Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

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samedi 30 avril 2022

Les Pie contre les Loinvoyant

Contrairement à l’Art, la maie du Vif (péjorativement appelée magie des Bêtes) est mal vue. Elle est considérée comme une abomination par les gens des Six-Duchés. Les Loinvoyant, jusqu’au règne de Kettricken, ne font rien pour arranger ça. Alimenté par sa haine de Fitz, Royal traque les gens qui ont le Vif et les jette dans son Cirque où ils s’entre-tuent pour son amusement. Umbre dit même à Fitz que c’est dans la tradition des Six-Duchés de traquer les pratiquants du Vif. Mais, un jour ou un autre, les opprimés se soulèvent et c’est ce qui se passe dans le second cycle de l’Assassin royal. Un groupe se forme, prend le nom de Pie et mène des actions radicales, violentes. Ils ne veulent pas seulement la reconnaissance de leur magie, ils veulent porter un dur coup au trône et à la couronne des Loinvoyant.

Si les Pie sont aussi vindicatifs et énervés, c’est que bon nombre de gens doués du Vif sont massacrés, tués dans des conditions ignobles. La tradition permet de les tuer, de les battre, de les faire souffrir. Cela ne remonte pas à Royal, c’est quelque chose qui est bien ancré dans la société, à un point que l’horreur ne choque pas les gens. Heur, au début du tome le Prophète blanc, n’a vécu qu’à la ferme avec Fitz, il est tenu loin de la cruauté qui peut régner dans les Six-Duchés. Il n’est donc pas étonnant de le voir révolté et choqué lorsqu’une femme est punie pour avoir le Vif (« on y a traîné une femme couverte de bleus et de sang. On l’a attachée à un poteau, et j’ai cru qu’on allait lui donner le fouet (…) Un homme s’est avancé et a lu un document à voix haute, puis il s’est écarté et la foule a lapidé la femme »).

Si Fitz n’était pas de sang royal, il aurait fini découpé en morceaux du temps où Royal l’a torturé (la nef du crépuscule). Tous n’ont pas la chance d’être protégée par une belle lignée : Laudevin, un de leaders des Pie, a de la rancœur depuis ce que sa mère et son père ont vécu. Il explique qu’ « elle était encore vivante lorsque la hache l’a découpée en morceaux qu’on a jetés au feu. Quand à mon père, ma foi, je suis convaincu que le temps que les soldats de Royal Loinvoyant ont mis à exécuter ma mère sous ses yeux a dû lui sembler durer des années ».

Lorsque Devoir est enlevé par des Pie, Umbre et Kettricken demandent à Fitz de retrouver le Prince. Accompagné du Fou et de Laurier (une proche de Kettricken), ils partent à la recherche du jeune homme et finissent par capturer un jeune individu vifier. Le captif se rend compte que Fitz a le Vif et ne comprend pas pourquoi il agit ainsi. Certes, par le passé, des Vifiers se sont laissé acheter… Il insiste, questionne Fitz, tente de faire vibrer sa corde sensible (« quelle récompense vous a-t-on promise, à votre loup et à vous, si vous rameniez le prince ? (…) Ceux qui vous ont payé ont-ils juré de vous laisser la vie sauve, à vous et à votre famille, si vous meniez votre mission à bien ? Ils ont menti, croyez-moi. Ils mentent toujours »). Cette déclaration suffit à elle seule à montrer que les deux camps ont des positions irréconciliables. Il y a eu trop de sang versé, trop de morts pour se rapprocher. Laudevin fait preuve de la même perplexité lorsqu’il rencontre Fitz. Il ne comprend pas que l’homme en face de lui ne prenne pas position, traque les gens ayant le Vif (« vous réjouissez vous de ce que nous subissons, des flagellations, des pendaisons, des démembrements et des incinérations ? Pourquoi soutenir cet état de fait ? »)

Fitz n’est pas le seul menacé ; il n’est pas le seul à subir des intimidations, à être la victime de la façon binaire dont les Pie voient le monde. Laurier n’a pas le Vif mais vient d’une famille de Vifiers. Elle explique à Fitz que les Pie sont les plus extrêmes, qu’ils rejettent même ceux qui se disent du Lignage (des cerviens ayant le Vif et qui vivent tranquillement, sans vouloir imposer leur magie à d’autres) : « selon eux, les gens du Lignage doivent choisir : ou bien faire cause commune avec eux, ou bien être éliminés de la communauté ». La situation de Laurier est d’autant plus compromise du fait de sa situation et de sa proximité avec la Reine Kettricken. Elle est une cible facile et évidente (« les Pie savent qui je suis et où je vis, et je les ai doublement trahis à leurs yeux. Par la famille dont je suis issue, ils me considèrent comme du Lignage, or je sers le régime Loinvoyant qu’ils haïssent. Ils me tueraient s’ils en ont l'occasion »).

Fitz est également menacé. Le fait que Fitz Loinvoyant ait le Vif est une information bien répandue dans les Six-Duchés. Pour certains, il est une fierté, pour d’autres une abomination. Beaucoup de gens, quasiment la totalité de la population le croit mort. Mais, les Pie ont découvert qu’il est vivant et s’en servent pour faire pression sur les Loinvoyant (« le Bâtard-au-Vif est vivant (…) Vous l’abritez tandis que vous laissez d’honnêtes gens mourir parce qu’ils sont du Lignage (…) Peut-être mettre vous un terme à ce massacre lorsque nous vous aurons infligé la douleur de perdre un être cher »). La menace est claire et prend forme lorsqu’ils enlèvent Devoir. Fradecerf, une membre des Pie, justifie cet enlèvement : « ceux qui cherchent notre perte inventent de toutes pièces des torts et des préjudices que nous leur aurions causés (…) Si la Reine voit peser sur son fils la même menace que ma mère sur le sien, peut-être prendra-telle des mesures plus énergiques en notre faveur ». Car Kettricken a beau prendre des mesures pour améliorer le sort des vifiers, les choses changent très peu.

L’enlèvement de Devoir se solde sur un échec pour les Pie. Devoir retourne à Castelcerf et son secret (il a le Vif) est éventé. Malgré tout, les Pie continuent d’observer le prince, de l’espionner. Ils ont des gens sur qui ils font pression pour espionner : Lourd le serviteur d’Umbre est un espion involontaire du fait de sa candeur, Civil n’a pas d’autre choix que d’espionner Devoir s’il ne veut pas que trop de mal soit fait à sa mère. Laudevin est sans pitié avec Civil, il se moque de sa naïveté, de sa tendance à croire les mensonges du trône (« tu crois aux fausses promesses de la reine montagnarde ? Tu la crois vraiment prête à nous écouter, à prendre les mesures nécessaires pour améliorer notre ? Peuh ! » on sent bien là tout son dédain, tout son mépris.

Kettricken prend les choses en main. Elle organise des négociations entre le Lignage et la Couronne. Elle envoie Devoir pour parlementer alors que des vifiers sont accueillis à Castelcerf. Par mi eux se trouve des Pie qui sont nécessairement plein d’émotions et de ressentis mais aussi des gens plus mesurés et raisonnables comme Trame. Ils répètent leurs histoires, montrent bien que tout cela est du vécu et qu’on peut difficilement passer outre les traumatismes qu’ils ont vécu. La responsabilité des Loinvoyant paraît difficilement niable. Le témoignage de Mercuroeil est ainsi saisissant et produit son effet (« elle parla des assassins de sa famille (…) Trame paraissait abattu et attristé, et les traits de ma reine se figèrent peu à peu tandis que ceux d’Umbre semblaient sculptés dans la pierre (…) la femme exigeait une vengeance et un châtiment beaucoup trop extrêmes pour qu’on songeât seulement à les lui accorder »). On voit bien que les positions sont difficilement réconciliables, d’autant plus lorsqu’on entend ce que réclament les Pie (« que les sanctions soient exactement proportionnés au crime ! Pour un père tué, qu’un père meure ; pour une mère, une mère ; pour un enfant, un enfant ! »

Fitz se rend compte que Mercuroeil tente de raviver la colère de ses pairs. Elle est pleine de rage, elle ne peut dépasser ce qu’elle a vu, ce qu’elle a vécu. Le traumatisme perdure : « avez-vous oublié les hurlements de vos cousins, les amis à qui vous rendiez visite et dont vous ne retrouviez comme seule trace qu’un tas de cendres près d’une rivière ? » D’autres sont plus mesurés, c’est le cas de Trame et aussi de Civil. Lui a ouvertement le Vif et pourtant il continue de fréquenter Devoir, les Loinvoyant ne l’ont pas jeté en prison. Il témoigne et s’offusque de la radicalité de certains (« Renverser les Loinvoyant ? Quelle idée de génie ! Éliminez la seule reine qui ait jamais tenté de mettre un terme aux exécutions »).

Kettricken prend les choses en main. Elle met en place des mesures symboliques (un clan du Vif va accompagner Devoir dans sa quête de Glasfeu) et légales (« aucune exécution ne pouvait légalement avoir lieu sans l’aval de la maison régnante de chaque duché (…) les ducs et les duchesses avaient l’obligation d’étudier personnellement chaque cas »). on comprend bien qu’éliminer des siècles de massacres et de persécution ne sera pas facile, mais qu’en obligeant chaque accusation à passer devant un noble, elle espère réduite le nombre de morts, de fausses accusations.

