Oeil-de-Nuit est le réel Roi. Le Fou versus la Femme Pâle : le combat du siècle. Oh Malta, Malta, Malta. Gloire au dragon fou Glasfeu. Les Anciens ne sont que des gosses. Keffria, tu remontes dans notre estime. Il était une fois Clerres.

Article épinglé

Petit-Furet dans la légende

Il existe des personnages qui paraissent anodins et qui ont un grand impact sur l’histoire. Il existe des personnages qui accomplissent des ...

mercredi 27 août 2025

[Julie Victoria Jones] La forteresse de glace grise / Quelques extraits que j'apprécie

  • Un clapotis nauséeux de son estomac lui rappela qu’il n’avait rien mangé depuis deux jours. L’odeur de la viande de morse, proche de celle du porc, faillait le faire vomir.
  • Les hommes d’Orrl n’étaient guère portés aux élucubrations ni aux conclusions trop rapides. C’étaient des gens stoïques, qui préféraient conserver leur énergie pour la chasse plutôt que pour les discussions oiseuses.
  • Les siècles sont passés, et la plupart des gens s’imaginent que seule la légende subsiste… parce qu’ils ne regardent pas plus loin que la surface de la glace. Tout ce qui meurt finit par terre. Le loup se charge de dévorer le boeuf musqué, les mouettes mettent en pièces la baleine échouée, on retrouve le guerrier pour le brûler ou l’ensevelir dans la tombe. Mais il arrive que la glace arrive avant les charognards ou les hommes. Parfois, c’est elle qui recouvre les corps et les emporte.
  • Parfois, Bram aurait voulu y voir moins clair. Car voir, c’était penser. Il ne pouvait pas regarder une chose sans se poser aussitôt une foule de questions. En ce moment même, son frère était assis dans sa tente sans lumière, se croyant parfaitement dissimulé dans l’ombre. Mais ce n’était pas le cas, pas pour Bram, en tout cas.
  • Ash était déçue. Elle se connaissait suffisamment pour comprendre à quel point elle brûlait de faire partie des leurs. Ma fille, l’avaient-ils appelé tous les deux. Elle voulait entendre ce mot davantage.
  • Asarhia, pourquoi t’es-tu enfuie ? Jamais il ne lui aurait fait le moindre mal ; elle devait pourtant bien le savoir. Il l’aurait honorée, choyée, protégée du monde extérieur dans une chambre somptueuse soigneusement verrouillée.
  • Raif se passa la main sur le visage. Effie lui manquait. Que disait-elle toujours ? « Tu peux me faire un câlin, mais pas de bisous. » Par les dieux, dire qu’il avait eu tellement de chance sans même en avoir conscience.
  • Ç’avait été une déception cruelle d’apprendre que les deux poneys de l’attelage ne s’appelaient pas Tueur et Bandit, en fin de compte, mais plutôt Lichette et Boe.

