Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

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jeudi 26 février 2026

Fitz désire-t-il le Fou ?

Fitz est clair. Il ne ressent aucun désir physique pour le Fou, il n’a pas envie de coucher avec lui. La simple idée le dégoûte et lui fait perdre tous ses moyens. Quand quelqu’un ose suggérer que les deux amis sont amants, il perd tous ses moyens toute logique.


Il prend bien soin de dire à tous que le Fou est un ami, simplement un ami. Et qu’il n’y a rien de plus entre eux. Le Fou est un homme et Fitz aime les femmes. Mais, Fitz ne peut pas contrôler ce que le Fou dit ou laisse entendre. D’autant plus que le Fou a l’habitude de parler de façon détournée, parfois peu claire. Il manie si bien les mots qu’on peut y trouver le sens qu’on veut. Ainsi, le Fou, sans doute avec un peu de méchanceté, taquine Astérie en disant que Fitz et lui ont une relation qui va au-delà de l’amitié. Jalouse, Astérie confronte Fitz : elle veut savoir ce qui se passe réellement entre les deux. 

La même chose se passe des années plus tard quand Jek, une amie du temps où le Fou était Ambre, se rend à Castelcerf. Jek se rend compte à quel point la vie d’ Ambre (ou Sire Doré ou le Fou) est un gâchis. La jeune femme n’ayant pas sa langue dans sa poche, elle s’en va trouver Fitz pour le mettre au pied du mur.

Et, bien entendu, le bâtard est offusqué. Il nie toute aventure avec le Fou et le confronte même : « tu as laissé Astérie et Jek imaginer que nous pouvions être amants (…) De ton point de vue, il n’est peut-être pas grave que Jek te prenne pour une femme amoureuse de moi, mais je suis incapable de traiter ce genre de suppositions pardessus la jambe ».

Fitz se sent presque insulté. Il a l’impression d’être trahi, d’être victime d’une bien mauvaise plaisanterie.


Ce qui est surprenant avec Fitz est son immense maladresse. L’Art ou le Vif ne lui ont pas permis d’acquérir du tact. Il lui arrive de dire des choses qui blessent, qui font réellement mal. On en avait vu un exemple quand il avait dit ses vérités à Burrich : il reprochait à son ancien mentor de vouloir diriger sa vie. Il fait la même chose avec le Fou (« Jamais je ne pourrais te désirer comme compagnon de lit. Jamais ! ») Fitz n’avait aucun besoin de prononcer ces mots-là puisque le Fou ne lui a jamais rien demandé. Mais, se sentant tellement menacé, il a voulu régler la question une fois pour toute.

Le Fou tente de le raisonner. Il lui dit que « je n’imposais aucune limite à mon amour pour toi, et c’est vrai, toutefois jamais je n’ai espéré que tu t’offres physiquement à moi ». Cette phrase mesurée et pesée n’a aucun impact sur Fitz tant il est pris par sa colère et sa rage.


Si Fitz est catégorique, d’autres doutent et pensent même que Fitz couche avec le Fou. L’enragée et passionnante Astérie crache son venin quand Fitz la rejette. Ses mots sont clairs : «  ton nouveau maître t’a-t-il inculqué ses moeurs jamailliennes ou bien avais-je tort, il y a tant d’années ? Peut-être que le fou était bel et bien un homme, finalement, et que tu es simplement revenu à tes penchants véritables ». Astérie est vindicative. Si elle est l’autant, c’est parce qu’elle est vexée que Fitz refuse de coucher avec elle. C’est d’autant plus incompréhensible qu’elle était la seule personne à avoir des relations sexuelles avec lui depuis le départ de Molly. Astérie pense donc avoir été remplacée par le Fou.


Devoir et Civil, eux, pensent que les deux ont des relations sexuelles. C’est surtout Civil qui a influencé l’avis de Devoir. En effet, Civil n’a jamais pardonné au Fou de l’avoir embrassé. Fitz doit donc préciser que « sire Doré et moi ne couchons pas ensemble, à dire vrai, je ne l’ai jamais vu coucher avec personne ». Cela laisse entendre que Fitz n’a jamais envisagé le Fou comme un partenaire potentiel.


Mais, à Aslevjal, la Femme Pâle apparait. Elle est le Fou au féminin. Tout dans son attitude, son comportement et sa façon d’être rappellent le Fou à Fitz. Et, Fitz ressent un fort désir pour la Femme Pâle. Quand celle-ci dit que « je vous charmerai mille fois plus que votre fou pitoyable, car nous représentons enfin le couple parfaitement complémentaire, non seulement Prophète et Catalyseur, mais aussi mâle et femelle (…) Je serai tout ce que secrètement il rêvait en vain d’être pour vous », Fitz est à deux doigts de succomber. La Femme Pâle offre à Fitz tout ce qu’il a toujours désiré : une relation totale et complète avec le Fou, un Fou femme. 

lundi 8 septembre 2025

La Femme Pâle avait-elle raison ?

Dans le tome L’homme noir, la Femme Pâle parvient à capturer le Fou et Fitz. En les retenant dans les profondeurs d’Aslevjal, elle atteint un objectif qu’elle s’était fixée depuis longtemps. Surtout, elle rencontre enfin FitzChevalerie Loinvoyant et elle tente de faire de lui son Catalyseur. Mais, c’est un objectif ardu tant Fitz est sous l’emprise du Fou. Fitz est un homme du Fou et il en est fier. La Femme Pâle tente de le convaincre que leur relation est inégale, que le Fou profite de lui et qu’il obtient bien plus que ce qu’il donne : « il danse aux frontières de votre compréhension et vous jette parfois d’infimes indices sur sa véritable nature, comme on jette de petits morceaux de sucre à un chien ». Alors, la Femme Pâle a-t-elle raison ?


Il y a eu de nombreuses fois où l’attitude secrète du Fou a énervé Fitz. Le fou pouvait décider de ne rien dire ou changer de sujet ou s’exprimer de façon peu compréhensible. Il a usé de différents stratagèmes pour éviter d’en dire trop sur lui ; cela ne veut pas dire qu’il ne parlait jamais de lui (au contraire, il a révélé très tôt et plusieurs fois dans l’intrigue à Fitz d’où il venait et qui était sa famille). Il y a eu de moments où cela a pesé pour Fitz et cela l’a fait éclater de colère. C’est le cas quand Fitz est dans la carrière et tente d’aider Vérité à finir son dragon d’Art et de pierre pour lutter contre les Pirates Rouges. Là, Fitz fait face au mutisme de Caudron, de Vérité et du Fou. C’en est trop pour lui et sa fureur est manifeste (« personne dans ce groupe ne veut parler de rien ! »). Ici, s’il en veut au Fou, c’est que ce dernier refuse de lui expliquer ce qui se passe entre la Fille-au-dragon et lui.

