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dimanche 1 novembre 2026

[George R.R. Martin] Quelques références à Aegon le Conquérant

Dans l’histoire de Westeros unie, il n’existe pas de figure plus marquante qu’Aegon le Conquérant. Après tout, il est celui qui a entrepris l’unification des royaumes et leur a fourni un gouvernement central. Il n’a pas seulement été un Homme d’Etat, il a marqué son époque par ses talents de combattant et de stratège, certes bien aidé par ses femmes-sœurs et ses dragons. 

L’exilée Daenerys se réfère à lui quand elle se projette. Son ancêtre a marqué l’histoire de sa famille et, des décennies plus tard, il influe encore grandement la vie de Daenerys. Il conditionne les choix qu’elle peut faire. Elle n’a pas d’autre choix que de se marier à son frère Viserys : « depuis toujours, elle s’attendait le moment venu, à épouser son frère, car cela faisait des siècles, très précisément depuis qu’Aegon le Conquérant s’était donné pour femmes ses propres sœurs, que les Targaryens se mariaient ainsi ». Pour Daenerys, le choix est nécessairement limité car il ne lui reste que le manipulateur, et parfois violent, Viserys.

On pourrait penser que Daenerys se sent contrainte par l’héritage d’Aegon, ce n’est pas le cas, loin de là. C’est même une fierté, quelque chose qu’elle déclame quand elle se présente à bon nombre de gens, quelque chose dont elle se sert lorsqu’il s’agit d’asseoir son autorité et sa légitimité (« Je suis du sang du dragon. Je suis Daenerys du Typhon, princesse de Peyredragon, semence et sang d’Aegon le Conquérant »). Pour autant, cela peut devenir un fardeau lourd à porter. Après tout, Daenerys ne fait que, pour l’instant, conquérir des villes en Essos alors qu’ « Aegon mit les Sept Couronnes à feu et à sang » et « leur offrit ensuite paix, justice, et prospérité ». Aegon était donc aussi un bâtisseur, quelqu’un qui avait une vision et un projet. En comparaison, Daenerys admet faire pâle figure (« je n’ai quant à moi apporté que mort et que ruine à la baie des Serfs »). 

Beaucoup semblent louer Aegon. Même Stannis Baratheon lui trouve des qualités de leader. Il reconnait qu’Aegon a offert un regard neuf sur Westeros en disant que « tous ces blablas sur les Sept Couronnes sont ineptes. Aegon s’en aperçut voilà trois cents ans au premier coup d ‘œil qu’il jeta dessus ». il est possible que d’autres aient voulu unifier les couronnes avant lui mais seul Aegon avait la force pour réaliser ce rêve.

Mais Aegon n’était qu’un homme. Il n’aurait jamais pu conquérir ces vastes territoires sans des armées puissantes et surtout sans ses dragons. C’est en tout cas ce que pense Stannis (« penses-tu que nous l’appellerions aujourd’hui le « Conquérant », s’il n’avait pas disposé de dragons ? »). 

Des décennies après sa mort, le royaume se trouve dans un piètre état après le règne de Robert Baratheon. Ce dernier n’a pas réussi à offrir à ses héritiers la légitimé nécessaire et la guerre éclate. Les ambitieux se dévoilent et le peuple gronde.

A Port-Réal, quand des émeutes éclatent, Janos Slynt se sert de l’image d’Aegon pour dire que la situation est intenable ; il déplore qu’ « Aegon en personne ne parviendrait pas à maintenir la paix, lord Renly ».

D’autres invoquent le souvenir d’Aegon pour motiver, inspirer. Mélisandre tente de faire comprendre à Stannis qu’il doit se montrer impitoyable et déterminé. Stannis ne peut pas se permettre de tergiverser, d'hésiter. Après tout, Stannis n’est-il pas à Peyredragon ? Mélisandre y voit là un signe. Comme Aegon, elle pense que son roi doit s’envoler de « ce roc désolé, et comme lui, jadis, à tout balayer sur votre passage ». Mélisandre a bien compris qu’Aegon représentait une figure mythique, un héros légendaire dont elle peut se servir pour arriver à ses fins. 

Aegon a laissé un bon nombre de symboles après sa mort. Le plus marquant (et le plus disputé) est sans aucun doute le Trône de Fer, ce siège « immense, hérissé de pointes et de lames acérées, tordues, déchiquetées comme à plaisir ». Rien de bien engageant à première vue donc, mais il suffit à éveiller bon nombre d’ambitions, de combats et de trahisons. Le Trône de Fer était une idée d’Aegon (« le mot d’Aegon commandait à ses armuriers de lui forger ce trône monumental avec les épées de la reddition ») pour montrer à ses ennemis vaincus qu’il les dominait à tout point de vue. 

Quand un Aegon émerge en disant vouloir conquérir le Trône, il est accueilli avec des doutes par Tyrion. Après avoir écouté les revendications de l’homme, le nain de la famille Lannister lui souligne qu’il devra faire avec une rivale : Daenerys. Quand il parle d’elle, c’est en des termes élogieux : « c’est la veuve d’un khal dothraki, la mère de dragons et une pilleuse de villes, Aegon le Conquérant avec des nichons ». Ainsi, tel Aegon, Daenerys est entrée dans la légende.


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