mercredi 20 août 2025

Mes citations préférées

  • Astérie / La reine solitaire : La route nous a menés de l'hiver au printemps hier.
  • Heur / Adieux et retrouvailles : D'après Grincegorge, quand on se laisse aller, qu'on s'en remet à son destin au lieu de forcer l'existence et d'essayer de lui imposer sa volonté, on s'aperçoit alors que le bonheur marche toujours derrière soi.
  • Elliania / Le dragon des glaces : Un garçon ensanglante son épée pour devenir un homme, non ? Par sa capacité à tuer, il annonce qu'il est achevé. Ce qu'on homme peut prendre par l'épée, une femme peut le donner par sa seule chair : la vie.
  • Ambre / Prisons d'eau et de bois : La moitié du mal en ce monde s'accomplit sans que les honnêtes gens interviennent : ils ne font rien de mal. Il ne suffit pas d'abstenir de faire le mal, Trell. On doit s'efforcer de faire le bien, même quand on ne croit pas au succès.
  • Fitz (en tant que narrateur) / Le prophète blanc : J'ai appris que la vérité est un arbre qui croît à mesure qu'on acquiert de l'expérience. L'enfant voit la graine de sa vie quotidienne mais l'homme qui se retourne sur son existence en voit l'arbre.
  • Kettricken / L'assassin du roi : Notre ambition, les tâches que nous nous donnons, le cadre que nous nous efforçons d'imposer au monde, tout cela n'est que l'ombre d'un arbre projetée sur la neige. Elle change avec le soleil, disparaît la nuit, danse avec le vent et, quand la neige fond, elle gît déformée sur la terre inégale. Mais l'arbre continue d'exister.
  • Le Fou / La voie magique : Mais en cet instant, ici, rien qu'entre nous, et pour le seul motif que je suis ce que je suis et que tu es ce que tu es, je te le dis : je suis heureux, que tu sois vivant. Te voir respirer insuffle l'air dans mes poumons. Si mon sort doit être lié à celui de quelqu'un je suis heureux que ce soit le tien.
  • Umbre / L'apprenti assassin : Nous nous fabriquons souvent nous-mêmes nos propres prisons. Mais on peut aussi créer sa propre liberté.
  • Althéa / Les aventuriers de la mer : Pourquoi faut-il que l'amour ait un prix ? Pourquoi le désir doit-il être mêlé à l'amour ? Pourquoi ne peut-on être comme les papillons, nous unir en plein soleil et nous séparer quand il fait encore jour ?
  • Ambre / Les aventuriers de la mer : Demain vous doit la somme de vos jours passés. Rien de plus.  Et rien de moins. Parfois, on regrette que demain nous ait réglé aussi exactement notre compte.
  • Parangon / Les aventuriers de la mer : Contente-toi de ta vie, mon amie, et vis-la bien. Laisse les autres décider par eux-mêmes de la voie qu'ils vont suivre.
  • Fitz (en tant que narrateur) / La secte maudite : L'histoire n'est pas plus figée ni morte que l'avenir. Le passé est tout près ; il commence à la dernière respiration qu'on a prise.
  • Sire Doré (Le Fou) / Le dragon des glaces : Fouille la mémoire de ton coeur, remonte en arrière, remonte et remonte encore. Les ciels de notre monde sont faits depuis toujours pour accueillir des dragons ; quand ils en sont absents, ils manquent aux hommes. Certains n'y songent jamais, naturellement, mais des enfants, dès leur plus jeune âge, lèvent les yeux vers l'azur de l'été et le sondent en vain du regard ; ils savent ; ils cherchent ce qu'y devrait s'y trouver mais s'est estompé et a disparu
  • Abeille / La fille de l'assassin : Rappelez à ma soeur que mon père est un homme d'un grand courage, quand vous la verrez ; dites-lui que j'apprends moi aussi à être courageuse.
  • Heur / Le destin de l'assassin : Et ainsi, le Loup du Ponant surgit de la pierre ! Et il surgira encore si le peuple des Six-Duchés l'appelle à son aide.
  • Subtil / La nef du crépuscule : Mon jeune assassin, qu'ai-je fait de toi ? Comment ai-je pu ainsi pervertir ma propre chair ? Tu ignores à quel point tu es jeune encore ; fils de Chevalerie, il n'est pas trop tard pour te redresser. Relève la tête, vois au-delà de tout cela.
  • Fitz (en tant que narrateur) / La nef du crépuscule : Il est un lieu où tout temps est maintenant, où les choix sont simples et ne sont jamais ceux d'un autre. Les loups n'ont pas de roi.
  • Fitz (en tant que narrateur) / Le poison de la vengeance : Il existe une heure morte dans la nuit, l’heure la plus froide, la plus noire, celle où le monde a oublié le soir et où l’aube n’est pas encore une promesse, une heure où il est beaucoup trop tôt pour se lever mais si tard que se coucher n’a plus guère d’intérêt.

[Philip Pullman] Après la mort

Roger meurt de la pire des façons : il est mutilé, torturé en étant séparé de son daemon. C’est une mort atroce, une abomination pratiquée par Lord Asriel. Avec cette mort, Lyra perd son meilleur ami, une personne dont elle était proche. Sa disparition la hante.