Toutefois, il serait injuste de dire que cette manie du Fou à cacher sa vie énerve Fitz. Fitz a souvent été exposé au regard de la cour, on l’a montré du doigt comme étant un bâtard et il ne pouvait pas avoir sa vie à lui. Même s’il est en marge de la famille royale, il reste le fils d’un ancien roi-servant ; autrement dit, il ne peut pas faire ce qu’il veut. Ce n’est pas le cas du Fou qui n’est vu que comme le bouffon du roi, un amuseur, un homme de blagues. Cela lui procure un certain anonymat même si des gens rient de ses blagues et tours. Le Fou n’a pas de pouvoir, ce qu’il fait en dehors de ses tours n’a donc aucun intérêt. Un jour, un Fitz curieux grimpe les escaliers et se rend dans la chambre du Fou. Il s’en veut ensuite, il a l’impression d’avoir violé son intimité. Dans ses excuses au Fou, on sent aussi une pointe d’amertume et d’envie : « ça m’a fait regretter de n’avoir pas un coin qui me ressemble autant que ta chambre te ressemble, un jardin secret comme le tien ».


Il serait injuste de dire que le Fou ne se livre pas. C’est simplement qu’il n’est pas sans cesse à parler de lui, à parler de ce qu’il fait à tout bout de champ. Il sait que le mystère fait partie de sa protection et sans doute aussi de son charme. Il sait que cela fait de lui un être mystérieux. Il comprend aussi que ses secrets peuvent être monnayés et peuvent l’aider à atteindre son but. C’est le cas quand il se lance à la recherche des Anciens. Il propose d’étancher la soif de curiosité de Fitz contre un accès à des documents ; la proposition est claire : « un secret que je détiens contre la permission de me chercher dans les manuscrits un secret (…) le mystère du Fou. D’où il vient et pourquoi ». On peut aussi noter que cette donnée est très importante s’il est enclin à briser sa carapace.


Fitz n’est pas le seul à subir les manigances du Fou. Dans les Aventuriers de la mer, on rencontre le personnage de Jek. C’est une femme avec qui le Fou noue une réelle amitié. Seulement, Jek ne connait pas le Fou sous cette identité, mais sous celle d’Ambre, une fabricante et marchande de bijoux. Jusque là, pas de problème. Mais, des années plus tard, quand le Fou revient à Castelcerf, il se fait sous l’identité de Sire Doré. Et, quand Jek est de passage à Castelcerf, elle se rend compte que le Fou lui a menti. Certes, elle n’en fait pas tout un scandale comme Fitz. Elle est simplement étonnée : « si je n’étais pas au courant, je me serais laissée abuser ! Mais je ne comprends à quoi sert ce subterfuge ». Jek n’est pas réellement choqué que Ambre soit devenu Sire Doré, elle l’est plus qu’elle ne dise rien à Fitz. Selon Jek, Fitz est pourtant le grand amour d’Ambre, celui qui a servi de modèle pour sculpter une figure de proue ! Quand Sire Doré (le Fou ou Ambre) doit s’expliquer, il fait dans le mélodrame et l’exagération. Il la supplie de se taire car si elle « raconte ce que tu sais dans une taverne un soir et c’est comme si tu me tranchais la gorge ». 


Oeil-de-Nuit avait baptisé le Fou en Sans-Odeur. C’est une bonne indication de ce qu’il est, un homme difficile à saisir. Trame, sans doute un des utilisateurs le plus puissant du Vif, ressent la même chose : « même après avoir entendu son nom, j’ai gardé l’impression que je ne le connaissais pas du tout (…) Je le trouve très insolite ; arrivez vous à le percevoir ? » On pourrait penser que Trame est sous le choc de l’arrivée surprise du Fou à Aslevjal ou étonné de voir qu’il a changé d’identité et n’a plus rien de Sire Doté. Mais, cela dépasse ça : même en déployant son Vif, il ne parvient pas à le saisir.


En réalité, très peu de gens peuvent percer le Fou à jour et cela lui plait. A chaque fois que son identité a été découverte, le Fou a été mal à l’aise. Il se sentait exposé, presque en danger. C’est ce qu’il explique à Fitz alors qu’il revient dans la vie de son ami (dans le tome le Prophète blanc). Il lui explique que « toi, tu m’as donné un nom : le Fou, et tu m’as vu , tu as soutenu mon regard quand les autres, désorientés, détournaient le leur ». Là, on comprend que le Fou jouait aussi de son apparence différente pour se tenir volontairement à l’écart. Quand on persistait, cela le mettait mal à l’aise (« t’es-tu jamais douté de l’effroi que tu as suscité en moi ? « )


Kettricken dit de lui que « ce n’est pas un homme comme les autres ». Elle semble accepter et comprendre son besoin de se protéger ou cacher qui il est. 

Encore une fois, ce n’est pas le cas de Fitz. Le bâtard de Chevalerie commet un de ses actes les plus lâches quand il confronte le Fou. Sa colère lui fait perdre toute mesure. Il a peur qu’on soupçonne une aventure entre Sire Doré et Tom Blaireau, son identité à cette époque (« c’est grave, et je veux savoir une fois pour toutes ! Qui es-tu ? Je connais le Fou, je connais Dire Doré, et je t’ai entendu t’adresser à cette Jek d’une voix de femme »). Il n’est pas seulement désespéré, il se sent également trahi. Le Fou ne lui donne pas de réponse claire, il se contente de lui dire que Fitz a déjà tous les éléments en main pour trouver la réponse. Et c’est vrai.


Le tome Adieux et retrouvailles marque un tournant dans la vie de Fitz et du Fou car ils perdent un lien unique qu’ils avaient, le lien d’Argent et d’Art. C’était cela qui permettait à Fitz d’avoir toujours le Fou quelque part près de lui. Le Fou le lui enlève : il sait que leur aventure est terminée, qu’ils doivent maintenant prendre des directions différentes. Fitz n’a plus en face de lui qu’un étranger : « mon ami d’enfance, mon compagnon d’adolescence avait disparu. Il avait détourné de moi cette facette de lui-même. Un homme à la peau brune et aux yeux noisette me regardait d’un air compatissant ».

dimanche 24 octobre 2021

Jek, une femme des Six-Duchés à Terrilville

Dans la société très codée de Terrilville, il existe des hommes et des femmes qui bousculent les règles. Ambre, marchande de bijoux en bois, en est un bon exemple : son commerce dans la rue principale est montrée du doigt car elle n’est pas Marchande. C’est également une époque troublée, dangereuse et de changement. Sans doute inquiète, Ambre embauche un garde du corps, une femme prénommée Jek.

Le premier aperçu que le lecteur a de Jek marque durablement son personnage. Les propos sont clairs, présentant Jek comme une femme ouverte à ses désirs et envies physiques et sexuels, mais aussi comme une femme capable. Sa première interaction n’est pas anecdotique, elle est avec Althéa et cela va durablement marquer Althéa, qui va sans cesse se comparer à elle. Ambre prévient une Althéa déguisé en homme que Jek « va être déçue quand elle découvrira que tu es une femme. Et elle va le découvrir. Rien n’échappe à Jek ». Althéa et Jek vont nouer une relation presque amicale, précipitée par les circonstances : au bord du gouffre, la famille Vestrit décide de renflouer la vivenef folle, le Parangon. Il lui faut un équipage et Jek en fera partie. Mais, la vie à bord impose la promiscuité et une Althéa craint que le caractère de Jek ne soit trop débordant (« la seule inquiétude d’Althéa était qu’elle se montre trop amicale avec les hommes. Elle n’avait pas trop fait mystère de ses joyeux appétits. Cela ne risquait-il pas de créer des ennuis à bord ? ») Et bien entendu, Jek est frustrée de ne pas pouvoir contenter ses appétits. Comme elle n’est pas du genre à se morfondre, elle se perd dans ses rêves qu’elle n’hésite pas à partager avec ses camarades de cabine : « la vie à bord et les règles qui l’obligeaient à une période d’abstinence contrariaient sa nature. Si elle ne pouvait satisfaire son corps, elle tenait souvent à partager ses fantasmes avec Ambre et Althéa ».

Jek est trop différente pour ne pas être remarquée. Ses liens avec Ambre lui permettront de rencontrer un bon nombre de personnages importants de l’histoire. Et tous auront un avis tranché sur elle. Comme sa tante Althéa, Malta a un bon nombre de préjugés sur les Six-Duchés : si Althéa les considère comme un pays barbare, Malta est plus intrigué par certaines des habitudes. C’est ainsi qu’elle dit d’Ambre qu’elle « vit avec avec une femme s’habille et comporte en homme ».

Althéa remarque que Jek « avait le goût des défis, mais prompte à l’ennui et négligente dans un travail répétitif ». Brashen a bien cerné la jeune femme, il sait que son parcours de vie est plus qu’intéressant car elle a navigué sur les bateaux duchéens : « elle a acquis une bonne expérience de la mer dans les Six-Duchés (…) elle est agile et téméraire. Je serais idiot de refuser pareil matelot. Je serais aussi un idiot de la loger en compagnie des vauriens de l’équipage ». On le voit bien, traiter Jek n’est pas compliqué : tout le monde connaît ses envies et ses capacités. C’est une personnalité différente des autres femmes de cette saga. Elle a la liberté sexuelle d’une Etta combinée aux compétences d’Althéa, tout en n’étant pas brimée par les mœurs et coutumes de Terrilville. Tout cela contribue à créer une forme de jalousie chez Althéa : « Jek respirait la santé, éclatait de vitalité. Élancée, musclée, elle se comportait avec le plus grand naturel (…) Jek avait grandi dans les Six-Duchés et elle revendiquait l’égalité comme un droit ». Tout le chemin qu’Althéa doit faire pour se construire, Jek l’a déjà fait.

Même Kennit, le roi des Pirates, sera impressionné par Jek. Il la voit comme une « femme étonnante, grande, blonde et hardie ». C’est sans doute dû au fait qu’elle lui tient tête, qu’elle lui résiste (« Kennit avait donné l’ordre qu’on garde Jek enfermée dans une des soutes aux câbles. Hiémain avait réussi à lui rendre visite. Elle l’avait accueilli avec un feu roulant de questions sur Althéa. Comme il était dans l’incapacité de répondre, elle lui avait craché dessus »). Jek tombe plus ou moins sous le charme de Kennit, de ce qu’il a fait, de son combat contre l’esclavage. Cela va la conduire à remettre en cause les accusations d’Althéa. La jeune femme Vestrit dit que le pirate l’a violée, a profité d’elle en la droguant. Jek n’est pas la seule à ne pas la croire, c’est aussi le cas de Hiémain. Comme lui, elle lui trouve des excuses : « pourquoi t’aurait-il violée ? Il a une femme à lui, il a interdit le viol sur son navire, et il a la réputation d’être un homme d’honneur ».

La description la plus juste de Jek est celle partagée entre Vivacia et Ophélie, deux vivenefs. La première affirme que Jek « est trop occupée à vivre. Elle ne perd pas son temps en regrets ».

vendredi 23 avril 2021

Quelques rencontres entre Fitz et les personnages des Aventuriers de la Mer et des Cités des Anciens


Jek : Alors c’est un fichu crétin. Fichu mais beau, il faut le reconnaître, malgré son nez cassé. Je parie qu’il était encore plus séduisant avant.
 
Jek est un personnage secondaire dans le cycle des Aventuriers de la Mer. Elle navigue à bord du Parangon quand Brashen, Althéa et Ambre décident de partir à la recherche de la Vivacia. Originaire des Six-Duchés, Jek détonne sur le bateau. Elle assume ses envies, sa sexualité et sa féminité. Althéa se comparera souvent à elle et on a un certain nombre de situations où on la voit évoluer physiquement des hommes (matelots, capitaines et autres). Ambre (le Fou) et elle noueront des liens d’amitié et elle sera la représentante du Fou après que ce dernier retourne aux Six-Duchés. Jek sait que Ambre aime un homme, elle sait à quoi il ressemble puisqu’il a donné à la figure de proue du Parangon son visage. Mais, Jek est victime comme tant d’autres de la manie des secrets du Fou. Quand elle vient à Castelcerf lui rendre visite (dans le tome Serments et deuils), elle tombe nez à nez avec Fitz (qui vit sous l’identité de Tom Blaireau). Comme Fitz et le Fou partagent un logement, elle en conclut qu’ils vivent ensemble. C’est bien entendu faux. Mais c’est trop tard car elle a abordé Fitz sous cette optique. Fitz, paniqué, confronte le Fou et les choses dégénèrent. Ambre partage le point de vue du Fou sur la beauté de Fitz ; Dans le roman La voie magique, on peut lire ceci : «  Hésitants, ses doigts frais caressèrent mon visage, suivirent la balafre et l’arête brisée du nez. Il posa soudain son front contre le mien. « Quand je pense combien tu étais beau ! »


Selden : Aidez-nous à mettre un terme à la menace des chalcédiens.

Selden Vestrit rencontre Fitz dans le second cycle de l’assassin royal, c’est-à-dire juste avant les aventures des Cités des Anciens. Il vient chercher de l’aide contre Chalcède. Chalcède menace à la fois, les Six-Duchés et Tintaglia. Ce ne sont pas juste des querelles frontalières, c’est aussi la volonté du duc de Chalcède d’acquérir du sang de dragon pour prolonger sa vie. C’est l’intrigue qui plongera Selden dans un véritable enfer dans les Cités des Anciens : il sera capturé et son sang (celui d’un Ancien) sera bu par le duc de Chalcède. Pour le moment, il sent quelque chose de particulier en Fitz/Tom Blaireau. Il sent que cet homme n’est pas un simple serviteur, qu’il est bien plus influent que ça. Mais, Fitz reste dans son personnage et joue la carte de l’incompréhension. C’est intéressant de noter que Chalcède et les chalcédiens sont des ennemis de valeur, et pourtant de second plan. Dans le premier cycle de l’assassin royal, ils menacent les frontières. Dans le cycle des Aventuriers de la Mer, ils menacent Terrilville, le Gouverneur et les héros. Dans les Cités des Anciens, ils se lancent dans une chasse aux dragons. Et pourtant, ils sont souvent éclipsés (par les manigances de Royal, la cruauté de Kyle ou Kennit, la manipulation de Hest).


Fitz : J’avais l’impression de n’être qu’un rustaud d’étranger, et c’est ainsi sans doute que les habitants me voyaient, avec mes habits grossiers et un loup à mes côtés.