Et à son retour d’Aslevjal, Fitz se rend compte qu’il y a eu des purges dans les rangs du Lignage. Des accusations gratuites ont continué à être proférées et en plus contre des gens influents. Mais cela est allé plus loin : les modérés du Lignage ont décidé de faire ménage et traquer les Pie (« nous avons entrepris de nettoyer notre maison, et la pollution dont nous devons débarrasser notre sang nous fait honte. Détournez les yeux, nous vous en implorons, tandis que nous éliminons de nos lignées ceux qui les déshonorent »). Du sang, des morts et des tueries gratuites. Si la situation des gens du Vif semble s’améliorer à la fin du deuxième cycle de l’assassin royal, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

mardi 18 mai 2021

Héritages et trahisons de Royal

Le coup d’État de royal a réussi. Il est parvenu à prendre le pouvoir à la place de son grand frère, Vérité. Malheureusement pour lui, il n’a pas un soutien franc et massif. Rien ne s’arrange avec les Pirates Rouges qui intensifient leurs attaquent le long des côtes et pénètrent même dans les terres. Des gens meurent, beaucoup souffrent. Dans les Montagnes, Fitz et Kettricken finissent par retrouver Vérité. Mais, l’ancien prince n’est plus que l’ombre de lui-même : sa construction d’un dragon de pierre et d’Art lui prend toute son énergie. 

Le Dragon de Vérité chassera les Pirates Rouges et participera à mettre à bas le régime de Royal. Ce dernier aura été marqué par beaucoup de souffrances, de comportements égoïstes et une très forte ambition du jeune homme. A la lecture de la seconde série de livres de l’assassin royal, on se rend compte que l’héritage et les trahisons de Royal perdurent encore dans les Six-Duchés.

La première moitié de l’histoire tourne autour de la situation interne des Six-Duchés. Le prince Devoir a été enlevé par des Pie (des gens qui ont le Vif) et la Reine Kettricken demande à Fitz de le retrouver. Le chef des Pie, Laudevin, est motivé par la vengeance. Les Six-Duchés ont toujours été particulièrement durs et violents contre ceux qui avaient le Vif. Plus récemment, on a vu ce que ça subit Fitz à la fois de la part de Burrich (qui a tout fait pour détruire sa magie) mais aussi de royal ; il ne faut pas non plus oublier la bastonnade reçue par Rolf le Noir en pleine rue sans que personne ne lui vienne en aide. On gagne encore en cruauté et en perversité avec ce que développe Royal. Laudevin nous apprend que sa mère a été découpée en morceaux et« quant à mon père, ma foi, je suis convaincu que le temps que les soldats de Royal Loinvoyant ont mis à exécuter ma mère ses yeux a dû lui sembler des années ». Il n’est donc pas étonnant de voir l’homme développer de la haine et une forte envie de revanche et de vengeance contre les Loinvoyant. Dans cette logique, la capture de Devoir, faire de lui un Pie serait une grande réussite. Sa haine est d’autant plus exacerbée que la méchanceté de Royal ne le concernait pas. En effet, si Royal a traqué des gens du Vif, c’est uniquement à cause de Fitz. Ce sont des disputes entre Loinvoyant qui ont fait souffrir inutilement des centaines de gens (« pourquoi tant de nos parents, accompagnés de leurs bêtes, ont-ils été massacrés dans ces cirques ? Pour trouver un traître prêt à traquer et éliminer le Bâtard-au-Vif ? Il est temps et plus que temps que les Loinvoyant paient pour leurs atrocités »). Des années après la mort de Royal, ses actes ont donc de fortes répercussions et menacent l’équilibre du Royaume.

Il n’est pas si étonnant de noter que Royal fut un piètre dirigeant. Du temps où il régnait, il a totalement délaissé la défense des côtes pour aller se cacher dans l’Intérieur. C’est quand même un choix surprenant quand l’ennemi vient à partir de bateaux.

Dans le roman L’homme noir, la Femme Pâle dit à Fitz que Royal est allé encore plus loin dans la traîtrise. Il était assez surprenant de voir que les Loinvoyant avaient si peu de choses, si peu de renseignements sur l’Art. Certes, Galen fut un exécrable professeur, certes cela était devenue une magie confidentielle. Mais, ça n’expliquait pas tout. D’après la Femme Pâle, l’explication est simple puisque Royal a collaboré avec ses adversaires (« mes agents ont négocié avec Royal, eh oui, afin de placer hors de votre portée certains instruments qui auraient pu faciliter votre tâche »). La réalité éclate ensuite aux yeux de Fitz à Aslevjal : « j’avais devant moi la bibliothèque d’Art qui avait disparu de Castelcerf, secrètement vendue par Royal, pour financer son train de vie fastueux ». Royal a donc joué avec la survie du Royaume pour continuer à se vautrer dans le luxe et le plaisir, il a joué avec la sécurité de ses sujets pour assouvir ses penchants pour les drogues.  

