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jeudi 17 juillet 2025

[Joe Abercrombie] La Juge dans La sagesse des foules

L’Union a eu un premier avertissement. Valbeck a failli sombrer : les émeutiers ont causé bon nombre de ravages dans cette riche ville industrielle. Le peuple a cru pouvoir prendre son destin et les pauvres quitter la fange. Mais, le pouvoir en place, mené par le Prince Orso et l’Inquisition, a pris les choses en main : des émeutiers ont été pendu et la rébellion réduite à rien. Les leaders, dont la Juge, ont pris la fuite. Les choses ne se sont pas calmées puisqu’a suivi une tentative de coup d’Etat. Une nouvelle fois, Orso, devenu roi, a su garder le pouvoir. Mais, le peuple continue à avoir faim et à mourir dans des conditions indignes. La Juge continue à haranguer la foule, attiser les braises. Le peuple marche donc sur Adua, la capitale de l’Union.

La Juge a conscience de ce qu’elle dégage, du symbole qu’elle est. Elle sait qu’elle est une leader qui doit être au front, et non un stratège à l’arrière qui tente de manipuler les acteurs. La Juge se met donc en scène et elle le fait bien. Dans une foule déchaînée et qui assiège le palais royal, elle sort du lot : « plus belle, plus enragée et plus légitime qu’il aurait espéré la voir dans ses rêves les plus fous. Plus qu’une simple femme, un symbole et un idéal fait chair. Une déesse qui guidait le peuple vers son destin ». On sait que la Juge est une femme impitoyable, prête à tout. Elle motive son comportement. Elle ne le fait pas par plaisir mais par nécessité : il n’y a que comme ça que la révolution réussira (« parce que si le monde doit changer, il faut que quelqu’un énonce le verdict. Une héroïne doit oublier ses sentiments et condamner à mort le passé »). Elle ne peut pas se permettre de transiger, elle n’en a pas le droit. La Juge se sent comme investie d’une mission sacrée, d’un devoir envers le peuple et tous ceux qui ont cru en la cause. Ses propos ne laissent pas la place au doute quand elle dit que « nous devons porter ce fardeau. En l’honneur de tous dont le nom est gravé dans la pierre, dehors. Ceux qui ont tout donné, y compris leur vie ».

La révolution réussit : les Conseils sont réduits à zéro, Orso est emprisonné et mis dans une cage. Il assiste à bon nombre de procès menés par la Juge. Il est donc un observateur attentif de la Juge. Si, selon lui, la Juge est instable et dérangée, « il fallait lui reconnaître une qualité : savoir réussir ses entrées ».


D’autres sont bien plus circonspects ou de farouches critiques. Vick a fréquenté la Juge à Valbeck. Elle sait que la Juge est prompte aux massacres, à l’horreur. Elle voit la Juge répéter la même chose à Adua, non pas en pendant les gens, mais en les balançant du haut d’une haute tour (« on n’y immolait pas des gens, à sa connaissance, mais uniquement parce que la Juge tenait à. Son grand spectacle, de haut de la Tour des Chaînes »). Vick parle à Tallow, un jeune homme devenu un confident et un ami ; elle lui dit que l’avenir de l’Union est bien sombre si la Juge reste en vie. Elle regrette qu’il n’y ait personne pour s’opposer à la toute-puissance de la Juge et que cela la laisse libre de commettre les pires atrocités possibles : « La Juge, aujourd’hui, a plus de pouvoirs que tous les rois de l’Histoire. Harold le Grand lui-même rendait des comptes à Bayaz. Cette dingue ne sera pas heureuse avant d’avoir démoli le monde entier ».

Pike, un membre de l’inquisition qu’on pensait proche des idées révolutionnaires et qui change à nouveau de camp, rejoint le constat de Vick : « un homme très sage m’a dit un jour qu’il fallait d’abord brûler le monde avant de le changer. Mais la Juge est un incendie incontrôlable. Le moment est venu d’étouffer les flammes et de rétablir l’ordre ».