Le prophète blanc s’ouvre sur des retrouvailles. Fitz revoit Astérie, Umbre et le Fou. Ils lui demandent ce qu’il est devenu depuis que Vérité-le-Dragon a émergé de la pierre. Fitz a voyagé, il raconte au Fou qu’il a été à Terrilville et que la ville ne lui a pas tant plu que ça. Il y a vu de la laideur, des choses qui le mettaient mal à l’aise. Et il avait conscience de ne pas être à sa place. A la lecture des Aventuriers de la Mer, on se rend compte que les gens de Terrilville ont une bien piètre opinion des gens du Nord même si ils commercent avec : ce sont des barbares, des sauvages. Terrilville est une ville riche où l’apparence compte beaucoup, il n’est donc pas étonnant de les voir mépriser ce Fitz-là.


Tatou : Je m’appelle Tatou, Thymara et moi vous remercions de ce que vous avez fait pour notre fille.

Tatou et Thymara sont deux personnages principaux des Cités des Anciens. Ils sont des Gardiens, des gens chargés de s’occuper des dragons. De Cassaric à Kelsingra, la douzaine d’adolescents ont pris soin d’eux. Ils étaient des esclaves, des gens sans avenir et les voilà devenus des Anciens.
Kelsingra est une ville des Rivages Maudits et les gens qui y vivent se trouvent transformés physiquement. Tatou et Thymara ont eu un enfant et comme tant d’autres, elle a une malformation qui la dérange énormément et la fait souffrir.
C’est dans cette cité des Anciens que Fitz et son groupe (Le fou, Cendre, Persévérance, Vigilant) font étape. Après quelques péripéties, ils sont présentés aux Anciens présents. Mais, l’Art déborde et recouvre Fitz, il ne peut contrôler son pouvoir et se met bien involontairement à guérir les malades. Les gens de Kelsingra restent sans voix, ils étaient persuadés que leurs enfants allaient vivre pour toujours avec ces terribles désagréments. Ils sont encore plus admiratifs quand Fitz leur propose un arrangement, à savoir faire venir des artiseurs confirmés pour les aider. On retrouve avec plaisir Tatou et Thymara dans ces quelques chapitres de Sur les rives de l’Art.
Enfin, précisons aussi, que la question parent/enfant est au centre des deux derniers tomes de la saga : c’est donc Fitz qui guérit des enfants malade, c’est Fitz qui se lance à la recherche d’Abeille, c’est Althéa, Brashen et Etta qui voient leurs enfants embarquer vers l’inconnu.


Gringalette (via Kanaï) : elle souhaite que je vous aide par tous les moyens à ma disposition à détruire les Serviteurs et leur cité.

Gringalette est une dragonne et Kanaï son gardien. Gringalette ne parle pas, elle est assez timide. Kanaï est son opposé, il est arrogant et sûr de lui, il se considère comme le protecteur de la cité et fait tout pour que le savoir des Anciens reste aux Anciens. Dans les premiers temps, il apparaît hautain et menaçant pour Fitz. Il gardera d’ailleurs un côté insensible tout le long du récit. Mais, quand Fitz fait référence à Clerres, tout change. Cela réveille en la dragonne de vieux souvenirs et une envie de vengeance ; elle partage la cause du bâtard Loinvoyant.
Au fur et à mesure des pages, on comprend que tout cela dépasse la simple quête d’un père. Il s’agit d’une vieille lutte entre les Serviteurs et les Dragons.


La Vivenef Mataf : tu portes l’odeur d’un dragon que je connais pas.

On apprend dans les Aventuriers de la Mer que les vivenefs sont des navires qui aurait pu être des dragons. Le Mataf doit transporter Fitz et son groupe à sa prochaine étape, jusqu’au navire Parangon et ensuite jusqu’à Clerres. Quand Fitz pose un pied sur le navire, celui-ci perçoit tout de suite son côté inhabituel. Fitz n’est pas un homme comme un autre, son esprit a partagé celui de deux Dragons : Tintaglia et Glasfeu. Mais, ce n’est pas cette présence que Mataf sent, c’est celle de Vérité-le-Dragon. Ce dernier n’a beau être que pierre, il a quand même marqué Fitz. On ressent un certain plaisir à lire ça, cela montre que les liens d’amitié de Vérité et de Fitz étaient sincères, que le Roi des Six-Duchés aimait véritablement son neveu.


Althéa : J’ai hâte de faire la connaissance de l’homme qui partage les traits de mon navire

Althéa Vestrit a épousé Brashen Trell et les deux naviguent sur le Parangon, l’ancienne vivenef folle. Parangon a subi son lot d’épreuves : il a navigué dans des tempêtes, connu le feu, vu tant de gens mourir sur son pont et être torturé. La vivenef est aveugle, sa figure de proue abîmée. C’est Ambre qui lui en sculpte une neuve. Parangon lui demande un visage qu’elle pourrait aimer et bien entendu c’est celui de Fitz qu’elle choisit. Est-ce que Ambre a envisagé qu’un jour Fitz pourrait voir le Parangon ? Sans doute pas. Car quand Fitz voit le navire, c’est un véritable choc pour lui. Tous sont choqués : ses compagnons (Persévérance par exemple), les Vestrit. Seul Parangon ressent autre chose : il est jaloux.


Etta : Prince FitzChevalerie Loinvoyant, grâce à vous, Partage connaît une effervescence, des destructions et des interrogations qu’elle n’a pas connues depuis bien des années. 

Quand Fitz part à la recherche d’Abeille, il endosse le costume de prince des Loinvoyant. Ceux qu’ils croisent réagissent différemment : Alise est dans tous ses états de recevoir un membre d’une famille royale, le matelot Clef voit en lui une paire de mains solides, les dragons se moquent de son rang. Quant à Etta, elle réagit à la fois comme Reine et comme mère, car son fils veut se lancer dans cette périlleuse aventure. Mais là, c’est la Reine qui s’exprime car elle vient de se rendre compte qu’elle va perdre le contrôle de la vivenef Vivacia. Et, la dragonne Tintaglia vient d’arriver à Partage : elle discute, ou plutôt, impose ses plans : elle va détruire Clerres après un passage sur l’île des Autres (ou des Abominations). Ce n’est donc pas étonnant de voir Etta évoquer des choses rarement vues : quelle grande ville peut se targuer d’avoir eu la visite en même temps de vivenefs, de dragons, d’Anciens, d’un Prophète Blanc et d’un catalyseur ? 

lundi 1 février 2021

Des femmes dans les Aventuriers de la Mer

Les Aventuriers de la Mer constituent des romans intéressants à plus d’un titre. Ils racontent l’histoire de pirates et de Marchands, de la famille Vestrit alors que les temps changent. Ils permettent le retour des Dragons et de revoir le Fou sous le costume d’Ambre. Ils explorent différentes cultures en ayant des personnages venant de Terrilville, de Jamaillia, des Six-Duchés, de Chalcède ou encore de Partage.

Contrairement à l’Assassin royal où on ne suivait les aventures que par les yeux de Fitz, la narration se fait ici à travers plusieurs personnages, de tous les âges et de toutes les origines sociales. C’est une des richesses du récit et c’est ce qui permet d’appréhender le sort des femmes.