Alors qu’elle est capturée puis plongée dans un faux sommeil par Marisa Coulter, Lyra s’enfonce dans de profonds rêves qui la mènent dans le monde des morts. Là, elle y retrouve Roger ou en tout cas une forme évanescente du garçon. On comprend alors qu’elle n’a cessé de penser à lui, qu’elle porte toujours sur ses épaules sa mort (« et Will et moi… je ne sais pas comment, Roger, mais je te jure qu’on t’aidera »). Cette idée ne repose pas sur rien. Si Roger est mort, Lyra est convaincu que c’est la conséquence de ses actions. Elle a mené Roger à la mort : « c’est moi qui l’ai emmené là-bas, à Svalbard, où il a été tué ; c’est ma faute s’il est mort ». Elle s’ouvre un peu plus en parlant à Tialys. Le fardeau qu’elle porte sur ses épaules la ronge. Elle ne se sent pas uniquement coupable, elle cherche aussi à réparer son erreur. Les mots qu’elle emploie sont clairs : « pour moi, c’est une torture et une souffrance permanentes ; je n’ai pas pu dire adieu à mon ami Roger, je veux lui demander pardon et essayer de me racheter si je le peux ».


Lyra, Will et les autres accomplissent alors un exploit. Ils pénètrent dans le monde des morts, un endroit glauque créé par la puissance religieuse, un mensonge pour ceux et celles qui croyaient au concept de paradis.

Ce que réussit Lyra étonne Roger. Leurs retrouvaille les secouent tous les deux. Roger ne s’attendait pas du tout à revoir Lyra, il ne s’attendait pas du tout à ce qu’elle se lance à sa recherche. Il est plus ému quand il lui parle : « oh, Lyra, je ne pensais pas que je te reverrais un jour… je pensais que même si tu venais ici une fois morte, tu serais beaucoup plus vieille, tu serais une adulte et tu ne voudrais plus me parler ». Car, Roger vit un long purgatoire. Le monde dans lequel il est prisonnier pour l’éternité fait tout pour le tourmenter. Il n’y a aucun espoir, aucun échappatoire possible et il faut vivre avec des harpies affreuses (« et ces espèces d’oiseaux (…) toutes tes mauvaises pensées, ils les connaissent, et ils te font honte, ils te dégoûtent de toi-même »).


Quand Lyra raconte son histoire dans le monde des morts, elle entasse autour d’elle un bon nombre de fantômes. Lyra et les autres sont une distraction bienvenue dans un monde morne, sans vie. Lyra parvient même à ranimer un peu de sensations en Roger : « seul Roger fut autorisé à rester tout près d’elle. Il la dévorait des yeux et l’écoutait avec passion ». 

D’ailleurs, Roger semble avoir compris ce que Will et Lyra n’ont pas encore compris : ils sont amoureux l’un de l’autre. Cela se voit, entre autres, à la façon dont Will se comporte avec Lyra, la façon dont Lyra parle de Will. Il y a incontestablement un lien fort entre les deux. On lit que « ses yeux brillaient d’une lueur différente tandis qu’elle racontait l’histoire de sa rencontre avec Will (…) Roger le vit, lui, avec la jalousie triste et muette des morts pour qui rien ne changeait jamais ».


Will et Lyra changent tout. Convaincu par Lyra, Will ouvre un passage avec le poignard subtil qui permet de quitter le monde des morts. Pour les captifs, c’est la promesse de la fin d’un tourment éternel, la promesse de vivre une dernière forte émotion. C’est la fin d’une monotonie annoncée. Roger est le premier mort à connaître cette expérience : il « se retourna pour regarder Lyra et, soudain, il éclata de rire, au moment où il se mettait à tournoyer dans les airs, le ciel, les étoiles… et il disparut, laissant derrière lui une explosion de bonheur ». Après de longs temps de douleur et de peine, Roger peut enfin vivre un dernier moment appréciable grâce à Lyra.

[Philip Pullman] Une envie d'humanité

On les voit cupides et arrogants, manipulateurs et méchants. Mais aussi curieux et ayant le pouvoir. Ce sont les hommes et les femmes qui mènent la marche des mondes. Naturellement, ils peuvent susciter chez certains de l’envie, voire de la jalousie. C’est ce qui arrive au roi des Ours, Iofur Raknison. Celui qui vient de battre Iorek Byrnison singe le comportement des humains, au point qu’il rêve d’avoir un daemon.


