Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

Article épinglé

Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

mercredi 13 mai 2026


 

Abeille est le Destructeur, le Prophète Blanc et le Catalyseur de son époque. Elle est celle qui permet aux dragons d'accomplir leur revanche ultime contre Clerres. Grâce à sa naissance totalement inattendue, elle pousse le Fou à perdre sa splendeur et ses certitudes. Elle force Fitz à quitter sa douce vie à Flétribois suite à son enlèvement.

Elle permet l'alliance des gens des Six-Duchés, de Terrilville et des Anciens, mais aussi des vivenefs et des dragons. Clerres chute suite à son passage. Sans Abeille, Kelsingra et Castelcerf n'auraient sans doute pas opéré un rapprochement.

 Tout cela, Abeille a pu le faire en vivant un véritable enfer : elle a souffert, traversé la mort, voyagé du nord au sud... 

vendredi 8 mai 2026

[Brian Mc Clellan] La campagne écarlate / Quelques extraits que j'apprécie

  • Le Premier ministre du Peuple aura peu de pouvoir, reprit Ricardo, mais les yeux de tous les Neuf seront braqués sur lui. Son nom sera inscrit à tout jamais dans les livres d’histoire. (Il soupira.) Je n’ai pas d’enfants. J’ai été abandonné par (il compta sur ses doigts) six épouses, et à chaque fois, je l’ai bien mérité. Il ne me reste plus que mon nom. Et je veux que chaque élève adran l’apprenne par coeur jusqu’à la fin des temps.
  • Taniel, bouche bée, dévisagea l’Œil-d’os. Comment cette fille, qui avait pressé avec abandon son corps contre le sien, s’était endormie dans ses bras avec la confiance d’une enfant, pouvait-elle déployer sur le champ de bataille la férocité d’une déesse de la vengeance ?
  • (Adamat) : L’inspecteur dut se rappeler à quel point Bo était jeune. Quel âge avait-il ? Vingt ans ? Vingt-deux, peut-être ? Mais ses yeux étaient bien plus vieux, ceux d’un homme qui avait connu plus que sa part de souffrances et y avait survécu.
  • (Quand quelqu’un propose de fournir à Ka-poel un salaire) : Taniel faillit avoir un mouvement de recul. Dans l’armée adrane, personne n’avait jamais seulement parlé de la payer.
  • Hailona à Tamas : Tu es resté quelques mois, puis tu as disparu. Mais… sache que ces quelques semaines ont été extraordinaires. Tu m’as donné l’impression que je pouvais tenir tête au monde entier. Au cours de ma longue vie, seules deux personnes m’ont donné cette impression : mon premier mari et toi.
  • Claremonte : Nous sommes peut-être des mortels, mais nous sommes farouches, et même les dieux trembleront devant notre grande nation d’Adro ! Tout commence aujourd’hui, mes amis. Notre nouveau monde.
  • (Kresimir)  : Sous les yeux de Taniel ses épaules s’affaissèrent. Pendant un moment, le dieu fixa d’un regard aveugle l’endroit où s’était tenu son frère. Puis il se laissa tomber à genoux et se mit à pleurer.                                                                                                                                                        

mercredi 22 avril 2026

[James Islington] The will of the many (hiérarchie, tome 1) / Quelques extraits que j'apprécie