La Juge trouve en Savine une opposante de premier plan. Savine est tout ce la Juge déteste : une  personne ayant profité du système pour s’enrichir et qui a écrasé les plus faibles, une personne qui a cherché à s’acheter une bonne conscience, une femme fille de roi. Elle décide donc de juger Savine, de la soumettre au tribunal populaire. C’est un choix regrettable qui amorcera la fin de la Juge. Elle a sous-estimé Savine, ses talents à manipuler la foule et utiliser les mots. Broad l’avait pourtant mis en garde (« donner à Savine l’occasion de s’exprimer, il avait prévenu la Juge, était une grosse erreur. Mas la dingue tenait à un procès comme grand spectacle. Afin d’humilier l’accusée en plus de la punir ») ; il n’a pas été écouté tant la Juge semble faire du cas Savine une affaire personnelle.

Mais, Savine utilise tous ses atouts, notamment sa nouvelle maternité. Elle se met en scène avec ses enfants, elle met en avant son côté fatigué et ses bonnes oeuvres (elle a fourni à manger au peuple affamé). Certes, cela ne suffit pas à l’innocenter : Savine est condamnée à mort. Preuve de sa détestation de Savine, la Juge assiste à la mise à mort. C’est elle qui mourra alors que la confusion règne : de violents combats règnent autour du palais et dans les rues, des canons chantent. Savine et Broad saisissent leur chance : « le Juge, elle, continua à tomber, un dernier rictus rouge de sang fendait son visage avant qu’elle ne soit plus qu’une masse indéterminée de vêtements et membres battant l’air en vain ».


Dans les dernières pages du roman, on finit par comprendre que tout cela, la révolution, Valbeck, les morts, les pendaisons et les massacres, a été manigancé par Sand dan Glokta pour se débarrasser de Bayaz et se desserrer de son étreinte et de l’emprise de la banque. Glokta est pathétique en disant que la Juge est un moindre mal (« Le Tribunal du Peuple n’était pas nos projets, tu t’en doutes, mais quand la nullité de Risinau est apparue au grand jour, la Juge semblait la seule alternative. Qui aurait pu savoir qu’elle serait encore pire ? »). D’une certaine façon, Sand dan Glokta admet qu’il a joué avec une force incontrôlable ; il n’a pas su cerner la Juge. Savine rit de ses justifications et de ce choix. Elle ne peut pas comprendre comment il a pu choisir Savine, après ce qui s’est passé à Valbeck. Son dégoût transpire dans sa colère (« N’importe quoi ! Il suffisait de penser à ce qu’elle avait fait à Valbeck ! Avoir des yeux et des oreilles, voilà tout ce qu’il fallait ! Cette femme était raide dingue ! »).

dimanche 2 mars 2025

[Joe Abercrombie] Le cas Bayaz dans la Sagesse des foules

Bayaz fait et défait les rois. Il n'agit pas par altruisme, pour un plus grand bien. Il est un Mage égoïste qui ne pense qu'à remplir ses poches et conserver le pouvoir. Ceux qu'il choisit doivent obéir à ses ordres et l'écouter (ou ses envoyés) en toute circonstance. 


Le roman La sagesse des foules est un livre de changement. L'Union est en pleine guerre civile et au Nord, Rikke doit assurer son autorité. L'inquiétude de Bayaz est donc légitime : il craint de perdre tout contrôle, tout ce qu'il a investi. Mais son caractère dominateur reste prépondérant ; il n'est pas le genre de personne à marchander, à demander. Sulfur, un de ses hommes de main, résume bien la chose : « il conchie ceux qui le critiquent.... Comme s'ils étaient des insectes ». Or, drapé dans son arrogance, Bayaz ne perçoit pas entièrement la colère et la détermination de ceux et celles qui veulent le mettre à bas.


