Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

mercredi 15 juillet 2026

La mort des méchants (1)

Dans la série de l’assassin royal, les animaux sont particulièrement mis en valeur. Grâce à la magie du Vif, on est amené à mieux les cerner. Fitz ayant de nombreux liens (de Vif ou non) avec des animaux, ils aident au développement de l’intrigue et ont parfois des rôles importants. Ils aident Fitz à atteindre ses objectifs et ont parfois des morts tragiques. Ainsi, on retiendra les sacrifices de Fouinot ou Martel. Mais, il arrive aussi que ce soient eux qui apportent la mort.


Le roman La Reine solitaire est un roman de mort et de conclusion. Alors que Vérité le dragon vient de s’envoler pour libérer les Six-Duchés, Fitz est aux prises avec les artiseurs et les soldats de Royal qui veulent s’emparer de la caverne. C’est un combat déséquilibré car le bâtard fait face à des attaques physiques et contre son esprit. Lui n’est accompagné que par le loup. Mais, Oeil-de-Nuit se révèle un formidable combattant. Le chasseur est celui qui tue Ronce. Ronce est un artiseur qui a pris grand plaisir à torturer Astérie. C’est quelque chose qui ne peut pas être pardonné. La mort de Ronce est brutale : « Oeil-de-Nuit venait de trancher la grosse veine du cou, et la vie de Ronce s’écoulait en geysers écarlates (…) Le sang gicla comme une fontaine tandis que Ronce ne débattait sans savoir qu’il était mort ». La mort de Ronce n’est pas inutile car elle fournit une réponse à une énigme : comment réveiller les dragons de pierre ? Par le sang et le Vif.

Quelques temps plus tard, une autre mort marquante et attendue survient : celle de Royal. On souhaitait le pire à ce Loinvoyant depuis un long moment. Il y avait même de l’attente que ce soit Fitz qui le tue, en réponse à tout ce qui lui a été infligé. Mais, les choses ont été différentes : il a été tué par un furet. Ce n’est pas si surprenant car Royal paie les conséquences de ses actes : il a mis à mort, persécuté un bon nombre d’utilisateurs du Vif, il en a fait un moyen d’amusement en les faisant se battre contre des forgisés. La mort de Royal a été tout sauf paisible ; elle a été violente, tout à fait inattendue pour lui. Il a été pris dans un moment de faiblesse, où sa garde était baissée (« la sauvage créature qui le déchiqueta dans son lit une nuit laissa des traces sanglantes non seulement sur les draps mais dans toute la chambre, comme si son acte l’avait rendue folle d’exultation »). Le nom de cet animal mérite d’être retenu : il s’agit de Petit-Furet. D’ailleurs, Fitz l’avait rencontrée alors qu’il tentait de tuer Royal. Le furet avait réussi à lui montrer que c’était un piège et à le convaincre de le laisser faire. Fitz avait acquiescé et lui avait offert réconfort, chaleur et bonne chance.


Si durant la guerre contre les Pirates rouges, Fitz a donné la mort à beaucoup de forgisés, il a aussi tué quelques Pirates rouges (« ma hache lui enfonça son casque dans le crâne »). A chaque fois, à chaque mort donnée, ce n’est pas seulement Fitz qui tue, c’est toute la population duchéenne marquée par les exactions des Pirates. C’est un moment où Fitz ne devient que le bras armé d’un peuple qui recherche la vengeance. Lui-même n’en tire aucune gloire même si on peut le remercier pour ce qu’il fait.


Fitz cherche aussi la vengeance. Il n’a pas oublié qu’il a été torturé dans les cachots par l’équipe de Royal. Le peut-il d’ailleurs ? En tout cas, pendant de longues semaines, il en fait des cauchemars. Il se souvient des coups portés, de la douleur et qu’il est mort dans les cachots. Il porte aussi les cicatrices physiques et émotionnelles. Alors, quand il a la chance de se venger d’un de ses tortionnaires, il ne rate pas l’occasion. Pêne meurt dans d’atroces souffrances, empoisonné. Pêne meurt en sachant qu’il va mourir et qu’il n’y a rien à faire contre. Fitz semble en tirer une grande joie : « l’absence soudaine de ma perception de son existence était comme un rayon de soleil sur mon visage ».


