Il existe une femme qui concurrence le Fou en terme de prophétie, de façonnage du monde. Elle est la Femme Pâle. Elle est autant convaincue que le Fou d’être le Prophète Blanc de son époque. Les deux considèrent l’existence de l’autre comme anachronique, comme une anomalie. Quand un Fitz demande si un autre ne peut pas se charger du fardeau d’orienter le temps, Le Fou réagit immédiatement vertement (« le simple fait que le germe de cette idée réside dans ton esprit m’emplit de sinistres prémonitions »). Il apparait clairement que le Fou a peur de la Femme Pâle. Encore une fois, elle est celle qui l’entrave (« une femme qui rêve de s’approprier le manteau de Prophète blanc et de lancer le monde sur la route de ses visions »).
Si on écoute le Fou, la Femme Pâle ne vit que pour lui causer du tort. Le Fou est persuadé d’être le prophète… Même si la Femme Pâle est née avant lui et présente tous les signes pour être un Prophète, cela ne peut être elle ! Le Fou ne lui prête que des intentions malveillantes (« là où je construirais, elle détruit,,, là où j’unirais, elle divise »). Il en fait clairement une affaire personnelle. Il admet aussi qu’elle est brillante (« ses machinations sont subtiles ; elle est plus âgée que moi et beaucoup plus retorse »).
Peut-on le lui reprocher ? La réponse est négative puisqu’il existe un lourd passif entre eux. La Femme Pâle a maltraité le Fou. Elle a tout fait pour lui montrer qu’elle avait un ascendant physique et psychologique du temps où ils étaient à Clerres ensemble. Plus vieille, La Femme Pâle avait été consacrée comme le Prophète et les gens de Clerres ont tout fait pour la soutenir et ne pas écouter les déclarations du Fou. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a dû s’exiler. La Femme Pâle maîtrise l’art du tatouage douloureux, elle s’en sert pour dominer ceux qu’elle veut contrôler (Elliania peut en témoigner). Elle a aussi marqué le Fou : « ils prenaient grand soin de planter les aiguilles précisément là où elle l’ordonnait. Infliger un tel traitement à un enfant, à n’importe quel enfant, l’empêcher de bouger et le faire souffrir, est atroce ».
Le Fou a vécu cela comme une torture, une perte de son libre arbitre. D’une petite voix, il dit à Fitz que « on a l’impression que nous devenons sa propriété, ses instruments, ses créatures ». Rien que le fait de repenser à tout ça le met dans tous ses états (« les frissons qui le parcouraient s’étaient transformés en violent tremblement »). Cela suffit bien à illustrer à quel point le Fou la craint. Il ne l’a pas vue depuis des années et son souvenir reste malgré tout traumatisant.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire