Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

Article épinglé

Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

lundi 24 août 2026

Qui sont Eda et El ?

Eda et El sont étroitement liés. Dans la culture populaire des pays du nord, ils sont des figures divines, les créateurs du monde. Cela forme donc une religion comme le culte de Sâ à Terrilville ou celui des Prophètes Blancs à Clerres.


Eda et El représentent donc la terre et la mer. Si tout cela existe, c’est uniquement grâce à eux : « Eda et El s’accouplèrent dans les ténèbres, mais il ne se fit pas aimer d’elle. Elle donna le jour à la terre et le flot de ses eaux qui accompagna cette naissance devint la mer ». Il n’y aurait eu donc rien du tout avant l’intervention d’Eda et El. Ils seraient ceux qui ont créé le monde.


Mieux, leur histoire permet de définir les caractéristiques des peuples et ce qui les différencie. 

On peut presque penser que les habitants Six-Duchés sont devenus des gens d’Eda, tant ils semblent peu tournés vers la mer et se sont tournés vers le développement des terres. 

A l’opposé, les gens des îles d’Outre-mer semblent plus focalisés sur El : ils naviguent sur les eaux, pêchent et mènent des raids (on l’a bien vu, même si c’est à nuancer, lors de la guerre menée par les Pirates Rouges). Bien entendu, la culture outrîlienne laisse également une place à Eda : on le voit avec le rôle accordé aux femmes qui s’occupent des champs et de l’élevage, et de la gestion du clan.


La légende dit que « quand la mer était jeune, El, le premier Aîné avait foi dans le peuple des îles. Il lui fit don de la mer, de tout ce qui y nageait et de toutes les terres qu’elle bordait ». El a donc choisi et récompensé les hommes pour leur fidélité et leur courage. Pour autant, El n’est pas un dieu miséricordieux, il n’est pas une de ces figures divines qui encourage la compassion et la faiblesse. Pour lui, les hommes se forgent dans l’adversité et en traversant des moments compliqués : « les seuls bienfaits qu’il répand sur ses fidèles prennent le forme de tempêtes et d’épreuves destinées à les endurcir ». Or, au fil du temps, les hommes se sont détournés d’El. Ils en ont eu assez de cette vie dure et qui les mettait perpétuellement en danger. Très peu de gens ont continué à le chanter ou le vénérer. Un des derniers fut le Grêlé.


Si El est délaissée, une autre a gagné en importance : Eda. Beaucoup ont préféré Eda, une divinité qui semblait plus conciliante, moins difficile. Comme elle est celle qui donne la terre, elle est vue comme celle qui alimente et récompense à la mesure du travail fourni. Sur terre, il n’y a pas de risque de se noyer ou de faire face à des tempêtes dévastatrices. Eda devient donc vénérée (« leurs louanges et leurs serments n’étaient qu’au nom d’Eda, qui est l’Aînée de ceux qui labourent, plantent et s’occupent des bêtes »).

Dès lors, ceux qui admiraient El ont rencontré ceux qui admiraient Eda, et ils se sont mélangés, sans doute avec plus ou moins d’harmonie. On peut lire que « quand les hommes d’El arrivèrent sur la trre, ils trouvèrent les femmes d’Eda qui la foulaient déjà et administraient la croissance des grains et des fruits et la multiplication du bétail ».


Au final, si on se base sur l’exemple des îles d’Outre-mer, tout cela peut expliquer pourquoi les femmes occupent cette place. La coutume locale dit même que « jamais la terre, née d’Eda, n’appartiendra à vos fils ; elle ne reviendra qu’à nos filles ».

Bien entendu, il serait simpliste de dire que les femmes prient Eda et les hommes El. C’est faux puisque les hommes des îles respectent infiniment Eda.

En ce qui concerne les Six-Duchés, même si c’est devenu un peuple de terriens, ils n’ont pas tous renié El. Au contraire. El reste très présent. Ainsi, le cas Virilia est très intéressant : cette jeune femme vigoureuse reproche au trône des Loinvoyant sa mollesse et son indécision lors de la guerre contre les Pirates Rouges. La philosophie de Virilia est très claire : « elle prêchait la nécessité de revenir au culte et l’adoration d’El ; elle se faisait l’apôtre des anciennes traditions, d’un mode de vie rigoureux et simple qui glorifiait le mérite personnel ». On retrouve bien là des éléments importants liés à El.

