chalcède)
    • Tintaglia
    • le duc de Chalcède
      

jeudi 18 mars 2021

Le cocufiage dans le Royaume des Anciens

La monogamie semble être la norme dans le Royaume des Anciens. Des couples se forment et se défont, certains vont jusqu’au mariage. Même les gens du Vif ne peuvent avoir qu’un compagnon à la fois.

On retiendra les paroles du Fou dans Adieux et retrouvailles (« tu m’as expliqué que Molly n’accepterait jamais ton lien avec le loup, qu’elle t’obligerait à choisir entre elle et lui »). C’est cette idée qui est sous-jacente dans un grand nombre de livres, on ne peut avoir qu’un seul compagnon. Dans la durée en tout cas. Car les personnages ne sont que des hommes et des femmes, ils sont donc faillibles. Certains ont des amants, certaines trompent leur conjoint.

Fitz pense qu’il est officiellement en couple avec Molly, peu importe la volonté du Roi Subtil. Le destin a beau lui mettre des obstacles dans la route, c’est la chandelière qui est sa femme. Il se détourne, sans trop la vexer, de Célérité. Fitz commet une faute, il se laisse séduire par une jeune femme lors d’une fête au château de Castelcerf (« elle me tapota la jambe amicalement. Un peu plus haut qu’elle n’avait posé la main »). A sa décharge, il est drogué, intoxiqué par des poisons qu’il vient de débarrasser dans les appartements de Subtil. La réaction de Patience nous montre à quel point la simple tentation de l’adultère est mal vue dans cette société et aussi par elle, à cause de sa propre histoire. Patience a toujours en travers de la gorge le fait que Chevalerie ait eu un bâtard avant de l’épouser. Patience dit donc crûment à Fitz que ce qu’il fait est honteux : « C’était un prétexte pour te faire sortir avant que tu ne te déshonores complètement (…) comment peux-tu te comporter de cette façon ? Es-tu ivre ? »

Ceci étant dit, Fitz a quand même quelques valeurs. Il repoussera longtemps les avances d’Astérie, tenu par sa fidélité envers Molly.

Un autre cas intéressant est celui de Vérité et Kettricken. A ce stade du récit, il faut noter deux choses importantes : Vérité et Fitz sont liés par l’Art et Vérité est parti en quête des Anciens. Kettricken est donc seule, seule dans un monde qu’elle connaît peu et où elle a beaucoup de mal à s’intégrer. Elle est la pâle étrangère, trop grande, trop différente. Elle se rapproche donc de Fitz, son seul ami.

Mais, Fitz est donc sous l’influence de l’Art de Vérité, une magie que le Roi-servant maîtrise bien mieux et plus puissamment que lui. Est-ce à cause de ça que Fitz ressent une attirance physique pour la Montagnarde ? En tout cas, Oeil-de-Nuit le prévient qu’il y a « danger (…) ce n’est pas ta femme. C’est celle de ton chef de meute. »

Fitz est tenté, on sait déjà qu’il a une grande estime pour Kettricken : elle sait se battre, elle parle bien, elle est adroite à cheval. Quand il la regarde, il voit une femme forte. Rien ne s’arrange donc quand il a Vérité qui l’accompagne (« Kettricken était ma reine, mais je n’étais pas Vérité et elle n’était pas celle que j’aimais, si fou que devint mon cœur quand je la regardais »).

Astérie et Fitz ont une relation particulière. La ménestrelle a dès le début montré son attirance physique pour le bâtard. Elle veut coucher avec lui. Fitz se considère l’époux de Molly, il la repousse. Quand Fitz lui avoue que leur mariage n’est pas officielle et que Burrich veille sur Molly, Astérie insinue le doute en lui (des doutes qui seront confirmés bien plus tard quand, croyant Fitz mort, Burrich et Molly se mettront ensemble). Fitz se demande si Molly a bien pu ressentir des choses pour l’ancien maître des écuries, d’autant plus qu’il sait que Burrich plaît aux femmes. On peut ainsi lire les interrogations de Fitz : « avait-elle jamais eu des vues sur lui ? Non, c’est avec moi qu’elle avait fait l’amour ce jour-là, à moi qu’elle s’était accrochée bien que nous ne puissions nous marier ».

Notons qu’Astérie parviendra à faire l’amour avec Fitz, seulement quand Fitz aura tiré un trait sur Molly.