Les premiers chapitres nous montrent toute la complexité de la situation à Terrilville. Les femmes (non esclaves) peuvent être indépendantes, mener une vie comme elles le veulent (Althéa en est un bon exemple), il y a pourtant le poids des traditions et des conventions à respecter. Ephon et Ronica Vestrit, les parents de Keffria et Althéa, ne font pas que des mauvais choix dans la gestion de la Vivacia, ils sont aussi peu sensibles à ce qui se passe dans leur ville et, plus important, dans leur famille. 

Ephron a bien conscience qu’Althéa “devra bien assez tôt s’installer, devenir une dame, une épouse et une mère”. Il lui refuse la possession de la vivenef familiale tout en sachant qu’il la condamne à un futur qui lui déplaira (“il m’étonnerait qu’elle trouve à son goût ce genre d’existence monotone”). Quant à Ronica, elle finit par comprendre que sa personnalité a écrasé celle de sa fille et elle le regrette. L’histoire est mouvementée à Terrilville et les habitants doivent savoir se prendre en main. Keffria semble mal engagée quand on lit que “comment avait-elle pu ne pas se rendre compte que Keffria devenait peu à peu une simple maîtresse de maison qui suivait les instructions de sa mère, obéissant à son époux, mais prenant rarement position ?”

Dès le début du récit, Althéa est présentée comme une femme volontaire alors que Keffria est plus effacée. On suivra l’évolution de Keffria tout le long des romans, non seulement vis-à-vis de son mari ou de sa mère, mais aussi de sa fille Malta.

Kyle Havre a du sang chalcédien et cela joue grandement dans sa vision de la femme. Hiémain nous offre une affirmation claire sur la culture de ce pays : “chez eux, une femme ne vaut guère mieux qu’un esclave”. Il n’est donc pas étonnant de voir Kyle dominer sa femme et la rabaisser verbalement. Il se moque d’elle, de son caractère et de sa pudeur ; Keffria ne réagit même pas. Elle l’écoute asséner des paroles dures (“rappelle toi le temps qu’il m’a fallu pour t’éveiller à ta sensualité de femme (...) je ne tiens pas à voir Malta, une fois adulte, aussi timide et complexée que toi”). Non seulement Kyle pense que Ronica a pris le dessus sur Keffria mais il ne lui accorde pas non plus d’ascendant sur Malta, leur fille. Quand Keffria le met au courant des manigances de Malta (la jeune fille veut être vue comme une femme malgré ses douze ans), il lui rit au nez. Ce sont alors des propos blessants auxquels elle a droit, des propos qui lui rappellent que son corps vieillit et que les années ont filé : “aucune mère n’a envie de se faire éclipser par sa fille ; une adolescente est pour une femme mûre un constant rappel qu’elle n’est plus dans sa prime jeunesse.” La position de Keffria est d'autant plus surprenante que c'est elle qui est désormais la représentante officielle de sa famille.

Malta a beaucoup de son père et dans une très grande partie de la saga, elle ne se définit que par rapport à lui. Et si elle paraît insupportable pour le lecteur, c’est qu’elle prend volontiers position pour son père malgré toutes les horreurs qu’il commet (le commerce d’esclaves par exemple). Elle sait également appuyer là où ça fait mal. Malta et Althéa ont plus en commun que ce qu’on peut penser. Les deux font face au destin qui les attend, c’est-à-dire épouser un homme dans le cadre d’un accord de famille de Marchands. Elles en parlent avec des termes crus. 

Althéa défie sa famille en général et Kyle en particulier en se laissant submerger par sa colère (“je dois donc faire la pute auprès du plus offrant, du moment qu’il m’appelle son épouse et propose un bon prix de mariage ?”). Malta et Althéa sont étouffées par le poids des traditions et veulent s’en défaire. Althéa va s’échapper à bord d’un bateau alors que la marge de manœuvre de Malta est plus réduite. Elle est trop jeune pour envisager une mesure aussi extrême, aussi fait elle ce qu’elle peut : elle porte une robe non adaptée à son physique lors du bal des Moissons. Surprise et ramenée chez elle, sa mère et sa grand-mère la traitent comme une gamine. Malta enrage puis explose : “tout plutôt que d’être obligée de m’habiller et de me conduire comme une petite fille alors que je suis une femme presque faite; oblifée de toujours me taire, me montrer polie, rester… rester invisible”.

Terriville a ses codes et ses coutumes. Althéa a voulu y échapper, elle replongera dedans lorsqu’elle reviendra dans la cité. On sait que la relation entre les deux soeurs est conflictuelle, Keffria ne rate pas une occasion pour dénigrer Althéa (“tu ne trouves pas bizarre qu’une jeune fille de bonne famille sorte toute seule la nuit ?”)

Les femmes à Terrilville ne sont pas condamnées à la douceur de leur foyer. Elles peuvent tenir des boutiques, être le Marchand de leur famille (et donc voter au Conseil, porter les réclamations et autres) ou naviguer à bord d’un bateau comme Althéa. Mais, il y a une différence entre naviguer sur une vivenef dont le capitaine est votre père et naviguer sur un autre bateau. Brashen le souligne explicitement à Althéa quand cette dernière cherche un bateau pour l’accueillir. Il lui dit qu’ ”il existe des femmes mariées mais la plupart de celles que vous voyez sur les quais travaillent  sur leurs navires familiaux, avec leur père et des frères pour les protéger”. Le sous-entendu est clair. Althéa n’a alors pas d’autre choix que de se déguiser en homme pour pouvoir trouver un travail. Elle en trouve un loin de ses qualifications et de ses compétences d’ailleurs. 

Si la question du viol revient souvent dans les romans, ici, il s’agira plus de la difficulté d’Althéa à faire valoir ses droits. Quand elle demande un certificat, il faut bien qu’il soit à son réel nom, elle ôte donc son déguisement. La réaction du capitaine de la Moissonneuse, Sichel, est claire, il a honte d’avoir été roulé dans la farine et il comprend maintenant pourquoi le voyage a été si périlleux (“pas étonnant que nous ayons eu tant d’ennuis avec les serpents (...) chacun sait qu’une femme à bord les attire”).

On en a eu un premier aperçu avec Kyle, la situation des femmes est bien pire à Chalcède. On en a a confirmation quand le Gouveneur Cosgo fait route vers Terrilville, accompagné par des mercenaires chalcédiens pour le protéger des pirates.  