Les Pie sont une menace. Ils ont réussi à enlever Devoir, l’héritier de la Couronne. La mission de récupération a poussé Fitz au-delà de ses limites et a même occasionné la mort d’Oeil-de-Nuit. Bien que battus, les Pie ont continué à vouloir saborder le trône. Ils ont espionné les Loinvoyant, menacé des gens comme Laurier ou Civil. On comprend assez vite que Laudevin est un homme dangereux, très dangereux. Le Pie ne vit que pour la confrontation. Pire, il est un homme marqué par ce que Royal a infligé à sa famille. Il a vu la cruauté et il est prêt à imposer la cruauté en réponse. Alors, quand Fitz et lui sont face à face, c’est nécessairement un combat à mort qui les attend, un affrontement violent. Fitz a le dessus (« je pris mon épée à deux mains mains et la plongeai dans sa poitrine »). Ce n’est pas seulement Laudevin que Fitz tue, c’est aussi le lien entre Laudevin et son cheval de Vif (« j’entendis le hennissement de rage d’un cheval de combat y faire écho »). Fitz tue aussi le cheval de Laudevin. La population percevra cela comme un meurtre. Fitz est emprisonné, condamné à une mort certaine. D’une certaine façon, il n’aspire qu’à mourir : la façon dont il s’est lancé dans ce combat tend à le montrer.


Fitz ne tue pas la Femme Pâle, il la laisse vivre. Il pourrait et il devrait pourtant la tuer. La Femme Pâle a fait tant de mal au Fou, son ami le plus important. Elle l’a torturé, elle l’a brisé. Et pourtant, quand l’occasion se présente, quand la Femme Pâle appelle la mort, il la laisse vivre. Ceci dit, à ce stade, elle est une femme pathétique et affaiblie, sans mains et presque folle, perdue dans ses illusions de grandeur. Elle est seule et sans ressources. Fitz l’abandonne dans son triste état. Plus tard, on la trouvera morte (« la Femme Pâle gisait sur la glace (…) Les moignons desséchés et noircis de ses bras me firent songer à des pattes d’insectes »).

mardi 14 juillet 2026

Fitz manque-t-il d'ambition ?

Quand on arrive à la fin de la saga, on se rend compte que Fitz n’a jamais régné, qu’il n’a même jamais réellement cherché à avoir le pouvoir. Il n’a été qu’un pion manipulé par quelques (Subtil, Umbre) ou que d’autres (Royal) ont voulu abattre dans leur conquête du pouvoir. Pourtant, même bâtard, Fitz reste un Loinvoyant, le fils du prince Chevalerie.


Alors, comment expliquer ce manque d’ambition ?


On peut bien entendu mettre en avant son éducation. Tout a été fait pour que Fitz reste dans l’ombre. Il a été conditionné pour obéir et agir avec une étroite mage de manœuvre. Tout ce que lui a appris Umbre a mené à ça. Quand Fitz a voulu faire preuve d’indépendance d’esprit lors d’un exercice, il a été renié par Umbre durant de longues semaines. Il en a tiré la conclusion qu’il ne fallait pas faire de vagues, ne pas avoir de désir de pouvoir ou de gloire. Subtil et Umbre ont fait en sorte que tous ses actes soient tournés vers les Loinvoyant, et non pas vers l’accumulation d’influence. 

Alors qu’il n’était qu’un gosse, le roi Subtil a éteint toute velléité. Il s’est acheté la loyauté de Fitz en lui fournissant un toit, une éducation et l’appartenance familiale aux Loinvoyant : certains poussaient pour mettre de côté (tuer) ce fils illégitime, pas Subtil. Les deux nouent un marché : « si un homme o une femme cherche à te retourner contre moi en t’offrant plus que je ne te donne, viens me voir, expose-moi l’offre et je la surpasserai ». Là, Subtil dit à Fitz qu’il sera toujours là, qu’il prendra toujours en compte ses besoins. Fitz n’a rien à gagner à vouloir outrepasser un roi qui lui donne tant.


Pour d’autres (Royal), il faut voir le manque d’ambition de Fitz comme un héritage paternel. Après tout, Chevalerie a renoncé à la fonction suprême. Il a refusé d’être roi à cause d’un motif futile. Royal trouve cette décision pathétique, ridicule. Selon lui, cela montre que Chevalerie n’avait pas les épaules pour régner (« tu es le misérable bâtard d’un petit prince qui m’a même pas eu le courage de devenir roi-servant »). Fitz n’aurait pas d’autre choix que répéter ce comportement.