Plus tard, nous retrouverons Astérie et Fitz dans une situation identique, sauf que Fitz apprend qu’il est l’amant et qu’Astérie est mariée. C’est Heur qui le lui dit. Cela force Fitz à cesser ses aventures sexuelles avec la ménestrelle, il ne veut pas faire d’un autre homme un cocu. Astérie, toujours aussi agile avec les mots, proteste et ridiculise son ami. Elle ne comprend pas sa réaction, pourquoi il accorde tant d’importance à ce genre de choses, alors qu’il sait que les ménestrelles donnent leur corps à qui ils ou elles veulent. Astérie précise donc la situation (« il ignore tout, par conséquent ça lui est égal (…) Tu as transmis ta morale rigide à ce jeune homme ; j’espère que tu es fier de savoir que ton éducation a donné naissance à un autre père la Vertu comme toi, toujours prêt à juger les autres au nom de sa pudibonderie ! »)

A-t-elle tort ? Fitz a toujours eu du mal à déclarer ses sentiments : il lui a fallu un temps fou pour dire à Molly ou au Fou qu’il les aimait, il lui a fallu beaucoup d’événements pour se lier à Oeil-de-Nuit. Mais, il n’est pas si coincé que ça, il aura connu intimement trois femmes (Molly, Astérie et Jinna), si on met de côté l’épisode Kettricken. Et si il a repoussé des femmes (Miel, Fifre, Tassin), c’est parce qu’il se considérait comme lié, marié à Molly. Il avait en tout cas du désir pour elles.

Là où Astérie a raison est que son éducation, ainsi que le fait de vivre avec Burrich, l’ont mené à de la retenue. Il a conscience qu’il n’est pas bon d’être que le cocu et que dans ce cas-là, « ton mari en souffrira si jamais il apprend ce qu’il y a entre nous (…) les ragots peuvent blesser ce genre d’homme plus profondément qu’un poignard. »

Dans l’assassin royal, c’est donc la relation entre Molly et Fitz qui illustre bien la question de la fidélité. Doit-on en vouloir à Molly d’avoir aimé Burrich ? Peut-on reprocher à Fitz d’avoir reconquis Molly après la mort de Burrich ?

Fitz se retrouve une fois dans la peau de l’humilié, du cocu. Dans la trilogie du fou et de l’assassin, Molly meurt quelques temps après la naissance d’Abeille. Cette dernière est si menue, si différente qu’on s’interroge sur sa survie, et sur la réelle identité de son père. Évite (ou Pépite), bien à l’aise dans son costume de provocatrice, pose clairement la question : « Dites-moi, quel noble a-t-il engendré le petite, qu’elle doive se cacher auprès de vous ». Humilié par les allusions, Fitz se retient (« une tempête d’émotions s’était soudain levée en moi (…) je crois que, pour la première fois de ma vie, j’eusse frappé une femme sans défense »). Se penser trompé est donc un camouflet.

Témoin privilégié malgré son jeune âge, Persévérance éclaire parfaitement la relation entre les deux (Fitz et Molly) en racontant une anecdote croustillante à FitzVigilant : « il n’en existait qu’une pour lui : dame Molly ». S’il dit ça, c’est que des ragots ont circulé à Flétribois quand la jeune et belle Évite est arrivée au château. Certains murmuraient que c’était la nouvelle maîtresse de Fitz.

Enfin, on ne peut pas passer à côté du triangle constitué de Sédric, Hest et Alise. Dans les Cités des Anciens, Alise est une fille de Marchande qui vient d’épouser, contre toute attente, Hest. Ce qu’elle ne sait pas est que Hest se sert d’elle comme couverture. Car, non seulement, Hest la trompe mais en plus il préfère les hommes aux femmes. Sédric (un ami très proche d’Alise) est donc son amant. Les choses se compliqueront encore plus quand Alise aura une aventure sentimentale avec Leftrin.

Hest use de tous les moyens pour cacher sa relation avec Hest. Quand Alise lui demande si il a une autre femme dans sa vie, il répond que non. Il se sert même de Sédric pour appuyer ses propos et se jouer d’elle : « Il n’ y a pas d’autre femme dans la vie de Hest, Alise ». Il a donc l’avantage sur sa femme et n’hésite pas à le pousser à fond. Il prend la pose de la victime, du pauvre mari éploré : « Vous m’insultez, vous m’humiliez devant Sédric, et vous trouvez à dire que je regrette ? »

Précisons quand même que Sédric trouvera un peu de courage, à la fin du récit, pour tout avouer : « tu as passé ta nuit de noces avec moi, et tu as fait de ton épouse la risée de tes amis (…) j’étais ton amant, Hest ; je participais à ton entreprise de duplicité. »