Il est avec la Compagne Sérille et la façon dont il lui parle montre à quel point il a dévoyé le rôle de ces femmes mais aussi le rôle du Gouverneur. On est passé de la Gouverneure Malowda (“l’auteur de l'établissement des Droits de la personne et de la propriété”) à un homme qui ne pense qu’à ses plaisirs et en particulier sexuels. Sérille essaie d’être le plus honnête possible pour repousser ses incessantes avances, elle tente de faire naître en lui un sens du devoir et des responsabilités. Elle lui assène que “vous n’êtes pas un soi-disant noble chalcédien avec un harem de putains qui se mettent à quatre pattes pour vous caresser et vous flatter quand l’envie vous en prend”. Elle insiste, les Compagnes ne sont pas de banales femmes, elles occupent un rôle important dans la paysage politique de Jamaillia, elle n’est pas une “quelconque créature-objet huilée et parfumée.” Cosgo sait qu’il peut faire chanter Sérille, et il la menace. Il sait que le sort de la femme serait peu enviable dans les mains des chalcédiens et il lui rappelle (“je pourrais te livrer aux matelots. Y as-tu jamais songé ? Le capitaine est chalcédien. Il trouverait tout naturel que je rejette une femme qui m’a déplu. Peut-être te prendra-t-il en premier. Avant de te refiler aux autres”). Les phrases sont glaçantes, Sérille n’est protégée que par la volonté du Gouverneur, il n’y a que ça entre elle et le viol. Et, Cosgo met ses menaces à exécution. Véxé que Sérille se refuse à lui, il la donne. Le capitaine chalcédien ne fait pas que la violer, il lui retire toute humanité (“tantôt il abusait d’elle. Tantôt il faisait comme si elle n’existait pas”). La chute de Sérille se poursuit quand Cosgo minimise ce qui lui arrive (“vous, les femmes, vous en faîtes des histoires ! Après tout, c’est la nature.”)

Malheureusement, Sérille n’est pas la seule femme violée lors du récit. Et comme d’autres, elle partage un autre fardeau : des proches qui tentent de diminuer l’impact de ce qu’elle a subi.

Quand Devon profite de la candeur et du jeune âge d’Althéa pour coucher avec elle, cette dernière va se confier à sa soeur. Keffria montre alors que la solidarité féminine familiale est un bien grand concept et qu’elle est avant tout le produit de son milieu social et culturel (“elle m’a déclaré que je n’avais plus d’avenir, que j’étais une prostituée, une traînée, que j’avais jeté l'opprobre sur la famille”).

Quand Althéa est violée par Kennit, son propre neveu refuse de la croire. Il la considère comme folle, il ne voit que la femme enragée sans chercher à comprendre ce qui déclenche cette colère. C’est Etta qui lui ouvrira les yeux : “cette révolte, chez une femme, rien d’autre ne peut la provoquer. Je l'ai reconnue chez Althéa Vestrit. Je l’ai vue trop souvent. Je l’ai ressentie moi-même.”

Ailleurs, à la suite de différents événements, Malta se retrouve prisonnière à bord d’un navire chalcédien avec le Gouverneur et une Compagne (Keki) en fin de vie. Elle doit aller et venir sur le bateau, et les matelots en profitent pour la toucher de façon inconvenante. La jeune fille se voit toucher les seins, on tente de la déshabiller de force. Elle est tétanisée et sans l’aide de Keki qui lui apprend à dire en chalcédien qu’elle a ses règles, il y a fort à parier qu’elle aurait été violée.

Les romans offrent donc une variété de personnages différents. Les femmes ne font pas que subir. Certaines sont actrices de leur propre vie ou le deviennent. 

Etta a commencé en tant que putain puis est devenue la compagne attitrée de Kennit. Mais, elle est plus que ça, surtout si on la regarde à travers les yeux de Hiémain. Etta n’a pas la poitrine pleine ou la voix gracieuse, elle ne cherche pas non plus à le séduire. Non, Etta ne “présentait ni rondeur ni douceur, rien qui dénotât la moindre féminité (...) Jamais il n’avait senti une telle puissance chez une femme”. Etta est simplement à sa place sur le bateau des pirates et tout ce qu’elle accomplira par la suite le montrera. Elle impose son autorité aux autres hommes. Ils la craignent et la respectent et pas seulement parce qu’elle est la femme du capitaine mais surtout parce qu’elle est une femme impitoyable, sûre de sa force. Elle empêche Kennit d’être assassiné, elle défie et met au pas Sa’Adar.

Dans un autre registre, Grag Tenira est lui aussi ébloui par une femme, Althéa. Sa vivenef, Ophélie, accueille la fille Vestrit à bord pour la ramener à Terriville. Les deux jeunes gens se rapprochent, Grag ne cache pas son intérêt. Il est sous le charme d’Althéa, c’est une belle femme mais c’est aussi une femme capable (“comment faites-vous pour être aussi à l’aise dans un monde que dans l’autre ?”)

La réalité est plus complexe du point de vue d’Althéa. Elle est perdue. Elle l’admet volontiers à Ambre. Elle n’est pas intéressée par le mode de vie que les traditions réservent aux femmes, elle ne veut pas “ce que veut une vraie femme (...) je ne rêve ni de bébés ni d’une jolie maison. Je ne veux pas m’installer ni fonder de famille”. Elle ne sait pas qui elle est et ce qu’elle veut. Cela la frappe d’autant plus après avoir croisé Jek. Jek est une femme des Six-Duchés et dans ce pays (barbare pour les gens de Terrilville), les femmes se comportent comme elles le désirent. Rien ne les force à se marier. Althéa est jalouse de Jek et de sa liberté, notamment en ce qui concerne les moeurs sexuelles. Ses propos sont sans équivoque car on peut lire que “elle est (...) ce que je fais semblant d’être : une femme que son sexe n’empêche pas de vivre comme elle l’entend”. Il faut dire que Althéa, Jek et Ambre partagent une cabine sur le Parangon, le bateau magique fou : ils sont à la recherche de la Vivacia. Et Jek ne se prive pas pour faire des commentaires salaces (“si elle ne pouvait satisfaire son corps, elle tenait souvent à partager ses fantasmes”).

On l’a vu un peu plus tôt, Kyle Havre s’est plaint de la pudeur sexuelle de sa femme. Il espérait que sa fille ne soit pas aussi coincée. Les choses semblent mal embarquées quand on observe la réaction de Malta lorsqu’elle voit le Gouverneur nu (elle doit s’occuper d’elle). On y lit que “son regard fut attiré par les parties génitales du Gouverneur. Le membre pendillant ressemblait à un ver malsain (...) Comment une femme pouvait-elle supporter le contacy d’une chose aussi répugnante ?”. A sa décharge, Malta est encore très jeune. Nul doute que les transformations induites par le Dragon Tintaglia (la fameuse crête) la changeront.