La principale critique du manque d’ambition de Fitz est Astérie. La ménestrelle a rencontré Fitz alors qu’elle cherchait à écrire une belle histoire, à entrer dans la légende. Elle a vu Fitz participer au réveil du dragon d’Art et de pierre de Vérité. Mais, surtout, elle l’a vu se couper du monde, se réfugier dans une cabane perdue au milieu de nulle part plutôt que revenir triomphal à Castelcerf. Astérie n’a jamais réellement digéré ce choix. Pour elle, l’attitude de Fitz est incompréhensible.

Quand Fitz revient plus tard au château, ce n’est même pas en tant que noble. Non, il revient comme un vulgaire domestique, un être invisible sans influence et sans pouvoir ! Ce choix dégoûte Astérie qui ne se gêne pas pour montrer son dépit (« le fils d’un roi sacrifie son existence entière pour la famille de son père, tout ça pour finir comme valet, soumis aux mauvais traitements d’un gentilhomme étranger bouffi d’orgueil »). Fitz expose toute sa faiblesse en faisant ce choix. 

Astérie a alors la confirmation de ses doutes. Elle fait partie des rares personnes qui connaissent une bonne partie de la vie du bâtard de Chevalerie. Elle le connait intimement, elle a bien pu cerner sa personnalité. Elle pense que Fitz est heureux de finir comme domestique de Sire Doré : « ç’a toujours été ton rêve le plus cher, n’est-ce-pas ? Avoir ta petite existence à toi, n’être en rien responsable de ta lignée ni des événements de la cour, faire partie des petites gens, ne laisser aucune trace dans l’histoire ». Ce qui est assez ironique avec ces propos est que Fitz a certainement rêvé de ça quand il était en couple avec Molly alors que ses activités d’assassin le retenaient à la cour ? Il aurait sans doute tout donné pour qu’un autre exerce ses fonctions ou qu’il y ait la paix, afin de pouvoir vivre avec celle qu’il aimait….


Étrangement, un autre détracteur est Umbre. Lui qui a formé Fitz, qui l’a mis en garde contre la déloyauté lui reproche une certaine forme de manque de courage. Umbre était à deux doigts de l’insulter de tous les noms quand Fitz a participé à la conspiration de Brondy de Béarns pour renverses les manipulations de Royal ; Umbre sous-entendait même que Fitz basculait vers la traîtrise alors que les actions étaient légitimes et nécessaires tant Royal menait le royaume vers sa chute. Des années plus tard, il adresse à Fitz des reproches méchants, cruels, injustes : « c’est ta plus grande faiblesse, Fitz, et ce depuis toujours : tu es trop prudent. Tu manques d’ambition. C’est ce qui plaisait à Subtil chez toi ; il ne t’a jamais craint comme il me redoutait, moi ».


Fitz aurait donc pu avoir plus. Si on suit Umbre, il aurait pu réclamer plus ou obtenir plus de pouvoir par des machinations. Il aurait pu influencer la politique de Kettricken en murmurant à ses oreilles, en devenant son principal conseiller après la guerre des Pirates Rouges. Grâce à Devoir, on apprend que Kettricken l’aurait sans aucun doute écouté (« si elle vous baptise oblat, c’est qu’elle vous regarde comme le roi légitime des Six-Duchés »).  

Fitz avait donc tout pour devenir le roi officieux. Il avait la légitimé familiale, les compétences, l’expérience ; il aurait été soutenu par un bon nombre de nobles. Même sa pratique du Vif aurait pu être atténuée par sa belle histoire : savoir qu’il a pratique la magie aurait pesé bien peu face à son sauvetage du pays. Comme le dit Astérie, Fitz aurait pu suivre une autre voie : « tu aurais pu être quelqu’un. Peu importe ta naissance, on t’a donné toutes les chances de gravir les échelons et tu aurais pu devenir un personnage important ». Cela n’a pas été le cas. Notons que si Astérie est si véhémente, c’est parce que son parcours personnel a été très compliqué, qu’elle en a bavé et qu’elle a misé gros sur Fitz : elle se serait élevée avec lui.

mardi 7 juillet 2026

Umbre aime Fitz

Pour le lecteur, qui est Umbre ? Il est ce vieil homme retiré du monde et qui sert le royaume. Il est celui qui forme Fitz aux arts de l’espionnage et de l’assassinat. Il est presque perçu comme un père de substitution pour Fitz. Pour d’autres, il est un des rares Loinvoyant fiable.


