Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

mercredi 5 août 2026

[Fonda Lee] Le cas Aun Uremayada

On ne peut pas comprendre Anden sans évoquer sa mère, Urema (Aun Uremayada). Si elle est si importante dans l’histoire du jeune homme, c’est à cause de son destin tragique. Elle qui était puissante avec le jade en a grandement souffert puisqu’elle était terrassée par les démangeaisons. Dans la croyance populaire, Urema est la « Sorcière folle ». Même son fils l’appelle comme ça.


L’ancien Pilier du Clan Sans Cime, Kaul Sen, a bien connu Urema. Pour Kaul Sen, le jade d’Urema avait une vibration particulière tout comme son comportement. Si certains dégagent de la puissance, de la maîtrise ou de la force, d’autres dégagent une autre sensation. Kaul Sen précise bien qu’Urema était remarquable mais que son pouvoir avait dégénéré ; il dit d’elle qu’elle « était émeraude, sans le moindre doute, une monstruosité émeraude ». Urema était donc une combattante de premier plan mais pervertie.


Anden est au courant de tout cela et il est fort à parier que cela a joué dans on refus de porter du jade et de rejoindre le clan. Clairement, Anden a peur de ce qu’il pourrait devenir (« je vais devenir pire que ma mère, la Sorcière folle ; je le sais. Je le sens dans mon sang, peu importe ce que tu prétends »). Les paroles sont prononcés à Hilo, le nouveau Pilier du Clan Sans Cime (suite à la mort de Lan). Anden a donc bien plus peur de ressembler à sa mère que du courroux de son chef. Or, Hilo est particulièrement reconnu pour sa violence et son inflexibilité. Anden est donc prêt à risquer à sa vie, son destin ; il en paiera les conséquences en étant exilé.

Urema est donc un personnage de second plan. Elle est morte quand se déroule l’intrigue principale et elle a malgré tout un effet direct sur la vie de son fils. Globalement, tous la décrivent comme une abomination. Tous, sauf Hilo qui en parle avec des mots appréciatifs : « on dit que ta mère avait la faculté de Percevoir un oiseau qui volait en l’air et de Canaliser à distance pour faire cesser de battre son coeur en plein air ». Hilo se fiche donc des mauvais travers d’Urema, il ne voit que son énergie et ses capacités.


La vérité est que Aun Uremayada était habitée par la douleur. Elle ne supportait plus son jade. Cela la conduit à s’auto-détruire, à se mutiler. Quand elle se blesse gravement, c’est Anden qui la retrouve dans la baignoire, couverte de sang. Pour le jeune homme, la vision est forcément marquante et traumatisante : « la seule chose qu’elle portait était le collier de jade ras-de-cou qu’elle ne retirait jamais. Le bain était à moitié rempli, l’eau rosie par le sang (…) La peau de ses avant-bras était déchiquetée, la chair exposée comme de la viande hachée ». C’est quelque chose qui l’accompagne encore des années après. Urema meurt quelques temps après.


Pour ne rien arranger, on peut penser que les derniers mots d’Urema ont nourri la peur que pourra avoir Anden du jade . Elle lui dit que « je ne pouvais pas dormir ; cela me démangeait trop. Retourne au lit, mon petit ». Ayant sept ans à l’époque, Anden ne peut que prendre en pleine face de tels mots. Les paroles l’accompagnent tout au long de sa jeunesse et nourrissent sa peur. Pour Anden, le jade, bien que renforçant les facultés et les capacités, est aussi une malédiction. D’ailleurs, Anden connaîtra un autre individu puissant supportant mal le jade : Kaul Lan (le Pilier du Clan Sans Cime avant Hilo). Et, tout comme Urema, Lan meurt à cause du jade…

[Joe Abercrombie] Dow le Sombre, un chef respecté après sa mort ?