La révolution en marche en Union a fait chuter le roi Orso. Le peuple a pris le pouvoir. Une assemblée, plus ou moins représentative, prend des décisions. Brisépée, un des hommes importants du mouvement questionne : « les Représentants du peuple doivent-ils passer chaque jour devant les statues géantes comme Harod le Grand ou le mage Bayaz ? » Les pantins de Bayaz ont donc perdu toute autorité : les membres du Conseil Restreint sont morts et Orso emprisonné. Les statues et les hommes, le peuple parvient donc à défaire deux symboles du pouvoir. 

Un autre à abattre est le système bancaire qui gangrène le pays. Savine rencontre aussi Sulfur et voir cette créature lui rappelle toutes ses peurs (« Savine sentit un frisson glacé courir le long de sa colonne vertébrale. Son père l'avait mise en garde contre Bayaz et les mages en général. Sans oublier Valint et Balk »). Là encore, on comprend qu'une autre force importante du changement en cours (Savine gagne l'amour du peuple en lui distribuant à manger alors que la famine se répand) a compris qui était l'ennemi. La référence à son père est intéressante puisque Sand dan Glokta a accès au pouvoir grâce à Bayaz : Bayaz l'a chargé de conseiller, fermement et fortement, le roi Jezal. Voir Sand dan Glokta se retourner contre Bayaz est une bonne illustration de la déchéance et de la perte de légitimité de Bayaz.


Orso, le roi déchu, est un bon témoin des forces à l’œuvre autour du pouvoir. Alors qu'il est emprisonné par les révolutionnaires, il a le temps de réfléchir sur ce qui se passe : ses échecs, la façon dont il a été utilisé et le futur de l'Union. Comme d'autres, il met en avant la surpuissance de Bayaz, le fait que ce vieux mage ne pense qu'à lui et à ses intérêts, et non pas de l'intérêt du peuple. Orso se remet même en question en sous-entendant qu'il laissait faire tant que cela lui permettait d'avoir du pouvoir (« un régime où la marionnette couronnée par Bayaz pouvait haranguer la nation d'une main... et lui faire les poches de l'autre »). Plus tard, Orso osera même dire publiquement ce qu'il pense. Il attaque frontalement Bayaz : « la prochaine dénonciation visera Bayaz en personne (…) c'était lui l'horloger démoniaque qui mettait en place le système de corruption dont chaque Citoyen de l'Union a un jour souffert ».

L'idée que Bayaz soit un mal imbattable est partagé par d'autres. Risinau, un autre instigateur de la révolution, ose tenir tête à Sulfur. Il lui dit que « Bayaz nous a sauvés des Dévoreurs, peut-être... Mais depuis, on se demande qui nous sauvera de Bayaz ». On comprend bien que Bayaz est la force dans l'ombre dont ils veulent se débarrasser. 

Plus tard, on apprend que c'est Sand dan Glokta qui a tout manigancé. C'est lui qui a organisé le grand changement pour détruire Bayaz. C'était, selon lui, la seule chose à faire : une opération insensée qui a causé des milliers de morts, a presque détruit un pays pour se débarrasser d'un mage quasi tyrannique. Sand dan Glokta ne voyait pas d'autres possibilités tant « Bayaz contrôlait tout. Dans son jeu, nous n'étions que des pions. Il possédait les banques, qui elles-mêmes possédaient les marchands, les nobles et même le Trésor public ».


Remis en cause dans l'Union, Bayaz se tourne donc vers le Nord où il espère se construire de nouveaux outils à manipuler. Mais, la nouvelle Reine du Nord n'est pas malléable. Rikke ne se laisse pas faire, elle n'est ni Bethod ni Calder. Elle tient tête à Bayaz qui le prend mal (« te parler est une folle aventure. Parce que tu t'éparpilles dans toutes les directions »). Rikke se rend compte qu'affronter Bayaz n'est pas chose aisée ; c'est la chose la plus compliquée de sa vie alors qu'elle a déjà affronté un bon nombre d'épreuves (« pour soutenir le regard de Bayaz, elle dut mobiliser toute sa volonté. Plus tout ce qu'elle avait appris et le souvenir de tout ce qu'elle avait perdu »).

