Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

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jeudi 26 février 2026

Fitz désire-t-il le Fou ?

Fitz est clair. Il ne ressent aucun désir physique pour le Fou, il n’a pas envie de coucher avec lui. La simple idée le dégoûte et lui fait perdre tous ses moyens. Quand quelqu’un ose suggérer que les deux amis sont amants, il perd tous ses moyens toute logique.


Il prend bien soin de dire à tous que le Fou est un ami, simplement un ami. Et qu’il n’y a rien de plus entre eux. Le Fou est un homme et Fitz aime les femmes. Mais, Fitz ne peut pas contrôler ce que le Fou dit ou laisse entendre. D’autant plus que le Fou a l’habitude de parler de façon détournée, parfois peu claire. Il manie si bien les mots qu’on peut y trouver le sens qu’on veut. Ainsi, le Fou, sans doute avec un peu de méchanceté, taquine Astérie en disant que Fitz et lui ont une relation qui va au-delà de l’amitié. Jalouse, Astérie confronte Fitz : elle veut savoir ce qui se passe réellement entre les deux. 

La même chose se passe des années plus tard quand Jek, une amie du temps où le Fou était Ambre, se rend à Castelcerf. Jek se rend compte à quel point la vie d’ Ambre (ou Sire Doré ou le Fou) est un gâchis. La jeune femme n’ayant pas sa langue dans sa poche, elle s’en va trouver Fitz pour le mettre au pied du mur.

Et, bien entendu, le bâtard est offusqué. Il nie toute aventure avec le Fou et le confronte même : « tu as laissé Astérie et Jek imaginer que nous pouvions être amants (…) De ton point de vue, il n’est peut-être pas grave que Jek te prenne pour une femme amoureuse de moi, mais je suis incapable de traiter ce genre de suppositions pardessus la jambe ».

Fitz se sent presque insulté. Il a l’impression d’être trahi, d’être victime d’une bien mauvaise plaisanterie.


Ce qui est surprenant avec Fitz est son immense maladresse. L’Art ou le Vif ne lui ont pas permis d’acquérir du tact. Il lui arrive de dire des choses qui blessent, qui font réellement mal. On en avait vu un exemple quand il avait dit ses vérités à Burrich : il reprochait à son ancien mentor de vouloir diriger sa vie. Il fait la même chose avec le Fou (« Jamais je ne pourrais te désirer comme compagnon de lit. Jamais ! ») Fitz n’avait aucun besoin de prononcer ces mots-là puisque le Fou ne lui a jamais rien demandé. Mais, se sentant tellement menacé, il a voulu régler la question une fois pour toute.

Le Fou tente de le raisonner. Il lui dit que « je n’imposais aucune limite à mon amour pour toi, et c’est vrai, toutefois jamais je n’ai espéré que tu t’offres physiquement à moi ». Cette phrase mesurée et pesée n’a aucun impact sur Fitz tant il est pris par sa colère et sa rage.


Si Fitz est catégorique, d’autres doutent et pensent même que Fitz couche avec le Fou. L’enragée et passionnante Astérie crache son venin quand Fitz la rejette. Ses mots sont clairs : «  ton nouveau maître t’a-t-il inculqué ses moeurs jamailliennes ou bien avais-je tort, il y a tant d’années ? Peut-être que le fou était bel et bien un homme, finalement, et que tu es simplement revenu à tes penchants véritables ». Astérie est vindicative. Si elle est l’autant, c’est parce qu’elle est vexée que Fitz refuse de coucher avec elle. C’est d’autant plus incompréhensible qu’elle était la seule personne à avoir des relations sexuelles avec lui depuis le départ de Molly. Astérie pense donc avoir été remplacée par le Fou.


Devoir et Civil, eux, pensent que les deux ont des relations sexuelles. C’est surtout Civil qui a influencé l’avis de Devoir. En effet, Civil n’a jamais pardonné au Fou de l’avoir embrassé. Fitz doit donc préciser que « sire Doré et moi ne couchons pas ensemble, à dire vrai, je ne l’ai jamais vu coucher avec personne ». Cela laisse entendre que Fitz n’a jamais envisagé le Fou comme un partenaire potentiel.