Notons au passage que sa consommation de drogue (la Fumée), héritée de sa mère, perdure après sa mort. La cour singe ses membres les plus influents (« des brûleurs à Fumée, devenus populaires au temps de Royal, commencèrent à faire leur apparition »).

Ce n’est pas la seule chose dont les Six-Duchés gardent la trace. Dans la Reine solitaire, le Fou faisait déjà allusion à ce qui allait se passer. Son ton était grave et inquiet quand il parlait des changements apportés par Royal : « il fait plaisir à son corps à l’aide de drogues et s’insensibilise l’âme à coups de divertissements brutaux ; oui et il propage la maladie à ceux qui l’entourent ». Astérie abonde dans ce sens. Elle qui va et vient sur les routes du Royaume, va de château en château, est une bonne observatrice de ce qui se passe. Elle a vu des gens du Vif être brutalisé. Son constat est simple, elle pense que « Royal a éveillé dans les Six-Duchés un appétit pour les jeux sanglants avec son Cirque du Roi et son système de jugement par le combat ».

Royal a laissé sa marque sur les héros. On sait qu’il a battu à mort Fitz, on sait qu’il a mis à prix la tête d’Umbre, on sait qu’il a traqué Vérité. Mais, même mort, il continue d’avoir une influence sur eux.

Fitz n’a jamais oublié ce qu’il a vécu dans les cachots et il lui a fallu beaucoup de temps pour arriver à l’appréhender (« à l’époque où je me remettais de mon enfermement dans les cachots de Royal (…) j’avais fini par ne plus dormir que le jour et quand je savais Burrich à côté de moi pour me protéger »).

Royal, grâce à son clan d’Art, a violé l’intimité du Fou. Il a pris une des choses les plus importantes (l’amitié de Fitz) et l’a salie, bafouée, piétinée. Des années plus tard, le Fou se sentira toujours coupable de ça, même si il n’y est pour rien (« il gardait un souvenir honteux et douloureux de cette trahison involontaire et, bien qu’elle remontât à de longues années, il portait toujours le poids de ses remords »).

Enfin, Royal sert de point de comparaison, d’échelle de mesure. Il inspire. C’est en tout cas ce que ressent Fitz en voyant le nouveau personnage du Fou. Le Fou a en effet besoin d’une nouvelle identité pour revenir à Castelcerf. Il emprunte celle d’un noble de Jamaillia. Il intrigue, il joue, il séduit, il dépasse les limites et cela choque Fitz : « comment as tu pu inventer ce personnage de Sire Doré ? Je crois n’avoir jamais connu d’aristocrate plus médisant et dépourvu de moralité ! (…) Tu me faisais penser à Royal. »

C’est de Royal dont se sert Fitz pour mettre en garde Umbre et le prévenir qu’il emprunte une route glissante. Umbre est totalement pris dans ses recherches et expériences sur l’Art. Il redoute de vieillir, de perdre ses moyens physiques et mentaux. L’Art doit l’aider à faire face à ça. Mais, Umbre prend des risques, se sert de la naïveté de Lourd. Fitz n’a pas d’autre choix que le secouer. Il lui rappelle l’un des pires traits de Royal, il lui remet en tête l’obsession malsaine de royal (« un autre Loinvoyant a tenté d’utiliser l’Art pour ses propres desseins. Son talent n’était ni puissant ni très affiné mais il puisait dans l’énergie de son clan pour parvenir à ses fins (…) voulez-vous devenir un nouveau Royal ? »)

lundi 9 novembre 2020

La Reine Désir dans l'Assassin Royal

Fitz a connu trois Reines des Six-Duchés :
  • Elliania qui aura eu Devoir pour époux, une jeune femme d'abord dominée par la Femme Pâle et qui, lors qu'elle parvient à se séparer de son emprise, se révèle pleine de fougue
  • Kettricken avec qui il aura mené la recherche de Vérité disparu, et possiblement l'humaine la plus proche d'Oeil-de-Nuit vivant
  • Désir, l'épouse de Subtil, celle qui est la Reine en titre quand sa famille maternelle décide de le rendre aux Loinvoyant et à Chevalerie