Lorsque Fitz décide de se retirer du monde après avoir participé à la libération des Six-Duchés, il ne voit pas ses camarades pendant des années. Les premiers chapitres du tome 7, le Prophète Blanc, sont une succession de visites à domicile, d’un homme isolé qui voit ses vieux amis lui rendre visite pour bavarder, refaire le monde et donner des nouvelles. Umbre fait partie de ces gens qui viennent.


C’est Umbre qui fait le premier pas. C’est lui qui parcourt la longue distance qui sépare la petite maison de Fitz de Castelcerf. Cela veut donc dire qu’il s’est renseigné pour savoir où habitait Fitz, où il s’était caché. On peut aussi penser que Fitz aurait pu facilement se rendre à Castelcerf s’il l’avait réellement voulu ; il ne l’a pas fait. Apparemment, Umbre ne lui en pas tenu rancoeur. Sa première réaction en voyant son ancien apprenti est sincère, réelle, intense (« il écarta les bras dans l’intention de me serrer contre lui »). 

Bien entendu, la visite d’Umbre est motivée, il a besoin d’aide pour former le prince Devoir à l’Art. Umbre a trop de l’Homme d’Etat pour négliger une ressource comme Fitz. Ce dernier est le seul artiseur connu encore en vie à son époque. Toutefois, au fil de la conversation, Umbre en apprend beaucoup sur son vieil ami et le cerne. Il réalise que Fitz a de la souffrance, de la peine en lui, contrairement à ce qu’il pensait (« je regrette d’apprendre que tu en souffres encore (…) J’avais supposé que la soif de l’Art s’apparentait à la dépendance à l’alcool ou à la Fumée, et qu’après une période d’abstinence forcée, le besoin irait s’amenuisant »). La sincérité est bien présente. C’est sans doute pour ça qu’il ne juge pas Fitz lorsqu’il remarque toutes les drogues cultivées, la « la prépondérance parmi elles de sédatifs et d’insensibilisants ».

Umbre étant Umbre, il continue de voir Fitz comme son jeune apprenti malgré les années passées. Le maître n’est pas avare de compliments devant les prouesses de Fitz : « je t’ai apporté des encres de Castelcerf, mais je me demande maintenant si les tiennes ne sont pas de meilleure qualité ». Il y a de la fierté dans la voix du vieil assassin.


Est ce que Fitz fait confiance à Umbre ? La question se pose. En tant que lecteur, rares sont les individus qui rentrent dans cette catégorie : Vérité sans doute (mais il est mort), Kettricken possiblement et le loup Oeil-de-Nuit. Umbre, lui, a un avis clair et certain. Fitz ne fait confiance à personne. Il a développé son avis en disant à Astérie que « tu étais incapable de te fier entièrement à quelqu’un, que ton âme serait toujours déchirée entre la envie et la crainte de faire confiance ».

Umbre a eu le temps d’observer Fitz. Caché dans les murs, l’araignée regardait le jeune homme. Il l’observait tenter de trouver, gamin, une place à la cour alors qu’il avait passé ses premières années loin de tout. Pour Umbre, Fitz n’a jamais dépassé cette séparation, cette déchirure. Il pense que le traumatisme a été trop fort et a durablement marqué le bâtard (« j’ai mal de voir que tu es resté… tel que tu as toujours été depuis… oh, zut ! Depuis qu’on t’a arraché à ta mère ! Toujours sur tes gardes, méfiant, isolé »). C’est possible ; après tout, Fitz n’a jamais cherché à revoir sa mère, il n’a jamais réellement cherché à en savoir plus ni même à fouiller dans ses souvenirs pour se rappeler d’elle. Quand Caudron, dans la carrière, lui a parlé d’elle, il a même adopté une stratégie de fuite.

Umbre blâme Fitz de son comportement, de son attitude. Il admet aussi que Fitz n’est pas le seul responsable de cet état. Il est le produit des années, des épreuves traversées, des gens rencontrés (« je ne veux pas te demander ce que tu ne peux pas te donner. Tu es ce que la vie a fait de tout —et ce que, moi-même, j’ai fait de toi, Eda me pardonne »). Les paroles sonnent comme des excuses. Umbre a toujours dit qu’il était prêt à sacrifier Fitz pour le bien du royaume, cela ne veut pas dire qu’il ne l’aime pas ou qu’il le fait avec entrain.