Livres de SF lus (MAJ le 24/082026)

 

  • L'étoile de Pandore (tome 1) / Peter F. Hamilton : une humanité qui s'est étendue dans toute la galaxie, qui a quasiment vaincu la mort mais il reste les crimes, les défis au gouvernement, l'envie de se rebeller. Dans le même temps, aux confins de l'expansion, un nouveau phénomène est découvert et bouleverse les idées reçues et le statu quo. Quand on décide de construire un vaisseau pour aller explorer, l'opposition monte d'un cran. Paula, Ozzie, vous brillez !
  • Les enfants de Mars / Gregory Bendford : la NASA a laissé la place à des groupes privés : le premier à faire un aller-retour (tout en se posant sur Mars) recevra 30 milliards de dollars. Il n'en faut pas plus pour motiver l'industriel Axelroad qui monte une équipe (d'anciens de la NASA). On suit alors ce petit groupe sur Mars alors qu'ils font une immense découverte : de l'eau. Et une encore plus grande : une forme de vie. Mais, il faut se dépêcher car une autre fusée arrive... Une bien bonne lecture, très prenante. La partie sur Mars est bien entendu un plaisir à lire, mais il est aussi intéressant de voir ce qui se passe sur Terre : des considérations financières, des groupes de pression anti-Mars, des nouvelles des familles, etc.
  • Les enfants de Dune / Frank Herbert : Jessica prend les choses en main. Un monde post-Paul, mais Paul est fort présent. Il lui est bien difficile de tourner la page, surtout que personne ne semble comprendre son héritage.
  • Le premier meurtre sur Mars / Sam Wilson : une famille, des enfants qui ne veulent pas suivre les traces de leur père ou la voie dessinée par leur mère, du classique donc, sauf que ça se passe sur Mars. Ajoutez à cela des envies d'affranchissements, des gens qui en ont un peu plus que les autres, des mystères et des révélations. 

