Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

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lundi 25 mars 2024

Qui est le Fils inattendu (dans le Destin de l'assassin) ?

Fitz est le Catalyseur de son époque, il est celui qui a permis de mettre en branle le retour des dragons. D’autres ont, bien entendu, eu un impact sur le retour de ces magnifiques créatures (comme Malta). Mais, le Prophète a marqué Fitz comme son Catalyseur.

Abeille, elle, est le Destructeur de son époque. Dans les croyances de Clerres, le Destructeur vient répandre la mort et la destruction sur la ville : c’est ce que fait Abeille en incendiant la citadelle et en faisant en sorte que les dragons, les Anciens, des pirates et des duchéens détruisent la ville.

Une autre figure légendaire émerge : celle du fils inattendu, un enfant qui défie toute la logique de l’histoire, un enfant qui n’aurait pas dû naître. Fitz est un fils inattendu désigné, lui le bâtard royal ; Chevalerie rêvait tant d’un fils et ce fils a émergé d’une ancienne relation.


Pourtant, les Prophètes Blancs du passé ont théorisé l’apparition et le concept du Fils inattendu. Là encore, comme souvent, c’est une histoire liée à la vengeance. Della, un ancien membre de l’école de Clerres, rapporte que « j’ai rêvé de ma propre version du Fils inattendu. Je crois que c’est un rêve de justice et de punition à venir, destiné à ceux qui s’y attendent le moins ». Une analyse est possible : la justice serait la volonté de Fitz de se venger alors que les Quatre ont enlevé Abeille alors que ceux qui s’y attendent le moins sont justement les Quatre, bien à l’abri dans leur citadelle. Dans tous les cas, l’arrivée du Fils inattendu ne semble pas pacifique. Il apporte et promet la colère, et il se mêle à d’autres grandes figures prophétisées. Capra affirme que « nous sommes inondés de cauchemars qui évoquent la colère du Fils inattendu. Des visions terrifiantes de la vengeance du Prophète qui vécut deux fois réveillent les jeunes dans les hurlements de peur ». Ce Prophète est le Fou, mort à Aslevjal, tué par la Femme Pâle, et ressuscité par Fitz et la couronne au coq. Encore une fois, on a un autre témoignage qui montre que le Fils inattendu doit participer à un grand changement de Clerres.


Tous ne croient pas en cette histoire de Fils inattendu. Un soldat qui garde Clerres et assiste au retour de Dwalia réagit en disant que c’est une « vieille légende ». Dwalia, grande partisane de la théorie du fils inattendu, a bien conscience que tout le monde n’y croit pas : « certains affirmaient que le temps de cette prophétie était révolu, que son ingérence dans les flots du temps était derrière nous ».


Dwalia ramène donc Abeille à Clerres. Elle est convaincue que c’est le Fils inattendu. C’est pour elle qu’elle a entrepris cette quête et traversé le monde. C’est pour capturer le Fils inattendu, donc Abeille, qu’elle a sacrifié quelques uns des gens de Clerres. Dwalia parade même devant les Quatre : « nous rapportons le trophée que j’avais annoncé : le Fils Inattendu ». Cette déclaration ne récolte que mépris. Les Quatre, en particulier Capra, se moquent de son aplomb. Comment est-ce que ce Fils inattendu, donc un garçon, pourrait être Abeille, une fille ? La réponse de Capra transpire le mépris (« ce n’est pas le Fils inattendu. Le moins que ce puisse être, c’est la bâtarde d’un misérable traître »).

Vindeliar a passé de longs moments avec Abeille. Il a appris à la connaître, il pense avoir un lien spécial avec elle et la magie influe grandement sa perception des choses. Surtout, Vindeliar admire Dwalia et il partage son avis. Capra dit à Abeille que Vindeliar « croit toujours que tu es le Fils inattendu et il affirme que tu es capable de magie et pleine de ruse et de fourberie ». Ici, peu importe qu’Abeille soit le Fils inattendu ; la deuxième partie de la description illustre bien la nature du Fils inattendu : c’est un individu qui a tous les atouts pour changer les choses.


