Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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mercredi 21 octobre 2026

[Julie Victoria Jones] La peinture de sang / Quelques extraits que j'apprécie

  • Mersall prit son souffle comme un acteur et se lança. Il devait penser à lui avant toute chose ; par ailleurs, il appréciait énormément le son de sa voix.
  • (Emith) : Il était assistant de scribe, et bien qu’il n’y ait aucun scribe à assister pour l’instant ni personne à instruire depuis le départ de Tessa, il devait poursuivre son travail. Cela faisait partie de lui.
  • (à propos des lèvres de Violante d’Arazzo) : Certaines allaient jusqu’à se faire gifler par leur suivante avant les bals ou les banquets, rien que pour conférer à leurs lèvres cette même rondeur voluptueuse.
  • Gerta à Angeline : Je connaissais mon devoir — et personne n’aime son pays davantage que moi. Personne. Mais vous et ce bon à rien de chien avez su gagner mon coeur. Je n’avais pas l’intention de vous aimer, mais voilà.
  • (Tessa) : Ce fut l’odeur qui la tira du sommeil.  Aussi perçante qu’un cri, aussi insistante que le tambourinement de la pluie et aussi brutale qu’une secousse du bras, elle s’insinua dans ses narines et l’obligea à se réveiller.
  • (Avaccus à propos des éphémères, dont la Ronce d’or et la bague de Tessa) : Les éphémères ne restent jamais bien longtemps au même endroit. Leur passage n’est que temporaire : une étoile filante dans la nuit, un orage qui éclate et puis s’apaise. Elles peuvent demeurer cachées et inutilisées pendant des siècles. Enfouies dans les sombres régions entre les mondes, dans les coins et recoins du temps, elles rongent leur frein en attendant leur heure, avant de surgir lorsqu’on les appelle ou que l’on a besoin d’elles. Les éphémères peuvent encourager une cause, embraser un conflit, inspirer un bouleversement ou modeler une vie. Il y a un grand pouvoir en elles. Elles sont l’endroit où se rencontrent la lumière et les ténèbres, le point de convergence des mondes, où le temps devient moins substantiel que le lent tic-tac d’une horloge en train de s’arrêter.
  • (Avaccus à propos des éphémères) : elles se frayent un chemin sanglant en pleine lumière, et modifiant le cours d’une vie, de l’histoire ou du monde même. Elles se plaisent à soigner leur entrée.
  • Ederius à Izgard (à propos des harras) : Et pourtant, aussitôt qu’ils ont rempli leur rôle, je les abandonne à leur sort. Leur corps combat la sorcellerie, et la sorcellerie réplique. Ce sont peut-être des monstres, mais ce sont également mes enfants par l’encre. Je suis responsable d’eux. Et aujourd’hui, je les ai envoyés à la mort.
  • Emith à Tessa, à propos de sa mère : Elle est morte, demoiselle. Je suis sorti acheter du homard et, à mon retour, elle était morte.
  • En l’observant, Ravis réalisa que deux mois plus tôt il ne serait jamais venu à l’esprit de Camron de servir ses hôtes de sa propre main. Il aurait attendu que Tessa, étant femme, ou Emith, modeste assistant de scribe, fasse le service à sa place.Aujourd’hui, il s’y prêtait sans même y penser.
  • Le temps passa. Les ténèbres enveloppèrent Tessa, ne lui laissant que ses pensées auxquelles se raccrocher. Sa résolution l’abandonna. La lumière n’était plus qu’un lointain souvenir, la chaleur, un rêve sans espoir. En proie aux premiers frissons de la panique, elle essaye de se rappeler la raison pour laquelle elle se trouvait là. Elle avait une tâche à accomplir… une entreprise à mener à bien contre quelque chose… Tessa se secoua et se débattit dans le noir. La seule chose qu’elle parvenait à se rappeler était son nom. Tessa McCamfrey.
  • (Angeline à propos de son chien) : Angeline reposa son chien avec un sourire triste. Elle eut du mal à s’en détacher. Elle se remit debout, tenant son ventre à deux mains pour tâcher de remplir le vide laissé par Boule de Neige. Mais le vide ne partit pas. Il refusait de partir. Elle le porterait en elle à jamais.
  • (Angeline, après avoir tué Izgard) : À travers les champs, la forêt de hêtres, les marais salants, sous le soleil qui se levait et dans l’air qui se réchauffait, elle marcha jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à ce que ses os brisés lui transpercent la peau, que sa mâchoire enfle à tel point qu’elle ne parvienne plus à ouvrir la bouche pour respirer, que le souvenir de serrer le corps sans vie de Boule de Neige entre ses bras s’estompe enfin. S’écroulant parmi les crabes fantômes, les papillons- tigres et les herbes folles, sur une bande de terre blanchie de sel, Angeline se roula en boule douloureuse pour se reposer. Elle ne pouvait plus faire un pas, ne parvenait plus à penser, n’aurait su dire si ce qu’elle avait fait était bien ou mal.

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