  • Artémis / Andy Weir : une enquête, du fric, du pouvoir et une relation père / fille. La Lune, cet univers impitoyable ! 
  • Cimqa / Auriane Velten : deux mondes, vraiment ? Le monde a changé, les perceptions aussi. Une gamine se retrouve au centre des choses et elle est examinée par des spécialistes scientifiques, des spécialistes militaires... Mais, la petite grandit et ne se laisse pas faire. Grand bien lui fasse.
  • Evolution / Stephan Baxter : merci pour tout Purga. On balaie l'histoire de l'humanité, du tout début à bien longtemps dans son futur (un scénario possible).
  • Demolition Man /Richard Osborne : la ville est sale (2)
  • Robocop 2 / Ed Naha : la ville est sale (1)
  • Paul le Prophète / Brian Herbert et Kevin J. Anderson : Irulan, femme rejetée mais femme qui écrit l'Histoire.
  • Cogito / Victor Dixen : la France a changé, de l’intelligence artificielle presque partout et une jeune femme qui tente de se sortir de la merde.
  • Dragon déchu / Peter Hamilton : 10/10
  • Des dinosaures et des fourmis / Liu Cixin (excellente lecture. Mais comme pour l’humanité, on coopère et puis la guerre…)
  • Zoo / James Patterson
  • Vers les étoiles / Brandon Sanderson (nouvelle tentative pour un Sanderson et bof)
  • Methanic / Vincent Maillard
  • La maison Harkonnen / Brian Herbert et Kevin Anderson
  • La maison des Atréides / Brian Herbert et Kevin Anderson
  • La mort de l’auteur / Nnedi Okorafor (de l’écriture, une femme-machine ou une machine-femme ou peu importe, des tensions familiales… un excellent roman)
  • Lever de soleil sur le moisson / Suzanne Collins
  • Vers les étoiles / Mary Robinette Kowal (les femmes ont leur place aussi dans la conquête de l’espace)
  • Dernière chance pour l’humanité / Robert J. Sawyer (lhumanité est contactée par on ne sait qui et pour on ne sait quoi)
  • Une colonie / Hugh Howley
  • Buck et moi / Mateo Askampour (le monde du travail, cet univers impitoyable)
  • Déluge / Ben Baxter : il pleut. Il pleut, les océans montent et les terres habitables se réduisent. L'humanité se réfugie en hauteur, des gens meurent par milliards et un milliardaire fait tout ce qu'il pour créer sa vision de la survie du monde. De l'Angleterre aux USA, sur la mer ou sur la terre (un peu), on suit des gens qui tentent de réinventer le monde. Un peu trop de mythe du sauveur, pas mal de références aux grandes religions...
  • Dix jours avant la fin du monde / Manon Fargetton : le monde va cesser d'être, c'est la panique, tout s'effondre. Des gens ne se connaissant pas finissent par se regrouper. Et là ? L'amour ? Vouloir survivre ? Des sacrifices ?
  • Foodistan / Ketty Steward : la faim, la nourriture, des régimes alimentaires et des recettes. Mais, surtout, des jeux avec les mots et un très bel "exercice" d'écriture.
  • Eutopia / Camille Leboulanger : une utopie où la propriété n'existe pas (physique, familiale, relationnelle, entrepreneuriale). Et puis, il y a Bob. Et Gob est un personnage qui détonne et bouscule les choses.
  • Sixième Colonne / Robert Heinlein : les asiatiques envahissent les USA et battent le commandement politique et militaire. La situation est perdue jusqu'à ce qu'un officier quelconque arrive dans une base secrète et mette en place un plan pour renverser la situation : on crée une fausse religion (l'envahisseur tolère les religions car elles permettent de maintenir le moral des esclaves), on utilise un rayon laser prodigieux qui a réponse à tout... et c'est la guerre des "Blancs" contre les "Jaunes".... l'intrigue est simpliste, la confrontation aussi. Pas mal de clichés, de stéréotypes, de choses faciles (le laser) mais les pages se tournent et c'est déjà pas mal.
  • Termush / Sven Holm : une catastrophe, des gens réfugiés dans un hôtel, avec le confort ; ils ont souscrit pour ça. D'autres n'ont pas été assez prévoyants et arrivent, un par un, puis par plus grand groupe. Et bien entendu, cela perturbe le quotidien du groupe. Des réflexions, des morts, des interrogations et une fin ouverte dans ce court roman (un peu plus de cent pages). 