D’autres pensent que le Fils inattendu est Fitz. C’est le cas de Capra (Abeille : « Capra savait que mon père était le Fils inattendu. »). Un autre partage cet avis : Prilkop. Lui aussi a un titre particulier : l’Homme noir, une figure mythique à Aslevjal et pour le peuple des îles d’Outre-Mer. C’est surtout un Prophète Blanc, un homme qui a accompli ce qu’il devait accomplir et qui depuis transcende son temps. Prilkop est prisonnier à Clerres. Il rencontre Abeille et sa position est claire : « pauvre petite ! Non, tu n’es pas le Fils inattendu. Je le sais, car je l’ai rencontré ». Autrement dit, selon Prilkop, le Fils inattendu est Fitz. Finalement, on ne peut pas mettre de côté l’avis du Fou. Après tout, il est le Prophète de son époque, il a étudié bon nombre de textes et il s’est rarement trompé sur les gens. C’est lui qui dit à Abeille que « ton père était le Fils inattendu. Quand tout jeune, je rêvais de lui, je voyais toujours qu’il avait peu de chances de survivre ». Le Fils inattendu n’apporte pas seulement la mort, il doit y résister. Et c’est bien le cas de Fitz qui a à de nombreuses reprises défié la mort et les probabilités de survie.

mardi 29 mars 2022

L'histoire de Dwalia

Les romans du Fou et de l’Assassin concluent les aventures des personnages que nous avons suivi dans l’Assassin royal, les Aventuriers de la mer ou les Cités des Anciens. S’ils font apparaître des personnages déjà connus, ce n’est pas le cas de tous. Ainsi, Fitz et Molly ont un nouvel enfant, Abeille. Celle-ci sera au centre des événements lorsqu’elle se fera capturer par un groupe de mercenaires de Chalcède, mené par Dwalia. Dwalia, qui a connu le Fou à Clerres, obéit aux Quatre et a pour mission de remettre l’histoire dans le bon chemin. Pour cela, elle cherche le fils inattendu, traque le Fou. Avec Dwalia, nous découvrons une nouvelle culture basée sur l’obéissance, la torture et l’exploitation des renseignements et des rêves ; c’est un monde où tout doit favoriser l’opulence et le pouvoir des Quatre. Nous comprenons également que ces individus ont tout fait pour chasser les Anciens et les Dragons, et que leur retour ne les ravit pas.

Dwalia terrorise Abeille après l’avoir enlevée, elle lui fait peur, Abeille la craint. Pour comprendre Dwalia, il faut savoir qui elle est et ce qui la motive. Pour cela, on peut s’appuyer sur les dires du Fou qui connaît bien Clerres et son mode de fonctionnement. Il nous apprend que « c’est une Lingstra, c’est-à-dire une sorte d’émissaire, on la dépêche ici ou là pour chercher des renseignements, ou donner un coup de pouce aux événements pour leur faire suivre la direction décidée par les Serviteurs ». On retrouve bien là le côté manipulation. Le Fou prévient Fitz, il ne faut avoir aucune pitié pour Dwalia, elle n’est pas qu’un outil, elle a conscience de ce qu’elle fait et elle y prend grand plaisir. Les gens de Clerres savent qu’ils sont égoïstes, que toutes leurs actions ont pour but de satisfaire leurs intérêts et tant pis si d’autres doivent grandement en souffrir : « si tu tombes sur ceux qui ont enlevé Abeille (…) ceux qui ont conçu ce plan, les luriks et Dwalia, ils te paraîtront peut-être bienveillants, jeunes, mal conseillés (…) Ne t’y fie pas, ne les écoute pas ; n’aie aucune compassion, aucune pitié (…) chacun d’eux a été témoin de ce que les Serviteurs font à leurs semblables ; et chacun d’eux a choisi de servir plutôt que de les défier ». Il n’y a pas d’innocents à Clerres, ce ne sont pas des gens forgisés. C’est Abeille qui nous fournit quelques renseignements supplémentaires en pénétrant l’esprit d’un de ses gardes. Elle y lit que Dwalia « était jadis respectée en tant que servante à la disposition d’une Blanche hautement considérée ; elle avait vu sa maîtresse envoyée accomplir de grandes choses dans le monde. Mais lorsque la femme avait échoué et chu, la fortune de Dwalia avait péri avec elle ». Cette Blanche est la Femme Pâle (ou Ilistore) et c’est bien entendu les actions du Fou et du Fitz qui ont contrarié ses plans. Il y a donc un aspect personnel aux actions de Dwalia, elle veut se venger du tort causé par le faux Prophète Blanc et son catalyseur.

Dwalia aimait sans aucun doute Ilistore, elle avait lié son destin à elle. Reppin, un garde de Clerres, dit de ne pas oublier que « Dwalia a servi Ilistore pendant des années et qu’elle le vénérait ; elle affirmait toujours qu’à son retour Ilistore la porterait au pinacle ». Il y a donc à la fois un sentiment affectif et la promesse d’une ascension dans la hiérarchie. Dwalia n’a absolument pas digéré la mort de la Femme Pâle à Aslevjal et cela lui fait parler sans discernement aux Quatre (« Disparus notre Femme Pâle, notre belle Ilistore et Kebal Paincru ») ; cela lui causera d’ailleurs des soucis. Elle s’en veut de ne pas l’avoir accompagnée mais elle devait obéir aux ordres. On le lui a interdit et depuis elle n’a que des regrets (« je t’ai suppliée de me laisser partir avec Ilistore pour la protéger (…) elle est morte de façon horrible, seule, brisée, glacée »).

Dwalia accuse donc le Fou de la mort de sa chère Ilistore. Le contentieux remonte à bien avant. Elle reproche au Fou (Bien-Aimé) de ne pas savoir rester à sa place, d’être parti dans les Six-Duchés, loin au nord, pour modifier l’histoire. Elle rumine : « tout est sa faute. C’est à cause de lui que nous en sommes là. Il ne se satisfait pas du rôle qu’on lui avait donné ». Heureusement pour elle, après avoir permis de sauver Glasfeu, le Fou décide de retourner à Clerres avec l’espoir fou de changer les choses là-bas. C’est une mauvaise décision car il tombe sur Dwalia qui le torture, le frappe, l’insulte, le rabaisse («  ça m’était égal qu’il réponde ou non ! Je l’interrogeais, et il hurlait ; alors je serrais de nouveau »). Cela a été efficace car même Fitz, son plus proche ami, n’a pu le reconnaître tant il était changé.

Lorsque Dwalia décide d’enlever le fils inattendu (Abeille selon elle), elle embauche des mercenaires de Chalcède. Mais, la cohabitation n’est pas facile avec ces gens qui n’ont aucun respect pour les femmes. Ellik, le chef du groupe de mercenaires, est rapidement menaçant (« tes jolis cheveux blancs pourrait bien me rapporter plus que tes servantes exsangues et tes hommes débiles »). Ellik et ses hommes ont violé des femmes à Flétribois. Ce sont aussi des hommes capables de chasser et se procurer de la viande : la bonne odeur donne de la viande qui cuit donne envie à Abeille et à d’autres de leur demander de quoi se nourrir. Dwalia les met en garde : « une part de cette viande nous reviendrait à un prix qu’aucun d’entre nous n’est prêt à payer ».

Ellik et Dwalia se disputent le leadership au sein du groupe. La femme de Clerres a un avantage grâce à la magie de Vindeliar qui leur permet de se déplacer librement et secrètement dans les Six-Duchés. Mais, Ellik montre les dents : « il est encore plus utile qu’une femme prête à se faire violer ».

Plus tard, Fitz parvient à capturer un chalcédien et l’interroge. Cela nous apprend que Dwalia a été la source de bien des fantasmes et été proche d’être violée : «  je n’ai pas pu m’empêcher de rire en la voyant se débattre entre eux, avec ses gros seins et son ventre rond qui dansaient comme de la gelée. Je lui dis que je pensais pouvoir lui prouver que nous étions bien des hommes. Nous avons commencé à la déshabiller et alors... » Ce qui sauve Dwalia (et pas la pauvre Odessa, déjà violée) est la peur de Vindeliar qui irradie sur tous. Eux voyaient Vindeliar comme un jeune homme puceau, ils ne se rendent pas compte qu’à ce stade du récit, il n’est qu’une créature exploitée par Dwalia. Ils ne peuvent pas non plus savoir qu’Odessa est la sœur de Vindeliar…

Malgré tout, Dwalia devra quand même donner son corps pour arriver à Clerres. Quand il faut franchir la mer, le petit groupe embarque à bord d’un bateau et Vindeliar implante dans l’esprit du capitaine que Dwalia est la plus belle femme au monde. Il la met donc dans son lit et lui fait l’amour à tout instant (« les moments où le capitaine Dorfel s’occupait de Dwalia étaient les plus tranquilles de mon existence limitée. Elle poussait à présent de petits cris aigus, à peine audibles à travers le solide panneau de bois »).

De retour à Clerres, convaincue d’avoir ramené le fils inattendu, tout ne se passe pas comme prévu pour Dwalia. On peut déjà douter du fait qu’Abeille soit bien le fils inattendu : ne serait-ce pas plutôt Fitz ? Surtout, elle prend une volée de reproches de la part des Quatre (Capra, Coultrie, Symphe et Fellodi). Capra est claire en pointant du doigt que la mission de Dwalia était avant tout personnelle et intéressée (« oh, certes, tu as manipulé les événements, mais ta petite vengeance nous a projetés dans une situation très dangereuse »). On ne peut être que d’accord avec ce que dit Capra car l’enlèvement de la fille de Fitz a créé une alliance à l’autre bout du monde : des forces des Six-Duchés (Fitz, Lant par exemple) se sont alliés à des Dragons, des vivenefs, des Marchands (Brashen, Althéa), des Anciens (Kanaï) pour détruire Clerres et récupérer Abeille si possible. Et les Quatre comme Dwalia sous-estiment Abeille et sa capacité de nuisance et de dégâts : ils le paieront chèrement.

Dwalia fait donc son rapport et elle emploie un ton colérique et hautain. Cela déplaît aux Quatre qui décident de la punir : « ce ne furent pas dix coups de fouet, mais quarante, dix décrétés par chacun des Quatre (…) Avant qu’ils eussent fini, les lanières frappaient sa chair à vif et faisaient jaillir des gouttes de sang ». Dwalia sera tuée par Abeille grâce à l’Art. Même morte, son cadavre et son corps ne connaîtront pas la paix (« Ferb et moi, on a eu l’honneur de balancer Dwalia dans la fosse, et Ferb lui a pissé dessus. Cette vieille garce était plus jolie morte »). Cela montre bien que Dwalia était très peu respectée à Clerres : on ne note aucun enthousiasme à son retour de mission de longs mois après son départ, on ne cesse de lui répéter toutes les pertes.

Car Dwalia est antipathique. Elle a livré à la mort et au viol des dizaines de gens simplement pour enlever Abeille. Elle a souvent battu sa captive (« Dwalia avait laissé sa marque sur moi : par temps froid et humide, ma pommette gauche me faisait souffrir »). Elle n’a montré aucune solidarité envers ses propres compagnons de voyage, laissant par exemple Alaria se faire abuser quand ils sont coincés dans un poteau d’Art à Chalcède : « il n’en a place, alors ne fais pas attention à lui. Il ne peut pas baisser son pantalon, et le tien non plus » ; ce qui n’empêchera pas l’homme de se frotter à Alaria. Notons qu’elle vendra plus tard Alaria contre des places sur un bateau.