Enfin, il ne faut pas oublier Tintaglia et les vivenets qui sont des figures féminines importantes dans les récits. La dragonne est certaine de sa force et de son autorité sur les humains, elle est après tout la “Seigneur des Trois Règnes” (le ciel, la terre et la mer). Les vivenefs ont des caractères différents. Certaines sont curieuses (Ophélie), d’autres veulent clairement changer la vie de ceux qu’elles accueillent et tiennent en estime. C’est le cas de Foudre (Vivacia) qui dit à Etta que “la femelle ne devrait jamais attendre l’ordre d’un mâle pour ce qui concerne ses affaires”.


jeudi 30 avril 2020

Les secrets de Castelcerf, chapitre 12, Jek

  • Rien que le titre du chapitre suffit à attirer l'attention. Jek ! Jek ! Jek est une personnage secondaire dans les Aventuriers de la Mer. Elle a navigué avec Brashen, Althéa, Ambre, a rencontré Kennit, le Gouverneur ; elle est originaire des Six-Duchés puis s'est trouvée loin dans le Sud à participer à la réalisation d'événements historiques. Elle est décrite comme une femme forte et courageuse, sure de ses envies, capable.
  • Umbre aime toujours autant protéger ses petits secrets. Devoir est Prince, futur Roi et il lui fait encore des cachotteries.
  • C'est vrai qu'Umbre n'était pas là quand les dragons de pierre ont été éveillés. Il n'est pas si étonnant que Fitz ne lui ait jamais fait de rapport suite à son exil volontaire. Mais Kettricken ? Astérie ? Alors peut-être que la montagnarde était en deuil mais Astérie lui a quand même servi souvent d'espionne et de messagère...
  • Heureusement que Kettricken ne quitte pas trop les Six-Duchés et les Montagnes (il y a d'ailleurs très peu de longs voyages diplomatiques jusqu'à présent) car elle verrait que plein de gens doutent de la réalité des dragons des Six-Duchés.
  • Des légendes, des histoire du passé sont évoquées et lèvent un peu le voile sur ce qui a pu arriver aux Anciens et les condamner à disparaître.
  • Fitz et Jek se rencontrent. Les deux se détaillent : Jek remarque forcément que Fitz ressemble à Parangon ou inversement. Comment le Fou/Ambre va-t-il se sortir de tout ça ?
  • Jek lâche le prénom Ambre devant Fitz, ce dernier ne sait pas qui c'est. Elle évoque également Parangon et bien entendu Fitz ne comprend pas. On en apprend également sur les origines de la richesse du Fou.
  • Fitz, Ambre/Le Fou et Jek sont dans la même pièce ! Et Jek ne fait preuve d'aucune finesse. Elle parle d'eux comme si ils étaient en couple, comme si le Fou avait osé avouer son amour à Fitz et que celui-ci avait répondu favorablement. Pauvre Jek, les choses sont bien compliquées entre les deux.
  • Fitz se met à espionner Jek et Ambre. Et il cherche des raisons pour justifier sa conduite. Sacré Fitz. Et on retrouve encore sa phénoménale capacité à légitimer ses mauvais choix.
  • On a des informations sur ce qui passe dans le Sud. Cela va encore et toujours mal avec Chalcède.
  • Jek subit aussi les manigances du Fou. Décidément il a du mal à dévoiler réellement qui il est aux gens, à ses amis proches. Lui qui a voulu compartimenter sa vie se trouve maintenant à en payer les erreurs.
  • Jek, comme d'autres femmes, trouve Fitz beau. Comme le lecteur, elle se rend compte que Fitz peut être aveugle devant certaines évidences.
  • Althéa est enceinte !! C'est sympa d'avoir des nouvelles des personnages des Aventuriers de la Mer. La situation semble complexe entre les envies de la future mère, de Brashen, de la mère d'Althéa (Ronica) et de la vivenef de la famille (Vivacia).
  • Fitz se plonge dans une longue réflexion et comme attendu il remet en question toute sa relation avec le Fou. Il se demande si les rumeurs disant que le Fou aime les hommes sont vraies. Il croit que quelques minutes d'espionnage suffisent à effacer tout ce qu'il sait du Fou, alors qu'ils ont partagé tant de choses. Il est bien obtus et étroit d'esprit pour quelqu'un qui s'est lié (via le Vif) et a donc été intime avec deux chiens et un loup...
  • La petite référence à Oeil-de-Nuit fait toujours aussi mal, le loup manque terriblement à Fitz et au lecteur.
  • Fitz voit les tatouages d'Elliania, des serpents qui la font terriblement souffrir. Il y a vraisemblablement de la magie derrière ça. On comprend qu'elle est prise en otage, qu'on la force à agir et que ce qu'elle fait ne sont pas ses choix. On se sert d'elle pour atteindre les Loinvoyant.
  • Après Jek, Fitz rencontre Selden Vestrit (celui qui chante si bien la beauté et la gloire de Tintaglia). C'est le premier Vestrit que Fitz rencontre. Ils parlent des Dragons et Fitz décide encore de dissimuler qui il est. Comme les choses auraient pu être simples si il n'avait pas été dans cette culture du secret poussée à l'extrême.
  • Selden révèle ses intentions, il veut aider les Dragons, implore Fitz de comprendre. On sait que la survie du dernier Dragon et des serpents ne tient qu'à un fil. Fitz fait celui qui ne comprend pas, se retranche derrière son rôle de domestique ; Selden sait qu'il a en plus en lui que ce qu'il montre.
  • Et maintenant c'est Astérie ! Fitz a une journée bien chargée. D'autant plus que la ménestrelle ne mâche pas ses mots. Elle en veut toujours à Fitz qui l'a rayée de sa vie, qui se contente d'une toute petite vie alors qu'il pourrait avoir beaucoup plus. Les deux s'insultent.
  • Fitz boit. Un peu trop.
  • Fitz est chez Jinna (la sorcière des Haies). Leur discussion montre que Heur est en train de mal tourner malgré leurs efforts.
  • Jinna, elle aussi, est franche avec Fitz et lui reproche sa tendance, son inclination à se morfondre, à vouloir porter la douleur de tous. Pauvre Fitz, lui qui cherchait sans doute un peu plus que ça, un peu plus que du réconfort.

samedi 2 septembre 2017

Et les Aventuriers de la Mer ?

Dans la version française, la saga des Aventuriers de la Mer est découpée en neuf tomes. Les livres s'insèrent, chronologiquement, entre la « Farseer Trilogy » et la « Tawny Man Trilogy », le personnage d'Ambre (autrement connu comme le Fou) faisant le lien. Nous suivons la famille Vestrit (presque uniquement composée de femmes aux caractères différents et marqués) qui fait face à de grands bouleversements : les Pirates se déchaînent, le commerce d'esclaves prospère, le pouvoir du Gouverneur s'effrite (il vit à Jamaillia alors que la famille réside à Terrilville) et la famille se déchire. Ajoutez à cela des bateaux magiques (vivenefs), des serpents, des Dragons et les mystérieux habitants du Désert des Pluies et vous aurez une intrigue riche et passionnante à suivre, surtout si vous aimez la mer, les femmes têtues (oh Malta !) et les intrigues politiques.

En ce qui concerne les personnages des Aventuriers de la Mer, la famille Vestrit est composée de Ronica (la mère), Althéa et Keffria (ses deux filles). Avec Kyle Havre (un marin qui héritera de la fortune familiale grâce à son mariage), Keffria a trois enfants (deux garçons : Hiémain et Selden, une fille : Malta).
Du côté des pirates, on retrouve Kennit (très rusé, il voit à long terme et est ambitieux), Etta (sa compagne). Vivacia et Parangon sont deux vivenefs et sont par leur nature (en bois-sorcier) liées aux Dragons (ici essentiellement Tintaglia).