  • Chroniques de Caladan (L'Héritier) / Brian Herbert et Kevin J. Anderson : l'Empereur se fait manipuler et l'Empereur n'est pas content, alors il punit et envoie ses troupes. Léto se retrouve au pied du mur, Jessica tente tant bien que mal de reprendre sa vie en main et Paul préfère prendre du bon temps en allant repousser ses limites avec Duncan Idaho. Une bonne conclusion pour cette trilogie, même si elle nous laisse un peu sur notre faim. A voir aussi la façon dont cela s'articule avec une Princesse de Dune.
  • Chroniques de Caladan (La Dame) / Brian Herbert et Kevin J. Anderson : Ce roman met l'accent sur le Bene Gesserit et la façon dont cette organisation maintient et développe son pouvoir ; c'est l'organisation qui compte, sa survie, et les dames n'ont pas leur mot à dire. C'est aussi, dans ce livre, la continuation des intrigues politiques : la famille Harkonnen contre les Atréides, la CHOM, Jaxson... on sent que c'est un tome coincé entre deux (et dans une saga dont on ccait déjà la suiteà qui met en place des futurs éléments de l'intrigue.
  • Apprendre, si par bonheur / Becky Chambers : un court roman, assez intimiste. Quatre personne dans l'espace, l'espoir d'une humanité en fin de route. Des planètes explorées, des vies découvertes, et puis le silence radio. Et ensuite ?
  • Chroniques de Caladan (Le Duc) / Brian Herbert et Kevin J. Anderson : un Empereur et son empire frappés en plein coeur et des bouleversements politiques qui s'annoncent. La drogue est importante que ce soit sur Dune ou sur Caladan, la planète gouvernée par Atréides. Le roman montre la droiture de Leto Atréides qui le pousse à prendre des décisions qui désarçonnent son fils, et placent sa femme Jessica au pied du mur (d'autant plus qu'elle a des devoirs envers l'ordre Bene Gesserit). Si c'est le premier tome d'une trilogie, il ne se contente pas d'introduire les personnages car il s'inscrit dans une saga plus vaste. Les personnages ont donc une longue histoire derrière eux, et on se retrouve plongé dans des intrigues, de l'action et des personnages qui ont déjà "vécu".
  • Princesse de Dune / Brian Herbert et Kevin J. Anderson : le roman se déroule avant le premier tome de la saga, Dune, écrit par Kevin Anderson. Des complots, des complots et encore des complots. On suit trois intrigues principales (un ambitieux militaire dégoûté par ses commandants militaires, les Fremen et leur volonté de chasser les Harkonnen, la cour impériale de l'Empereur Shaddam et ses cinq filles) qui finissent par se rejoindre dans un final haletant et prenant. Mention spéciale à la princesse Wensicia qui veut faire ses preuves, ne plus être que la troisième fille de l'Empereur... (d'ailleurs trois des cinq filles, Wencisia, Irulan et Calice sont intéressantes à suivre, les autres sont anecdotiques). On sent bien dans ce roman que l'Empire tremble, que le pouvoir ne tient pas à grand-chose même si la machinerie impériale est redoutable. La culture d'Arrakis (Dune) via les Fremen est bien développée. Le style d'écriture ne ressemble pas à celui d'Herbert mais cela reste très agréable à lire. Et plusieurs allusions à une certaine prophétie...
  • Le futur / Naomi Alderman : voilà un roman bien étrange. L'histoire est pourtant assez simple puisqu'on suit trois dirigeants (et/ou créateurs) de trois grandes entreprises technologiques qui pèsent et influencent sur la marche du monde, et quelques personnes qui gravitent autour. Ces trois-là sont convaincus que la fin du monde, ou en tout une immense catastrophe, approche et qu'il faut se mettre à l'abri ; ils se préparent donc à ça. Mais, c'est aussi un roman qui questionne l'importance des technologiques et les limites qu'on leur fixe ou non, c'est un roman qui questionne la survie, le besoin amoureux (notamment le deuil et la rencontre). Et, en réalité, il est question de manipulation, d'un plan particulièrement retors visant à tenter de remettre l'humain au centre des choses. Jusqu'à où est on prêt à aller pour faire ça ?