  • Ulciscor à Vermes (un jeune qu’il n’adopte pas) : C’est parce que tu es un enfant profondément désagréable, continue Ulciscor, calmement. Immature. Mauvais. Et, honnêtement, pas très futé. La force de ta Volonté n’a donc aucune importance. Personne ne voudrait vivre avec quelqu’un comme toi. Tu dois changer, Vermes. 
  • Dehors, le soleil atteint son zénith, puis commence sa descente ; lorsque je finis par remarquer sa progression, les ombres qui s’allongent suggèrent que l’après-midi est déjà bien avancé. J’envisage, puis abandonne, l’idée de faire une pause. Je progresse bien à travers les textes, mais pas assez vite pour me détendre.
  • Lanistia à Vis : Il y a toujours quelque chose de plus à perdre, Vis.
  • Je n’ai jamais eu à naviguer dans une foule aussi dense. Les bousculades, la chaleur, l’odeur, le bruit : tout est désagréable, crée une expérience que je souhaite immédiatement voir se terminer. Comment les gens peuvent-ils venir ici, en sachant que ce sera comme ça ? Comment peuvent-ils apprécier cela ?
  • Estevan : C’est le pouvoir de la Hiérarchie. Nous n’avons pas le choix, parce qu’il n’y a pas d’alternative. Soit tu combats la tyrannie du nombre, soit tu en fais partie (…) Le silence est une prise de position, Diago. L’inaction choisit un camp. Et quand ça a aboutit à des bénéfices personnels, ça devient de la complicité.
  • Kadmos : Il arrive un moment dans la vie de chaque homme où il peut choisir de s’insurger contre l’injustice du monde jusqu’à sa propre perte, ou de faire de son mieux pour s’y intégrer. Rester une victime, ou devenir un survivant.
  • Veridius : Ils sont moyens, me corrige-t-il. Le seul fait que tu sois doué pour quelque chose ne signifie pas que les autres sont mauvais.
  • Emissa : J’essaie juste de me rappeler la dernière fois que j’ai autant surestime l’intelligence de quelqu’un.
  • Eidhin (à propos de la Hiérarchie) : Ils te demandent un petit geste. Quelque chose que tu préférerais ne pas faire, mais qui n’est pas si terrible. Tu crois monter les échelons petit à petit, mais, en fait, ils sont en train de te changer. De te façonner en ce qu’ils veulent que tu sois, un compromis à la fois.
  • La cupidité est, par définition, le chef moral de la Hiérarchie, Diago. Toutes les décisions sont fondées dessus. Ce ne sont pas les forts qui profitent de leur système, quoi qu’ils en disent, ce sont les faibles. Ce sont ceux qui sont prêtes à tout faire, à tout sacrifier pour s’élever. Leur système récompense la cupidité, et il est tellement ancré dans un mode de pensée défectueux que ceux qui en font partie ne peuvent même pas le voir.
  • C’est Prav, qui exprime ce que nous pensons tous. C’est un garçon presque remarquablement ordinaire : ni beau ni laid, ni grand ni petit, ni imposant ni invisible. Il est simplement…là. Malin, cependant. Vif d’esprit. À ne pas sous-estimer.
  • Tu pleures ton ami, dit-il en me caressant le visage. Mais la mort est une porte, mon fils. Tu le retrouveras. On ne perd jamais vraiment quelqu’un.

Fantasy : cartes

Le livre des mots / Julie Victoria Jones

L'assassin royal / Robin Hobb

Terremer / Ursula K. Le Guin

Le Sorceleur / Andrzej Sapkowski

Le Trône de Fer / George R.R. Martin

Les Héros / Joe Abercrombie

 

mardi 21 avril 2026

L'histoire de Malta (partie 4)

https://duchessix.blogspot.com/2023/06/malta-un-nouveau-statut.html

Dans la saga du Fou et de l’assassin, Malta a un rôle anecdotique. Sa présence ne pèse pas sur l’histoire, même s’il est agréable de la revoir et voir ce qu’elle est devenue. Après tout, Malta a été fascinante à suivre dans les Aventuriers de la Mer. De la jeune fille impertinente à celle qui a défié le Gouverneur, son périple et sa transformation ont été intéressants à suivre. Malta est passée de fillette à femme en naviguant sur le fleuve du désert des Pluies (et grâce au conseil de la Compagne Keki, un autre personnage très secondaire mais qui marque le temps de sa présence). Malta, c’est aussi la reine des petites phrases blessantes.


Alors, où en est Malta dans cette saga ?