En lisant les différents tomes, ce qu'on retient de Désir est son addiction aux drogues et aux plantes. Si elle n'est pas un personnage principale de l'intrigue, elle est malgré tout celle qui a nourri la haine de Royal et tout fait, en coulisses, pour écarter le bâtard de Chevalerie.
L'abus de substances aura eu un fort impact sur sa vie et celle de ses proches. Royal est le seul fils vivant de Subtil et Désir  et il reprend fidèlement les paroles de sa mère. Il porte sa voix quand celle-ci demande de se débarrasser du bâtard à Oeil-de-Lune. Des années plus tard, pris dans son ivresse de triomphe (Vérité est déclaré mort, il se rapproche du trône), il fait preuve de vulgarité pour tenter d'éloigner Kettricken et la glauque plaisanterie choque Fitz (« … fait la reine Désir dans ses plus mauvais jours, lorsque le vin et les herbes lui enflammaient le caractère »).
Il faut dire que Désir avait une consommation tellement forte des drogues que cela l'a tué, malgré les efforts de Subtil pour l'aider. Royal pense que ce sont Fitz et Umbre qui ont tué sa mère, il s trompe : « la reine Désir s'était empoisonnée toute seule. La mère de Royal souffrait d'un penchant excessif pour la boisson et les plantes qui soulagent momentanément les soucis ».
Et pour ne rien arranger, elle ne parvenait pas à faire la part des choses même quand elle était enceinte, elle continuait de s'enfoncer dans son vice, trouvant même des prétextes dans sa douleur de la grossesse pour justifier ses actes (« les sages-femmes (…) lui donnaient trop d'herbes destinées à atténuer la souffrance »).

Bien qu'elle soit mariée à Subtil et donc Reine du Royaume des Six-Duchés, Désir avait beaucoup d'ambition et des envies presque séditieuses. Comme beaucoup de gens de l'Intérieur, elle a un fort mépris pour les gens des côtés et des mers, à un point où il lui arrive de remettre en cause son mariage et de regretter de ne pas être devenue duchesse : « elle aurait disposé d'un pouvoir suffisant pour persuader Bauge et Labour de s'unir, de la prendre pour reine et de se dégager de leur allégeance aux Six-Duchés ». Elle ne se contentait pas de tenir de tels propos en privé à son mari, non, elle le faisait publiquement et encore pire elle sema en Royal la graine de la discorde. Elle convainquit ce dernier qu'il « avait plus de sang bleu que ses deux frères et, par conséquent, davantage droit au trône ».
Subtil a pleinement conscience que sa femme sape son autorité et crée la discorde parmi les enfants Loinvoyant. Même si il sait que sa femme ne prendra pas le risque de faire sécession, il s'inquiète de l'effet que ses propos peuvent avoir sur le Prince Royal. Il lui en fait la remarque au détour d'une conversation et il lui administre en même temps une leçon politique : « oui, je pensais bien qu'elle avait semé les graines corruptrices de la trahison dans ton esprit (…) ses ambitions ont toujours excédé ses capacités. En matière de royauté, c'est une faiblesse des plus déplorables ».
Plus que tout, ce qui est terrible pour Subtil, est qu'il a réellement et profondément aimé sa femme, il l'a courtisée, il l'a désirée (Umbre nous informe que « Désir, en revanche, il l'a choisie lui-même, dans une crise de passion qui l'a consumé »).

Fitz se révèle un obstacle pour Désir et Royal. Tout le long des livres, on est témoin des manœuvres de Royal pour se débarrasser du bâtard (il tente de le tuer dans les Montagnes, il tente de l'empoisonner, il menace Molly). Et cela a commencé très tôt, en réalité dès que Fitz est apparu dans l'histoire. La ville d'Oeil-de-Lune voit se dérouler un événement en apparence anecdotique : un bâtard est remis à la famille de son père. Comme la Femme Pâle nous le dira lorsqu'elle rencontrera Fitz (« Vous n’aimiez pas Royal, je le sais, et il vous le rendait ; il sentait au fond de lui l’improbabilité de votre existence »), Royal et Désir ont tenté de persuader Subtil de ne pas faire venir Fitz à Castelcerf (« Mère et moi étions d'avis de mettre l'enfant à l'écart »).

Enfin, il faut signaler que Désir a eu un autre fils, Galen, qui a eu un rôle influent. L'existence du bâtard de Désir est un secret (Vérité à Auguste, « peu de gens savaient que Galen était le fils de la reine et le demi-frère de Royal »). Il devient le Maître d'Art du Royaume et est donc chargé de former les artiseurs. Avec son demi-frère, il complote pour discréditer Vérité, il appuie les propos de la Reine en disant que le sang de Royal vaut mieux que celui de Chevalerie et Vérité. Les artiseurs nouvellement formés ne sont pas réellement fidèles au trône. Galen a une haine réelle pour Fitz, sans doute autant qu'il a aimé Chevalerie. Galen jouera son va-tout lorsque Vérité se rendra dans les Montagnes pour épouser Kettricken. Mais, il ne connaîtra qu'échec ; Fitz et Vérité uniront leurs forces pour éradiquer la menace et canaliser (d'après eux) Royal.

samedi 2 septembre 2017

Umbre, leçons de loyauté et de royauté

Frère du roi Subtil, Umbre est un des maîtres de Fitz. Assassin discret, conseiller diplomatique, homme aux multiples identités et curieux, il va dispenser de nombreuses leçons au bâtard royal et devra même les répéter plusieurs fois tant celui-ci est têtu.