  • Le vieil homme et la guerre / John Scalzi : John Perry a dépassé les 75 ans et voit son corps dépérir. Alors plutôt que de vivre une lente agonie, il s'engage dans les Forces de défense coloniale, une organisation qui développe militairement l'expansion humaine dans la galaxie. La rumeur veut qu'ils aient trouvé un moyen de rajeunir les gens... la vérité est légèrement différente. Mais, dans tous les cas, John apprend un nouveau métier, il apprend à faire la guerre et tuer toutes les autres espèces que les humains croisent (il faut bien implanter des colonies). Là-haut ou là-bas, John crée des liens, rencontre des personnes dont une (dans le dernier tiers du roman) qui le bouleversera grandement. Beaucoup de batailles et donc de morts, des pertes qui marquent, des réflexions sur ce qui fait l'humanité. Est-on encore humain quand on est augmenté ?
  • Abysses / Frank Schätzing : il s'en passe des choses sous l'eau. Des petits événements anodins (des disparitions, des bateaux qui coulent) nourrissent de premiers doutes. Et puis des tsunamis, et là plus de place à l'hésitation. Quelque chose se trame et cela a l'air coordonné. Mais par qui ? Un bien bon roman qui mélange enquête, science (maritime, de la vie, etc) et catastrophe, ainsi qu'une bonne couche de religieux (vu qu'une partie des protagonistes se sent investie d'une mission divine de protéger l'humanité). Des personnages développés, une exploration de leur culture et de leurs origines.
  • L'homme des jeux / Iain M. Banks : premier ou second livre du cycle de la culture selon l'ordre de lecture. On demande à Gurgeh, un joueur, d'entrer en contact avec une nouvelle civilisation, un Empire où tout repose sur un jeu l'Azad. Gurgeh se retrouve alors plongé dans un monde inconnu où il est manipulé. Lecture sympathique, pas toujours simple avec ces concepts et ces termes. La découverte d'Azad est le gors point fort du récit, notamment toute son orgnisation sociale et sociétale (les trois genres, les punitions, les révolutionnaires, la saleté, l'opulence, le concept d'Empereur, etc.) ; plus on va dans la lecture, plus les scènes de sexe présentes sont extrêmes et parfois dérangeantes. 
  • Nos coeurs disparus / Celeste Ng : les Etats-Unis sont en crise économique. Les gens perdent tout, maisons, emplois. Alors un sénateur désigne un bouc-émissaire : la Chine. Les chinois vivant (ou ceux qui ressemblent à des chinois) sont traqués, montrés du doigt, frappés et humiliés... On suit un fils qui vit avec son père, sa mère a disparu ; elle est une chinoise. Lui vit dans le pays qui a changé, où il faut montrer avant tout des valeurs patriotiques pour ne pas être puni. La moindre incartade (une pensée, un livre lu non conforme) peut suffire : les enfants sont séparés des parents, on finit en prison... Et puis, un jour, le jeune Bird voit un signe. Et si sa mère cherchait à le contacter ? Le roman alterne entre passé et présent, entre différents narrateurs. Le contenu de l'oeuvre est plus qu'intéressant, même si le style brille par son efficacité.
  • L'ère de la supernova / Liu Cixin : une étoile chauffe trop, une vague vers la Terre et les adultes condamnés à mourir, il ne reste que les enfants de moins de treize ans. Avant de mourir, se sachant condamnés, les adultes de tous les pays préparent les enfants (certains) à la gestion du pays. Dans ce roman, on suit principalement les choses du point de vue d'enfants chinois, et ensuite américains. C'est une très bonne lecture, assez déprimante : les enfants ne valent pas mieux que les adultes.
  • 2034 / Elliot Ackerman et James Stavridis : dans les mers de Chine, un navire américain aide un chalutier chinois. Et c'est le début des ennuis et de la guerre. Dans ce roman, on suit un affrontement à la mort entre la Chine et les USA, avec l'aide de la Russie, de l'Inde et de l'Iran. C'est une lecture entraînante et plaisante. Le livre est raconté par des gens bien placés dans le commandement, cela manque donc un peu de moments intenses émotionnellement parlant...