Rejeté par Rikke, Bayaz n'a pas d'autre choix que chercher un nouvel allié dans le Nord, quelqu'un qui œuvrera pour détrône Rikke (et cela même si ça prend du temps). Il choisit Quatre-Feuilles, un Nordique notoirement connu pour être pragmatique et suivre celui qui lui permettra de survivre. Quand il rencontre Bayaz, le doute n'est pas permis sur son choix : « quelque chose dans regard glaça les sangs du vétéran. De quoi penser qu'il valait mieux ne pas avoir ce gaillard comme ennemi ». Bayaz explique à sa façon qu'il a fait de mauvais investissements, que ses anciens alliés l'ont déçu en privilégiant leurs propres intérêts au lieu de ceux de Bayaz : « Les gens, maître Quatre-Feuilles, sont un très mauvais matériau de construction. Ah, leurs pleurnicheries permanentes ! Leur intransigeance bornée : Leurs minables ambitions ! » Et, pour asseoir sa démonstration, Bayaz présente celui qui pourrait être le fils de Calder, l'ancienne force dominante du Nord (« ce qui m'intéresse, ce n'est pas ce qu'il est mais qui il est susceptible de devenir »). Là encore, Bayaz montre qu'il n'est pas un mage altruiste. Quand il soutient quelqu'un, c'est uniquement pour lui. Et comme il avait choisi Jezal, un soldat quelconque, il choisit un jeune homme qu'il pourra forger et qui se sentira redevable.


dimanche 9 février 2025

[Joe Abecrombie] De grands noms du Nord dans le roman La sagesse des foules

Le roman La Sagesse des foules conclut la saga commencée par les romans de La Première Loi. Dans cette trilogie, on avait découvert de grands noms du Nord, alors en fuite de Bethod et de ses hommes : Logen (le Neuf-Sanglant), Renifleur. Puis, les événements ont permis à Dow le Sombre de devenir le Roi du Nord avant d'être détrôné par les fils de Bethod. Ces derniers ont régné jusqu'à ce que la fille de Renifleur, Rikke, les renverse. Ce tome conclut donc la longue histoire du Nord. Un Nord toujours autant marqué par des grandes figures du passé dorénavant mortes. Un Nord qui continue de se mesurer à ces hommes qui ont brillé par leur capacité à faire couler le sang.  Il faut noter que la renommée de ces individus est tellement forte qu'elle dépasse les frontières du Nord : nombreux sont des gens de l'Union (Bayaz, Leo, Jezal) à avoir été marqués par eux.


La personne la plus mythique du Nord est peut-être Logen. Bien qu'il ait disparu depuis des années, il continue d'être une légende à imiter. On l'a bien vu avec Stour Ténèbres qui l'admirait réellement alors qu'il ne l'a jamais connu ou fréquenté. On peut dire à peu près la même chose de Rikke, la fille de Renifleur. On peut penser que ce dernier lui a parlé de Logen et pas toujours en termes flatteurs. Rikke a donc compris que Logen est un homme terrifiant, un homme attiré par l'odeur du sang. C'est donc à lui qu'elle se réfère pour évaluer des gens qui sortent de l'ordinaire (« je n'ai jamais vu une personne si terrifiante. Je parie que c'est le Neuf-Sanglant sous un déguisement »).