A la fin du tome 6 de l'Assassin Royal (la Reine Solitaire), le Fou quitte ses compagnons d'aventure pour aller on ne sait où. On le retrouve donc avec grand plaisir à Terrilville sous l'identité d'Ambre, une femme (au passage, encore une couche d'interrogation sur sexe) qui travaille le bois. Tout le long des livres, elle fera un certain nombre de références aux Six-Duchés et même à Fitz ; à la fin, elle sculptera même une figure de proue ayant le visage et les marques de son amour (la hache ou les cerfs qui chargent). Rache (une servante de la famille Vestrit et anciennement esclave) évoque Ambre lorsqu'elle discute avec Ronica Vestrit. Celle-ci est très curieuse d'en savoir plus sur Ambre et elle la soupçonne d'être une ancienne esclave (elle se demande pourquoi elle est autant impliquée à vouloir lutter contre l'esclavage). Rache nous offre une réponse qui montre à quel point Ambre / le Fou tient à Fitz : « elle porte un anneau de liberté à l'oreille (…) je lui ai demandé une fois si elle avait acquis sa liberté ou si l'anneau avait appartenu à sa mère (…) elle a fini par dire que c'était un cadeau de son unique amour. »

Le contexte des Six-Duchés a un fort impact sur la vie de Terrilville, une cité qui repose en grande partie sur le commerce. Ainsi, dès le premier tome « Le vaisseau magique », on apprend que « la guerre du Nord a fait beaucoup de mal à de nombreux clans marchands ». Plus tard, lors du sixième roman « L'éveil des eaux dormantes », des précisions sont apportées de la bouche de la Compagne de Gouverneur qui nous apprend que le royaume du Nord avait une utilité en plus que le commerce (« des dissensions internes et des attaquants du Nord ont paralysé les Six-Duchés pendant des années. Ce royaume gardait Chalcède occupée »). D'ailleurs, on pourra se référer à la visite de Selden Vestrit à la cour de Kettricken lors qu'il propose une alliance pour écraser Chalcède.

Pour autant, il y a une forme de mépris envers les Six-Duchés qui transpire dans la bouche des habitants de Terrilville.
Dans « Le Navire aux esclaves », Althéa Vestrit remarque que «  ce sont des barbares (…) ils passent le plus clair de leur temps à essayer de s'exterminer mutuellement. La plupart d'entre eux ne savent même pas lire ». Difficile de lui donner tort quand on a vu que la guerre fratricide entre Vérité et Royal a failli mener le royaume à sa perte.
Brashen Trell (le compagnon d'Althéa), lui, se moque de la façon de vivre des habitants (« pas mal comme bateau quand on aime vivre comme un tas de barbares qui se délectent d'un ragoût de têtes de poissons »). Ceux de Terrilville seraient donc des gens raffinées et civilisés en opposition à ceux des Six-Duchés qui ne seraient que des sauvages aux mœurs dépassées. Par exemple, ce sont encore Brashen et Althéa qui rigolent de la façon dont on se marie là-haut dans le nord (« on ira aux Six-Duchés et on fera nos promesses sur une de leurs pierres noires »). Ou encore Althéa qui a peur que Jek (une belle femme des Six-Duchés, proche d'Ambre) règle un différend en se battant car c'est comme ça que ça se passe « sur un vaisseau des Six-Duchés, une promotion controversée se réglait à coups de poing sur le pont »).
Si on s'intéresse aux mœurs, il est intéressant de se pencher sur le cas de Jek. Il est clairement indiqué dans les différents tomes qu'elle agit librement dans tous les domaines, elle ne cache pas non plus son intérêt pour les hommes, là où les femmes de Terrilville semblent plus mesurées (Althéa : « Jek vient des Six-Duchés ou d'une de ces contrées barbares. Les femmes se conduisent simplement comme ça là-bas).
Plus globalement, c'est la question de la femme qui est abordée. Dès le premier tome, on a l'impression que la femme s'efface devant l'homme (la façon dont Kyle Havre parle à son épouse Keffria Vestrit, la façon dont il remet à sa place la veuve Ronica Vestrit et s'empare des biens de la famille, son ton lorsqu'il parle à Althéa, et ainsi de suite) ; quand Althéa prend le temps d'observer le comportement de Jek, elle finit par comprendre la raison de son attitude confiante et assurée : « Jek avait grandi dans les Six-Duchés et elle revendiquait l'égalité comme un droit ».

Brashen a beaucoup voyagé et est donc un témoin fiable des pratiques des autres pays. Il fait souvent allusion au fait que dans les Six-Duchés les femmes valent autant que les hommes : « il y a des femmes capitaines, et parfois même les équipages ne sont composées que de femmes » et « peu importe qu'on soit homme ou femme du moment qu'on est apte au travail. D'accord, le pays n'est pas très civilisé » (respectivement dans « Le navire aux esclaves » et « La conquête de la liberté »).

Le sujet le plus sensible est la question des Dragons.
Les gens de Terrilville, bien qu'ils croient à la magie, sont plus que sceptiques sur l'existence de ces créatures.
Bien entendu, les habitants des Six-Duchés ont vu les dragons de pierre les sauver des griffes des Pirates Rouges et pensent qu'ils sont les réels. On apprendra plus loin, de la bouche de Parangon la vivenef et son ton mordant, qu'ils ne sont que de pauvres copies.
Althéa est claire : « les dragons, ça n'existe pas ». Et un marin lui répond : «  ah non ? Ne viens pas me dire ça à moi, ni à aucun autre marin qui se trouvait au large des côtes des Six-Duchés il y a quelques années ». On voit bien la fracture entre ceux qui sont prêts à croire à leur réalité et ceux qui vont jusqu'à nier leur existence.
On retrouve la même situation lors d'une réunion à Terrilville lorsqu'un individu les décrit comme des « joyaux chatoyant dans le soleil. Castelcerf les avait assemblés pour combattre les Outriliens » ; la réponse est cinglante (« cette vieille fable ») et montre que la possibilité de leur existence a été souvent débattue et classée comme impossible.

Et puis il y a Ambre. Elle était là, elle a vu Vérité animer son dragon de pierre. Elle avait déjà d'ailleurs dit à Fitz que les dragons avaient forcément exister, sinon d'où viendrait l'inspiration des Anciens ? Dans un premier temps, elle dit clairement que les gens du nord en ont vu : « si tu étais amarrée dans un port des Six-duchés, et que tu disais aux gens de là-bas que les dragons n'existent pas, ils se moqueraient de toi ». Mais, il est difficile de croire quelqu'un qui dit venir changer le monde…
Mais, tout change avec la réapparition de Tintaglia.
Ambre voit ses doutes confirmés et elle pense que « seul un authentique dragon est un dragon. Les autres ne sont que de pâles imitations ». Jek lui répond (et on apprend en passant qu'elle ne connaît pas très bien Ambre) que « les dragons des Six-Duchés me conviennent très bien. Ils t'auraient convenu aussi, si tu avais vécu dans la peur d'être forgisée »).

En allant plus loin, on peut à nouveau évoquer la rencontre entre Selden et Kettricken dans le tome 9 de l'Assassin Royal « Les secrets de Castelcerf ». Le jeune fils de Keffria ose dire devant la Reine que Tintaglia est « le dernier véritable dragon ». Il ne récolte que de la colère, preuve de la nature très particulière de la question. On pourra lire le chapitre 11 pour avoir plus de précisions sur les dragons.