  • Le Ministère du futur / Kim Stanley Robinson : le temps change, une canicule mortelle frappe l'Inde et le pays prend des mesures extrêmes. La suite ? Une réaction en chaîne, des actes qui dépassent la logique (des morts douteuses, des avions attaqués, le commerce maritime mis à l'arrêt) et des nouvelles façons de faire (créer de la glace sur la banquise, montgolfières, bateaux à voile, etc) ; et donc le fameux ministère du futur. Et dans la grande histoire, des petites histoires. Très très bon bouquin.
  • Lionel Shriver / A prendre ou à laisser : un couple décide de se tuer quand ils auront 80 ans, le livre développe plusieurs scénarios (ils le font ou non, un seul le fait, ils sont surpris avant de le faire, ils ne le font pas et partent en maison de retraite...). Dans une Angleterre en plein Brexit et en plein Covid, la sf n'est pas présente dans la moitié du roman ; il pourrait s'agir d'un simple roman (très bon). Mais quelques scénarios nous plongent dans un futur inconnu (cryogénisation, immortalité, etc).
  • Vénus / Ben Bova : quoi de mieux que motiver les gens que l'argent ? Quand on offre dix milliards pour aller sur Vénus, cela suscite des intérêts. Une exploration spataile donc mais aussi une histoire de la famille, et beaucoup de rancune et de haine.
  • La parabole du semeur / Octavia Butler : des USA perdus, de la violence partout, une communauté qui tente de survivre. Qui tente et qui n'y parvient pas, la narratrice doit partir. Très bonne lecture (de la tension, de la réflexion sur les gens), un peu de poésie, des passages durs (Keith), des fous furieux du feu et de la naïveté
  • Chroniques de la fin du monde, tome 2, L'exil / Susan Beth Pfeffer (Mêmes événements que lors du premier tome sauf que cette fois-ci, on suit un frère et deux soeurs à New York. Toujours autant l'omniprésence de la religion, mais l'ambiance, l'atmosphère sont très plaisantes à suivre et montrent bien que rien ne va. Le frère est bien énervant)
  • Chroniques de la fin du monde, tome 3, Les survivants / Susan Beth Pfeffer (La suite, la famille, des retrouvailles, l'amour surgit et c'est toujours aussi catastrophique. Ailleurs, ça ne compte pas)
  • Air / Bertil Scali et Rapahaël de Andreas (Dictature écologique en France, fuyons dans l'Aubras. Une lecture plus que sympathique et prenante malgré les trop nombreuses références religieuses)
  • Chroniques de la fin du monde, tome 1, Au commencement / Susan Beth Pfeffer (la Lune change d'orbite et tout déraille. On suit au jour le jour une adolescente d'une famille américaine. Bien aimé les personnages secondaires, notamment la délurée religieuse)
  • L'Eveil du Leviathan (The Expanse 1) / James S.A. Corey
  • Alfie / Christopher Bouix (une IA dans une famille, une IA apprenante et quatre humains qui tentent de faire avec)
  • La ballade du serpent et de l'oiseau chanteur / Suzanne Collins (Snow est ambitieux, beaucoup trop même : pas étonnant qu'il pense que tout le monde en a après lui)
  • Aurora / David Koepp (le soleil chauffe trop, plus d'électricité, un frère et une soeur brouillés, un ancien copain drogué, bourré, paumé, que peut-il se passer ?)
  • La société protectrice des Kaijus / John Scalzi (dommage, pas beaucoup de dégâts, lecture plaisante et rapide. Se faire virer et atterrir dans un autre monde, pourquoi pas ?)
  • Le Messie de Dune / Frank Herbert (Duncan Idaho. Un aveugle voit quand même. Merci Chani)
  • Le monde perdu / Michael Crichton (le retour des dinosaures)
  • Le meilleur des mondes / Aldous Huxley (comment fait-on des bébés ?)
  • Jurassic Park / Michael Crichton (les dinosaures sont là)
  • Extraction / Matthew Mather (il fait froid à New York)
  • Le passeur / Lois Lowry (vois-tu les couleurs ?)
  • Martiens, go home / Fredric Brown (les martiens arrivent)
  • 1Q84 / Haruki Murakami (sur l’écriture)
  • Planète interdite / WJ Stuart
