Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

mardi 7 juillet 2026

Umbre aime Fitz

Pour le lecteur, qui est Umbre ? Il est ce vieil homme retiré du monde et qui sert le royaume. Il est celui qui forme Fitz aux arts de l’espionnage et de l’assassinat. Il est presque perçu comme un père de substitution pour Fitz. Pour d’autres, il est un des rares Loinvoyant fiable.


Lorsque Fitz décide de se retirer du monde après avoir participé à la libération des Six-Duchés, il ne voit pas ses camarades pendant des années. Les premiers chapitres du tome 7, le Prophète Blanc, sont une succession de visites à domicile, d’un homme isolé qui voit ses vieux amis lui rendre visite pour bavarder, refaire le monde et donner des nouvelles. Umbre fait partie de ces gens qui viennent.


C’est Umbre qui fait le premier pas. C’est lui qui parcourt la longue distance qui sépare la petite maison de Fitz de Castelcerf. Cela veut donc dire qu’il s’est renseigné pour savoir où habitait Fitz, où il s’était caché. On peut aussi penser que Fitz aurait pu facilement se rendre à Castelcerf s’il l’avait réellement voulu ; il ne l’a pas fait. Apparemment, Umbre ne lui en pas tenu rancoeur. Sa première réaction en voyant son ancien apprenti est sincère, réelle, intense (« il écarta les bras dans l’intention de me serrer contre lui »). 

Bien entendu, la visite d’Umbre est motivée, il a besoin d’aide pour former le prince Devoir à l’Art. Umbre a trop de l’Homme d’Etat pour négliger une ressource comme Fitz. Ce dernier est le seul artiseur connu encore en vie à son époque. Toutefois, au fil de la conversation, Umbre en apprend beaucoup sur son vieil ami et le cerne. Il réalise que Fitz a de la souffrance, de la peine en lui, contrairement à ce qu’il pensait (« je regrette d’apprendre que tu en souffres encore (…) J’avais supposé que la soif de l’Art s’apparentait à la dépendance à l’alcool ou à la Fumée, et qu’après une période d’abstinence forcée, le besoin irait s’amenuisant »). La sincérité est bien présente. C’est sans doute pour ça qu’il ne juge pas Fitz lorsqu’il remarque toutes les drogues cultivées, la « la prépondérance parmi elles de sédatifs et d’insensibilisants ».

Umbre étant Umbre, il continue de voir Fitz comme son jeune apprenti malgré les années passées. Le maître n’est pas avare de compliments devant les prouesses de Fitz : « je t’ai apporté des encres de Castelcerf, mais je me demande maintenant si les tiennes ne sont pas de meilleure qualité ». Il y a de la fierté dans la voix du vieil assassin.


Est ce que Fitz fait confiance à Umbre ? La question se pose. En tant que lecteur, rares sont les individus qui rentrent dans cette catégorie : Vérité sans doute (mais il est mort), Kettricken possiblement et le loup Oeil-de-Nuit. Umbre, lui, a un avis clair et certain. Fitz ne fait confiance à personne. Il a développé son avis en disant à Astérie que « tu étais incapable de te fier entièrement à quelqu’un, que ton âme serait toujours déchirée entre la envie et la crainte de faire confiance ».

Umbre a eu le temps d’observer Fitz. Caché dans les murs, l’araignée regardait le jeune homme. Il l’observait tenter de trouver, gamin, une place à la cour alors qu’il avait passé ses premières années loin de tout. Pour Umbre, Fitz n’a jamais dépassé cette séparation, cette déchirure. Il pense que le traumatisme a été trop fort et a durablement marqué le bâtard (« j’ai mal de voir que tu es resté… tel que tu as toujours été depuis… oh, zut ! Depuis qu’on t’a arraché à ta mère ! Toujours sur tes gardes, méfiant, isolé »). C’est possible ; après tout, Fitz n’a jamais cherché à revoir sa mère, il n’a jamais réellement cherché à en savoir plus ni même à fouiller dans ses souvenirs pour se rappeler d’elle. Quand Caudron, dans la carrière, lui a parlé d’elle, il a même adopté une stratégie de fuite.

Umbre blâme Fitz de son comportement, de son attitude. Il admet aussi que Fitz n’est pas le seul responsable de cet état. Il est le produit des années, des épreuves traversées, des gens rencontrés (« je ne veux pas te demander ce que tu ne peux pas te donner. Tu es ce que la vie a fait de tout —et ce que, moi-même, j’ai fait de toi, Eda me pardonne »). Les paroles sonnent comme des excuses. Umbre a toujours dit qu’il était prêt à sacrifier Fitz pour le bien du royaume, cela ne veut pas dire qu’il ne l’aime pas ou qu’il le fait avec entrain.


Fitz se rend compte à Castelcerf pour retrouver Devoir. En faisant le point avec Umbre, il se rend compte qu’Umbre s’auto-forme à l’Art. Fitz dit et insiste que la méthode est dangereuse, qu’Umbre joue avec des forces qui le dépassant. Dans un premier temps, Umbre le prend mal, il est blessé dans son égo. Puis, il réalise qu’il y a plus en jeu que sa personne et se ressaisit.


A vrai dire, on peut dire que les deux jouent à se faire mal sans le faire exprès. Les deux ont à coeur le bien de l’autre mais sont incapables de le dire clairement. Par exemple, quand Fitz tente de freiner les envies d’Art d’Umbre, c’est parce qu’il sait que cette magie est dangereuse et qu’elle en lui demandera toujours plus.

Umbre, lui, veut pousser Fitz à utiliser sa magie pour retrouver Devoir. Or, Fitz fait tout pour ne pas artiser. Ses derrières expériences ont été marquantes : il a fini à chaque fois très faible.

Ce n’est pas qu’Umbre se moque des peurs de Fitz, c’est qu’il sait qu’il sera là pour l’aider si besoin (« je suis là, mon garçon, et je m’occuperai de toi »). Là encore, on ressent l’amour ressenti par Umbre pour Fitz. Comme un père pour son fils…

Umbre fait passer l’Etat avant tout. En cela, il n’a pas changé durant toutes ces années. La volonté de préserver les Six-Duchés est sa boussole. Il peut paraitre froid à cause de cela, il s’en fiche. Fitz veut se droguer après une migraine d’Art ; Umbre l’interdit. Pourquoi ? Simplement parce que « le Trône a besoin du talent que toi seul possèdes. Je ne permettrai pas que ton Art soit diminué en quoi que ce soit ».


Clairement, Umbre est attentionné. S’il ne le dit pas forcément bien souvent, ses actes parlent pour lui. Ainsi, il a empêché que l’ancienne chambre de Fitz soit occupé (« c’est vous qui empêchez qu’on la donne à quelqu’un d’autre ») en faisant croire qu’elle est hantée. Il y a là une forme de respect, comme la volonté de figer dans le temps un souvenir. 