Fitz se rend compte à Castelcerf pour retrouver Devoir. En faisant le point avec Umbre, il se rend compte qu’Umbre s’auto-forme à l’Art. Fitz dit et insiste que la méthode est dangereuse, qu’Umbre joue avec des forces qui le dépassant. Dans un premier temps, Umbre le prend mal, il est blessé dans son égo. Puis, il réalise qu’il y a plus en jeu que sa personne et se ressaisit.


A vrai dire, on peut dire que les deux jouent à se faire mal sans le faire exprès. Les deux ont à coeur le bien de l’autre mais sont incapables de le dire clairement. Par exemple, quand Fitz tente de freiner les envies d’Art d’Umbre, c’est parce qu’il sait que cette magie est dangereuse et qu’elle en lui demandera toujours plus.

Umbre, lui, veut pousser Fitz à utiliser sa magie pour retrouver Devoir. Or, Fitz fait tout pour ne pas artiser. Ses derrières expériences ont été marquantes : il a fini à chaque fois très faible.

Ce n’est pas qu’Umbre se moque des peurs de Fitz, c’est qu’il sait qu’il sera là pour l’aider si besoin (« je suis là, mon garçon, et je m’occuperai de toi »). Là encore, on ressent l’amour ressenti par Umbre pour Fitz. Comme un père pour son fils…

Umbre fait passer l’Etat avant tout. En cela, il n’a pas changé durant toutes ces années. La volonté de préserver les Six-Duchés est sa boussole. Il peut paraitre froid à cause de cela, il s’en fiche. Fitz veut se droguer après une migraine d’Art ; Umbre l’interdit. Pourquoi ? Simplement parce que « le Trône a besoin du talent que toi seul possèdes. Je ne permettrai pas que ton Art soit diminué en quoi que ce soit ».


Clairement, Umbre est attentionné. S’il ne le dit pas forcément bien souvent, ses actes parlent pour lui. Ainsi, il a empêché que l’ancienne chambre de Fitz soit occupé (« c’est vous qui empêchez qu’on la donne à quelqu’un d’autre ») en faisant croire qu’elle est hantée. Il y a là une forme de respect, comme la volonté de figer dans le temps un souvenir. 


jeudi 2 juillet 2026

[Brian Mc Clellan] La république d'automne / Quelques extraits que j'apprécie

  • Bo à Nila : Tu te souviens comme il te faisait te sentir impuissante ? chuchota Bo. Prends toute cette haine et cette colère, fais-en une balle et range-la soigneusement. Ne rumine pas, ça te remplira d’amertume. Mets-là de côté et sers-t’en pour te rappeler que tu ne veux plus jamais te retrouver en position d’impuissance.
  • Bo à Nila : Les Privilégiés adorent les secrets. On les amasse comme un écureuil ses noisettes et on rechigne à les partager.
  • (Dame Winceslav) : Ce n’était pas une accusation. Il n’y avait pas de colère dans sa voix, juste de la résignation.
  • Abrax à Tamas : Ce pays est votre seule responsabilité, Tamas. Vous ne pouvez pas vous permettre d’être un père. Vous y avez renoncé il y a des années, lorsque vous avez décidé de renverser votre roi.
  • Nila était encore un peu étourdie et l’odeur du petit-déjeuner d’un officier — oeufs et bacon, si elle ne se trompait pas — fit gargouiller son estomac. Elle avait mal dormi ces deux derniers jours, ses rêves hantés par les cris des mourants, le tonnerre de l’artillerie et les relents de chair brûlée.
  • J’ai une vision de l’avenir, reprit Tamas. La révolution s’étend un peu partout, le peuple dépose les monarques un par un. Les hommes les plus forts, pas ceux qu’ordonnent les saints ou les dieux, prennent le pouvoir et se forgent leurs propres empires. Des hommes et des femmes meurent par millions et tous les progrès qu’a fait notre monde durant ce dernier millénaire tombent en poussière. Et tout ça par ma faute.
  • Cheris : Je vais unifier les Neuf. Je vais faire régner l’harmonie en ce monde, même si pour ça, je dois tuer la moitié des habitants de cette planète.
  • Adom : Je suis ton Dieu, mon gars, et si tu ne donnes pas immédiatement l’ordre de battre en retraite, vous allez mourir, tous jusqu’au dernier.
  • (Adom)  Il ignora les questions fusant du groupe de soldats, serrant le corps de Tamas contre son coeur. Et là, au milieu des ruines du magnifique palais d’Horizon, tout le monde put voit un dieu pleurer le héros d’Adro.