On se rend très vite compte que la renommée de Malta dépasse les frontières. Il émane d’elle une aura mystique, de curiosité. Après tout, elle est la « reine des Marchands aux dragons » et « sa beauté exotique était légendaire, et on ne pouvait la confondre avec personne d’autre ». Abeille, plus tard, complètera en évoquant « son histoire d’amour avec un Marchand du désert des Pluies au visage voilé qu’elle avait épousé après de nombreuses aventures ». Tout cela laisse entendre qu’après avoir organisé Kelsingra, Malta n’a pas fait grand-chose. Certes, elle a eu un fils, a continué d’aimer Reyn et a défendu les intérêts des Marchands. Mais, tout cela s’est passé hors champ pour le lecteur…


Quand Fitz et le Fou (sous l’identité d’Ambre) débarquent à Kelsingra, c’est sans invitation. Ils arrivent en perturbant grandement la vie de ses habitants. Pour ne rien arranger, Fitz use de l’Art. Si la chose peut paraitre banale, elle est mal vue par l’épique Kanaï. Ce dernier accuse Fitz de vol, d’avoir volé de l’Argent. Selon lui, c’est un crime impardonnable qui mérite le pire châtiment. Le Fou viendra au secours de son vieil ami en affirmant qu’il possède cette magie depuis longtemps, qu’elle lui a été donnée par Vérité. Et pour le prouver, il compte sur Malta qui garde sur son cou des traces d’Argent (posées par le Fou qui les avait reçues lui-même de Fitz). Dans un premier temps, Malta refuse de corroborer les propos du Fou. Elle affirme avec conviction qu’un « Marchand n’a rien de plus précieux qui sa parole, et je ne mésurerais pas la mienne même pour aider une amie ». Malta apparaît donc comme une femme avec des valeurs, une protectrice de certaines traditions des Anciens et des Marchands.


Malta a eu un enfant : Phron. Celui-ci est malade, incapable de respirer et de s’alimenter correctement. Il subit l’effet de la dragonne Tintaglia qui induit des malformations. Or, Tintaglia se fiche de savoir que Phron va mal, de la douleur que cela inflige à Malta. La dragonne évolue sur une échelle de temps qui lui rend les besoins des humains très futiles, même ceux de Malta avec  qui elle est proche. Malta souffre de voir son fils dans cet état (« la santé de Phron demeure délicate ; il passera peut-être après le repas, s’il se sent la force de rencontrer des gens »). La détresse de son fils pèse sur ses épaules.

Ainsi, quand Fitz entame la guérison de Phron grâce à l’Art, elle est plus que soulagée. Le plaisir est total quand elle le voit simplement manger, c’est peut-être un des moments les plus intenses de sa vie. 

Dès lors, Malta agit en Reine qui voit avant tout le bien-être des gens qu’elle gouverne. Elle met de côté les anciennes traditions, les cachotteries. Elle voit en Fitz une opportunité de changer les choses et elle s’y engouffre. Malta fait preuve d’empathie (« et, eux, ce sont des enfants qui souffrent tous les jours, et leurs parents avec eu. Comment pourrais-je ne pas leur demander ce service ? »)


Enfin, Malta reste Malta. Elle reste cette femme pleine de conviction, têtue.

Le Fou dit d’elle qu’elle « peut-être la jeune femme la plus exaspérante que j’aie jamais vu ». De la bouche d’un individu qui examine si finement les gens, la chose n’est pas anodine à lire. Et, il est vrai que la jeune Malta était bien énervante.

Brashen, en dressant un parallèle avec Althéa, éclaire encore plus le caractère de Malta : « j’ai essayé de faire d’elle une Trell, mais elle persiste à rester une Vestrit ; l’entêtement est la grande caractéristique des femmes de sa famille. Mais, si vous connaissez Malta, vous le savez déjà ».

Là est sans doute la description la plus vraie faite de Malta.


Malta n’est pas une simple Reine d’un peuple. Elle est aussi vue comme une Reine par Tintaglia. Ce simple fait est remarquable et lui suffit d’assurer une forme d’immortalité et de voir son nom durer dans le temps. Pour le lecteur, c’est aussi remarquable car rares sont les gens que Tintaglia considère. Fitz assiste à une des rencontres entre Tintaglia et Malta ; lui qui a vu tant de choses plus choquantes les unes que les autres est presque bouche bée (« elle descendit les marches puis s’arrêté, minuscule devant la dragonne. Deux reines face à face »). Ce moment est le plus marquant pour Malta dans cette trilogie.