Le souvenir de Logen hante donc beaucoup. Certains l'ont rencontré sans savoir que c'était lui et sont tout autant touchés. C'est le cas de Curnsbick qui a rencontré Logen : dans le roman Pays rouge, Logen s'est exilé et a recommencé sa vie sous le nom de Lamb. Curnsbick fait une description de l'homme qui est flatteuse et montre son caractère intrépide. Il affirme qu' « un jour, dans le Pays Lointain, j'ai rencontré un gars nommé Lamb (…) Lancé à la recherche de ses enfants, il bravait tous les dangers, refusant de renoncer , quelles que soient ses chances de réussite. Je pense souvent à lui ». Les mots collent parfaitement au Logen connu, cet homme prêt à mettre sa vie en jeu sans réfléchir plus que ça. A vrai dire, lorsque les gens pensent à Logen, c'est pour l'associer au sang, à la mort. La Sagesse des foules montre une Union ravagée par une guerre civile. Le sang coule à flots. Et comme le pense Savine, cela pourrait ravir un homme : « la civilisation sort à peine d'une série de massacres à faire rougir d'envie le Neuf-Sanglant ».


Un autre homme a marqué son époque : Renifleur. Dans un Nord qui vénère les bouchers, il sort du lot, même si c'est bien entendu il est un formidable guerrier. Quand les gens évoquent Renifleur, ils mettent en avant son intelligence, sa capacité à évaluer les gens. Quatre-Feuilles pense que « Renifleur avait beaucoup de jugeote, et c'était un fin connaisseur des caractères ». Rikke a pu observer son père : l'homme qu'il était, le chef qu'il était. Elle a vu comment il a pu concilier tout un tas d'individus différents dans un contexte compliqué. Renifleur était un chef pris entre les aspirations d'expansion de l'Union et les volontés de réunification du Nord de Calder le Sombre. Si ce fardeau pesait sur ses épaules, il a eu une mort paisible, en tout cas pas tué sur un champ de bataille ou poignardé ou tué brutalement. Renifleur était un homme respecté ; Rikke dit que « Renifleur assumait son rôle de chef avec tant de naturel que personne n'avait conscience d'être dirigé. Comme il écoutait bien plus qu'il parlait, chacun de ses propos semblait d'une insondable sagesse, même quand il devait s'excuser de devoir aller pisser ».


Dow le Sombre, lui, a été le Roi du Nord. Il est mort dans le Cercle, tué par surprise par Caul Shivers. C'était un acte déloyal et inattendu, d'autant plus que Caul Shivers était son allié. En se rendant sur la colline des Héros, Rikke et deux de ses proches (Isern et Shivers) se remémorent la fin de Dow : « avec l'épée que tu portes toujours, tu as frappé Dow le Sombre sur la nuque, lui éclatant le crâne ». En réalité, si on en croit le manipulateur Bayaz, Dow était voué à être tué. L'homme était trop arrogant pour durer (« Un puissant guerrier et un chef redouté. Il a contenu l'Union en ce lieu. Mais il a cru pouvoir se débrouiller sans moi. Il repose dans une fosse anonyme. Un géant tombé dans l'oubli »). C'est là que Bayaz se trompe : le Premier des Mages ne perçoit que tous ces grands noms du passé habitent un nombre de conversations et qu'ils servent de figures de proues à tout un tas d'actes plus ou moins raisonnables.

Le clairvoyant Quatre-Feuilles résume parfaitement les choses : « les hommes aiment suivre un type qui fout la trouille aux gens (…) Nous adorons raconter de touchantes histoires sur les gentils héros. Les cœurs purs et droits. Comme Rudd Sequoia ou Renifleur. Mais dans les ballades, on exalte les exploits des bouchers (…) Les Whirrun de Bligh ou les Dow le Sombre. Ou encore le Neuf-Sanglant ». 

Tous ces noms ont marqué le passé, le présent et le futur. D'une certaine façon, ils sont la raison qui explique tout ce qui se passe dans le Nord. Rikke s'interroge : « en fait ça remontait à beaucoup plus longtemps que ça – lorsque Renifleur, à la bataille d'Osrung, avait dit à Calder le Sombre qu'il lui graverait une croix de sang sur le bide. Et même quand Calder avait fait tuer Forley le Gringalet, des années plus tôt ». Renifleur aurait-il autant méprisé Calder sans ce qui était arrivé à Forley ? Rikke se serait-elle autant impliquée si Stour, le fils de Calder, n'avait pas menacé de la faire violer ?