Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

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samedi 20 mai 2023

Comment Fitz vit-il ses crises ?

Défait par Royal, Fitz est battu physiquement et manque de se noyer. C'est Fouinot qui vient le sauver, en sacrifiant sa vie. Fitz vit là un nouveau traumatisme. Cela a un impact certain sur le jeune homme qui se rend compte, enfin, qu'il n'est qu'un pion dans le jeu du roi Subtil. Si les blessures sont en partie mentales, elles sont surtout physiques. Fitz perd de sa vigueur, de sa vitalité. Il perd possession de ses moyens physiques. Il a des crises de tremblements, des moments où son corps ne lui répond plus. Pour un assassin, c'est une tare. Fitz le vit donc mal et ce qui est une incapacité physique se transforme en apitoiement moral.

A vrai dire, Fitz est presque pathétique. Certes, Royal l'a dominé et il a frôlé la mort. Mais, il est étrange de le voir renoncer si fortement : « je suis fatigué, je suis épuisé. Je ne suis plus à la hauteur de ce qu'on attend de moi (…) Peu importe mon devoir, peu importe mon serment, je suis trop diminué pour tenir ma parole ». Cette attitude étonne ses proches. Voir Fitz si défaitiste les questionne. Ils ne comprennent pas pourquoi le jeune homme baisse les bras et est prêt à renoncer à sa vie. Burrich tente de le raisonner de différentes façons, notamment en employant un discours plus optimiste. Il lui rappelle que Fitz a des devoirs envers le trône ; Fitz n'entend pas cet argument. Il lui dit alors qu'il n'est mort, qu'il peut encore faire des choses (« tu n'es pas aveugle, tu n'es pas paralysé ; tu as encore toute ta tête. Cesse de te définir parce que tu ne peux pas faire. Vois plutôt ce que tu n'as perdu »). Bien entendu, Fitz n'est pas en état d'entendre ce genre de paroles. Il se ferme.

A ce moment du récit, Fitz est encore dans les Montagnes. La procession des Six-Duchés est repartie vers Castelcerf avec Royal et Kettricken alors que Fitz a décidé en arrière, officiellement pour guérir, officieusement pour se lamenter sur son sort. Burrich n'est pas le seul à tenter de le soigner ou de le remettre en état physique, Jonqui essaie aussi. Elle aussi se heurte à un mur, à un Fitz négatif, un Fitz qui semble refuser de faire des efforts (« guérir peut être long et fastidieux parfois, mais dire que vous ne pouvez pas continuer ainsi... Je ne comprends pas. Cela provient peut-être d'une différence entre nos langues ! ») Autrement dit, Burrich et Jonqui tentent de dire à Fitz que sa vie continue. Il ne peut plus faire un bon nombre de choses mais il peut encore faire certaines choses : il doit trouver sa voie.

Mais, rien ne change quand Fitz finit par retourner à Castelcerf. Il se lamente quand les autres ont des signes d'attention pour lui. Il prend cela comme une insulte, comme la preuve qu'il est un incapable. C'est par exemple le cas lorsque Pognes l'aide à prendre soin de son cheval. Fitz le prend mal et considère qu'on le prend pour un poids mort : « mais ce soir, il m'a traité comme un invalide... quelqu'un de tellement faible qu'on ne peut même plus l'insulter. Comme s'il était normal qu'il fasse les choses à ma place ».

Trembler complique la vie de Fitz. Cela pourrait avoir un impact sur sa capacité à manier l'épée ou préparer des poisons. Mais, en réalité, si il le vit aussi mal, c'est parce que c'est un signe de faiblesse, de défaite. C'est la preuve que Royal a été meilleur que lui et il ne tolère pas ça (« je ne supporterais pas qu'il me voie trembler de faiblesse ou m'écrouler subitement, pris de convulsions ; je ne veux pas le voir sourire de ce qu'il m'a fait, je ne veux pas le voir savourer sa victoire »). Fitz fait tout pour cacher sa faiblesse et il y parvient, surtout avec le temps qui passe : « mes mains se mirent à trembler ; je les posai sur la table et les serrai l'une contre l'autre pour les calmer. Je sentais toujours les spasmes qui les agitaient, mais au moins ma faiblesse n’était plus visible » et « je continuais à être parfois victime d'accès de tremblements, mais je faisais moins de crises et je m'arrangeais toujours pour regagner ma chambre avant de m'humilier et m'effondrer devant tout le monde ».

Si Fitz vit aussi mal son état, c'est aussi parce qu'il pense devoir renoncer à quelqu'un qu'il aime : Molly. Il anticipe sa réaction et se convainc qu'elle ne voudra plus de lui (« elle s'est déjà occupée d'un infirme, elle y a passé sa jeunesse, tout ça pour s'apercevoir qu'il ne lui avait laissé que des dettes. Et tu voudrais que j'aille la retrouver dans l'état où je suis ? ») Les faits lui donnent raison puisque Molly ne veut plus de lui. Mais, cela n'a rien à voir avec son infirmité mais c'est plus la conséquence d'un malentendu. Quand elle finit par voir Fitz au château, Fitz pue le vin et Molly ne supporte pas ça (« je sais que je ne serai jamais la femme d'un ivrogne. Je crois même que j'ai pas envie d'être l'amie d'un ivrogne »).