jeudi 2 juillet 2026

[Brian Mc Clellan] La république d'automne / Quelques extraits que j'apprécie

  • Bo à Nila : Tu te souviens comme il te faisait te sentir impuissante ? chuchota Bo. Prends toute cette haine et cette colère, fais-en une balle et range-la soigneusement. Ne rumine pas, ça te remplira d’amertume. Mets-là de côté et sers-t’en pour te rappeler que tu ne veux plus jamais te retrouver en position d’impuissance.
  • Bo à Nila : Les Privilégiés adorent les secrets. On les amasse comme un écureuil ses noisettes et on rechigne à les partager.
  • (Dame Winceslav) : Ce n’était pas une accusation. Il n’y avait pas de colère dans sa voix, juste de la résignation.
  • Abrax à Tamas : Ce pays est votre seule responsabilité, Tamas. Vous ne pouvez pas vous permettre d’être un père. Vous y avez renoncé il y a des années, lorsque vous avez décidé de renverser votre roi.
  • Nila était encore un peu étourdie et l’odeur du petit-déjeuner d’un officier — oeufs et bacon, si elle ne se trompait pas — fit gargouiller son estomac. Elle avait mal dormi ces deux derniers jours, ses rêves hantés par les cris des mourants, le tonnerre de l’artillerie et les relents de chair brûlée.
  • J’ai une vision de l’avenir, reprit Tamas. La révolution s’étend un peu partout, le peuple dépose les monarques un par un. Les hommes les plus forts, pas ceux qu’ordonnent les saints ou les dieux, prennent le pouvoir et se forgent leurs propres empires. Des hommes et des femmes meurent par millions et tous les progrès qu’a fait notre monde durant ce dernier millénaire tombent en poussière. Et tout ça par ma faute.
  • Cheris : Je vais unifier les Neuf. Je vais faire régner l’harmonie en ce monde, même si pour ça, je dois tuer la moitié des habitants de cette planète.
  • Adom : Je suis ton Dieu, mon gars, et si tu ne donnes pas immédiatement l’ordre de battre en retraite, vous allez mourir, tous jusqu’au dernier.
  • (Adom)  Il ignora les questions fusant du groupe de soldats, serrant le corps de Tamas contre son coeur. Et là, au milieu des ruines du magnifique palais d’Horizon, tout le monde put voit un dieu pleurer le héros d’Adro.

mercredi 1 juillet 2026

[Le Soldat Chamane] Important d'être gros ?

En Gernie, Jamère était promis à un brillant avenir. Il allait faire la fierté de la famille, et surtout celle de son père, en devant un brillant soldat, un officier reconnu. Mais, Jamère a été trahi par ce qu’un soldat a de plus précieux : son corps. Tout simplement, Jamère est devenu gros, exagérément gros. Il a perdu toute grâce à cheval, toute endurance. Ses muscles sont devenus de la graisse. Son avenir a été brise : expulsé de l’école militaire, sa famille lui a tourné le dos. Jamère désirant plus que tout évolué dans l’armée, il avait fui au loin de la capitale et même de son domaine familial : il avait fini par s’engager en s’occupant d’un cimetière de la ville de Guétis. Guétis était le symbole de l’expansion voulue par le pouvoir politique, elle devait ouvrir sur de nouveaux horizons, de nouvelles frontières, de nouveaux débouchés et de nouvelles opportunités, via la construction d’une route traversant la forêt. Or, la forêt est très importante pour les ocellions, les Opulents et leurs femmes-arbres (des figures quasi divines).


Si Jamère a grossi, ce n’est pas naturellement, ce n’est pas parce qu’il a trop mangé ou qu’il s’est empiffré. C’est à cause de la magie, de la peste ocellionne. Là où tant sont tombés malades à en mourir, lui a survécu mais au prix de son destin. Le jeune homme résume sa situation : « la magie avait commencé à changer radicalement mon apparence. Elle m’avait enveloppé d’un manteau de graisse qui avait fait de moi un objet de dérision et de mépris, et entravé non seulement ma vie personnelle mais aussi ma carrière militaire ». En prenant du poids, on reprochait à Jamère de n’avoir aucune volonté, aucun contrôle.


En réalité, Jamère n’est pas seul dans son corps. Une partie de son identité est accaparée par Fils-de-Soldat. Là où Jamère ressent encore une loyauté pour la Gernie, Fils-de-Soldat soutient le peuple des Ocellions. Jamère est donc embourbé dans un combat interne et il perd parfois le contrôle de son corps au profit de Fils-de-Soldat.

Avant de se tourner vers les Opulents et les ocellions, Jamère doit fuir Guétis où il a été condamné à mort pour nécrophilie. C’est la magie qui lui permet de s’échapper et de modifier les souvenirs de certains de ses proches. C’est aussi la magie qui lui permet de sauver Lisana, une femme-arbre, menacée par l’avancée de la route. Or, dans cet univers, la magie de Jamère repose sur la graisse, son poids. Plus il est imposant, plus il est puissant. 

