Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

Article épinglé

Fitz se voit-il en héros ?

Fitz est-il un héros ? Pour le lecteur, la réponse est positive. Peu importe la série de livres choisis, il est celui qui fait changer les c...

samedi 24 octobre 2026

Capitaine Brashen

Brashen est-il le double de Fitz ? Après tout, comme Fitz, Brashen a été malmené par sa propre famille. Il se révèle également un leader capable : il est celui qui a réussi à faire naviguer le Parangon et son équipage. De plus, comme Fitz, ses amours n’ont pas été simples tant Althéa et lui-même ont dû faire des efforts pour s’avouer leurs sentiments.


Quand Fitz décide d’aller semer la vengeance à Clerres, il rencontre Brashen. Dans un premier temps, le capitaine ne sait pas trop comment gérer Fitz car il pense qu’il est un prince. C’est un statut inconnu pour lui. Mais, très vite, Fitz désamorce la situation et le met à l’aise, il ne veut pas de traitement de faveur. Après tout, il n’est qu’un bâtard. Cela soulage Brashen qui dresse un parallèle entre les deux hommes : « j’étais la brebis galeuse, non l’héritier, et c’est pourquoi je me retrouve aujourd’hui à commander une vivenef au lieu de gérer la fortune familiale ». On pourrait croire qu’il y a de l’amertume dans sa voix, on ne pourrait pas se tromper plus. Naviguer à bord d’une vivenef, à bord de Parangon, rend Brashen comblé, il l’est encore plus car il est accompagné par Althéa. C’est sa maison, sa vie.


Mais, tout a une fin. Parangon permettait à Brashen de commercer et d’acquérir de beaux contrats. Ambre vient tout gâcher en remplissant l’esprit de Parangon d’idées émancipatrices : Parangon doit avoir le courage de devenir ce qu’il est, à savoir un dragon. Alors qu’il a connu Brashen et Althéa, Ambre les trahit tous les deux en donnant de l’Argent à Parangon. Dès lors, Parangon change : il affirme sa volonté et veut retrouver sa vraie nature. Pour Brashen, c’est une réelle catastrophe car Parangon ne veut plus naviguer comme son capitaine l’entend. Parangon se fiche royalement d’assurer ce pour quoi Brashen a été payé. Il y a donc une rupture potentielle de contrat, ce qui ne peut que déranger Brashen (« nous avons des contrats. Mais il ne sert à rien, je suppose, d’essayer de faire comprendre à une étrangère qu’un Marchand n’est riche que de sa parole »). D’une certaine façon, Brashen est esclave des traditions des Marchands, il ne peut pas s’en détacher et il ne semble pas le vouloir.

Le retournement de Parangon bouleverse Brashen. Il s’apitoie clairement sur son propre sort : « peut-être que nous allons perdre la seule chose qui nous reste à Althéa et à moi : notre réputation ». En effet, sans Parangon, Brashen ne peut pas espérer honorer ses contrats, pas plus qu’il ne peut naviguer sur le fleuve du désert des Pluies.

Si Parangon passe de bateau à dragon, Brashen perd tout. Il affirme que « nous n’avons pas de toit à Parr ici, à bord de Parangon, pas vie ni d’emploi hormis le travail que nous effectuons sur le fleuve du désert des Pluies et à Terrilville ». La vivenef est toute son existence, c’est la seule entreprise qui le fait vivre et qu’il peut espérer léguer à son fils. Sans Parangon, Brashen n’est plus rien, il risque de plonger dans un inconnu qui, manifestement, le terrifie.


On le savait déjà en lisant les Aventuriers de la Mer, on en a la confirmation dans Sur les rives de l’Art et le Destin de l’Assassin : Brashen est un capitaine qui sait mener ses hommes et mener son navire ; il ne faut pas oublier que, même avant de succomber aux avances d’Ambre, Parangon est un navire particulièrement capricieux.

Brashen sait élever la voix et affirmer son autorité. Il n’hésite pas à en venir aux mains avec Fitz quand Ambre enclenche une sorte de mutinerie (en tout cas d’après Brashen). Et on peut comprendre ce point de vue car les actes d’Ambre retirent à Brashen une bonne part de son commandement.

Quand Brashen se rend compte que Parangon se rendra à Clerres puis tentera de devenir un dragon, il fait avec et s’adapte. Il accueille bon gré mal gré un passager appelé Akennit, le fils d’Etta et Kennit, le Roi et la Reine des Pirates. C’est tout sauf anodin quand on sait ce que le père de Kennit a fait à la femme de Brashen (un viol). Est-ce pour ça que Brashen se montre dur avec lui ? Attention, ce n’est pas de la méchanceté gratuite mais plus une volonté de montrer au jeune homme qu’il ne lui sera fait aucun cadeau malgré son rang. Il rappelle à Akennit que « sur ces ponts, rien n’est au-dessus de la parole du capitaine ». Sauf la volonté de Parangon, bien entendu…

Malin, Brashen associe Akennit à Fitz pour montrer au jeune que même un prince accomplit sa part de travail. Quand il donne des ordres à Fitz (« Eh, les tonneaux de bière ne vont pas embarquer tout seuls »), le bâtard comprend les motivations de Brashen.

Brashen tient également tête à Etta en refusant d’embarquer son fidèle second, Sorcor, à bord. Il argumente que la présence de Sorcor créerait un conflit de loyauté pour bon nombre de marins (« si vous êtes à bord, Akennit et tous les matelots que vous nous avez amenés vous demanderaient votre avis avant de suivre le moindre ordre d’Althéa ou de moi-même »). Brashen ne doute pas de pouvoir s’affirmer mais ce serait une perte de temps. Une nouvelle fois, il assure Sorcor qu’il se montrera juste avec Akennit. Il ne sera traité ni mieux ni pire que les autres ; tant qu’Akennit obéira aux ordres, tout se passera bien. En tout cas, il est clair en disant qu’ « il devra plier un peu la nuque mais je ne le briserai pas. Ce qu’il devra apprendre le premier, c’est à recevoir des ordres ». Brashen n’a donc aucune envie d’humilier le fils de Kennit simplement pour ce qu’il est. Il sait faire la part des choses et juger les gens à leurs actes. D’ailleurs, il détonne clairement par rapport à d’autres capitaines qu’on a pu croiser comme Kennit ou Kyle Havre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire