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LES LOUPS N'ONT PAS DE ROI (Robin Hobb) et de la fantasimaginaire
Les articles spoilent tous les livres parus en France.
Article épinglé
Fitz se voit-il en héros ?
Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...
lundi 28 septembre 2026
dimanche 27 septembre 2026
[Julie Victoria Jones] L'épée dans la glace rouge / Quelques extraits que j'apprécie
- Raina avait toujours jugé barbare cette coutume qui remontait au temps des premiers clans, et pourtant, à la mort de Dagro, elle avait commencé à mieux la comprendre. Car la douleur de la mutilation n’était rien - rien du tout - comparée à la perte de Dagro. Curieusement, cela l’avait aidée. Sentir le sang couler de ses veines et ruisseler autour de ses poignets lui apportait un certain soulagement.
- Dans la victoire on se sentait immortel, capable de poursuivre ses ennemis jusqu’au dernier puis de danser et boire jusqu’à l’aube ; la défaite, par contre, vous broyait au plus profond de l’âme. Et pour un homme qui avait déjà vendu la moitié de cette âme au diable, cela n’en laissait pas grand-chose.
- Marafice : Ils ont un trou du cul comme toi et moi, avait-il déclaré à Grimes au début de la campagne. La seule différence, c’est qu’avec les foies de canard, les langues d’alouette et les huitres dont ils s’empiffrent, ils s’en servent beaucoup plus souvent.
- Raif : Il se voyait comme un rat piégé dans un labyrinthe inondé, pataugeant furieusement pour ne pas se noyer tout en s’efforçant de remonter jusqu’au fromage. Ceux qui l’observaient d’en haut voyaient tout, distinguaient clairement le plan des couloirs et des embranchements, connaissaient instantanément le meilleur chemin et riaient de voir le rat rater une occasion après l’autre, et s’enfoncer toujours plus loin au coeur du labyrinthe.
- Wrayane Château-de-Lait : Une fois mort, cependant, un chef n’a plus son mot à dire. Il ne commande pas plus à son clan qu’à son corps. Ou à sa soeur.
- Traggis Taupe : C’est la Faille : aucun de ceux qui vivent ici ne veut oeuvrer pour le bien de tous. Quand on y tombe, il n’y a plus moyen d’en ressortir.
- (Raina) : L’exercice du pouvoir ressemblait au travail d’un muscle : plus on le pratiquait, plus cela devenait facile.
- Angus Lok à Vaylo : Rentre à Bludd, rassemble tes forces et attends la Longue Nuit qui se dessine à l’horizon. Oublie Dhoone, cette maison ronde et tes rêves de te faire appeler seigneur des clans. Des jours plus sombres que la nuit s’annoncent.
- Apparemment, le sourire de l’Oeil n’avait rien d’agréable car le bretteur détourna rapidement les yeux. Ébloui par ma laideur, songea Marafice avec une joie sinistre.
- Craupe : Malgré le risque encouru, c’était plus fort que lui. Après avoir passé dix-sept ans enchaîné dans les mines, il avait acquis une forme d’intransigeance en matière de liberté. Sortir chaque nuit était sa façon d’affirmer qu’il était un homme libre et qu’il allait et venait à sa guise.
- Ce que Craupe ignorait par contre, c’était la motivation de son maître. Baralis ne s’intéressait qu’au pouvoir, autrefois. Il avait comploté pour s’emparer d’un royaume, puis d’un continent, et avait échoué.
- Les Mutilés représentaient tout pour la Taupe ; ils étaient son clan, et il avait voué sa vie à les protéger. Un sentiment proche de l’amour envahit Raif à ce moment-là, et il sut qu’il accorderait à ce homme ce qu’il lui demanderait.
- Hew Mallin : Les dieux sont morts et ce qu’il en reste est là pour nous détruire, non pas pour nous juger.
- Addie : Dans cette partie du monde, le seul moyen de savoir avec certitude où nous sommes est d’attendre que quelqu’un surgisse des arbres pour nous attaquer.
jeudi 24 septembre 2026
Chronologie de la Tawny Man Trilogy
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scandale de Myrteville entre le Fou, Civil et Sydel
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Fitz et Devoir passent à travers un pilier d’Art et arrivent sur l’île des Autres
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Mort d’Oeil-de-Nuit
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retour de Devoir au château de Castelcerf
La Femme Pâle et les tatouages
Quand Elliania arrive à Castelcerf dans l’optique de se fiancer avec Devoir, personne n’imagine qu’elle le fait sous pression de la Femme Pâle. Elliania n’a pas d’autre choix qu’épouser un adolescent qu’elle ne connait pas si elle veut sauver sa mère et sa soeur.