Une autre personne que Fitz apprécie énormément est le Fou. A ce moment du récit, les deux commencent à nouer des liens forts. Le Fou commence à prendre une place importante dans la vie du bâtard royal. Avoir un moment de faiblesse devant lui l'effraie : « je me mis à trembler, mes dents à claquer, les lucioles à étinceler à la lisière de mon champ de vision. Une crise ! J'allais avoir une crise, et devant le fou ! »

L'état physique de Fitz est remarqué par ses amis. Patience le constate (« tu es épuisé et plus qu'à demi malade, va te coucher ») et s'en inquiète tout comme Brodette (« Brodette me raccompagna à la porte, d'où elle me suivit d'un œil inquiet jusqu'à ce que je fusse au palier »). Umbre, lui, est plus direct. Bien qu'inquiet, il conseille Fitz avec son œil d'assassin. Il le pousse à avoir plus d'activité physique et de cesser de se lamenter. Surtout, il tente de lui retirer la peur qui le paralyse : Fitz ne peut pas comporter comme s'il était une proie ; ainsi quand il se croit à nouveau empoissonné par Royal, Fitz croit voir des signes annonciateurs et se met à suer et transpirer ; Umbre le remet à sa place : « cesse, fit Umbre sans élever le ton. C'est toi qui te crées ces réactions, Fitz ».

lundi 29 juin 2020

L'assassin du Roi, chapitre 8, La Reine s'éveille


  • Le chapitre s’ouvre sur un chant qui rend hommage à Kettricken. C’est la Reine Renarde, elle est désintéressée, elle ne pense qu’au bien-être de ses gens.
  • Jusque là, Kettricken a été une personne discrète, ce qui est compréhensible. Elle arrive dans un château inconnu, dans un pays différent du sien. Elle subit les événements, on la donne à Vérité (un homme bien plus vieux qu’elle). A la fin du chapitre précédent, elle a été attaquée par des forgisés et elle a dû se défendre seule avant l’arrivée de Fitz.
  • Tout le château est prêt à la venger, c’est un beau moment de communion. En s’en prenant à Kettricken, ils s’en sont pris à tout le monde.
  • Vérité, dans un premier temps, ne saisit pas le moment, il est spectateur. Il ne voit aucune bonne solution, aucune bonne chose à tirer de ça donc il ne fait rien. Cela joue sur ses nerfs, il est piquant, il a malgré tout conscience que c’est une épreuve pour le trône.
  • Sa réaction quand Kettricken est venue le voir la nuit précédente montre bien qu’il ne comprend pas encore sa femme. Il pensait qu’elle était là pour du réconfort, pour sécher des larmes. Or, le lecteur sait depuis la fin de l’apprenti assassin que Kettricken est une femme d’action. 
  • On a un nouvel aperçu de l’homme qu’était Chevalerie. Vérité se rabaisse en se comparant à lui, c’est quelque chose d’assez marquant dans cette trilogie : Vérité se voyait en second.
  • Royal comme Vérité ne comprend pas ce qui se passe. Pour le moment, deux des trois Loinvoyant que nous avons vus sont dépassés. Et il n’y a pas grand chose à attendre du vieux Subtil.
  • Kettricken prononce un discours court mais fort. Elle place les gens des Six-Duchés devant leurs responsabilités et tente de leur faire comprendre que ce qu’ils vont faire n’a rien de glorieux. Ils vont tuer leur compatriotes. C’est courageux de sa part de souligner ça. Kettricken a pris les choses en main, c’est elle le pouvoir.
  • Elle a dit “mon peuple”. Les Six-Duchés sont sa maison !!
  • L’altercation entre Vérité et Royal est pathétique étant donné le contexte, elle souligne juste que les deux sont pris dans leur lutte. Malgré tout, Vérité commence à être à la hauteur de ce qui est attendu de lui. Il protège sa femme. Royal, lui, ne voit que la perte d’influence. Ils en viennent à des insultes et un coup. Royal se cache derrière Subtil, lui disant qu’il va lui rapporter ce qui se passe, cela fait très enfant gâté.
  • Tout le monde est agité (ceux qui ne vont pas traquer les forgisés préparent la suite au château) sauf les Loinvoyant (Royal, Vérité, Subtil). Le peuple a pris les choses en main, le trône n’est pas à la hauteur.
  • Kettricken fait preuve de simplicité. Son éducation dans les Montagnes joue sans doute. Elle sait que les morts méritent du respect et ne doivent pas être exploités pour une cause politique. On pourrait presque penser qu’elle est naïve. Cependant, sa droiture ajoute sans doute à son charme.
  • Kerry est mort. Cela nous replonge dans l’enfance de Fitz, ses très et trop rares moments où il a pu être un petit garçon heureux.
  • Vérité finit par être à la hauteur quand il liste les forgisés délivrés (tués donc). Mais c’est Kettricken qui a le dernier mot, c’est son moment, rien ne l’éclipse
  • Subtil est là sans être là
  • Umbre est enthousiaste. Cela contraste grandement avec ce qui se passe. Lui est clairement dans une logique politique et de guerre. Il évoque Chevalerie. A nouveau, on se demande comment aurait tourné les choses si il avait décidé de rester au château : quelle éducation aurait-eu Fitz ?
  • Umbre aime clairement son pays, il le connaît de long en large. Il y a peut-être un espoir de sauver les Six-Duchés. Ses propos (Chevalerie et Kettricken ensemble) sont un peu choquants, ils diminuent Vérité
  • Rôdeur, sa belette, est empoisonnée. C’est une piqûre de rappel. Le danger ne vient pas que des Pirates Rouges, il est aussi interne. Royal est toujours là, à vouloir le pouvoir, et quoiqu’en dise Umbre. Le vieil assassin refuse d’accuser le prince, il fait preuve d’aveuglement (ce n’est pas la première ou la dernière fois).
  • Enfin !!! Même si Fitz n’est pas doué pour exprimer ses sentiments, il se lance. Il dit maladroitement à Molly ce qu’il ressent. Il l’aime. Et Loupiot fait écho à ses sentiments.