  • 1984 / George Orwell (l’amour et la dictature)
  • L’unité / Ninni Holmqvist (sur la vieillesse)
  • Fahrenheit 451 / Ray Bradbury (ne brûlez pas les livres)
  • La ferme des animaux /George Orwell (même chez les cochons, il y a des luttes de pouvoir)
  • Alien Earth / Megan Lindholm (un vieux se réveille)
  • Anthologie Joyeuses apocalypses / Jacques Spitz (rien que pour la guerre des mouches)
  • Version 5.12 / Reinhold Ziegler (la ville intelligente va trop loin)
  • Hunger Games / Suzanne Collins
  • Les Brillants / Marcus Sackey
  • Zéro / Marc Elsberg
  • Redshirts / John Scalzi
  • Google Démocratie / David Angevin et Laurent Alexandre
  • Ubik / Philip K. Dick
  • L’organisation Wong / Guy Adrian
  • Le Sixième hiver / Douglas Orgill et John Gribbin (il fait froid)
  • Seul sur Mars / Andy Weir (survivre sur une planète inconnue)
  • Supernormal / Robert Mayer (un héros à la retraite revient)
  • La désobéissante / Jennifer Murzeau (une femme fait un bébé dans une France en chute)
  • Roma Aeterna / Robert Silverberg (Rome a changé)
  • Marseille 2040 / Philippe Pujol (sur la santé)
  • Dans la google du loup / Christine Kerdellant
  • Daryl / Nancy Kleinbaum
  • Terre errante / Liu cixin
  • Blade Runner / Philip K. Dick
  • Evolution / Marc Elsberg (des hommes modifiés)
  • Dune / Frank Herbert
  • MotherCloud / Rob Hart (la toute-puissance d’une entreprise)
  • Carbon diaries 2015 / Saci Lloyd (la vie d’une jeune adolescente dans une Angleterre où tout est rationné)
  • Carbon diaries 2017 / Saci Lloyd
  • Ecotopia / Ernest Callenbach
  • Le coeur et le chaos / Jennifer Murzeau
  • L’épidémie / Asa Ericsdotter (sur l’obésité)
  • Le 33ème mariage de Doria Nour / Hazem Ilmi (une femme refait sa virginité dans une Egypte changée)
  • Mars / Ben Nova (premier voyage vers Mars)
  • Le cercle / Dave Eggers (les interrogations d’une employée dans une entreprise de tech)
  • Exode / Jean-Marc Ligny (survivre en Europe)
  • L’assemblée des animaux / Filelfo
  • La dictatrice / Diane Ducret (une femme veut sauver l’Europe)
  • Blackout / Marc Elsberg
  • World War Z / Max Brooks (survivre face aux zombies)
  • La nuit des temps / René Barjavel
  • Le labyrinthe / James Dashner
  • Fondation / Isaac Asimov
  • Rapport minoritaire / Philip K. Dick (un homme puissant accusé)
  • Foster, vous êtes mort / Philip K. Dic
  • Un jeu guerrier / Philip K. Dick
  • Ce que disent les morts/ Philip K. Dick
  • Ah les Gélates / Philip K. Dick
  • Souvenirs à vendre / Philip K. Dick
  • Les 100 voix / Elen Icreis (des gens choisis au hasard survivent et tentent de s’en sortir
  • Un océan de rouille / C. Robert Cargill (les robots ont gagné et maintenant se font la guerre)
  • Legend / Marie Lu
  • Prodigy / Marie Lu
  • La planète des singes / Pierre Boulle
  • Veggy vs Zombies / Lydie Wallon (un livre bien sympa autour d’une intrigue simple mais prenante, et ça se passe en France, et il y a des végétariens et des buveurs de sang qui copulent)
  • Projet Mars / Andreas Eschbach (des adolescents sur mars, est-ce que ça peut fonctionner?)
  • Godzilla / Shigeru Kayama (le Japon a peur)
  • Risque zéro / Olga Lossky (la santé, des puces, une entreprise privée et un couple qui se déchire)
  • 42 degrés / Wolf Harlander (il fait chaud en Europe, bien trop chaud. Les gens se déchirent, l'Etat tente de faire face)
  • Les chaînes de l'avenir / Philip K.Dick
  • Ready Player One / Ernest Cline
  • Carbone modifié / Richard Morgan
  • Les 100 / Kass Morgan
  • Chien 51 / Laurent Gaudé (la Grèce, encore et toujours à vendre)
  • L'aube est bleue sur Mars / Florence Hinckel (l'amour toujours et partout, dans l'espace et sur une Terre en fin de course)
  • Le naufrage de Venise / Isabelle Autissier (une famille et des ambitieux)
  • Les chroniques de l'Armageddon / J.L. Bourne (les armes sont la réponse à tout, mais au final il ne reste pas grand-chose)
  • Ready player two / Ernest Cline (une IA pervertie d'un homme jaloux, que peut-on espérer de bon ?)

samedi 15 août 2026

Fitz et la torture

La vie de Fitz a été tout sauf un long fleuve tranquille. Il a traversé bien des épreuves compliquées. Une des plus marquantes a été la torture subie dans les cachots de Castelcerf. Capturé par les hommes de Royal alors qu’il était accusé d’avoir tué le roi Subtil, il a été battu à en mourir.


Prisonnier, Fitz n’a aucune échappatoire. Il se rend vite compte qu’il ne pourra pas quitter sa prison. Il sait aussi qu’il ne peut pas se défendre tant la confrontation est déséquilibrée. Royal ne commet pas l’erreur de se tenir seul face à lui ; il le fait entouré d’hommes. Ce sont des individus capables qui savent taper où cela fait mal. Fitz adopte alors une attitude de protection : « je parvins à la conclusion que mon corps disposait de ses propres moyens de défense contre la douleur physique : l’évanouissement ou la mort ». Autrement dit, il est réaliste, résigné. Il sait que d’une façon ou d’une autre il va mourir dans cette cellule. Car, les méchancetés infligées ont un but : Royal cherche à affaiblir Fitz pour pénétrer son esprit et lui faire avouer ses plus sales secrets. Il veut aussi voir Fitz utiliser son Vif, voir de ses yeux le loup surgir en lui. Et, il pense y réussir en le brisant, en lui infligeant une forte douleur (« ce fut un bruit à lever le coeur suivi d’une douleur insoutenable, une souffrance si intense que je n’eus soudain plus conscience d’aucune autre »). C’est d’autant plus marquant que Fitz a subi son lot de mésaventures : il a été battu, il a pris des coups en combattant les Pirates Rouges, il a été attaqué par des forgisés… Et pourtant, cette douleur est une des plus horribles.


Le temps a passé et Fitz tente de refaire sa vie. Tiré de la mort grâce à la magie et les soins de Patience, il apprend à nouveau à être humain. Ce ne sont pas les simples gestes du quotidien qui le freinent le plus dans son apprentissage mais plus le traumatisme de sa torture. On se rend compte que ni son corps ni son esprit n’ont oublié ce qui s’est passé. La blessure est toujours vive et béante. Elle le hante surtout les nuits où il est seul face à lui-même, où il n’est pas tenu occupé par Burrich ou Umbre. Il ne se contente pas de revivre ce qu’il a subi, il revit également les émotions, la douleur, la souffrance («  des rêves commencèrent à me venir la nuit, brefs et très nets, instants de feu pétrifiés, souffrance intente, peur sans espoir (…) la peur accablante qui me laissait tremblant de tous mes membres, suffocant, les larmes aux yeux »). Fitz doit faire face à ça tout seul : personne ne peut l’aider, pas même Burrich ou Oeil-de-Nuit. D’ailleurs, il ne parvient pas à passer outre. Il est totalement dominé. Il lui faudra de longs mois pour passer outre. Et, ce n’est même pas un travail de sa part. Non. Il baisse les bras, il abandonne. Le souvenir de la torture est bien trop lourd pour ses épaules. Il se rend compte qu’il ne pourra jamais vivre avec alors il se déverse dans la Fille-au-dragon (« prends mes jours et mes nuits dans les cachots de Royal, savoir ce qu’on m’a fait suffit ; prends-les et garde-les, que je ne sente plus mon visage contre ce sol de pierre, que j’entende plus mon nez se briser, que je ne perçoive plus le goût ni l’odeur de mon propre sang »). La solution peut paraitre facile, elle est néanmoins efficace. Il se sépare d’un poids énorme.


Le lecteur a vu Fitz se cacher dans sa cabane, chérissant sa solitude. Donner une partie de lui à ce dragon a été comme une petite forgisation. Se priver de ce qu’il a ressenti durant la torture ainsi que d’autres choses a donc eu un effet sur sa personnalité. Cela a donc eu un effet sur son comportement.

Le Fou connait bien Fitz. S’il va et vient dans sa vie, il est un de ceux qui le cerne le mieux. Le Fou voit au-delà de Fitz, au-delà du rôle qu’il joue. Le Fou voit le réel Fitz et le réel Fitz est un « enfant battu (…) à jamais terrifié ».

En réalité, Fitz n’a jamais guéri de sa torture. C’est aussi le cas physiquement. Quand Umbre et les autres tentent de le guérir après son combat contre Laudevin, son vieux mentor se rend compte que le corps de Fitz n’a jamais dépassé la torture. Des décennies après, il porte encore des blessures, des dommages : « je t’ai vu de l’intérieur, Fitz ; j’ai vu les dégâts qu’a subis ton crâne dans les cachots de Royal, et d’autres fractures mal ressoudées sur les os de ton visage et tes vertèbres ».


Option tourisme