Mais, à Aslevjal, la Femme Pâle apparait. Elle est le Fou au féminin. Tout dans son attitude, son comportement et sa façon d’être rappellent le Fou à Fitz. Et, Fitz ressent un fort désir pour la Femme Pâle. Quand celle-ci dit que « je vous charmerai mille fois plus que votre fou pitoyable, car nous représentons enfin le couple parfaitement complémentaire, non seulement Prophète et Catalyseur, mais aussi mâle et femelle (…) Je serai tout ce que secrètement il rêvait en vain d’être pour vous », Fitz est à deux doigts de succomber. La Femme Pâle offre à Fitz tout ce qu’il a toujours désiré : une relation totale et complète avec le Fou, un Fou femme. 

mercredi 19 novembre 2025

La relation entre Sydel et Sire Doré

Adieu le Fou, bonjour Sire Doré ! Le bouffon du roi Subtil a été remplacé par un excentrique noble, prétendument venu du Sud. Ce n’est pas un simple changement d’apparence physique, c’est aussi une transformation dans le comportement. Sire Doré est un noble riche qui aime le montrer, qui aime être remarqué, et qui séduit. La pauvre Sydel en fera les frais. Mais, il faut dire que la jeune femme avait peu de chances de lui résister, elle qui n’avait connu que les frustres réjouissances de sa maisonnée.


Pour tous les observateurs, Sydel est promise à Civil. Tout laisse croire que les deux vont se marier. Sydel n’est pas de cet avis. Elle montre sa disponibilité à Sire Doré en répondant à ses avances. Et, pour montrer clairement la chose, elle lui a dit qu’ils « étaient amis d’enfance et qu’il n’y avait absolument rien entre eux ». Les deux familles des jeunes gens ont beau s’être mis d’accord, cela ne pèse rien quand Sire Doré fait son entrée en jeu.

Il est incontestable que Sydel est charmée par Sire Doré. Elle est attirée physiquement par lui. Si elle est terne et effacée quand il n’est pas présent, elle change d’attitude dès qu’il apparait (« elle fut comme transfigurée ; son visage se mit à rayonner comme une lanterne dans l’obscurité »). 


Et, Sire Doré en profite. Bien entendu, il ne fait pas ça pour réellement charmer la jeune femme mais parce que cela doit permettre à Fitz et lui de progresser sur l’enquête de la disparition de Devoir. Sydel n’en a pas conscience tant elle est impressionnée. Sire Doré la mène par le bout des doigts : « il n’accorda pratiquement plus aucun intérêt à quiconque, sauf à Sydel sur laquelle il concentra tout son charme ». Sire Doré (Le Fou) sait être charmant quand il le faut, il a envoûté tant de gens par ses paroles, il sait aussi le faire avec son corps (« il sourit, elle rougit »).

Tom Blaireau (Fitz) assiste à tout cela en étant à la fois effrayé et fasciné. Il a peur pour la sécurité physique de son ami, peur qu’un Civil frustré lui saute dessus mais il est également impressionné par les techniques de séduction. Il voit la façon dont Sydel bénéficie de la grâce de Sire Doré. C’est presque comme si elle connaissait ses premiers émois amoureux. La pensée de Fitz ne laisse pas de place au doute : « Sydel se nourrissait de l’attention de Sire Doré et s’épanouissait à sa chaleur ; et, en l’espace de quelques instants son admiration d’adolescente (…) avait laissé la place à l’intérêt et à l’attirance d’une femme pour un homme ».


Fitz et les autres s’interrogent. Ils savent que Sire Doré pourrait prendre la virginité de la jeune femme s’il le désire (« s’il frappait à sa porte cette nuit, elle le laisserait entrer sans hésitation »). Cela créerait bien entendu un scandale, même si Sire Doré est un noble. Car, il reste un étranger et rien ne laisse supposer de ses bonnes intentions ou de sa compréhension des moeurs locales. Laurier, une femme qui accompagne Fitz et Sire Doré, a la même réflexion (« il va trop loin »). 