Dow a perdu le Nord et la vie après avoir perdu son duel contre Calder. C’est son homme de main, le fidèle et impressionnant Caul Shivers qui lui a porté le coup fatal. Dow était un leader fort, respecté mais craint. Il parlait mal à non nombre de gens sous ses ordres mais son charisme et sa force au combat le rendaient quasiment inébranlable.


Mais, comme d’autres combattants, Dow est retourné à la boue. Quand il était encore en vie, peu de gens osaient lui dire en face qu’ils pensaient de lui. Mort, c’est autre chose. Ainsi, Quatre-Feuilles dresse un parallèle entre Stour Ténèbres et Dow ; il affirme que « je doute d’avoir connu un plus grand connard, et pourtant, j’étais le bras droit de Dow le Sombre ». C’est une comparaison bien peu valorisante pour Dow puisque Stour est un chef extrêmement cruel, gratuitement méchant. Toutefois, tout laisse croire que Dow était meilleur que lui en tant que guerrier. 

D’ailleurs, Quatre-Feuilles dresse une liste de grands noms du Nord où Dow est inclus. Une nouvelle fois, il met en avant l’aspect détestable de l’homme et sa vigueur : « Les morts savent que c’étaient des ordures, mais ils avaient mérité ces noms-là. Avec leurs mains et leur courage, ils les avaient gagné de haute lutte ». Dow a beau être un parfait salopard, il mérite son statut de légende.


Il faut dire que Dow a participé à quelques uns des grands moments du Nord. Le hall de Skarling ne porte pas seulement le nom du fondateur du Nord, d’un de ses plus grands héros. C’est aussi l’endroit où se sont produits des moments marquants comme « le lieu où Bethod avait mis la main sur le Nord » ou « celui où Dow le Sombre avait trahi le Neuf-Sanglant ». C’est peut-être aussi pour ça que la trahison de Shivers ne dérange pas tant que ça. Se retourner contre son chef semble être assez fréquent dans le Nord : Dow l’a fait, Shivers l’a fait et Quatre-Feuilles le fera plus tard contre Stour Ténèbres.

Dow a aussi mené la guerre contre l’Union lors de la bataille des Héros. Shivers dit que « ce fut la plus grande bataille de l’histoire du Nord », un pays dirigé par Dow qui « avait planté son étendard sur la colline où nous sommes ».


Après la mort de Dow, c’est Scale (et Calder) puis Stour qui gouvernent le Nord. Le trône finit par revenir à Rikke, la fille de Renifleur. Cette dernière, pour mesurer son pouvoir, prend comme référence Dow. Elle pense qu’ « elle dominait une plus grande partie du Nord que Dow à son zénith ».


Le manipulateur et égoïste Bayaz ne remet pas en cause le statut de Dow. Lui aussi le trouve puissant. Il dit de lui que ça a été « un puissant guerrier et un chef redouté » et qu’ « il a contenu l’Union ». Mais, Bayaz déteste ceux et celles qu’il ne peut pas contrôler. C’était le cas de Dow le Sombre (« il a cru pouvoir se débrouiller sans moi »).  La mort de Dow réjouit Bayaz (« il repose dans une fosse anonyme. Un géant tombé dans l’oubli »). Savoir qu’il n’a pas été honoré comme un grand chef apporte du plaisir à Bayaz. On voit bien qu’il est ravi de l’humilier verbalement et de parler de lui en mal même après sa mort.

[Joe Abercrombie] Au revoir Merveilleuse

Pour prouver sa fidélité à l’arrogant et prétentieux Stour Ténèbres, Quatre-Feuilles a dû tuer une des rares personnes qu’il personne, son amie, Merveilleuse. S’il a été place face à ce choix difficile s’il voulait survivre, il ne faut pas non plus négliger la responsabilité de Quatre-Feuilles. Lui même n’a eu de cesse de vanter sa souplesse, sa capacité à plier dans le sens du vent, à suivre ceux qui avaient le pouvoir ou étaient le plus fort à ses yeux.


