Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

mardi 30 juin 2026

[RF Kuang] La république du dragon / Quelques extraits que j'apprécie

  • (Rin, à propos de Ramsa) : Elle ignorait ce qu’elle lisait dans son regard, mais elle ne le méritait pas. Ce n’était pas de l’amitié. Elle ne la méritait pas. Ce n’était pas non plus de la loyauté. Elle la méritait encore moins. C’était de la camaraderie, un lien formé par une trahison commune.
  • (Vaïsra à Rin) : Tu es une fillette apeurée qui réagit de la manière la plus irréfléchie qui soit sous le coup de la colère et du chagrin. Tout ce que tu veux, c’est ta vengeance. Mais tu pourrais être bien plus. Et faire bien plus. Écoute-moi. Tu pourrais changer l’Histoire.
  • (Rin) : Pour l’heure, toutefois, elle ne pouvait songer qu’à une seule chose : il était horriblement drôle de savoir qu’elle n’était pas la seule à être responsable d’une tuerie de masse.
  • Voilà à quoi ressemblait à présent l’équilibre des pouvoirs. Les gens comme elle agitaient la main et des millions d’autres se retrouvaient broyés par une catastrophe naturelle, éjectés de l’échiquier du monde comme des pièces incongrues. Les gens comme elle — les shamans, tous sans exception — étaient pareil à des enfants, piétinant des cités entières comme des châteaux de sable, des maisons de verre, des entités fongibles qu’on pouvait cibler puis détruire.
  • (Daji) : Les Nikaras ne sont pas prêts pour la démocratie. Ce sont des moutons, des imbéciles incultes et grossiers. Ils ont besoin qu’on leur dise quoi faire, même si ça implique la tyrannie.
  • (Daji) : Les Nikaras sont égoïstes. Ce pays tout entier est égoïste. Les gens sont égoïstes. Ces putains de provinces ont toujours été bornées, incapables de voir autre chose que leurs petits intérêts pour se joindre à un quelconque effort collectif. Tu les as entendus, tous ces idiots, à l’intérieur.
  • (Vaïsra) : Tu es la créature la plus puissante du monde, en ce moment. Tu peux déclencher ou mettre fin à une guerre (…) Ce que tu n’as pas le droit de faire, en revanche, c’est rester neutre. Avec un pouvoir comme le tien, la vie ne t’appartient pas.
  • (Rin, quand elle entend le nom du général Josephus Tarcquet) : Quel nom débile, songea Rin. Un enchaînement confus de syllabes qu’elle parvenait à peine à prononcer.
  • Ramsa ne cessait d’accuser Baji de tricher. Ce n’était pas le cas, mais ils découvrirent que Ramsa, lui, trichait bel et bien lorsque plusieurs dés tombèrent de sa manche ; le jeu se transforma alors en lutte
  • (Sorquan Sira, à propos d’Altan) : La vie et la mort sont la même chose, dans ce cosmos. On entre dans le monde matériel et on le quitte réincarné en quelque chose de mieux. Ce garçon était malheureux. Tu l’as libéré.
  • Les morts ne nous quittent pas, expliqua la Sorquan Sira. Ils nous hantent aussi longtemps qu’on leur en laisse la possibilité. Ce garçon est un fléau pour ton esprit. Oublie-le.
  • (Tante Fang) : En écartant les jambes simplement une fois de temps en temps, tu aurais pu manger tout ce que tu voulais, ou porter tous les vêtements que tu voulais. Mais, ce n’était pas assez bien pour toi, non, tu voulais être unique, devenir quelqu’un d’important, t’enfuir à Sinegard et prendre part aux joyeuses aventures de la Milice.
  • (Rin regarde Daji) : Elle approchait pourtant le menton haut et les sourcils arqués, les courbes de ses lèvres formant un sourire impérieux comme si elle venait de remporter une grande victoire. Elle irradiait une beauté sombre et séductrice qui faisait oublier ses vêtements imbibés ainsi que ses navires en morceaux.
  • (Venka à Rin) : Ce n’est pas aussi affreux que ça en a l’air. Il va te falloir un moment, mais tu retrouveras toute ta mobilité. Le gros problème, ce sont les cicatrices. Mais tu as toujours été moche, de toute façon, ça ne changera rien.
  • (Tsolin à Rin) : Marionnette jusqu’au bout, murmura-t-il, d’une voix si faible qu’elle fut seule à l’entendre. Quand est-ce que tu vas retenir la leçon ?
  • À Tikany, les fêtes n’attiraient les gens que parce qu’elles étaient synonymes de nourriture et de boisson gratuites, mais Arlong, détruite par la bataille, ne pouvait offrir ni l’un ni l’autre.

dimanche 28 juin 2026

[George RR Martin] Mélisandre précise sa vision du monde et de la guerre à Davos


 

[Fonda Lee] Shae défie Ayt Madashi


 

[Andrzej Sapkowski] Qui est Angoulême ?

Angoulême fait partie de la Hanse, ce groupe qui accompagne Geralt dans sa folle tentative pour sauver Ciri. Ancienne criminelle, Angoulême faisait partie d’une bande qui cherchait à enlever Geralt. Au fur et à mesure de ses interactions avec d’autres personnages, on en apprend plus sur sa vie, sur ce qu’elle est et sa vie tragique.


On comprend très vite que sa vie a été marquée par un mauvais début. Angoulême n’a rien commis de mal ; elle a simplement eu la chance de mal naître. Elle est la conséquence d’un adultère, elle est une fille reniée par ses proches (« cette famille (…) s’est débarrassée de moi parce que ma mère, paraît-il, avait couché avec une espèce de pèquenaud, un palefrenier »). Pourtant, Angoulême n’a rien fait de mal. Elle n’a fait que naître, ce n’est pas elle qui a trompé son mari…


Abandonnée, sa vie a été ensuite une longue et lente chute. Elle aurait pu être recueillie par une famille aisée, cela n’a pas été le cas. Quelques années plus tard, elle finit dans un espèce d’orphelinat géré par des hommes d’église. A nouveau, Angoulême est la victime. Elle arrive au mauvais endroit au mauvais moment puisque les prêtres sont des dégénérés, des hommes qui abusent des enfants recueillis. Elle décrit « un hospice dirigé par des prêtres, près de je ne sais plus quel temple (…)  Un lupanar purement et simplement, un bordel (…) De jeunes fillettes. Et des petits garçons aussi. Moi, quand je me suis retrouvée là, j’étais déjà trop grande, il n’y avait pas d’amateurs pour moi (…) Enfin…presque pas ». On comprend donc qu’Angoulême a sans doute subi des abus et des viols.

A Geralt, Angoulême dit que «  les coups, c’est pas grand-chose (…) depuis que je suis petite, on me bat, j’ai l’habitude ». Son enfance a donc été une succession de coups durs. Angoulême n’a pas été une enfant aimée ou bien traitée.

Elle atterrit ensuite dans un groupe de voyous, les Rossignols, contre qui elle se retourne quand elle apprend qu’ils visent Geralt. Ce qui lui fait recevoir des menaces de son ancien chef : Rossignol éructe que « j’ai juré d’infliger une sale mort à Angoulême, je vais m’amuser un peu avec elle ».


Adoptée plus ou moins de bon gré par la Hanse, Angoulême finit par arriver à Toussaint. Là, le groupe plonge dans une torpeur inattendue. Leur quête, retrouver Ciri, semble être mise de côté : cela représente un événement totalement inattendu tant Geralt semblait focalisé sur ce but. Angoulême analyse finement la situation : « ce fichu Toussaint, putain, c’est un endroit ensorcelé. Toute la ville a été envoûtée par un charme magique (…) J’ai été surprise par le comportement de Jaskier, puis par celui du sorceleur, mais j’ai moi aussi maintenant comme un voile de brume devant les yeux (…)Partons d’ici au plus vite ». Toussaint est donc une prison dorée. Elle pourrait très bien devenir le cimetière des ambitions du clan de Geralt. Si Angoulême a l’air si inquiète, c’est parce qu’elle est réellement et profondément attachée à Geralt et aux autres. L’objectif de Geralt est devenu le sien !  

On n’est donc pas étonné de la voir prononcer comme une déclaration de foi en faveur du chasseur de monstres : « mais moi, je n’abandonnerai pas le sorceleur. Comme l’a fait remarquer tonton Jaskier, il s’est empressé de me faire rejoindre votre groupe sans s’inquiéter, bien que je sois une ancienne criminelle ».


La voir mentionner Jaskier comme tonton n’est pas anodin. La Hanse est presque comme une famille pour Angoulême, une famille bien particulière certes, mais une famille malgré tout. Quand Milva meurt, Angoulême exprime fortement sa détresse : « Tantine ! hurla Angoulême. Tantine, ne meurs paaaaaas ! » Angoulême est réellement attachée à Milva et aux autres. 

Tout comme elle l’est à Ciri alors qu’elle ne la connait qu’à travers ce que dit Geralt et les autres. Angoulême n’a jamais rencontré Ciri si ce n’est au moment de sa mort à Stygg. Blessée, Angoulême agonise dans les bras de Ciri. Elle délire, exprime des rêves vains (« Dis, tu es une reine n’est-ce-pas ?… A Cintra…. Nous serons bien accueillis chez toi, non ? Tu feras de moi… une comtesse ? ») Alors qu’elle meurt, ses dernières paroles sont tournées vers Geralt : « je suis Angoulême. Je ne croyais pas… Je ne croyais pas qu’on te trouverait. Mais j’ai suivi Geralt… Parce qu’on ne peut pas ne pas le suivre ».


Angoulême meurt donc. Zoltan Chivay porte un toast aux membres de la Hanse morts en voulant délivrer Ciri : « Que la terre leur soit légère à tous ».