D’autres sont encore plus en colère comme Lebven, un domestique du domaine de Myrteville. Proche de Civil et Sydel, il est scandalisé par le spectacle qui se joue ses yeux. Il voit bien que Sydel ne peut rien faire pour sortir de l’emprise du noble et que c’est ce dernier qui a toutes les cartes en main. Il s’interroge alors sur la sincérité et la pureté des intentions de Sire Doré : « comptait-il voler la promise de Civil et lui faire mener grand train à la cour, dans une aisance bien au-delà de son rang ? Etait-ce un coureur de jupons, et ne faisait-il que s’amuser avec les sentiments de Sydel ? »


Qu’en pense Sire Doré ? Il n’a aucune intention de mettre Sydel dans son lit ou l’épouser. Il ne cherche pas à rompre l’engagement entre Sydel et Civil. C’est simplement un dégât collatéral. L’excuse est un peu facile et hypocrite. Car, après tout, il a montré à Sydel la possible existence d’une autre vie et rien ne laisse croire qu’elle voudra revenir à son ancienne. Quand il dit que « les gamines de âge sont pareilles à des chatons qui bondissent sur des brindilles pour s’exercer à la chasse ; les uns comme les autres ignorent encore le sens de leurs actes », c’est un peu comme s’il fuyait ses responsabilités. 


En tout cas, Civil n’a pas digéré ce qui s’est passé. Bien plus tard, sa situation a changé : Civil est devenu un proche du prince Devoir et fait partie de ceux qui l’accompagnent alors qu’Elliania a défié le prince de tuer le dragon enfoui dans les glaces d’Aslevjal. Civil observe Sire Doré avec méfiance. Très vite, cela laisse place à de colère et à de l’agressivité physique. On voit que Civil n’a pas oublié tout le mal causé par Sire Doré : « prétendriez-vous que n’éprouviez aucune attirance physique pour elle et n’aviez pas de visées sur sa chair quand vous avez anéanti la confiance qui nous unissait, elle et moi ? » Là encore, Sire Doré semble se défiler. Il lui répond qu’ « elle ne vous pas avait pas vraiment choisi ». Il insiste en disant que « vous vous trouviez là, et ses parents approuvaient votre relation, rien de plus ». Il ose même dire qu’il a presque libéré Sydel d’une possible prison (« quand je suis intervenu, qu’elle a senti la possibilité d’un choix… »). Sire Doré ne ressent donc aucune réelle culpabilité d’avoir charmé Sydel ou même d’avoir brisé ce qu’il y avait entre Sydel et Civil. Selon lui, cela n’a fait que montrer que leur lien n’était pas très solide ou sincère.

dimanche 20 mars 2022

Ils ont douté de la sexualité de Fitz

Fitz aime les femmes. Il a été amoureux de Molly, a vécu avec elle. Il a également eu des relations sexuelles avec Astérie, Jinna. Il a été attiré par des femmes comme Tassin, Célérité ou Virilia : il n’avait pas nécessairement envie de se mettre en couple ou de coucher avec elles, mais il a ressenti de temps en temps une pointe de désir pour elles. Fitz lui-même a clairement dit qu’il ne pourrait aimer un homme comme il aime une femme (c’est d’ailleurs un point blessant pour le Fou). Mais, Fitz est un personnage public, un homme important que beaucoup de gens observent. Il ne peut pas empêcher que des rumeurs circulent sur son compte. Quand il repousse une femme, cela fait parler. Lorsqu’il est trop proche du Fou, cela fait parler. C’est le sens de l’intervention d’Umbre dans le tome L’homme noir : Fitz vient de passer la nuit avec son ami bien affaibli. Cela ne peut que soulever des questions dans le groupe (à ce moment du récit, Devoir est à la recherche de Glasfeu, le dragon enfoui dans la glace). Umbre en fait à la remarque à Fitz (« Cela paraît curieux au reste du camp. Non, ne me fais pas les gros yeux ; cela ne me regarde pas et je te connais depuis trop longtemps pour me méprendre sur tes préférences en matière de partenaires amoureux »). La remarque a son importance puisque elle montre bien que la sexualité de Fitz interroge.

Dès ses jeunes années, Fitz doit faire face à l’hostilité. Son comportement est interrogé. Lorsqu’il est formé à l’Art, Fitz se fait un ennemi mortel : Galen. Ce dernier cherche à tout prix à rabaisser Fitz. Galen est dur avec Fitz, il le frappe, il l’insulte, il le menace. Et comme il ne comprend pas la puissance de Fitz, il échafaude des hypothèses : « je dois te demander (et dans son ton perçait une haine fielleuse) : es-tu son giton pour qu’il te laisse ainsi puiser dans ton énergie ? » Un giton est un jeune homme entretenu par un autre homme : du point de vue de Galen, la situation entre Fitz et Burrich est suspecte ; Burrich ne se montre pas avec des femmes et il s’occupe énormément de Fitz.