Quand Fils-de-Soldat prend possession du corps partagé, il juge futile les actes de Jamère. Fils-de-Soldat est plus que déçu par son apparence physique : « il baissa les yeux sur son corps amaigri, sur les plis de peau qui renfermaient naguère un trésor de magie, et je sentis son écoeurement pour moi ». S’il est aussi déçu, c’est que l’usage de la magie n’a en rien changé le cours de la guerre entre les ocellions et les gerniens. Fils-de-Soldat est convaincu qu’il aurait pu faire un bien meilleur usage de tout cela.


Jamère est un Opulent, un acteur important dans la culture ocellionne. Les ocellions pensent que les Opulents doivent mener la guerre. Si le plus important est Kinrove, c’est parce qu’il est le plus gros, et cela lui permet de pratiquer la magie la plus forte. Jamère en est bien loin puisqu’ « il avait l’air d’un affamé, d’un avorton incapable d’assurer sa subsistance et encore moins de protéger son clan familial ». 

Olikéa, elle, retrouve un Jamère bien changé. Elle est choquée de voir son état physique. Mais, il n’y a pas que du choc. Il y a également un mélange de colère et de dégoût, de dépit. Tous ses plans tombent à l’eau. Pire, elle fait face à l’ingratitude de Jamère qui rechigne à se faire aider par elle et lui préfère son fils (Likari). Tout cela ne peut mener Olikéa qu’à prononcer des paroles dures mais éclairantes. Elle crie que « tu es maigre comme un homme qui ne mange rien, maigre comme un homme que nul ne respecte, maigre comme un homme maudit par la foret, maigre comme un homme trop bête pour se trouver seul à manger ». Cette énumération montre à quel point Jamère détonne dans la culture des Opulents : il est un Opulent maigre et donc une créature inédite. Cela lui enlève tout statut, toute dignité et tout respect. Il ne peut pas paraitre comme cela publiquement.


Dès lors, Olikéa n’a qu’une idée en tête : faire grossir Jamère. Elle connait bien la forêt, elle connait ce qui le fera prendre du bon poids et ce qui lui permettra en plus de magnifier sa magie. Elle sait aussi cuisiner, préparer ce qu’elle trouve. Elle lui fait alors une promesse alléchante : « de bonnes tranches de viande bien grasse te reconstituent vite ; je les cuisinerai avec des champignons, des poireaux et du sel rouge. Ça prendra du temps, Jamère, mais je te rendrai ta puissance ».


Dès lors, Jamère (ou plutôt Fils-de-Soldat) mange. Il mange encore et encore. Sa voracité est manifeste et « il continua de dévorer alors même qu’il avait dépassé le stade de la réplétion ; il s’empiffrait à outrance et tirait plaisir de la dimension de son ventre ». On voit bien que l’apparence compte. Être gros est important, c’est signe de pouvoir et de puissance. De toute façon, Olikéa lui a bien fait comprendre qu’il ne pouvait pas conserver son apparence (« je m’attriste que tu te montres dans cet état à notre clan familial et encore plus à Kinrove »). Fils-de-Soldat n’a donc pas le choix : il doit manger pour prendre du poids et accumuler de la magie (« à trois reprises, il tomba sur des aliments propres à accroitre sa magie »).


En Gernie, être gros est mal vu, surtout si on désire être soldat. C’est un signe de faiblesse, de laisser-aller. Pour le peuple des ocellions, c’est tout le contraire : un Opulent est un cadeau, un dépositaire de la magie, leur instrument pour lutter contre l’invasion des gerniens.