mardi 24 mars 2020

La mort de la petite fille (l'assassin du roi)

L'assassin du roi est possiblement mon livre préféré de toute la saga. Il s'ouvre avec la poignante chute de Fitz. Affaibli suite à son empoisonnement par Royal, le bâtard doute, se referme sur lui-même. Il continue avec un échange de corps via l'Art entre Fitz et Subtil (ou plutôt Fitz se retrouve dans le corps de Subtil), on a alors un aperçu de la grandeur du vieux Roi. Et, ensuite c'est Kettricken qui s'affirme et montre qu'elle est une Reine, ce sont les premiers pas d'Oeil-de-Nuit dans l'histoire, c'est Fitz qui ose enfin avouer son amour à Molly. C'est surtout une ambiance pesante où les forgisés et les Pirates Rouges sèment la mort dans les Six-Duchés.

Fitz se retrouve alors en première ligne dans la défense du Royaume. L'invasion étant comme elle est (à la fois maritime et à la fois un poison lent qui se propage à travers la population), il est compliqué d'envoyer des troupes pour combattre : Fitz est seul. Seul avec ses capsules de poison au début, puis avec Oeil-de-Nuit. Le loup ne comprend pas cette chasse, il n'y a aucune viande à manger. Mais, il est avec Fitz et finit par l'aider. Un jour qu'ils sont en surveillance, ils tombent sur une petite fille que des forgisés sont en train de se partager. Après un combat sanglant, Fitz parvient à leur arracher le cadavre.


Plus tard, des rumeurs enfleront dans le château. Comme à chaque fois, on murmurera que Fitz a perdu tout bon sens en se battant, qu'il s'est battu comme un animal, que les corps des forgisés avaient des morsures suspectes. Cela fait bien entendu du mal à Fitz mais il grandit à travers cette épreuve. Il prend conscience que le combat est à mort et qu'il doit tout faire pour sauver les gens des Six-Duchés. Il donne un nouveau souffle d'espoir à Vérité, il remonte dans l'estime de Burrich. Il est surtout réconforté par Molly et Mijote la cuisinière du château, cette dernière est satisfaite de savoir qu'il y a quelqu'un qui peut les venger, faute de mieux.

Je crois que c'est ce genre de passage qui fait que le lecteur s'attache à Fitz. Certes, il est énervant et têtu, certes il a une aptitude incroyable à faire les mauvais choix mais quand on le voit prêt à se donner entièrement pour sauver une inconnue...

mardi 11 septembre 2018

Le Fou explique à Fitz ce qu'il attend de lui (tiré de l'assassin du roi)

Il s'agit d'un de mes passages préférés dans la construction de la relation du Fou et de Fitz. Les deux se fréquentent déjà à l'époque et leurs liens ne sont pas encore très étroits, même si on sent déjà de l'amitié entre eux deux. Le Fou, son histoire et son identité ont toujours intrigué le bâtard royal.
A ce stade de l'histoire, Le Fou doit des explications à Fitz et après lui avoir appris d'où il venait, on en arrive à ce dialogue. 

Plusieurs choses apparaissent à la lecture : le Fou aura plusieurs catalyseurs, Fitz est déjà sceptique quant à sa capacité de changer les choses.