Ce désir de daemon est vue par les humais comme une faiblesse. Quelques uns voient là l’opportunité de manipuler le roi des Ours. Ils se rendent compte qu’ils ont là une prise sur lui, une façon de le mener par le bout du museau. Alors qu’elle est cachée dans un placard du Jordan Collège, Lyra surprend une conversation et les paroles du professeur Trelawney. Ce dernier pointe la faiblesse de Iofur : « trouvez un moyen de lui donner un daemon, et il fera n’importe quoi pour vous ». Car, il semble impossible pour tout ce qui n’est pas homme ou femme d’avoir un daemon. Avoir un daemon est donc le signe de votre caractère humain. 

En attendant, Iofur imite le comportement des hommes. A Svalbard, ill bouleverse le mode de vie des ours et leur impose de nouvelles pratiques. Trelawney précise que Iofur est « un individu puissant, nullement un imbécile en dépit de ses caprices grotesques, comme se faire construire un palais avec du marbre importé, et installer ce qu’il appelle une université ». On voit donc que Iofur reprend les symboles du pouvoir des humains ; il veut imiter ce qu’ils construisent, l’endroit où les plus puissants règnent.


Serafina Pekkala, une sorcière, confirme plus tard que Iofur a mené ses projets à bien. Elle confirme que, même si l’envie de daemon peut être une faiblesse, il ne faut pas pour autant sous-estimer l’ours. Il n’assurerait pas le pouvoir sur la société des ours en étant faible. Ainsi, Serafina dit que Iofur est « aussi très intelligent, au sens humain du terme ; il passe des alliances et signe des traités. Il ne vit pas comme les autres ours, dans des forteresses de glace, mais dans un palais tout neuf ». D’une certaine façon, Iofur semble repoussé une partie de son animalité, de son caractère d’ours.


Prisonnière à Svalbard, Lyra rencontre Jotham Santelia, un professeur. Ce dernier lui apprend beaucoup de choses sur les ours. Il lui montre que Iofur est fasciné par les hommes et qu’il a été quelque temps sous l’emprise de Marisa Coulter (« Iofur était follement épris de cette femme. Il en parlait sans cesse. Il ferait n’importe quoi pour elle »). On peut penser que cela ressemble à de l’amour. En tout cas, cette phrase montre bien que Iofur est plus intéressé par les hommes et les femmes que par le sort des ours. 

Vive d’esprit, Lyra met au point un plan. Si elle décide d’agir contre Iofur, c’est aussi parce qu’elle a rencontré Iorek Byrnison et qu’elle a une grande estime pour cet ours. C’est d’ailleurs un sentiment réciproque partagé : les deux forment un duo où l’un respecte l’autre. Lyra veut donc rendre à Iorek sa place. Elle a compris que Iofur était tellement pris par son désir de daemon qu’il était influençable : « tout ce qu’elle avait entendu dire au sujet de l’ours-roi se recoupait : le plus grand désir du puissant Iofur Raknison était d’être un homme avec un daemon ».


Lyra finit par rencontrer l’ours. Quand elle le voit, elle ne perçoit pas la même chose que chez Iorek. En Iofur, elle voit un ours qui est devenu un homme, un ours qui ne se comporte plus en ours. Elle n’oublie pas que Iofur règne sur les ours et cela détonne sur ce qui se dégage de lui. Il ne faut pas considérer que Iofur est faible parce qu’il imite les humains, cela le rend au moins aussi dangereux, si ce n’est plus. Lyra remarque donc que « quand Iofur Raknison posa son regard sur elle, Lyra eut l’impression que c’était un homme qui la regardait, un homme comme ceux qu’elle avait rencontrés chez Mme Coulter, un politicien habile, habitué au pouvoir ».


