Les événements de la Communauté des esprits se déroulent sept années après ceux du Miroir d’ambre. Le roman se concluait sur la séparation de Will et Lyra, leur déclaration d’amour et la promesse d’avancer dans la vie quoi qu’il arrive : ils ne devaient pas rester focalisés sur ce qu’ils avaient vécu, cet amour impossible (puisqu’ils viennent de deux mondes différents).
Dans la Communauté des esprits, on suit principalement Lyra qui fait face à de grands bouleversements dans sa vie quotidienne. Elle est amenée à voyager à travers l’Europe et l’Orient. Sur un plan plus personnel, elle a des relations intimes avec un jeune homme ; Pan, son daemon, et elle ont une violente dispute : Pan pense que Lyra a trop changé et a perdu une certaine forme d’innocence, de rêverie.
Will n’apparait pas du tout dans ce tome. Mais, il est malgré tout présent. On se rend compte qu’il a laissé une forte impression aux gens qu’il a croisés. Farden Coram, un gitan, sous-entend même qu’il est devenu une figure de légende parmi les sorcières (« il faut savoir paraître insignifiant, afin que les gens ne te remarquent pas, et que, même s’ils te voient, ils t’oublient aussitôt. C’est ce que faisait Will, et c’est pour cette raison que Serafina était si impressionnée »). Les sorcières ont en effet longtemps cherché à perfectionner leur technique pour être invisible, une pratique qui leur demande beaucoup d’énergie. Qu’un gamin comme Will réussisse à paraitre quelconque au point d’être invisible est une réelle prouesse !
Lyra a tendance à se retrouver au centre d’événements et elle aurait bien besoin de cette compétence. Elle aussi est admirative de ce que réalise Will. C’est aussi le cas de Pan qui pense que « Will Parry avait le pouvoir de devenir invisible », Pan poursuit en rapportant que cela « avait stupéfié les sorcières du Nord ».
Lyra aime encore Will. Elle ne l’a pas oublié. Elle n’a aucune honte à l’admettre, à elle-même et aux autres. Les choses sont claires quand elle dit que « je pense à lui chaque jour. Peut-être même à chaque heure. Il est toujours le centre de ma vie ». Elle en pense à un point qu’elle le voit ou croit le voir dans ses rêves. Peu importe si c’est réellement Will, c’est à chaque fois une tempête d’émotions qui surgit en elle (« elle était encore sous le choc, chancelante et abasourdie. Ce garçon ressemblait tellement à Will ! L’espace d’un instant, son coeur avait explosé de joie. Quelle amère déception ensuite »).
Absent, Will reste un pilier dans la vie de Lyra. Il est celui à qui elle se raccroche quand tout va mal. Lorsque Pan et elle se brouillent, « elle se surprenait à parler tout bas à un fantôme, à l’image qu’elle se faisait de Will là-bas dans son monde inaccessible ». Lyra ne peut pas oublier Will.
Adolescents, Will et Lyra ont traversé des épreuves compliquées comme se rendre au monde des morts, se séparer de leur daemons. Tout cela a contribué à construire et solidifier leur amour. C’était une passion, une nécessité, une évidence (« tout ce qu’on a fait, c’est nous embrasser. Encore et encore comme si on n’allait jamais s’arrêter. Comme si on ne serait jamais obligés de s’arrêter ») qu’ils auraient aimé pouvoir continuer. Malheureusement, la réalité physique les a rattrapés (il est impossible de vivre à long terme dans un monde qui n’est pas le sien).
Si Lyra a déjà fait l’amour, cela n’a « rien à voir avec l’intensité dévorante et omniprésente, avec la passion ardente qui les avaient unis, Will et elle ». On comprend là que Lyra ne s’est pas fermée sur elle-même, qu’elle s’est autorisée à avoir des aventures, à se laisser séduire. Elle est restée fidèle à leur dernier échange où ils s’étaient promis de ne pas se laisser dévorer par le passé partagé.
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