Si Galen n’a que de la haine envers Fitz, c’est la jalousie qui habite Astérie. Elle ne comprend pas pourquoi Fitz refuse de coucher avec elle. Elle cherche à le séduire avec des mots et son physique, elle cherche à faire jouer sa pitié mais rien n’y fait. Fitz ne veut pas avoir de rapport intime. Elle finira par parvenir à ses fins et entretiendra durant de longues années une aventure. Mais, Fitz finira par rompre. Or, dans le même temps, le Fou revient dans la vie de Fitz et Astérie s’en rend compte. Remontent alors des années de jalousie : Astérie n’a jamais compris l’amitié entre le Fou et Astérie, elle n’a jamais compris le Fou d’ailleurs. Quand Fitz se refuse de nouveau à elle, elle se moque de lui, de son comportement. Elle le trouve pathétique et elle insulte sa façon de vivre : « peut-être que le fou était bel et bien un homme, finalement, et que tu es simplement revenu à tes penchants véritables ! Tu me dégoûtes, Fitz. »

D’ailleurs, à cette époque, Fitz est Tom Blaireau et il est le garde de Sire Doré (une incarnation du Fou) : cela rend perplexe les gens. Pourquoi prendre un garde dans les murs du château ? Est-ce réellement pour la sécurité ou pour autre chose ? Cela ne peut que créer des supputations. Rastaud, un soldat arrogant, s’en fait le porte-parole : « vous n’avez rien à faire ici. C’est réservé aux gardes, on n’accepte ni les pages, ni les laquais, ni les serviteurs spéciaux ».

Le duo Sire Doré / Tom Blaireau soulève des questions. Ceux qui les côtoient de près sont étonnés de leur complicité. C’est par exemple le cas de Devoir et surtout Civil (un jeune noble en plus frustré que Sire Doré ait séduit sa fiancée Sydel puis embrassé Civil). Ce dernier a une grande influence sur le prince Loinvoyant. Devoir a enfin un ami à la cour, quelqu’un qui visiblement ne cherche pas à profiter de lui et qui en plus a le Vif. Il est donc perméable aux théories de Civil et dans ce cas-là à sa rancœur : « Civil dit que Sire Doré aime les garçons. Comme je me taisais, il ajouta péniblement « Pour coucher avec. » Il était resté dos à moi et sa nuque était devenue écarlate ». Devoir est un jeune homme à la recherche d’un modèle, il est dans les années où il se construit. Sans doute a-t-il du mal à accepter qu’un homme qu’il admire puisse aimer les hommes, c’est sans doute contraire à ce qu’on lui a enseigné (et contraire à ses devoirs en tant que futur roi, qui doit épouser une femme et lui faire des enfants).

Les sentiments négatifs de Civil ne font que grandir au fil des mois, il n’a jamais accepté Sire Doré. On en a la preuve lors d’un affrontement entre Civil et Sire Doré lorsqu’ils sont à la recherche de Glasfeu. Civil surprend une conversation entre Sire Doré, Tom Blaireau et Leste (le fils de Burrich). Ce qu’il entend le terrifie, il a peur que Sire Doré fasse glisser Leste vers une pente dangereuse. Ses propos sont clairs quand on lit « si on le laisse évoluer naturellement, sans lui installer d’appétits dévoyés » et « vous prétendez qu’il n’est pas votre amant, mais il est prêt à sa battre à votre place ».

Enfin, dans la dernière trilogie, Fitz fait la rencontre de Lant. Ce dernier est le fils bâtard d’Umbre qui le forme à devenir un espion et un assassin. A la naissance d’Abeille, Lant est chargé de mettre un couteau dans le berceau du bébé. Il échoue et est pris sur le fait par Fitz. Énervé, Fitz le pousse à se déshabiller pour voir si il a des armes, des poisons sur lui. Bien des années plus tard, Lant confie à Persévérance qu’il était terrifié en voyant Fitz, terrifié qu’il abuse de lui (« Romarin (…) avait ajouté qu’il était beaucoup plus dangereux que je ne pouvais l’imaginer, qu’il avait le Vif et que des rumeurs couraient depuis toujours qu’il avait certains appétits (…) qu’il désirait peut-être autant les jeunes garçons que les femmes »). Cela fait rire Persévérance qui lui répond que Fitz n’a aimé que Molly, qu’il faisait même régulièrement l’amour avec dans des lieux plus variés les uns que les autres.