On pourrait croire que, loin de la Femme Pâle, Elliania trouverait un moyen d’échapper à son emprise. Mais, la Femme Pâle a pris des précautions. Bien avant d’envoyer Elliania vers les Six-Duchés, elle l’a marquée : les tatouages ne sont pas que des tatouages. Ils sont aussi un moyen d’infliger la douleur. Peottre dit même qu’ils sont « un empoisonnement de l’âme ». Quand Elliania a été tatouée, elle n’était qu’une gamine (« un matin, elle est partie en promenade avec Henja, en qui elle avait toute confiance ; deux jours plus tard, la suivante l’a ramenée. Elle tenait à peine sur ses jambes et elle portait ces tatouages »). Les tatouages sont d’autant plus douloureux que la Femme Pâle a appris beaucoup de choses sur la magie, l’Art et autres grâce aux manuscrits récoltés ici ou là. Grâce à cela, elle peut faire souffrir et elle ne s’en prive pas.
Lorsque Fitz espionne Elliania, il se rend compte qu’il y a quelque chose de bizarre dans son comportement. C’est quand il voit le dos de la jeune femme qu’il comprend pourquoi elle souffre autant (« la mystérieuse punition des tatouages qui infligeaient d’insupportables brûlures à la narcheska laissait entrevoir l’existence d’une magie dont nous ne savions rien »). Fitz ne comprend pas pourquoi de simples dessins sur la peau peuvent faire du mal. Il se tourne naturellement vers le Fou pour en savoir plus.
Avec bien peu d’envie, le Fou lui montre son dos. Fitz constate alors que « si ses tatouages n’étaient pas identiques à ceux d’Elliania, ils étaient extrêmement similaires ». Le Fou lui explique alors que « leur application a été extrêmement pénible et longue » et que c’était un souhait de la Femme Pâle que ce soit douloureux (« ils prenaient grand soin de planter leurs aiguilles là où elle l’ordonnait »). D’une certaine façon, la Femme Pâle prenait plaisir à voir des enfants être torturé. Car, que ce soit Elliania ou le Fou, ils ont tous les deux été tatoués alors qu’ils n’étaient que des gosses. Le Fou précise qu’ « infliger un tel traitement à un enfant, à n’importe quel enfant, l’empêcher de bouger et le faire souffrir est atroce ». La peine accompagne donc le tatouage. Et savoir qu’on est marqué vous accompagne durant toute votre vie. Des années plus tard, malgré tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a vu, le Fou est toujours tatoué contre sa volonté.
La Femme Pâle vaincue, les tatouages restent un des derniers témoignages de sa vengeance, de sa méchanceté et de sa cruauté. C’est comme si la défaite de la Femme Pâle avait décuplé la douleur. Fitz s’en rend compte en regardant le dos d‘Elliania (« la beauté luisante des serpents et des dragons avait disparu. Les tatouages s’enfonçaient en creux dans la peau qu’ils tiraient comme si on les avait gravés au fer rouge »). La relative beauté qu’on pouvait trouver en regardant les tatouages a disparu. Il n’y a plus rien d’artistique, plus rien de beau ; simplement un instrument de douleur.
Personne ne semble capable d’apaiser la douleur d’Elliania. Lourd est inefficace et même craintif en utilisant l’Art, la neige n’apaise pas le mal. C’est Fitz qui se chargera d’effacer les tatouages lors d’un processus marquant, presque dégoûtant et repoussant. Elliania vit un véritable moment de calvaire (« une encre à l’odeur pestilentielle suintant, contrainte et forcée, par les pores de la malheureuse qui, pour couronner le tout, souffrait le martyre. Elle serrait les dents et martelait le sol à coup de poings ») mais elle préfère supporter ça que garder les tatouages. D’ailleurs, elle le dit clairement : « peu importe les moyens, je veux seulement qu’on m’enlève ces tatouages. Je refuse de porter les marques de cette femme sur moi ! »