mardi 30 juin 2026

[RF Kuang] La république du dragon / Quelques extraits que j'apprécie

  • (Rin, à propos de Ramsa) : Elle ignorait ce qu’elle lisait dans son regard, mais elle ne le méritait pas. Ce n’était pas de l’amitié. Elle ne la méritait pas. Ce n’était pas non plus de la loyauté. Elle la méritait encore moins. C’était de la camaraderie, un lien formé par une trahison commune.
  • (Vaïsra à Rin) : Tu es une fillette apeurée qui réagit de la manière la plus irréfléchie qui soit sous le coup de la colère et du chagrin. Tout ce que tu veux, c’est ta vengeance. Mais tu pourrais être bien plus. Et faire bien plus. Écoute-moi. Tu pourrais changer l’Histoire.
  • (Rin) : Pour l’heure, toutefois, elle ne pouvait songer qu’à une seule chose : il était horriblement drôle de savoir qu’elle n’était pas la seule à être responsable d’une tuerie de masse.
  • Voilà à quoi ressemblait à présent l’équilibre des pouvoirs. Les gens comme elle agitaient la main et des millions d’autres se retrouvaient broyés par une catastrophe naturelle, éjectés de l’échiquier du monde comme des pièces incongrues. Les gens comme elle — les shamans, tous sans exception — étaient pareil à des enfants, piétinant des cités entières comme des châteaux de sable, des maisons de verre, des entités fongibles qu’on pouvait cibler puis détruire.
  • (Daji) : Les Nikaras ne sont pas prêts pour la démocratie. Ce sont des moutons, des imbéciles incultes et grossiers. Ils ont besoin qu’on leur dise quoi faire, même si ça implique la tyrannie.
  • (Daji) : Les Nikaras sont égoïstes. Ce pays tout entier est égoïste. Les gens sont égoïstes. Ces putains de provinces ont toujours été bornées, incapables de voir autre chose que leurs petits intérêts pour se joindre à un quelconque effort collectif. Tu les as entendus, tous ces idiots, à l’intérieur.
  • (Vaïsra) : Tu es la créature la plus puissante du monde, en ce moment. Tu peux déclencher ou mettre fin à une guerre (…) Ce que tu n’as pas le droit de faire, en revanche, c’est rester neutre. Avec un pouvoir comme le tien, la vie ne t’appartient pas.
  • (Rin, quand elle entend le nom du général Josephus Tarcquet) : Quel nom débile, songea Rin. Un enchaînement confus de syllabes qu’elle parvenait à peine à prononcer.
  • Ramsa ne cessait d’accuser Baji de tricher. Ce n’était pas le cas, mais ils découvrirent que Ramsa, lui, trichait bel et bien lorsque plusieurs dés tombèrent de sa manche ; le jeu se transforma alors en lutte
  • (Sorquan Sira, à propos d’Altan) : La vie et la mort sont la même chose, dans ce cosmos. On entre dans le monde matériel et on le quitte réincarné en quelque chose de mieux. Ce garçon était malheureux. Tu l’as libéré.
  • Les morts ne nous quittent pas, expliqua la Sorquan Sira. Ils nous hantent aussi longtemps qu’on leur en laisse la possibilité. Ce garçon est un fléau pour ton esprit. Oublie-le.
  • (Tante Fang) : En écartant les jambes simplement une fois de temps en temps, tu aurais pu manger tout ce que tu voulais, ou porter tous les vêtements que tu voulais. Mais, ce n’était pas assez bien pour toi, non, tu voulais être unique, devenir quelqu’un d’important, t’enfuir à Sinegard et prendre part aux joyeuses aventures de la Milice.
  • (Rin regarde Daji) : Elle approchait pourtant le menton haut et les sourcils arqués, les courbes de ses lèvres formant un sourire impérieux comme si elle venait de remporter une grande victoire. Elle irradiait une beauté sombre et séductrice qui faisait oublier ses vêtements imbibés ainsi que ses navires en morceaux.
  • (Venka à Rin) : Ce n’est pas aussi affreux que ça en a l’air. Il va te falloir un moment, mais tu retrouveras toute ta mobilité. Le gros problème, ce sont les cicatrices. Mais tu as toujours été moche, de toute façon, ça ne changera rien.
  • (Tsolin à Rin) : Marionnette jusqu’au bout, murmura-t-il, d’une voix si faible qu’elle fut seule à l’entendre. Quand est-ce que tu vas retenir la leçon ?
  • À Tikany, les fêtes n’attiraient les gens que parce qu’elles étaient synonymes de nourriture et de boisson gratuites, mais Arlong, détruite par la bataille, ne pouvait offrir ni l’un ni l’autre.