Très tôt dans la trilogie, Umbre met en garde Fitz et l'informe de son rôle. Car Fitz a un statut particulier : certes, il est le fils d'un prince mais il n'est pas légitime. D’ailleurs, Fitz devrait en avoir conscience, il a entendu les paroles de Royal lors de sa visite à OeildeLune et les reproches formulés par la reine Désir (Royal devrait être tout en haut dans la ligne de succession). Umbre lui dit donc que « tant que tu ne manifesteras pas d'ambitions inopportunes, tout ira bien pour toi (…) ». Il lui précise également que «  nous appartenons au roi, mon garçon ; à lui exclusivement, d'une façon à laquelle tu n'as peut-être pas encore réfléchi ». Il convient de préciser que les difficultés de Fitz à rester à sa place ne viennent pas essentiellement d'un caractère obstiné mais aussi du fait qu'il n'est qu'un enfant quand commence sa formation.

Ce n'est qu'un meurtrier, un tueur, rien de plus. Pour Umbre, il n'y a pas de noblesse à faire ce qu'ils font, pas d'élévation morale, pas de grandeur à acquérir ; Fitz ne doit surtout pas se faire des idées (« ne cherche jamais à te croire autre chose que ce tu es, tout comme moi : un assassin. Nous ne sommes pas les agents miséricordieux d'un roi plein de sagesse mais des assassins politiques qui donnent la mort pour permettre à notre monarchie de se maintenir. ») Il ne s'agit pas d'être bon ou de livrer des duels en public mais de tuer discrètement, dans l'ombre.

Et ce statut d'assassin doit être pleinement assumé et devenir le seul véritable costume. L'alternative n'existe pas. Plus que devenir un assassin, c'est l'existence entière de Fitz qui lui échappe et c'est ce message qu'Umbre aura le plus de mal à faire entrer dans sa tête (et Fitz, dans celle de Molly ou Oeil-de-Nuit). Umbre lui fait une sévère mise au point au retour des Montages : il doit cesser de voir Molly ! Les mots employés sont secs, sans doute choisis pour marquer Fitz et le remettre sur le chemin (ce qui ne fonctionnera pas) : « t'imaginais-tu pouvoir mener deux existences ? Nous appartenons au roi (…) nos vies sont à lui, chaque instant de chaque journée, que nos soyons éveillés ou endormis. Tu n'as pas de temps à consacrer à tes soucis personnels. » Ce sont des conseils que Fitz n'écoutera pas et qui lui joueront des tours lorsque les intrigues politiques se mêleront à ses soucis amoureux.

Nombreux sont ceux qui soulignent à Fitz sa condition de bâtard, Umbre en fait partie. On peut même trouver un écho avec des paroles de Royal (« tu es le misérable bâtard d'un petit prince qui n'a pas eu le courage de devenir roi-servant »). Si beaucoup utilisent le terme de bâtard comme une insulte, Umbre n'oublie pas qu'être prince (ou fils légitime de prince) engendre des responsabilités et la possibilité de faire des choix (ce qui n'est donc pas le cas de Fitz). On a ainsi pu lire à maintes reprises que Fitz n'est qu'un outil, pas autre chose. Et s'il n'est qu'un outil, c'est que son père a tourné le dos à ses devoirs et l'a privé de la possibilité d'être autre chose (« tu es le rejeton illégitime d'un homme qui a refusé de devenir roi, qui a abdiqué. Et, par cette abdication, il s'est déchargé de la nécessité de porter des jugements »).
Malheureusement, Fitz aime provoquer le changements, se jeter sans réfléchir dans la bataille, c'est un catalyseur comme le dit si bien le Fou. C'est un des plus gros reproches que lui fera Umbre après sa crise de colère (Le poison de la vengeance) envers Umbre : « quand tu joues de ta propre initiative, tu mets toute autre stratégie en porte-à-faux et les autres pions en danger. »