Clairement, Quatre-Feuilles veut vivre. Et s’il doit tuer Merveilleuse pour rester en vie, alors il le fait. La mort de Merveilleuse est brutale, inattendue, rapide. Quand Stour ordonne à Quatre-Feuilles de la tuer pour prouver sa loyauté, il n’hésite pas. En quelques secondes, il a pris sa décision et accompli ce qu’il devait faire (« Merveilleuse parut stupéfiée quand son vieil ami l’enlaça, bloqua son bras armé avec sa main gauche et lui enfonça une lame dans le coeur avec la droite »). 

Merveilleuse a donc été tuée par la seule personne à qui elle faisait confiance. Les deux avaient rejoint le camp de Calder, Scale, Stour. Ils naviguaient très près du pouvoir et voyaient à quel point Stour était dérangé, incompétent, enclin à la violence. C’étaient deux guerriers d’une autre époque qui avaient vu les grandes batailles, connu les grands noms alors que Stour et ses hommes passaient leurs temps à les fantasmer. 

De façon assez attendue, quoiqu’hypocrite, Quatre-Feuilles ressent un vide en pensant à son amie : « il avait vu des montagnes de morts, dont un certain nombre de sa main. Pourtant, l’idée que Merveilleuse soit retournée à la boue le dérangeait ».


Dès lors, le souvenir de Merveilleuse l’accompagne. On en a un exemple quand il réalise un de ses nombreux traits d’humour. Là où Merveilleuse aurait ri ou surenchéri, il n’y a plus personne (« Quatre-Feuilles faillit se tourner pour en faire profiter Merveilleuse. Se souvenant qu’il l’avait tuée, il se ravisa »). Sa réaction montre ce qu’a été leur complicité, la nature de leur lien. Surtout, Stour ne tente pas pas de se dédouaner ; il admet à lui-même l’acte affreux commis. Mais, qu’attendre d’autre qui oppose des guerriers du Nord à d’autres guerriers du Nord, une guerre presque fratricide…

Quatre-Feuilles continue d’évoluer aux côtés de Stour. Il assiste à la chute de ce dernier en le trahissant, défait par le légendaire Caul Shivers qui lui tranche les tendons du genou. Quatre-Feuilles est ravi de voir Stour être humilié, frappé. Il faut dire que Stour n’hésitait pas à commettre les actes les plus cruels, il semblait perdu dans une fuite en avant vers l’horreur. Quatre-Feuilles ressent donc du soulagement même s’il regrette que Merveilleuse ne soit pas là pour assister à ça (« Mais là, c’était jouissif. Moins que d’avoir encore Merveilleuse à ses côtés, mais ça faisait du bien »). L’homme porte donc le fardeau de la disparition de Merveilleuse sur ses épaules.

[George R.R. Martin] Cersei Lannister a-t-elle aimé Rhaegar Targaryen ?

Il existe des événements qui auraient pu changer les choses. Si Cersei avait fini par épouser Rhaegar, qui aurait pu dire comment Westeros aurait évolué ? Au lieu d’une union entre les puissantes familles Targaryen et Lannister, on a vu Cersei devoir se contenter d’un Robert Baratheon inapte à gouverner et d’une liaison incestueuse et passionnée avec son frère, le tueur de roi, Jaime Lannister. 


Le mariage non réalisé entre Cersei et Rhaegar semble être un fait connu de beaucoup. 

