Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

samedi 31 octobre 2026

Petit billet # 7 : Molly, Fitz et Burrich, un triangle amoureux ?

Fitz et Molly se sont mis en couple après le retour de Fitz des Montagnes. Il leur a fallu du temps pour avouer leur amour, en tout cas du temps pour que Fitz trouve le courage de le dire. 

Ils ont donc été en couple au château de Castelcerf. Molly, ancienne fabricante de bougies, s’est reconvertie en servante.

Quand les ennuis de Fitz ont déteint sur Molly, quand elle a été menacée par Royal, quand elle s’est sentie un peu seule au château, elle a trouvé en Burrich une oreille attentive, un ami. Fitz refusait de parler de ses propres soucis et il cherchait à protéger Molly sans réellement écouter ce qu’elle pouvait pire. Rien ne laisse entendre que Burrich soit tombé amoureux d’elle.

Fitz et Molly se sont séparés à l’initiative de Molly. Celle-ci, enceinte, a fini par se rendre compte que la relation avec Fitz n’avait pas d’avenir : Fitz se plongeant la tête la première dans son rôle d’espion, d’assassin, de protecteur de Kettricken. Fitz a cru que Molly avait trouvé un autre amoureux, il avait tort puisque l’autre (celui qui comptait plus que tout) dont parlait Molly était son enfant à naître.

Puis, Fitz est mort et Molly a pleuré sa mort.


Enceinte, elle a vécu comme elle a pu. Burrich a fini par la rejoindre. C’est presque un choix par défaut. Que pouvait-il faire d’autre ? Il n’avait plus chiens ni chevaux, et il avait failli à garder Fitz en vie. Il est aussi possible qu’il ait simplement voulu prendre soin de l’enfant à naître de Fitz et Molly. Peut-être se sentait-il encore attaché à la promesse faite à Chevalerie des années avant.


Fitz est mort à nouveau (au début du tome 4, le Poison de la vengeance). En tout cas, c’est ce que laissaient croire les apparences. Burrich a trouvé un cadavre et a pensé que Fitz était mort. On en arrive donc au stade où Burrich et Molly pensent Fitz mort. Il n’y a donc pas de triangle amoureux quand Burrich avoue son amour, quand Molly fait la même chose.


Les années passent. Fitz, bien vivant, sait que Molly et Burrich sont ensemble. Il ne tente pas de la reconquérir. Il ne le tente pas plus quand il contacte sa fille, Ortie, par l’Art. Il l’aime encore mais il ne veut pas lui voler son bonheur.


Ensuite, on entre là dans la période la plus problématique. A Aslevjal, Burrich est gravement blessé (il finira par mourir d’ailleurs). Mais, avant de mourir, il dit à Fitz d’aller retrouver Molly, de se mettre avec elle comme si Molly n’avait pas le droit  à la parole, comme si elle était un objet dont on pouvait disposer. Heureusement, Molly ressentait encore des choses pour le bâtard et la cour maladroite et enfiévrée de Fitz les a réunis.


Au final, Molly n’a jamais aimé les deux hommes en même temps. Dans le pire  (ou meilleur) des cas, elle a aimé Burrich tout en chérissant le souvenir de Fitz.


D’ailleurs, les paroles de Molly, dans les dernières pages d’Adieux et retrouvailles, ne laissent de place au doute : « tu nous as fait croire que tu étais mort, et j’ai sombré dans le désespoir : il ne me.restait rien, rien qu’une enfant entièrement dépendante de moi ; (…) je l’ai choisi parce que je l’aimais, parce qu’il me traitait bien et qu’il traitait bien Ortie. »

[Shannon Lee] [Fonda Lee] Le souffle du dragon / Quelques extraits que j'apprécie

  • Li Hon : On m’a déjà promis l’honneur pour ma famille, quand j’étais dans l’Est, et ça ne s’est pas bien terminé. Un enfant qui fait l’honneur de sa famille et de son pays, c’est juste une autre façon de dire qu’il ne reviendra pas à la maison.
  • Jun : Être le Gardien, c’est ce qu’il y a de mieux après être l’empereur, argumenta-t-il. Non, c’est même mieux, en fait, car les empereurs ne doivent leur titre qu’à leur naissance, tandis que les Gardiens remportent leur place.
  • Chang : Notre assistant est à la fois un benêt impulsif et un grand rêveur. Ça me plait !
  • Ren : Je suis une actrice. Les coups de bluff, c’est mon gagne-pain. Il faut projeter de l’assurance. Afficher ta force quand tous les yeux sont posés sur toi.
  • Jun n’avait jamais pensé qu’il lui faudrait un surnom accrocher pour impressionner le public et effrayer ses opposants. Il essaya d’en trouver un au pied levé, et les idées se bousculèrent dans sa tête. Létal Li. Jun le Jeune. Le Meilleur de l’Ouest. Il grimaça. Grand Dragon, il était nul pour ce genre de chose.
  • Chang : L’idée, c’est que n’importe qui peut être Masque Blanc; C’est pour ça que ses histoires sont aussi populaires. La personne derrière le masque n’est pas aussi importante que ce que le masque représente.
  • Dès qu’il entra dans la pièce, Jn reconnut l’odeur de la maladie. Elle était caractéristique, si rance et écoeurante. La transpiration, le sang et le vomi, les herbes médicinales, l’encens et le renfermé. Il avala sa salive, l’appréhension lui nouant l’estomac tandis que ses yeux s’habituaient à la pénombre.
  • Jun (sur sa chance de gagner avant un combat) : Malgré tout, Jun eut la hardiesse de se sentir insulté. Deux contre un. Après tout le spectacle du « Petit Dragon » ? Par les tétines de l’Épouse Bénie, les spectateurs étaient d’une inconstance sans pitié.
  • L’Empereur était le Fils divin de Dragon. Désobéir publiquement à son ordre direct serait synonyme de trahison. Frémissant de colère contenue, le général Cobu baissa la tête.
  • Le général Cobu : Certains hommes se battent pour l’honneur de leur famille ou la réputation de leur maître. Certains souhaitent faire découvrir leur art martial et le diffuser. Certains se battent pour la richesse, l’admiration des femmes ou le prestige d’être le Gardien. Et certains, comme Léopard, se battent parce qu’ils ne connaissent rien d’autre.
  • Une mendiante : Bonne chance, jeune homme ! Ricana-t-elle quand il lui tourna le dos. La guerre approche, hein ? C’est un vent violent qui balaye et renverse tout sur son chemin. Les puissants pourraient bien tomber, et les faibles se hisser au sommet, n’est-ce-pas ? Tu as raison de partir maintenant. Prends une longueur d’avance sur les autres, ils vont courir, oui.
  • Yin à Jun : Tu es trop égocentrique pour avoir été un agent politique durant que tout ce temps, que je te connais. Si le Rouleau t’a été volé, c’est que tu as été manipulé et trompé, exactement comme tout le monde. 

samedi 24 octobre 2026

Capitaine Brashen

Brashen est-il le double de Fitz ? Après tout, comme Fitz, Brashen a été malmené par sa propre famille. Il se révèle également un leader capable : il est celui qui a réussi à faire naviguer le Parangon et son équipage. De plus, comme Fitz, ses amours n’ont pas été simples tant Althéa et lui-même ont dû faire des efforts pour s’avouer leurs sentiments.


Quand Fitz décide d’aller semer la vengeance à Clerres, il rencontre Brashen. Dans un premier temps, le capitaine ne sait pas trop comment gérer Fitz car il pense qu’il est un prince. C’est un statut inconnu pour lui. Mais, très vite, Fitz désamorce la situation et le met à l’aise, il ne veut pas de traitement de faveur. Après tout, il n’est qu’un bâtard. Cela soulage Brashen qui dresse un parallèle entre les deux hommes : « j’étais la brebis galeuse, non l’héritier, et c’est pourquoi je me retrouve aujourd’hui à commander une vivenef au lieu de gérer la fortune familiale ». On pourrait croire qu’il y a de l’amertume dans sa voix, on ne pourrait pas se tromper plus. Naviguer à bord d’une vivenef, à bord de Parangon, rend Brashen comblé, il l’est encore plus car il est accompagné par Althéa. C’est sa maison, sa vie.