Umbre a de profondes et solides attaches pour les Six-Duchés. Quand les Pirates Rouges commencent à livrer leur guerre, il a bien conscience de la précarité du royaume et de la maigreur de ses défenses. Il en fait la remarque à Fitz : «  Et le royaume défaille, car chaque bourg devant décider seul, il se sépare du tout (…) tout ce que le roi pourrait faire dans la situation présente vaudrait mieux que cette satanée indécision ». On pourrait être étonné de le voir critiquer le roi Subtil mais on comprendra plus tard que c'est plus qu'une affaire de personnes.
Fitz pense à se lancer dans une petite vendetta personnelle contre les empoisonneurs de Subtil mais Umbre lui remet à l'esprit ses devoirs, ce pour quoi il existe et les raisons de sa formation d'assassin ; « tout est affaire de foi, mon garçon. Crois-tu en ton roi ? Attends, ton roi, ce doit être plus que le brave vieux Subtil ou le gentil Vérité (…) ce doit être le roi, le cœur du royaume, le moyeu de la roue ; alors, et si tu es convaincu que les Six-Duchés valent d'être préservés, qu'on peut faire le bien du peuple en dispensant la justice du roi, eh bien, telle est la différence ». On voit qu'il a longuement réfléchi aux équilibres, du royaume, à ce qui maintient son unité. Il fait également preuve de considération et montre de l'importance pour les habitants même si il ne les gouverne pas officiellement et que ceux-ci n'ont aucune idée de son existence. Il n'attend ni reconnaissance ni applaudissements. On en a l'illustration lorsqu'il arrive à Forge et voit ce qui s'est déroulé (la destruction de la ville par les Pirates Rouges) : « ce sentiment que ces gens ne font qu'un avec toi, que leur catastrophe est ton échec personnel. Tout ça te viendra les années passant. C'est dans le sang ».

Et comme Fitz, on est frappé en pleine face en lisant ses exclamations après la révélation de Kettricken (attaquée par les forgisés, la reine décide de leur offrir une mort propre et adresse un fort discours à son peuple). Il sent en elle les prémices d'une future grande reine, d'une personne qui aime réellement son peuple, qui pourra les guider en ces temps difficiles et qui n'a pas encore été salie par les calculs politiques (« nous n'avions plus de gouvernail, les vagues nous ballottaient, nous martelaient et les vents nous poussaient à leur gré »). Fitz fait alors un commentaire qui montre à quel point Umbre avait été heurté par les difficultés (« je compris alors que son effervescence était en réalité la crête d'une lame de fureur et de chagrin »).

Servir son royaume implique d'être prêt à tout. On a vu que Fitz avait été amené à tuer, il doit aussi penser à devoir donner sa propre vie. Ce sont les mots qu'il entend de la bouche de son mentor (« toi, moi, même Vérité s'il le jugeait nécessaire pour la survie du royaume »). D'ailleurs, en quelque sorte, les trois auront été sacrifiés par Subtil : Umbre devant vivre en reclus, Vérité perdu dans sa guerre d'Art et envoyé chercher les Anciens.
Faire des choix implique de devoir les respecter et aussi renoncer à des possibilités. Tout n'est pas permis quand on est roi ou prince et les fautes se paient. C'est ce qui est arrivé à Chevalerie ; ou plutôt c'est la punition qu'il s'est infligé lui-même. Umbre avertit Fitz qu'il ne verra jamais son père revenir au pouvoir ou au château royal («  même si le peuple entier le voulait, je doute qu'il aille à l'encontre du destin qu'il s'est forgé ou des désirs du roi »).

Et, cela peut aussi être des sacrifices qui dépassent sa propre personne. On peut illustrer ceci avec Ortie, la fille de Fitz et Molly : quand Fitz finit par se rendre dans les Montagnes pour retrouver Vérité, il tombe en chemin sur Umbre, Kettricken et les autres. Umbre lui rappelle qu'il est toujours lié par son serment d'allégeance et que dans ce cas-là, c'est Ortie qui doit être utilisé, qui doit devenir l'outil (« je ferai tout pour remettre un véritable Loinvoyant sur le trône des Six-Duchés ») ; on a aussi à ce moment une prise de conscience de Fitz à propos de la façon dont Umbre le considère (« sa foi en moi était telle qu'il n'hésiterait pas à me plonger au cœur de n'importe quelle bataille, à exiger de moi n'importe quel sacrifice »).



Hommes d'Etat


Les Six-Duchés sont un royaume, un ensemble du Duchés fédérés. A la tête se trouve un Roi, Subtil. Le pouvoir se transmet de père à fils ou à fille.
Il faut préciser le contexte de l'histoire pour bien permettre de cerner la personnalité des personnages. Le pays est en guerre, attaqué par les Pirates Rouges, en même temps les Duchés sont divisés sur la marche à suivre pour faire face à ce défi.