Cersei était promise à Rhaegar, telle était la volonté de Tywin. Même à Dorne, cela se sait. Oberyn rapporte les propos de sa mère qui désirait qu’un de ses fils épousait Cersei. C’était impossible car « lord Tywin l’avait brutalement rebutée. Sa fille, il la destinait au prince Rhaegar ». Mais, Aerys a refusé cette union. Il a ainsi humilié les Lannister. Il a surtout convaincu cette famille qu’il n’avait plus toute sa tête. L’avis de Cersei est claire et tranchée : « c’était forcément la démence qui avait poussé Aerys à se refuser la fille de Lord Tywin que pour leur prendre son fils en échange, tout en mariant le sien propre à une princesse de Dorne égrotante aussi noiraude qu’un pruneau et plate comme une limande ». Kevan Lannister va même plus loin en accusant Aerys de tout ce qui a mal tourné. Il est convaincu que le charme et la beauté de Cersei auraient empêché Rhaegar d’aller voir ailleurs, de se tourner vers Lyanna Stark (« si Aerys avait accepté de la marier à Rhaegar, combien de morts auraient pu être évitées ? (…) avec une telle épouse, Rhaegar aurait bien pu ne pas accorder plus d’un coup d’oeil à Lyanna Stark »).


En réalité, l’union entre les deux n’aurait pas simplement été un mariage politique, en tout cas du point de vue de Cersei. La jeune Lannister semble avoir réellement aimé Rhaegar, tout laisse croire qu’elle a eu une sorte de coup de foudre.

Quand elle pense à nouveau à lui, ce sont avec des pensées dithyrambiques. Rhaegar est « plus qu’un homme ». Elle est impressionnée par sa beauté, son charisme, sa voix et elle relie ça à son histoire familiale : « le sang qui coulait dans ses veines était le sang de l’antique Valyria, le sang des dragons et des dieux ». 

Cersei n’a jamais oublié Rhaegar, elle compare sans cesse ses amants à lui. Elle cherche même des similarités entre certains et Rhaegar, comme le montre l’exemple d’Auran Waters. Elle se rappelle que « la première fois qu’elle l’avait vu, elle avait failli croire, l’espace d’une seconde que c’était Rhaegar Targaryen, ressuscité de ses cendres ». Mais, rien ne peut arriver à la hauteur de Rhaegar (« tout superbe qu’il est, il n’arrive pas à la cheville de Rhaegar »).

Robert Baratheon n’échappe pas non plus à la comparaison. Ses manières, sa façon d’être, sa tendance à boire encore et encore ne plaisent pas à Cersei. L’homme est brusque et repoussant. Elle n’a que des regrets d’avoir dû l’épouser : il n’est pas l’homme qu’il voulait. Elle est convaincue que « l’homme qui est revenu du Trident n’était pas le bon ». Elle ne ressent rien pour Robert ; mais, en tant que reine, elle doit accomplir ses devoirs conjugaux pour donner des héritiers au Royaume. Elle visualise alors Rhaegar pendant qu’elle couche avec Robert (« les premières années, alors qu’il la chevauchait plus souvent, elle fermait les yeux et se donnait l’illusion qu’il était Rhaegar »).

Enfin, il faut noter que même Jaime faisait pâle figure avec Rhaegar. Leur gémellité avait beau être forte, elle n’avait d’admiration que pour Rhaegar. On lit que «à côté de Rhaegar, même son beau Jaime lui avait fait l’effet de n’être qu’un gamin godiche ».


Le peu d’amour de Cersei envers Robert est assez évident. Elle a même un amant en la personne de Jaime. Elle est évidement déçue de ne pas avoir pu épouser Rhaegar. Pire, elle doit vivre avec celui qui a tué l’homme qu’elle aimait ; l’effet est évident : « elle n’avait jamais pardonné à Robert de l’avoir tué ». Comment lui en vouloir ? D’autant plus que Robert Baratheon, peu subtil, a dû lui raconter la scène avec de nombreux détails.

On peut penser qu’elle se sent également un peu coupable de la mort de Rhaegar. Tout a commencé lorsque Rhaegar a détourné ses yeux d’Elia pour les tourner vers Lyanna. Cersei pense que si elle avait été à la place de la fille Martell, rien ne serait arrivé : » si elle avait seulement épousé Rhaegar, ainsi que les dieux le voulaient, jamais il n’aurait posé deux fois les yeux sur la petite louve ». Mais, Aerys en a décidé autrement.