Mais, tout a une fin. Parangon permettait à Brashen de commercer et d’acquérir de beaux contrats. Ambre vient tout gâcher en remplissant l’esprit de Parangon d’idées émancipatrices : Parangon doit avoir le courage de devenir ce qu’il est, à savoir un dragon. Alors qu’il a connu Brashen et Althéa, Ambre les trahit tous les deux en donnant de l’Argent à Parangon. Dès lors, Parangon change : il affirme sa volonté et veut retrouver sa vraie nature. Pour Brashen, c’est une réelle catastrophe car Parangon ne veut plus naviguer comme son capitaine l’entend. Parangon se fiche royalement d’assurer ce pour quoi Brashen a été payé. Il y a donc une rupture potentielle de contrat, ce qui ne peut que déranger Brashen (« nous avons des contrats. Mais il ne sert à rien, je suppose, d’essayer de faire comprendre à une étrangère qu’un Marchand n’est riche que de sa parole »). D’une certaine façon, Brashen est esclave des traditions des Marchands, il ne peut pas s’en détacher et il ne semble pas le vouloir.

Le retournement de Parangon bouleverse Brashen. Il s’apitoie clairement sur son propre sort : « peut-être que nous allons perdre la seule chose qui nous reste à Althéa et à moi : notre réputation ». En effet, sans Parangon, Brashen ne peut pas espérer honorer ses contrats, pas plus qu’il ne peut naviguer sur le fleuve du désert des Pluies.

Si Parangon passe de bateau à dragon, Brashen perd tout. Il affirme que « nous n’avons pas de toit à Parr ici, à bord de Parangon, pas vie ni d’emploi hormis le travail que nous effectuons sur le fleuve du désert des Pluies et à Terrilville ». La vivenef est toute son existence, c’est la seule entreprise qui le fait vivre et qu’il peut espérer léguer à son fils. Sans Parangon, Brashen n’est plus rien, il risque de plonger dans un inconnu qui, manifestement, le terrifie.


On le savait déjà en lisant les Aventuriers de la Mer, on en a la confirmation dans Sur les rives de l’Art et le Destin de l’Assassin : Brashen est un capitaine qui sait mener ses hommes et mener son navire ; il ne faut pas oublier que, même avant de succomber aux avances d’Ambre, Parangon est un navire particulièrement capricieux.

Brashen sait élever la voix et affirmer son autorité. Il n’hésite pas à en venir aux mains avec Fitz quand Ambre enclenche une sorte de mutinerie (en tout cas d’après Brashen). Et on peut comprendre ce point de vue car les actes d’Ambre retirent à Brashen une bonne part de son commandement.

Quand Brashen se rend compte que Parangon se rendra à Clerres puis tentera de devenir un dragon, il fait avec et s’adapte. Il accueille bon gré mal gré un passager appelé Akennit, le fils d’Etta et Kennit, le Roi et la Reine des Pirates. C’est tout sauf anodin quand on sait ce que le père de Kennit a fait à la femme de Brashen (un viol). Est-ce pour ça que Brashen se montre dur avec lui ? Attention, ce n’est pas de la méchanceté gratuite mais plus une volonté de montrer au jeune homme qu’il ne lui sera fait aucun cadeau malgré son rang. Il rappelle à Akennit que « sur ces ponts, rien n’est au-dessus de la parole du capitaine ». Sauf la volonté de Parangon, bien entendu…

Malin, Brashen associe Akennit à Fitz pour montrer au jeune que même un prince accomplit sa part de travail. Quand il donne des ordres à Fitz (« Eh, les tonneaux de bière ne vont pas embarquer tout seuls »), le bâtard comprend les motivations de Brashen.

Brashen tient également tête à Etta en refusant d’embarquer son fidèle second, Sorcor, à bord. Il argumente que la présence de Sorcor créerait un conflit de loyauté pour bon nombre de marins (« si vous êtes à bord, Akennit et tous les matelots que vous nous avez amenés vous demanderaient votre avis avant de suivre le moindre ordre d’Althéa ou de moi-même »). Brashen ne doute pas de pouvoir s’affirmer mais ce serait une perte de temps. Une nouvelle fois, il assure Sorcor qu’il se montrera juste avec Akennit. Il ne sera traité ni mieux ni pire que les autres ; tant qu’Akennit obéira aux ordres, tout se passera bien. En tout cas, il est clair en disant qu’ « il devra plier un peu la nuque mais je ne le briserai pas. Ce qu’il devra apprendre le premier, c’est à recevoir des ordres ». Brashen n’a donc aucune envie d’humilier le fils de Kennit simplement pour ce qu’il est. Il sait faire la part des choses et juger les gens à leurs actes. D’ailleurs, il détonne clairement par rapport à d’autres capitaines qu’on a pu croiser comme Kennit ou Kyle Havre.

[Andrzej Sapkowski] 5 extraits marquants de la Saga du Sorceleur