Tous ont au cœur la défense des habitants du pays, tous sont prêts à se mettre en péril physiquement ou par le biais de leur magie, le prince Vérité rêvant même d'aller découdre avec les Pirates épée à la main.
Au début du tome 2, il y a ce passage où la ville de Vasebaie est attaquée, où les habitants sont massacrés. L'horreur frappe le lecteur, illustrée par les propos du Fou. Et puis, il y a Subtil, ce vieux Roi fatigué, frappé par la maladie et qui perd le contrôle de son corps et de son esprit. Le vieux monarque est doué de la magie de l'Art qui lui permet de vivre les atrocités subies par ses sujets. Et il pourrait se cacher, détourner les yeux mais il se force à regarder. Pourquoi ? Sa réponse est cinglante : « Pourquoi souffrir ? (…) Je souffre, mon fou, parce qu'ils ont souffert. Parce que je suis un roi. Mais davantage encore, parce que je suis un homme ».
Tous ont conscience qu'ils devront utiliser des moyens énormes pour faire face à la menace. Le conseiller du Roi, Umbre, résume bien la situation quand il affirme qu'ils en sont à survivre. Tous les procédés sont bons à utiliser, même les plus barbares comme le dit si bien Vérité. C'est un passage du récit assez tragique puisque Fitz vient de récupérer le cadavre d'une petite fille des griffes et des dents des forgisés. Fitz s'en sort miraculeusement, en sang, et en se servant de son côté bestial ; arrivés plus tard sur les lieux du drame, les gardes royaux sont dégoûtés par ce qu'ils trouvent. Pourtant, Vérité a bien conscience que Fitz n'a fait que son devoir (« j'ai besoin de lui pour cette immonde guerre secrète (…) Quoi que Fitz doive faire, quel que soient les talents auxquels il doive recourir, (…) il doit s'en servir. Parce que nous en sommes là à présent : à survivre. »

La défense du Royaume passe aussi par la nécessité de trouver des alliés extérieurs. Subtil en a bien conscience et il est prêt à tout pour sauver son pays. Ce n'est pas le bonheur de ses fils qui comptent mais la survie des Six-Duchés. Quand Vérité et Subtil se disputent, il lui dit que « Royal n'a pas choisi une femme ni pour toi, ni pour lui, ni pour aucune raison imbécile de ce genre ! Il a choisi une femme qui doit devenir la reine de notre pays, (…), susceptible de nous apporter l'argent, les hommes et les accords commerciaux. » Les propos pourraient sembler durs envers Kettricken, mais celle-ci a bien conscience de n'être qu'un outil (« je suis ici pour donner un héritier à Vérité »).

Mais, il serait injuste de réduire Kettricken à ce rôle. Elle est aussi celle qui redonne fierté et courage aux responsables de la royauté, et plus important encore à son peuple. Après qu'elle ait été agressée par les forgisés, alors que son peuple ne pense qu'à la vengeance, elle trouve les mots pour canaliser cette vengeance pour la rendre exploitable. Elle force les sujets à réfléchir aux conséquences de leurs actes, à savoir qu'ils tueront leurs propres compatriotes (« serrons les dents et arrachons de notre flanc ce foyer d'infection avec la même résolution et les mêmes regrets que si nous amputions un membre gangrené de notre corps »). Umbre, en homme d’État qu'il est, amoureux de son pays, perçoit bien ce qui est en train de se passer : « Nous redressons la tête, mon garçon, nous nous relevons pour nous battre ».

Car, avant l'arrivée de la Reine, le pays traversait une situation périlleuse, à un point que les dirigeants doutaient de l'unité et de la survie, comme le faisait remarquer Umbre (« nous allons éclater en milliers de petites villes indépendantes (…). Si Subtil et Vérité ne réagissent pas très vite, le royaume va devenir une entité qui n'existera plus que par son nom »).
Ils sont aussi des hommes avec une vision forte, des idées et des valeurs qu'ils défendent. Vérité par exemple. Quand Fitz revient des Montages, affaibli par la perfidie de Royal, on pourrait croire qu'il cherche à se venger de son jeune frère. Mais, il a bien conscience que c'est, encore une fois, l'unité du royaume qui est en jeu. Et il rétorque à un Fitz enragé ceci : « la justice ! Nous l'appelons toujours de nos vœux et nous en sommes toujours privés. Non, nous devons nous contenter de la loi et c'est d'autant plus vrai que le rang est élevé. »

Gouverner nécessite certaines compétences et attitudes. Subtil le sait et il tente de transmettre son message à son plus jeune fils, Royal. On saura plus tard qu'il aura échoué, Royal étant déjà pourri par les délires de sa droguée de mère. Mais comment ne pas vibrer quand le vieux Roi lui dit, en parlant de sa femme et donc de la mère du prince, que « ses ambitions ont toujours excédé ses capacités. En matière de royauté, c'est une faiblesse des plus déplorables ».
Et Umbre, toujours lui, a été celui qui aura fait l'éducation de Fitz en ce qui concerne l'art de gouverner. Ses paroles sont d'autant plus symboliques quand on sait quel est son rôle, lui l'assassin de l'ombre, lui qui intervient discrètement. En fin de compte, il pense que « c'est en en cela que réside le secret d'un bon gouvernement : il doit inspirer aux gens le désir de vivre de façon à ne pas l'obliger à intervenir ».