Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

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mardi 21 avril 2026

L'histoire de Malta (partie 4)

https://duchessix.blogspot.com/2023/06/malta-un-nouveau-statut.html

Dans la saga du Fou et de l’assassin, Malta a un rôle anecdotique. Sa présence ne pèse pas sur l’histoire, même s’il est agréable de la revoir et voir ce qu’elle est devenue. Après tout, Malta a été fascinante à suivre dans les Aventuriers de la Mer. De la jeune fille impertinente à celle qui a défié le Gouverneur, son périple et sa transformation ont été intéressants à suivre. Malta est passée de fillette à femme en naviguant sur le fleuve du désert des Pluies (et grâce au conseil de la Compagne Keki, un autre personnage très secondaire mais qui marque le temps de sa présence). Malta, c’est aussi la reine des petites phrases blessantes.


Alors, où en est Malta dans cette saga ?


On se rend très vite compte que la renommée de Malta dépasse les frontières. Il émane d’elle une aura mystique, de curiosité. Après tout, elle est la « reine des Marchands aux dragons » et « sa beauté exotique était légendaire, et on ne pouvait la confondre avec personne d’autre ». Abeille, plus tard, complètera en évoquant « son histoire d’amour avec un Marchand du désert des Pluies au visage voilé qu’elle avait épousé après de nombreuses aventures ». Tout cela laisse entendre qu’après avoir organisé Kelsingra, Malta n’a pas fait grand-chose. Certes, elle a eu un fils, a continué d’aimer Reyn et a défendu les intérêts des Marchands. Mais, tout cela s’est passé hors champ pour le lecteur…


Quand Fitz et le Fou (sous l’identité d’Ambre) débarquent à Kelsingra, c’est sans invitation. Ils arrivent en perturbant grandement la vie de ses habitants. Pour ne rien arranger, Fitz use de l’Art. Si la chose peut paraitre banale, elle est mal vue par l’épique Kanaï. Ce dernier accuse Fitz de vol, d’avoir volé de l’Argent. Selon lui, c’est un crime impardonnable qui mérite le pire châtiment. Le Fou viendra au secours de son vieil ami en affirmant qu’il possède cette magie depuis longtemps, qu’elle lui a été donnée par Vérité. Et pour le prouver, il compte sur Malta qui garde sur son cou des traces d’Argent (posées par le Fou qui les avait reçues lui-même de Fitz). Dans un premier temps, Malta refuse de corroborer les propos du Fou. Elle affirme avec conviction qu’un « Marchand n’a rien de plus précieux qui sa parole, et je ne mésurerais pas la mienne même pour aider une amie ». Malta apparaît donc comme une femme avec des valeurs, une protectrice de certaines traditions des Anciens et des Marchands.


Malta a eu un enfant : Phron. Celui-ci est malade, incapable de respirer et de s’alimenter correctement. Il subit l’effet de la dragonne Tintaglia qui induit des malformations. Or, Tintaglia se fiche de savoir que Phron va mal, de la douleur que cela inflige à Malta. La dragonne évolue sur une échelle de temps qui lui rend les besoins des humains très futiles, même ceux de Malta avec  qui elle est proche. Malta souffre de voir son fils dans cet état (« la santé de Phron demeure délicate ; il passera peut-être après le repas, s’il se sent la force de rencontrer des gens »). La détresse de son fils pèse sur ses épaules.

Ainsi, quand Fitz entame la guérison de Phron grâce à l’Art, elle est plus que soulagée. Le plaisir est total quand elle le voit simplement manger, c’est peut-être un des moments les plus intenses de sa vie. 

Dès lors, Malta agit en Reine qui voit avant tout le bien-être des gens qu’elle gouverne. Elle met de côté les anciennes traditions, les cachotteries. Elle voit en Fitz une opportunité de changer les choses et elle s’y engouffre. Malta fait preuve d’empathie (« et, eux, ce sont des enfants qui souffrent tous les jours, et leurs parents avec eu. Comment pourrais-je ne pas leur demander ce service ? »)


Enfin, Malta reste Malta. Elle reste cette femme pleine de conviction, têtue.

Le Fou dit d’elle qu’elle « peut-être la jeune femme la plus exaspérante que j’aie jamais vu ». De la bouche d’un individu qui examine si finement les gens, la chose n’est pas anodine à lire. Et, il est vrai que la jeune Malta était bien énervante.

Brashen, en dressant un parallèle avec Althéa, éclaire encore plus le caractère de Malta : « j’ai essayé de faire d’elle une Trell, mais elle persiste à rester une Vestrit ; l’entêtement est la grande caractéristique des femmes de sa famille. Mais, si vous connaissez Malta, vous le savez déjà ».

Là est sans doute la description la plus vraie faite de Malta.


Malta n’est pas une simple Reine d’un peuple. Elle est aussi vue comme une Reine par Tintaglia. Ce simple fait est remarquable et lui suffit d’assurer une forme d’immortalité et de voir son nom durer dans le temps. Pour le lecteur, c’est aussi remarquable car rares sont les gens que Tintaglia considère. Fitz assiste à une des rencontres entre Tintaglia et Malta ; lui qui a vu tant de choses plus choquantes les unes que les autres est presque bouche bée (« elle descendit les marches puis s’arrêté, minuscule devant la dragonne. Deux reines face à face »). Ce moment est le plus marquant pour Malta dans cette trilogie. 

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