Le choc se fait pour le lecteur, et la confirmation pour Lyra, quand son regard parcourt la salle du trône. On comprend que Iofur a basculé quand on voit ce qu’il a (« elle s’aperçut que Iofur tenait quelque chose sur ses genoux, comme un humain tiendrait un chat, ou un daemon. Il s’agissait, en réalité, d’une grande poupée de chiffon »). Iofur cherche donc à avoir à tout prix un daemon. Son daemon n’est d’ailleurs pas un animal comme les daemons le sont normalement ; non, c’est un être humain. L’obsession de Iofur est claire.


Iorek finit par revenir à Svalbard et à défier Iofur en duel. Ce dernier est manipulé par Lyra qui lui fait croire qu’elle sera son daemon si il gagne. C’est la seule façon pour le convaincre de se plier à ce duel.

Iorek, lui, est atterré par ce qu’il voit. On voit toute sa colère quand il pose ses termes du défi : « ma première décision sera de détruire ce palais, ce lieu clinquant et grotesque qui empeste le parfum, et de jeter à la mer tout l’or et tout le marbre. Les ours n’ont qu’un seul métal : le fer ! Pas l’or. Iofur Raknison a souillé le royaume de Svalbard ». Les ours doivent redevenir des ours.

vendredi 15 août 2025

La réputation de Dwalia

Rentrer chez soi n’est pas toujours synonyme de bon accueil. Dwalia s’en rend compte quand elle ne reçoit que des regards de défiance et aucun entrain. Pourtant, elle a été envoyée accomplir une importante mission par les Quatre et elle pense avoir réussi.


Dwalia n’a pas été envoyée seule, elle était accompagnée d’hommes et de femmes. Hors, elle ne revient qu’avec Vindeliar et Abeille qui est une inconnue pour les gens de Clerres. Cette procession limitée questionne. Un garde ne se contente pas d’être perplexe (« il prononça son nom d’un ton accusateur »), il exprime également clairement ses doutes : « tu es partie d’ici avec une garde montée de luriks. Où sont-ils, et où sont les beaux coursiers ? ». Même un simple garde se sent donc légitime pour remettre en cause Dwalia. Cela en dit long sur la façon dont elle est vue. D’ailleurs, il ne lui demande même pas comment elle va, comme si les épreuves traversées et sa situation n’avait aucune importance.


Dwalia fait face aux Quatre. Elle les prend de haut, leur parle comme si elle se considérait leur égale. Elle leur reproche leur aveuglement quant au Fou ou au traitement de son amour, Ilistore (la Femme Pâle). Pourtant, Dwalia aurait dû comprendre qu’elle devait faire preuve de retenue. Les Quatre l’accueillent sans respect. Capra est claire quand elle lui dit que « ton salut est plus une insulte qu’une marque de respect ». Capra et les autres ne vont donc pas faciliter la tâche de Dwalia. 


Dwalia ne peut même pas compter sur la sympathie de Symphe. Cette dernière a beau apprécier Dwalia, elle ne peut pas laisser passer son échec et les morts des luriks. Pour Dwalia, c’est presque une trahison de voir Symphe se retourner contre elle. Symphe, elle, n’a pas le choix car l’attitude et la virulence des propos de Dwalia remettent en cause son autorité et plus globalement celle des Quatre (« Dwalia, tu es allée trop loin. Trop souvent, je t’ai permis de parler crument, mais tes insultes sont au-delà de la franchise »). Autrement dit, Dwalia a visé trop haut. Elle en paie le prix en étant fouettée et battue, presque à mort. Sa punition est commentée et appréciée par le peuple. Quand Fitz arrive à Clerres, il écoute les rumeurs et les discussions. Ce qu’il retient est que Dwalia semble « universellement détestée ». La chose n’est pas surprenante tant Dwalia suinte l’arrogance et une confiance en elle déplacée. Les quarante coups de fouet reçus sont alors vus comme mérités : des « voisins parlaient avec satisfaction de la flagellation qu’elle avait reçue pour être revenue seule ».


Dwalia est tuée par Abeille. Même dans la mort, elle ne trouve pas le respect. Sa dépouille est souillée (« on eu l’honneur de balancer Dwalia dans la fosse, et Ferb lui a pissé dessus. Cette vieille garce était plus jolie morte »). Elle n’a donc eu aucune célébration, aucune cérémonie. Son corps a été traité comme un déchet, une chose disposable.