Angoulême fait partie de la Hanse, ce groupe qui accompagne Geralt dans sa folle tentative pour sauver Ciri. Ancienne criminelle, Angoulême faisait partie d’une bande qui cherchait à enlever Geralt. Au fur et à mesure de ses interactions avec d’autres personnages, on en apprend plus sur sa vie, sur ce qu’elle est et sa vie tragique.
On comprend très vite que sa vie a été marquée par un mauvais début. Angoulême n’a rien commis de mal ; elle a simplement eu la chance de mal naître. Elle est la conséquence d’un adultère, elle est une fille reniée par ses proches (« cette famille (…) s’est débarrassée de moi parce que ma mère, paraît-il, avait couché avec une espèce de pèquenaud, un palefrenier »). Pourtant, Angoulême n’a rien fait de mal. Elle n’a fait que naître, ce n’est pas elle qui a trompé son mari…
Abandonnée, sa vie a été ensuite une longue et lente chute. Elle aurait pu être recueillie par une famille aisée, cela n’a pas été le cas. Quelques années plus tard, elle finit dans un espèce d’orphelinat géré par des hommes d’église. A nouveau, Angoulême est la victime. Elle arrive au mauvais endroit au mauvais moment puisque les prêtres sont des dégénérés, des hommes qui abusent des enfants recueillis. Elle décrit « un hospice dirigé par des prêtres, près de je ne sais plus quel temple (…) Un lupanar purement et simplement, un bordel (…) De jeunes fillettes. Et des petits garçons aussi. Moi, quand je me suis retrouvée là, j’étais déjà trop grande, il n’y avait pas d’amateurs pour moi (…) Enfin…presque pas ». On comprend donc qu’Angoulême a sans doute subi des abus et des viols.
A Geralt, Angoulême dit que « les coups, c’est pas grand-chose (…) depuis que je suis petite, on me bat, j’ai l’habitude ». Son enfance a donc été une succession de coups durs. Angoulême n’a pas été une enfant aimée ou bien traitée.
Elle atterrit ensuite dans un groupe de voyous, les Rossignols, contre qui elle se retourne quand elle apprend qu’ils visent Geralt. Ce qui lui fait recevoir des menaces de son ancien chef : Rossignol éructe que « j’ai juré d’infliger une sale mort à Angoulême, je vais m’amuser un peu avec elle ».
Adoptée plus ou moins de bon gré par la Hanse, Angoulême finit par arriver à Toussaint. Là, le groupe plonge dans une torpeur inattendue. Leur quête, retrouver Ciri, semble être mise de côté : cela représente un événement totalement inattendu tant Geralt semblait focalisé sur ce but. Angoulême analyse finement la situation : « ce fichu Toussaint, putain, c’est un endroit ensorcelé. Toute la ville a été envoûtée par un charme magique (…) J’ai été surprise par le comportement de Jaskier, puis par celui du sorceleur, mais j’ai moi aussi maintenant comme un voile de brume devant les yeux (…)Partons d’ici au plus vite ». Toussaint est donc une prison dorée. Elle pourrait très bien devenir le cimetière des ambitions du clan de Geralt. Si Angoulême a l’air si inquiète, c’est parce qu’elle est réellement et profondément attachée à Geralt et aux autres. L’objectif de Geralt est devenu le sien !
On n’est donc pas étonné de la voir prononcer comme une déclaration de foi en faveur du chasseur de monstres : « mais moi, je n’abandonnerai pas le sorceleur. Comme l’a fait remarquer tonton Jaskier, il s’est empressé de me faire rejoindre votre groupe sans s’inquiéter, bien que je sois une ancienne criminelle ».
La voir mentionner Jaskier comme tonton n’est pas anodin. La Hanse est presque comme une famille pour Angoulême, une famille bien particulière certes, mais une famille malgré tout. Quand Milva meurt, Angoulême exprime fortement sa détresse : « Tantine ! hurla Angoulême. Tantine, ne meurs paaaaaas ! » Angoulême est réellement attachée à Milva et aux autres.
Tout comme elle l’est à Ciri alors qu’elle ne la connait qu’à travers ce que dit Geralt et les autres. Angoulême n’a jamais rencontré Ciri si ce n’est au moment de sa mort à Stygg. Blessée, Angoulême agonise dans les bras de Ciri. Elle délire, exprime des rêves vains (« Dis, tu es une reine n’est-ce-pas ?… A Cintra…. Nous serons bien accueillis chez toi, non ? Tu feras de moi… une comtesse ? ») Alors qu’elle meurt, ses dernières paroles sont tournées vers Geralt : « je suis Angoulême. Je ne croyais pas… Je ne croyais pas qu’on te trouverait. Mais j’ai suivi Geralt… Parce qu’on ne peut pas ne pas le suivre ».
Angoulême meurt donc. Zoltan Chivay porte un toast aux membres de la Hanse morts en voulant délivrer Ciri : « Que la terre leur soit légère à tous ».
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